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§ II. — hnportance de l'usage des aniendeniens.
l.a question des amendemens est d'uu grand intérêt dans l'agriculture ; ce moyen (i'anu'liorer le sol est trop peu connu et surtout trop peu pratiqué dans une grande partie de la France, et cependant c'est une condition alisolument nécessaire à la prospérité agricole d'un pays: le départ, du Nord, la Belgique, l'AngletcM-re leur doivent eu grande partie leur pi-ospérité; le départ, du Nord dépense tous les ans, sur deux tiers de son sol, en chaux, marne, cendres de mer, cendres |)vriteuses, cendres de tourbe et de houille, 1,000,000 defr. (1), elc. C'est principalemeiilà cesa^ens d'amélioration que parait due cette suite non interrompue de fécondité qui étoniK; tous ceux qui ne voient pas tous les jours leurs produits.
Dans le moment où nous sommes, sur tous les points de la France, l'agriculture, à l'exemple des autres arts industriels, est en travail d'amélioration; de toutes parts, surtout, en essaie ou on veut essayer la chaux, la marne, les cendres, le noir animal. C'est le point particulièrement en progrès, celui qu'il faut surtout éclairer; c'est cette pensée qui a présidé à la rédaction de cet article. Depuis près de 30 ans l'auteur s'est livré par goût à l'agi-icullure; mais les amendemens calcaires ont été pour lui un sujet spécial d'études, dans la pratique de beaucoup de pays, dans le sien propre, dans ses essais personnels, et dans ce qu'en ont écrit les étrangers et les nationaux.
Résultats de l'emploi des amendemens sur le sol français.
Les trois quarts de l'étendue du terri loire français ont besoin, pour être fécondés, des agens calcaires; si le tiers de cette étendue en reçoit déjà , ce que nous croyons au-dessus du vrai , sur les deux a utiles tiers qui font moitié du tout, les jjroduits agricoles, par cette opération, croîtront de moitié en sus ou d'un quart au total. Mais par ce même moyen, en s'aidant encore de l'écobuage, la plus grande partie des sept millions d'hectares en friche et sans produit donnerait au moins un sixième du produit total actuel; le produit brut du sol français, accru de plus d'un tiers en sus, pourrait donc occuper et nourrir une population aussi d'un tiers en sus de la population actuelle, et cette révolution, dui" successivement au travail du sol, à des améliorations annuelles, qui se ferait avec les accroissemens progressifs des récoltes, serait insensible. L'État croîtrait en force, en vigueur, en richesse, en population active, morale, et qui serait de\ouée à la paix et au pays, parce qu'elle prendrait sa part de ce sol nouveau et amélioré.
Sur notre, étendue de 54 millions d'hectares, notre population, accrue et portée à 44 millions, oii chaque indivi(hi a un hectare et quart , serait moins pressée que les 24 millions d'habitans du sol anglais qui n'ont pas un hectare par tête; et cependant notre sol est au moins aussi bon et il vit plus favorisé
Cl) atfttistiquc du département du JXord.
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