VI. Plantes plus ou moins aquatiques
A Dans l'eau toute l'année.
Macre.
Fétuque flottante.
Laiche (plusieurs espèces).
Scirpe ( plusieurs espèces ).
Souchet ( deux espèces) .
Nénuphar (deux espèces).
Renoiicule(deux espèces).
Roseau à balais.
Massetlc ( deux espèces ).
Ményanthe à trois feuilles.
Gratiole officinale.
Rutome à ombelle.
Fléchière.
Plantain d'eau.
Véronique (trois espèces).
Menthe poivrée. Epilobe (deux espèces).
Lythre salicairc.
Et beaucoup d'autres.
I! Dans l'eau une partit de l'année seulement.
Saule ( beaucoup d'espèces).
Peuplier ( plusieurs espèces ).
Eupaloire d'Avicenne.
/Obier.
Scrophulairc aquatique.
Spirée ulmaire.
Menthe aquatique.
Jonc (plusieurs espèces).
Linai;;rette (deux espèces ).
Laiche ( plusieurs espèces).
Et beaucoup d'autres;
POITEAU.
§ m. — De l'analyse chimi([ue des sols.
Les sols ou terres dans lesquels les végétaux se développent et croissent varient considérablement dans leur composition ou dans les proportions des différentes substances qui les constituent. Ces substances sont de certains mélanges ou combinaisons de quelques-unes des terres primitives, de matières animales ou végétales en état de décomposition , et de certains composés salins. Parmi les premières l'on trouve la silice, Valumine. la magnésie, la chaux, le peroxide de Jer et quelquefois le peroxide de manganèse, et au nombre des derniers l'on compte le carbonate de chaux ( craie ), le suljate de chaux (gyp^e), le phosphate de chaux, auelquefois le sulfate de potasse et le nitrate de la même base.
Les substances que nous venons de signaler comme se rencontrant le plus ordinairement dans la composition des terres propres à la culture des végétaux, retiennent l'eau avec plus ou moins de force ; elles existent en proportions très-diverses dans les diflerens terroirs, à l'état de sable siliceux, d'argile et de terre calcaire; et c'est pour en déterminer les quantités et découvrir leur mode d'union, qu'on soumet ces terres aux expériences de l'analyse.
En général, lorsqu'on examine un sol stérile dans la vue de raméliorer, il faut, si cela est possible, le comparer avec un sol extrêmement fertile, voisin du sien, et dans une situation semblable; la différence que présentera l'analyse de ces sols indiquera les procédés d'amélioration à apporter. En effet, si le sol fertile contenait une grande quantité de sable ou de silice, en proportion de ce qui existe dans le sol stérile, le procédé consisterait simplement à en fournir à ce dernier une certaine quantité, ou bien à ajouter de l'argile ou de la terre calcaire si ces deux dernières terres étaient en quantité insuffisante.
Il importe de prendre des échantillons de la terre du champ qu'on veut examiner, en différens endroits , a G ou 7 pouces de profondeur, et de les bien mêler ensemble; car il arrive quelquefois que daiis les plaines tout le sol supérieur est de la même espèce, mais dans les vallées et le voisinage des rivières il y a de grandes différences.
Les bornes dans l(S(|uelles nous devons renfermer cet article, et le but jira tique de cet ouvrage, nous forcent de décrire dune manière très-succincle les procédés les plus exacts en même temps que les plus simples.
(1) Quoique ce soit plus en vertu de l'ombre qu'en vertu du terrain que plusieurs plantes croissent sous bois plutôt que dans les plaines découvertes, j'en citerai cependant ici quelques-unes ; je relaterai même dans une section à part plusieurs jjlantes plus ou moins aquatiques, plutôt pour ne pas rétrécir le cadre trace par mes prédécesseurs, que par conviction d'utilité dans un ouvrai;c delà nature de celui-ci.
La proportion d'humidité peut être évaluée en desséchant un poids connu de la terre à analyser, et en ayant soin de ne pas décomposer les substances organiques qui s'y trouvent.
Après cette détermination, on séparera les gra\'Lers et pierres , on les pèsera, et on s'assurera de quelle nature ils sont au moyen de l'acide hydrochlorique ou nitrique ; ils seront dissous avec effervescence s'ils sont formés de craie (ou carbonate de chaux), et resteront insolubles si c'est la silice qui en fait la base.
Les sols, outre les graviers et les pierres qui y sont mélangés en quantité variable, contiennent une rdus ou moins grande />roportion de sable fin, dont on peut opérer la séparation en agitant la terre quelque temps dans l'eau. Le sable, plus lourd, se précipite en moins d'une minute; on le recueille dans un vase par décantation, et après l'avoir séché on le pèse. Sa nature est aussi facile à reconnaître par un acide que celle des graviers. Les parties terreuses les plus ténues, et la matière animale et végétale, moins pesantes que le sable, restent plus long-temps en suspension dans l'eau. On filtre la liqueur à travers un papier pour les séparer.
Quant à l'eau quia servi à cette opération, elle contient les matières salines et les matières organiques solubles, s'il en existait dans la terre \ on l'évaporé à siccité dans une capsule pour peser le résidu et l'examiner à part,
La matière divisée du sol, séparée par la filtration,estla plus importante à connaître; elle renferme ordinairement des débris de matière organique, de la silice, de l'alumine, du peroxide de fer, du carbonate de chaux et parfois du carbonate de magnésie. On en calcine au rouge blanc une portion dans un creuset, pour connaître le poids de la matière organique par la perte de poids éprouvée; mais comme une partie de cette perte est due aussi à l'acide carbonique qui provient du carbonate calcaire, on estime la quantité de celui-ci par la perte qu'éprouve un autre poids de terre en la dissolvant dans une quantité connue d'acide hydrochlorique faible ; soustrayant alors ce dernier poids de celui qui exprime la pâte [)ar la calcination, on a celui de la matière orii,anique.
Le résidu de la calcination est traité par l'acide hydrochlorique bouillant dans un petit ballon de verre ; tous les oxides sont dissous, à lexception de la silice, qu'on recueille sur un filtre, et qui, ;ipi'ès avoir été bien lavée à leau distillée chaude, doit être calcinée avant d'en prendre le poids réel.
La di-solution hydrochlorique est précipitée par une solution de bicarbonate de potasse. Le peroxide de fer, l'alumine et la chaux sont séparés, tandis que la magnésie reste dans la dissolution filtrée et peut en être retirée en la faisant bouillir.
Le précipité formé par le hi-carbonate de potasse est recueilli par décantation ou filiralion ; on le met encore humide avec \\ï\<i solution ^JC potasse caustique, et on lait bouillir pour enlever l'alumine, qu'on sépare ensuite de cette solution alcaline par une solution d'hydrochlorale d'ammoniaiiue.
La portion du précipité insoluble dans la potasse ne contient plus que le peroxide de fer et le carbonate de chaux; on les redissoul dans l'acide hydrochlorique, et, en ajoutant ensuite de l'ammoniaque, le peroxide de fer est isolé de la chaux, qui reste dans la liqueur surnageante, et qu'on précipite à son tour par une solution de carbonate de potasse.
Chaque principe séparé par la méthode indiquée doit être fortement calciné et pesé , afin de connaître dans quel rapport il se trouve dans l'échantillon de terre soumise à l'analyse.
De l'humus et de sa composition. — On a donné le nom à'humus au résidu que forme le détritus de la décomposition plus ou moins avancée des substances organiques exposées au contact de l'air. Ce résidu noirâtre, en raison de son aspect terreux, est désigné encore sous le nom de terreau végétal ou animal, suivant qu'il provient des substances végétales ou animales ; il fournit à l'agriculture, un engrais excellent et parait agir dans l'acte de la végétation, non seulement par les principes solubles salins qu'il renferme, mais encore parla piopriélé qu'il a, suivant les observations de MM. Théodore DE Saussure et de Humbolt , d'absorber par son carbone une certaine quantité d'oxigène à l'air, et de produire du gaz acide carbonique qui, décomposé par les plantes, devient pour elles un de leurs principaux alimens.
Les recherches entreprises par M. Théodore de Saussure ont démontré que le terreau véi^étal contenait une très-petite quantité de matière extractive solnbie dans l'eau et l'alcool, mais qu'il était presqu'entièrement formé d'une matière brune noii'âtre , soluble dans les solutions alcalines, et ayant les caractères de ïulmine; et que, à poids égaux, il contenait plus de carbone et d'azote, et moins d'hydrogène et d'oxigène que les végétaux qui l'avaient fourni.
Bien que la composition des terreaux se rapproche en général de celle que nous avons présentée, elle vaiie suivant la nature de la substance organique qui les produit.
Principaux ustensiles employés dans l'analyse chimique des sols. — Tous les réactifs que nous a\ons employés pour l'analyse des terres se trouvent à très-bon marché chez tous les pharmaciens. — Les ustensiles ou vase*; nécessaii'es pour l'exécution des différentes opérations que nous avons rapportées plus haut, ne sont également ni nombreux, ni dispendieux.
Ce sont : {figure 40 ) capsule en porcelaine A sur son fourneau pour dessécher un poids déterminé de terre , et connaître la proportion d'eau qu'elle renferme.
(^Figure 41) Grand vase
cylindrique en verre pour separt r par décantation dans l'eau le sable de la partie fine de la terre.
( Figure 42 ) Petit matras en verre, ou />^///o« sur son fourneau pour ti'aiter la terre par l'acide hydrochlorique, afin de dissoudre tous les principes solubles dans et acide.
( Figure 43 ). Creuset et son couvercle en porcelaine, ou en terre fine, pour calciner les différens produits extraits par l'analyse.
( Figure 44 ) Coupe d'unjournctiu ordinair^jdans lequel le creuset est disposé au milieu des charbons pour uue calcination au rouge obscur.
J. LASSA.IGIVE.