‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 58 sur 304 · V. Chaulages superficiels · texte numérisé non relu

V. Chaulages superficiels

En Allemagne, où les chaulages et les marnages, comme la plupart des améliorations agricoles, ont pris depuis peu un grand développement, outre les procédés ordinaires, on trouve l'emploi de la chaux superficielle. On saupoudre au printemps le seigle avec un compost contenant 8 à 10 hectolitres de chaux par hectare, quinze jours après avoir semé du trèfle.

On l'emploie aussi immédiatement sur le trèfle de l'année précédente, en poussière et éteinte dans l'eau de fumier, à une dose moitié moindre. Son effet sur le trèfle et le fromtmt qui le suit est Irès-avantageux.

En Flandre, lorsqu'on emploi- la chaux mêlée avec les cendres, c'est particulièrement pour les prairies naturelles et artificielles. L'emploi s'en fait donc à la surface.

§ IV. — Soins à prendre dans le chaulage.

Quel que soit le procédé en usage pour l'emploi de la chaux, ii est essentiel que, comme tous les amendemens calcaires, elle soit employée en poudre et non en pâte, sur le sol non mouillé. On doit absolument évi-

: AMKNDEMENS. i-iv. i",

ter, avant de la recotivrir, toute pluie cjui la mouillerait, la réduirait en grumeaux ou en pâte , ce qui nuil essentiellement à son effet, plus encore que le raisonnement ne peut rexpli(|uer.

F^lle ne doit être placée que sur un sol dont la couche vrp;ctnle et la sur/ace s'éf^outtent naturellement. Dans un sol marécageux, à moins que la couche supérieure; ne soit bien desséchée, dans un sol très-humide, dont l'eau de la surface ne s'écoule juis très facilement, les jjropriélés de la chaux restent comme enchaînées, et ne se font apercevoir que lorsque, par de nouveaux travaux, on a assaini et égoutlé la couche végétale.

Dans un sol argileux et très-humide , l'emploi de la marne , qui se fait en grande masse , est préférable à celui de la chaux, parce qu'elle peut assainir plus puissamment la couche végétale productrice. Dans un sol de cette nature, un labour profond est une condition préliminaire essentielle au succès du chaulage et du marnage, parce qu'en augmentant l'épaisseur de la couche cultivée, on augmente aussi les moyens d'assainir la surface.

Les sols légers, graveleux ou sablonneux, ne peuvent en être surchargés; car l'emploi irréfléchi de la chaux peut deveuir dangereux dans ces sortes de sols lorsqu'ils sont trèschauds et peu j)rofonds. Il n'est pas sans exemple (|u'elle ait brûlé des récoltes.

Pour que la chaux produise son effet sur la première récolle , elle doit être mélangée au sol quelque lemps avant la semaille; cependant, lorsqu'on l'emploie en compost, il suffit que le compost soit anciennement fait.

La chaux ou le compost répandus secs sur le sol sec doivent être enterrés par un premier labour peu profond ou demi-labour précédé d'un petit hersage, afin que la cnaux , dans la suite de la culture, reste toujours autant que possible placée au milieu de la couche végétale. En effet, la chaux réduite en molécules tend à s'enfoncer dans le sol, elle glisse enlre les parties ténues d'argile et de silice, et descend au-dessous de la sphère de nutrition des plantes, s'arrête sous la couche labourable, et lorsqu'elle s'y trouve abondante, elle y forme par ses combinaisons une espèce de plancher qui arrête les eaux et nuit beaucoup aux récoltes; c'est là l'inconvénient de la chaux en grande dose enterrée par des labours profonds.

§ V. — Qualités diverses de chaux.

Il est nécessaire de connaître la qualité de la chaux que l'on emploie : la chaux peut être pure ou mélangée de silice, d'argile ou de magnésie. La chaux pure est la plus économique, la pltîs active, celle qui peut produire le plus d'effet sous le moindre volume.

La chaux mêlée de silice s'emploie en plus grande quantité ; elle prend le nom de chaux chaude comme celle qui précède , dont elle diffère peu dans l'emploi, sinon qu'il en faut davantage.

La chaux mélangée d'argile est la même

3ue la chaux hydraulique ou chaux maigre es constructeurs; il parait une les deux premières favorisent davantage la grenaihor.

cnjtp. f. DOSES, EFFETS

tandis que celle-ci est plus favorable au fourrage, à la croissance de la paille, aux légumineuses; elle ménage davantage le sol, mais demande une dose plus lorte.

La chaux magnésifère agit d'une manière très-active, mais épuise le sol si on la donne en grande dose ou si on ne la fait pas suivre d'engrais abondans; elle a épuisé quelques canlons d'Angleterre, des provinces entières d'Amérique, et c'est à elle que sont dus la plupart des reproches qu'on fait à la chaux.

On peut, à l'aide de procédés chimiques fort simples, s'assurer de la nature de la chaux qn'on emploie. (Voyez la sect. qui traite de Vanalyse des scU, à la fin du chap. précédent.)

§ VI. — Des seconds chaulages.

Lorsque le champ chaulé revient à l'élal où il était avant l'opération, que les mêmes végétaux inutiles y reparaissent, que les récoltes baissent dans leurs produits, il est temps de revenir à la chaux. L'époque d'un second chaulage dépend de la dose du pi'emier; lorsque la dose a été petite, il faut, comme les Flamands et les Manceaux, la recommencer en entier; lorsqu'elle a été forte, on peut la réduire de moitié. On doit d'ailleurs, dans cette circonstance, prendre conseil de l'état du sol et de l'expérience, parce qu'il est des terrains qui demandent et consomment de pi us fortes closes que d'autres.

§ Vn. — Doses des chaulages.

Les doses des premiers, comme des seconds chaulages, varient avec la consistance des sols; elles doivent être faibles dans les sols légers et sablonneux, elles peuvent sans inconvénient être fortes dans les terrains argileux. La dose, doit aussi varier suivant que le sol est plus ou moins bien égoutté; les faibles doses, dans un sol où' les eaux ne s'écoulent

[)as facilement, sont peu sensibles; mais, si a dose est forte et les labours profonds, la chaux facilite l'écoulement et l'assainissement de la terre. On conçoit que la dose doit aussi s'accroître avec la quantité annuelle de pluies qui tombe dans un pays, parce qu'à mesure que cette quantité s'accroît, les conditions de l'écoulement du sol deviennent plus difficiles.

Toutefois, les procédés des départemens du Nord et de la Sarthe semblent nous avoir indiqué la dose moyenne de cfiaiix(\y\\ convient en général au sol. Ainsi, le chaulage foncier du Nord, qui tous les dix ou douze ans donne au sol 40 hectol. de chaux par hect., un peu plus de 3 hectol. par an, concorde avec celui de la Sarthe qui en donne 8 à 10 hectolitres tous les trois ans; le J' donne en une fois ce que l'autre distribue petil-à-petit. Comme tous deux sont une moyenne, on pourrait en induire que la terre demande par an 3 hectol. de chaux par hect., pour soutenir sa fécondité. Cependant, comme ni le sol ni les plantes ne consomment cette chaux, il est à croire qu'au bout d'un temps plus ou moins long le sol en aura reçu assez pour n'en avoir plus besoin pendant un certain espace de temps.

DES CHAULAGES.

§ VIII.— Conduite à tenir dans les sols chaules.

Après avoir doté son sol d'une grande fécondilé, l'avoir mis dans le cas de produire les récoltes les plus précieuses, qui sont souvent les plus épuisantes, il faut le ménager, lui donner des engrais en compensation des produits obtenus, employer en litière et non en nourriture les pailles accrues d»; moitié, faire produire des fourrages à un sol qui désormais les porte avec avantage, modifier enfin l'ensemble et les détails de sa culture d'après les forces nouvelles de son sol, les prix de commerce et les convenances locales.

Toutefois, il ne faut pas se presser de changer d'assolement : une pareille opération est longue, difficile, très-dispendieuse, et ne doit être faite qu'avec une grande maturité.

§ IX. — Effets de la chaux sur le sol.

Les effets de la chaux, quoique analogues, ne sont point identiques avec ceux produits par la marne, et les qualités des sols chaulés diffèrent en quelques points de celles des sols calcaires : le blé d'un fonds chaulé est plus rond, plus fin, donne moins de son et plus de farine que celui d'un sol non chaulé, d'un sol calcaire ou d'un sol marné; le grain du sol marné est plus gris, donne plus de son et ressemble au blé sur trèfle, quoiqu'il lui soit préférable: le blé du sol chaulé a plus d'analogie avec celui produit par les terres amendées avec les cendres lessivées. Le sol chaulé craint moins la sécheresse pour sa semaille que le sol calcaire ou le sol marné; il n'est pas sujet à laisser verser, dans le printemps, sa récolte au moment de sa floraison, lorsque la semaille a été faite dans une terre sèche.

Dans le sol chaulé, les mauvaises herbes et les insectes disparaissent; la terre prend de la consistance lorsqu'elle est trop légère, et s'adoucit lorsqu'elle est trop argileuse. La surface du sol argilo -siliceux, auparavant unie et blanchâtre, s'ameublit, et devient rousse et comme carié», elle sèche, durcit et se fend par la chaleur, et fuse et se délite par la pluie (j^ui succède ; cet ameublissement spontané facilite beaucoup la main-d'œuvre du cultivateur, le travail et la marche des racines dans le sol, et l'action réciproque de l'atmosphère sur le sol qui reste ouvert à ses influences.

§ X. — Quantité de chaux absorbée par la végétation.

Les végétaux des sols calcaires ou devenus tels par amendement, renferment dans leurs cendres 30 pour cent de carbonate ou de phosphate de chaux qui sont perdus pour le sol; mais le produit du sol chaulé, de qualité moyenne, est à peu près, pendant les 2 années de l'assolement, de 20 milliers pesansde produits secs [)ar hectare, qui contiennentunpeu ujoins d"unhectolilredechaux;la véi^étation en a donc employé un demi-hectolitre par an. Nous avons vu qu'il en fallait en moyenne, par an, 3 hectol. par hectare, la végétation n'absorbe donc en nature qu'un G" de la chaux qu'on donne avec profit au sol;

66 AGRl CULTURE :

les 5 autres 6" se pefdent, sont entraînés par les eaux descendues aux couches inférieures du sol, se combinent on servent h former d'autres composés : une portion encore sans (ioute reste en nature dans le sol et sert à former cette réserve qui, à la longue, dis-

f)ens(*, pendant longues années, de continuer es chaulages.

§ XI,— De IVpuisement du sol par la chaux.

1j\ chaux, dit-on, n'enrichit que les vieiltard!! ou enrichit les pères et ruine les enfans : c'est là effectivement ce qu'a prouvé l'expérience, lorsque dans les sols légers chaulés abondamment ou sans l'intermédiaire des com[)()st.s, on a faitdes récolles successivesde grains, sans rendre au sol des engrais dans une proportion convenable, ou quand la magnésie mêlée à la chaux a porté dans le sol son in(lu^'nce malfaisante; mais, lorsque la chauxa été employée avec mesure, que sans surchai'gei' le terrain de récoltes épuisantes on lésa alternées avec les fourrages, qu'on a donné au sol des engrais en proporlion des produits obtenus, le cultivateur prudent voit alors continuer la fécondité nouvelle que la chaux lui a apportée, sans que son sol donne aucun signe d'épuisement.

Nulle part on ne parle de sols argileux qui aient eu à se plaindre de la chaux, et la fécondité s'est soutenue dans les sols légers toutes les fois que la chaux y a été employée en composts et avec modération.

En Amérique, là où la chaux d'écaillés d'huîtres a pris la place de la chaux magnésienne, les plaintes sur les effets épuisans de la chaux ont cessé.

AnT. II. — Du miirnage nu de l'emploi de la marne comme amendement.

Composition, recherche et choix de !a marne.

Nature et composition de la marne. — La marne est un composé de carbonate de chaux et d'argile plus ou moins sablonneuse; on la trouve en général sur les bords des plateaux en grand nombi'e que présentent les terrains d'alluvion , et sous la couche qui les forme, à plus ou moins de profondeur. Ainsi, la Solo-

ëne, sur tous les bords et dans la plupart des assins qui la sillonnent; la Bresse, sous ses terrains blancs; les environs deToulouse, sous ses boulbennes; la Puisaye, sous ses blanches terres; la iSormandie, sous ses terres froides, trouvent la marne comme placée par une main bienfaisante pour donner à ces sols l'activité et les moyens de production que la nature ne leur avait pas cléparlis.

La marne se présente sous différem aspects et sous diverses variétés qui offrent une composition très - variable. Elle durcit à mesure qvie la quantité de carbonate de chaux augmente jusqu'à 70 pour 100 où elle commence à devenir pierreuse; passé 80 p. 100 elle cesse d'être utilement employée dans le sol. On rencontre des marnes en poudre qui contiennent une très-gi'ande proportion de carbonate de chaux.

Les différentes compositions et les changemeus d'aspect ont fait diviser la marne

AMENDEMENS. liv. i".

en argileuse , sablonneuse et pierreuse, dénominations un peu vagues, il est vrai, mais qui ce()endanl sont utiles dans la pratique.

Recherche de la Marne. — L'importance de la marne en agriculture doit la faire rechercher partout où elle peut être de quelque utilité. Les tussilages, l'ononis, les sauges, le trèfle jaune, les ronces, les chardons, le mélampyre, sont ordinairement un indice des sols dans lesquels la marne se trouve à peu de profondeuiT lescreusemens de fossés, de puits la mettent souvent au jour; plus souvent encore on la trouve en arrachemens sur les pentes ; les couches sablonneuses l'annoncent aussi : presque toujours elles la recouvrent ou la supportent.

Si aucun de ces signes ne l'indique, on peut la rechercher par des sondages dans les parties inférieures du sol ; mais les grands sondages engageant dans de fortes dépenses, l'extraction de la marne ne se ferait qu'à grands frais, et le plus souvent on rencontre des cours d'eau souterrains qui s'opposent à toute exploitation économique. Toutefois, lorsque l'eau ne uuit pas, l'extraction à de grandes profondeurs est encore beaucoup moins dispendieuseque sou transport de lieux éloignés. Les extractions de marne à de grandes profondeurs ne sont pas nouvelles en Frnnce.Plineparlede marnequ'on tirait dans lesGaulesà plus de cent pieds de profondeur; en Normandie, on en extrait encore de cette manière : dans ce cas un manège à bœuf ou à cheval peut beaucoup diminuer la maind'œuvre.

Dans les sols où l'eau arrive à peu de profondeur, les grands sondages sont inutiles, une petite sonde (/?^. 47 ) suffit : elle consiste en une bar- pjg, 47.

re de fer de 10 à 12 pieds de longueur qui se termine par une pointe aciérée surmontée d'une cuiller; on la manœuvre avec un manche (le tarière que traverse la barre, qui s'élève ou s'abaisse à volonté et se fixe par une vis de pression.

La marne est plus près de la surface dans les endroits où la terre paraît plus sèche, où le sol argilo-siliceux est rougeâtre plntiM que gris. Lorsqu'on l'a trouvée, si elle n'est pas profonde, il est préférable de la tirer à ciel ouvert; dans ce cas quelques veines d'eau ne doivei»t pas empêcher l'extraction: on meta fond dans un jour tout ce qu'on a commencé; l'eau pendant la jiuit remplit le creux de la veille, et le lendemain on s'en débarrasse, ou Ton fait une extraction à côté en laissant UQ contrefort du côté de l'eau.

CHAP 8^ DU MARNACE

Lorsqu'on a trouvé la marne , ou ce qu'on croit en être, car rien ne simule mieux la marne terreuse que certaines argiles, on s'assure de sa nature en la touchant avec de l'acide nitrique, muriatique ou même de fort vinaigre; un mouvement d'effervescence annonce de la marne, mais on n'a que de l'argile si l'acide s'étend sans boursoufflement. D'autre part, si on jette dans l'eau un morceau de marne sèche, il y a sur-le-champ une légèie ébullilion, ses molécules s'écartenl l'une de l'autre comme repoussées à distance, et elles tombent en bouillie au fond du vase; c'est là encore un des caractères spécifiques qu'elle communique au sol à un haut degré. Tous ces caractères ne se rencontrent pas au même degré dans la marne pierreuse ou dans la marne argileuse : la marne pierreuse a souvent besoin sur le sol du secours des gelées pour se déliter.

Sols auxquels la marne convient. — La marne agit par le carbonate de chaux qu'elle porte au sol, car l'argile seule ne produit sur le sol qu'un effet mécanique ; la plus petite quantité du principe calcaire se fait sentir au sol qui n'en contient pas, mais dans les sols calcaires son emploi est le plus souvent nuisible. L'emploi sur le sol de quelques tombereaux de marne, avant la semaille d'hiver ou de printemps, décide mieux la question que tout autre essai.

§ H. — Procédés de maruages dans divers pays.

Il y a encore plus de variations dans les marnages que dans les chaulages. Le plus souvent, dans un pays, les marnages sont dus au hasard : des terres de fouille, de fossés, de puits, ont été épancbies sur le sol, y ont produit une fécondité inattendue; si le cultivateur est actif et entreprenant, il étend lopéralion à ses autres Ibnds, et s'il inspire de la coufianceà ses voisins, les maruages se propagent; mais alors les procédés se règlent au hasard, et les doses sont presque toujours trop fortes, parce qu'on ne croit pas pouvoir trop donner au sol de cette substance fécondante.

IVons ne trouvons pas entre les marnages anglais et français les mêmes disparates que pour la chaux. Ce que nous devons surtout imiter des Anglais, c'est l'association du fumier à la marne; souvent ils les réunissent en compost; leurs doses <le maine soiit plus ou moins foi-les, suivant qu'il s'agit de l*"" ou de 2'' marnages; les T" sont de 4 à 5 lignes (9 à V2 mm.) d'épaisseur sur la surface, et les seconds du tiers au plus,etse succèdent tou? les 15 ou 20 ans. Les doses varient ensuite suivant le plus ou moins de consistance des sols, la richesse ou la pauvreté de la marne. Dans quelques cantons on marne les pâturages et les prés non arrosés; on emploie la marne pour accroître les fourrages et la chaux pour les grains. Le marnage a fait changer de face à plusieurs comtés; le Norfolk, jadiscouvent de bruyères et de landes, est devenu, par suite des maruages, la province modèle en agriculture. La marne pierreuse, sous le nom de graviers calcaires, féconde de grandesétendues. En Irlande, on en amis sur le sol une quantité telle qu'on a tout-à-fait

changé sa nature et qu'on ne sera plus dans le cas d'y revenir.

Les marnages en Flandre sont aussi anciens que les chaulages; ils y sont devenus une opération régulière d'agriculture, et consistent en 22 voitures à deux chevaux par hectare, d'une marne pierreuse très-riche : cette dose équivaut à peu près à 500 pieds (17 m. ,13) cubes i)ar hectare, couvre à peine le sol de 2;S de ligne (1 mm. 5 ), et forme un centième de la couche labourable. Lesarrondissemens deBergues etde Hazebrouck l'emploient sur les deux tiers de leur surface, et les autres arrondissemens en usent en moins grande quantité parce qu'ils emploient plus de chaux. On tire la marne pierreuse des environs de S'.-Omer; elle coûte de 4 à 6 fr. la voilure, parce qu'on va souvent la prendre à plus d'une lieue. On renouvelle les marnages tous les 20 à 30 ans : ce marnage coûte trois fois autant que le chaulage sur des fonds tout-à-fait analogues, c'est-à-dire de 4 à 6 fr. par hectare et par an en moyenne, tandis <{ue le chaulage ne revient que de 1 fr. 50 c. à 2 fr.

Les marnages sur le plateau argilo-siliceux de la Puisaye (Yonne) sont faits avec une marne pierreuse et très-abondamment; ils s'élèvent à 3,000 pieds ( 103 m. ) cubes par hectare, formeut une couche sur le sol de 4 lignes ( 9 mm.) d'épaisseur d'une marne qui contient 80 p. 100 de carbonate de chaux: cette abondance s'explique, parce que la marne se délite assez difficilement, et qu'un hiver et souvent même plusieurs années ne suffisent pas pour cela. Le marnage avait lieu sur quelques points de temps immémorial, aussi les doses n'y sont que du tiers ou du quart de cette quantité; ils n'ont commencé à s'étendre que depuis 40 ou 50 ans : maintenant la surface est marnée presque tout entière, et le sol a triplé de valeur partout où il a reçu cette amélioration.

Les marnages des environs de Montreuil en Picardie couvrent le sol d'une ligne ( 2 mm. ) d'épaisseur à peu près d'une marne j.récieuse qu'on extrait sous le sol même par des puits; ce marnage, qu'on renouvelle tous les 20 ans, coûte 20 fr. par hectare.

Les marnages de la Normandie, ceux de la Haute-Garonne, ne nous apprendraient rien d'important; ceux de l'Isère peuvent au contraire nous donner d'utiles leçons. Ils se font sur un sol de graviers siliceux avec une marne graveleuse qui appartient au sous-sol: ce sol fait partie de la grande alluvion de graviers siliceux rougeâtres qui couvre les 3,4 du fond ' du bassin du Rhône , et qui se compose de ' débris roulés des Alpes primitives liés en- I treeux par une terre rougeâtre. Ces marnages dus au hasard et faits avec une marne à portée, sont très-abondans ; ils couvrent le sol ' d'une couche de 4 à 5 lignes (10 mm.) d'une marne sablonneuse qui contient depuis 30 jusqu'à 60 p. 100 de carbonate de chaux. Cette quantité de niiirne jetée sur un sol aride double au moins ses produits : l'agriculteur avait presque sans fumier une récolle de seigle tous les deux ans qui triplait rarement la semence, maintenant il recueille, pendant 10 ou 12 ans après les maruages , 8 pour un en froment- cependant la récolte a baissé

68 AGRICULTURE i

successivement, et elle est maintenant, après 40 ans de marnage , réduite à quatre pour nn ; ceux qui n'ont pas vu les récoltes avant le marnage se plaignent de l'épuisement de leur sol , mais le produit brut est encore triple de ce qu'il était auparavant. Au reste, on trouve ici réunies toutes les circonstances

3ui devaient conduire à l'épuiseiuent: forlc^s oses de marne très, nohe et sablonneuse sur un sol aride, graveleux et peu consistant; une culture sans fourrages, une suite pres-

aue exclusive de récoltes épuisantes. Aussi en est résulté que sur les parties les plus sèches et les plus arides de ce sol qui ne peut presque nourrir aucun arbre et à peine des taillis, le terrain est encore devenu plus sec, et qu'avec des récolles de grains d'hiver d'une valeur double des anciennes, il est vrai, les récoltes de printemps et lestrètles surtout craignent encore davantage la sécheresse. L'opération du marnage, qui pourrail se répandre avec de si grands avantages sur une étendue décuple au moins du même sol depuis Genève jusqu'à la mer, sur le Bugey, la Valbonne, les plaines de Valence, les garrigues du Comtat, la plaine de la Grau, commence à peine à se i-épandre hors de quelques cantons de l'Isère : les essais suivis de succès dans l'Ain et la Drôme ont pris peu d'extension.

Les marnes du grand plateau argilo • siliceux qui couvrent une partie de l'Ain, de Saôneet-Loire et du Jura, sont argileuses et contiennent de 30 à 40 p. 0/0 de carbonate de chaux; leur efficacité a été révélée par un cultivateur de l'Ain. Il y a 40 ans , l'habitude ancienne d'amender le sol avec de grandes masses de terres charriées sur la surface a provoqué à des marnages très-abondans; ils ont commencé par être d'une couche de 15 à 18 lignes ( 3à4c.m.) sur toute l'étendue, comme les terremens ordinaires. Cette dose a été réduite d'abord d'un tiers, puis de moitié, quantité encore énorme, puisque dan^ le pays, oîi les labours ne sont que de trois pouces au plus , le marnage forme un quart ou le tiers même de la couche labourable.

Les cultivateurs voisins de Saône-et-Loire ont imité ces marnages mais sans en prendre l'abus; ils ne donnent à un sol analogue qu'un quart de cette quantité d'une marne qui n'a souvent que 30 p. 0,0 de carbonate de chaux, et les marnages sont moins durables sans doute, mais sont aussi productifs que dans l'Ain.

Les fortes doses de marne ont nui en quelques lieux ; dans le sol très-argileux , la ténacité du terrain a été accrue, et on a eu plus de peine à le travailler ; le blé noir et les pommes-de-terre vont moins bien réussi ; et dans les sols légers et les sables, sans améliorer beaucoup la consistance, on a rendu le sol trop chaud et multiplié les coquelicots et les rhynanthus.

Nous trouvons en Sologne une leçon frappante de l'amélioration des terrains légers et sablonneux par la marne : la dose de marne argileuse, analogue dans sa composition et toutes ses apparences à celle de l'Ain, est de 340 à 300 pieds cubes par hectare, et

AMENDEMENT. tiv.i-r,

celle dose, d»' 2/5" de ligne sur la surface, suffit pour féconder le sol pendant 10 ans.

§ III. — De la dose de marne à donner au sol.

Au milieu de tant de procédés on peut toutefois arriver, pour les sols de consistance moyenne, à une dose rationnelle de marne qui se modifie ensuite suivant la nature du sol : c'est un grand service à rendre à la pratique qui manque sur ce point de direction précise.

Le but du marnage est d'amener le sol k avoir les qualités et les avantages des sols caK caires. Or, l'analyse des meilleurs sols calcaires, des meilleurs sols de Flandre entre autres; la pratique des pays où le marnage est le plus ancien et le mieux raisonné; les dosesqueconseilleTHAER; le résumé desmarnages nombreux que donne Arthur Yolng, nous a mis dans le cas de conclure, dans V Essai sur la marne [\) , que la proportion de 3 p. 0/0 en moyenne de carbonate de chaux dans la couche labourable doit suffire: mais la marne plus ou moins riche, et les labours plus ou moins profonds donnent ime couche labourable plus ou moins épaisse ; avec la proportion fixe de carbonate de chaux que nous avons admise , les doses de marne doivent donc varier suivant la richesse de la marne elles profondeurs du labour.

Pour faciliter l'application de cette donnée d'expéi'ience et de raisonnement, nous donnons uii tableau qui rtnjerme tous les élémens du marnage, et dont il sera facile de faire usage ; il est fait pour toutes les compositions de marne depuis 10 p. 0,0 de carhonate de chaux jusqu'à 90, et pour toutes les couches labourables depuis trois pouces jus-

au'àS; en prenant des moyennes interméiaires on aura pour toutes les profondeurs de labours et pour toutes les qualités de marne, le nombre de pieds cubes à charrier sur un hectare : les pieds cubes s'évalueront d'après la capacité des tombereaux, parce que la marne, en se délitant sur le sol, prend autant de volume qu'elle en occupe dans le tombereau au moment de l'extraction.

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Mais celte dose moyenne doit encore varier dans beaucoup de cas : si la marne est argileuse dans un sol très-argileux , la" dose doit êlre diminuée. Il en est de même surtout à mesure que le sol devient plus léger,

Ptris, ehe2M"^ Huzard.

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DU MARNAGE.

et nous pensons que la dose doit alors s'abaisser presqu'à celle de la Sologne (250 pieds cubes par hectare) , dose que nous regardons comme rationnelle, et comme le résultat de l'expérience autant que de l'économie dans les sols très -légers. La proportion «loit au contraire s'élever avec l'humidité du sol; dans un sol très-humide, une petite dose pourrait ne pas suffire; mais il faut néanmoins se garder de rendre son sol trop argileux.

§ IV. — Soins à prendre dans le marnage.

La l'* condition du succès de la marne dans un sol, c'est qu'il s'égoutle et se débarrasse des eaux Ae la surface; la marne peut sans doute y aider beaucoup, mais elle ne suffit pas pour assainir le sol marécageux; elle ne peut, comme la chaux, exercer son action sur le sol que quand, par la nature de sa position ou par suite du travail qu'on lui donne, il peut se débarrasser des eaux surabondantes.

Les charrois des marnages doivent être faits par un beau temps afin que les terres ne soient pas broyées et pétries sous les pas des animaux, des hommes et des voitures; il faut un temps sec ou de la gelée ; cependant, si on a de bons chemins, on peut profiter par tous les temps des loisirs des attelages; on dispose la marne sur un coin de la pièce à marner pour la répandre ensuite en temps convenable avec des tombereaux ou des brouettes: l'exposition de la marpe à l'air, avant de la répandre, est toujours utile, sans être indispensable.

Dans un sol humide il est à propos de faire précéder le marnage par un labour profond, parce que la terre offre alors à l'eau une couche plus épaisse à pénétrer, qu'elle craindra alors moins l'humidité, et que la couche améliorée et ameublie par la marne sera plus épaisse.

La marne doit être disposée sur le sol en lignes parallèles, en petits tas égaux, placés à 20 pieds de distance au plus entre les tas et entre les lignes. (Voy.y?^. 45.) On profite des premiers loisirs de beau temps pour l'épancher aussi régulièrement que possible ; après quelques jours et des alternatives de soleil et de pluie, on repasse sur le sol pour égaliser la marne et pour qu'elle le couvre le mieux possible de ses débris en poussière : la bonté et la promptitude des résultats dé-

f tendent en grande partie de ce soin : on aisse ensuite essorer la couche de marne sur le sol aussi long-temps que possible; il s'établit un travail réciproque a l'aide de l'air et des variations atmosphériques de la surface du sol sur la marne, qui prépare ses effets , les hâte et leur donne plus d'énergie. La marne ne doit être enterrée que pendant un beau temps, lorsqu'elle est bien délitée et

f»resque sèche ; en l'enterrant mouillée on ui fait reprendre son adhérence, et alors elle ne peut se distribuer dans le sol : il faut aussi que le labour soit peu profond, parce qu'elle se conserve plus aisément alors, pour les cultures qui suivent, dans l'épaisseur de la couche végétale.

Lorsque le marnage a été trop fort, on peut, par un labour profond, ramener à la

surface de la terre non marnée qui diminue la masse proportionnelle de marne; cette opération, en augii entant l'épaisseur de la couche ameublie, dimiiuie pour le sol les inconvéniens des grandes pluies.

La marne s'emploie avec avantage sur les récoltes d'hiver comme sur celles de printemps: elle s'emploie très-utilement en composts, soit avec du fumier,soit avec du terreau ou des gazons; toutefois ils sont un peu plus embarrassans à faire, à charrier et à mêler avec la marne argileuse qu'avec la marne pierreuse. Les Anglais emploient beaucoup de marne sous cette forme, surtout lorsqu'ils sont éloignés de la marnière, parce que, pour la marne comme pour la chaux, les composts sont le moyen de multiplier les effets avec une petite dose.

Les effets de la marne ne sont pas toujours très-sensibles sur les premières récoltes, et cela arrive lorsqu'elle a été épanchée avec peu de soin, lorsqu'elle n'a pas été bien mêlée au sol par les labours, qu'elle a été enterrée par la pluie ou par un labour trop profond, ou qu'enfin elle a éprouvé une suite non interrompue de pluies ou de sécheresse; il faut une alternative de chaleur ou d'humidité pour que les combinaisons à l'aide desquelles la marne agit sur les végétaux se forment dans le sol.

Les effets de la marne sur le sol ressemblent beaucoup à ceux de la chaux. Le sol ameubli peut se travailler en tout temps, se délite à la première pluie, devient plus accessible, ainsi que les plantes qu'il porte, à toutes les influences atmosphériques; les racines le traversent plus facilement; dans ce sol rendu perméable, les sucs qui forment la sève peuvent circuler et par conséquent être plus facilement aspirés par les racines: on conçoit que toutes ces qualités rendent meilleurs le sol et ses produits.

§ V. — Des seconds marnages.

Les seconds marnages ne conviennent plus et doivent être long-temps différés là où le premier a été très-abondant. S'ils n'ont point réussi dans l'Ain, dans l'Isère, dans l'Yonne, c'est qu'on a employé dans les premiers marnages des doses qui ont fourni au sol 4, 5, 6, 8, 10 p. o/o de carbonate de chaux, proportion beaucoup au-dessus du besoin et souvent même de la convenance, et que le sol en a pour un temps indéfini ; mais , là où le» marnages sont devenus une opération régulière d'agriculture , nous pouvons prendre des points de départ qui nous éclaireront. En analysant la plus grande partie des procédés réguliers de marnages cités par Arthur YouNG, on trouve que l'hectare de terre reçoit par an de 10 à 20 hectolitres de carbonate de chaux. Dans les marnages plus réguliers encore du départ, du Nord, le sol reçoit tous les 20 ans 16G hectolitres de marne pierreuse qui contient 3/4 au moinsde carbonate de chaux; c'est donc 8 hectolitres par an que demande le sol pour continuer se» produits avec la même énergie.

Une quantité qui suffirait aux sols argileux devient trop forte pour les sols légers; nous avons vu qu'on donne en Sologne, tous les dix ans, de 240 à 300 pieds cubes par hectare

d'une marne qui contient 40 p. o/n de carbonate de chaux, c'est 4 hectolitres par an du principe calcaiie; nos seconds marnages seraient donc donnés de manière à fournir au sol par au depuis 4 jusqu'à 8 hectolitres de carbonate de chaux suivant la consistance du «ol.

§ VI. — Épuisement du sol par la marne.

Lorsque dans un sol léger ou très-sec on a mis une forte dose de marne, qu'on ne lui rend pas des engrais animaux en proportion des ()roduits qu on en tire, que les récolles épuisantes s'y succèdent, on voit pelit-à-

fielit les récoltes diminuer, le sol prendre es caractères de sol calcaire peu fécond; il produit encore plus qu'avant le niarnage, mais on le dit épuisé, et une nouvelle dose de marne ne le rappelle pas à sa lécondité

fremière: nous avons vu ce cas arriver dans Isère, où se trouvent réunies toutes les circonstances défavorables. Dans le sol argileux, ce résultat se montrerait plus difficilement et après un plus long terme. La marne ne dispense donc pas de fumier, mais elle est ioin d'épuiser le sol ; nous pensons , au conti'aire, que pour en soutenir les grands produits, une aose de fumier beaucoup moindre est nécessaire. La marne double donc l'action du fumier, et on a, dans les fonds marnés, ce grand avantage d'un bon sol, de pouvoir obtenir de grands produits avec une quantité modérée d engrais.

Toutefois, nous devons dire que le premier nîarnage comme le premier chaulage produisent en quelque sorte un premier élan de fécondité dont le plus souvent on ne soutient pas toute la puissance. Pour que cela fût, il faudrait que l'année même du marnage, le fuuiier fût donné comme à l'ordinaire, ou que la marne fût livrée au sol en compost sans retrancher le fumier, comme dans beaucoup de seconds marnages en Angleterre.

iWais cela a rarement lieu : partout on veut profiter de la faculté nouvelle donnée au sol de pi-oduire sans fumier, et on place son engrais dans les fonds qui n'ont pas encore reçu d'amendemens; toutefois la Belgique , le département du Nord, la Normandie, la Sarlhe, et une grande partie de l'Anglelerre ont soutenu avec des soins la fécondité preniière donnée par la marne, et cela est dti, à i'a fois, à la quantité d'engrais et à la bonne culture qu'ils ont donnée a leur sol marné.

§ Vil. — Culture du sol après les marnages.

Après tout ce que nous avons dit, on comprend que la culture du sol après les marnages doit être conduite avec discernement el mesure; il ne faut profiter de la f<'Condité nouvelle du sol qu'en ménageant les forces artificielles qu'on lui a données; il faut donc lui rendre des engrais en raison de ses produits, multiplier par conséquent les fourrages-feuillus et les fourrages- racines, profiter enfin de la fécondité de son sol autant en faveur des animaux producteurs du fumier qu'au i)rofit du grenier: alors la marne est un immense moyen de fé(;f)ndité présent et avenir. Nous ne conseillerons point ceptuidant de changemcns brusques dans l'as-

AIWENDEMENS. i.iv. l'-'o

solement : dans tous les systèmes agricoles on peut faire produire au sol des récoltes productives de fumier.

§ VIII. — Assainissement produit par la marne.

Une foule de faits et de raisonnemens ont établi que la chaux et ses composés portent dans le sol un principe d'assainissement en même temps que de fécondité. Les agens calcaires ôtent au sol l'humidité stagnante qui nuit à la végétation ; le sol devient poreux, perméable, les eaux peuvent mieux circuler dans l'intérieur, n'y stagnent plus et par conséquent ne s'y arrêtent pas.

Toutes les eaux quiséjournentou qui coulent sur la marne ou sur la pierre calcaire restent claires et limpides, portent partout la fécondité, et assainissent le sol et les produits du sol. Dans le sol marné, tous les végétaux des sols assainis croissent et pi-ospèrent, le sol hii^^même est donc assaini aussi bien dans ses émanations, que dans ses eaux, que dans ses produits : la marne, en donnant au sol toutes les qualités des sois calcaires, leur donne donc aussi la salubrité qui les distingue partout, et la marne doit agir dans ce cas plus énergiquement encore que la chaux, parce qu'on la donne plus abondamment au sol, et qu'elle y développe à un plus haut point les qualités des snls calcaires; la marne est donc commela chaux, comme tous les agens calcaires, un principe de salubrité aussi bien que de fécondité.

Art. III. — Emploi des plâtras ou débris de dé/iio- Utiort-'jl/omme amendemeiis.

Les débris de démolition ont une grande influence sur la végétation; leur effet sur le soi semble quelquefois plus avantageux que celui de la chaux. Ils contiennent, en outre du carbonate de chaux et d'un peu de chaux encore caustique, des sels déliquescens à base de chaux, des nitrates et des muriates dechaux,depotasseet de soude, qui ajoutent à l'effet du principe calcaire sur les végétaux. Leur effet fécondant s'exerce exclusivement sur les sols non calcaires; ailleurs ils sont plutôt nuisibles qu'utiles et rendant les sols plus sensibles à la sécheresse.

Les débris de démolition ont un effet trèsdurable •,\\% sont très-avantageux sur les prés ou pâturages humides non calcaires, mais qui ne sont cependant ni marécageux ni inondés; ils améliorent la récolte en quantité et en qualité. On les emploie avec avantage, avant et nprès l'hiver, sur les récoltes d'hiver comme sur celles de printemps, ils font produire plus de grains à prop<;rtion que de paille, et le grain est d'excellente qualité: on les emploie le plus souvent sans l'intermédiaire des composts parce qu'ils ont déjà formé dans les murs une partie des composés qui se forment dans les composts ; cependant, employés sous cette Ibrme. leur eftet s'accroitr.iit encoie en imprégnant de leurs forces fécondantes une masse de terre 7 à 8 fois plus considérable que la leur.

Les plâtras, comme les autres amendemens calcaires, a'cmandent à être répandus sur la terre non mouillée, et veulent être enterrés peu profondément par un beau temps; au-

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