DES AMENDEM£NS ST1MULA.NS : PLATRE
trement leur effet est beaucoup moindre. Il parait quV« Italie ils sont très-estiint-s comme amendement : on les emploie préfépablement dans les sols argileux. Aux environs de Rimini , nous dit Philippe RÉ , on les emploie pour les oliviers : une charretée suffit pour 15 à 20 arbres ; en Toscane, on les emploie pour le même objet, mais en compost; dans le Milanais, on les donne aux vignes et aux mûriers; dans le pays liressati et les environs de Reggio , on en saupoudre d'une couche légère les prairies naturelles.
Dans le département de l' Ain , on les employait sur le sol argilo-siliceux avant que la marne et la chaux fussent introduites; mais , depuis celte époque, on les a beaucoup plus recherchés, depuis surtout que l'emploi de la chaux se popularise; le tombereau de VI pieds cubes qu'on avait pour 50 c. se vend t fr. pris à Bourg; l'amendement devient beaucoup plus cher que celui de chaux lorsqu'on doit le conduire à grande distance.
La dose moyenne est de 600 pieds cubes (200 heclolilres) par hectare, qui équivaudraient à 40 hectolitres de chaux; la dose, sans doute, pourrait être moindre, surtout dans les sols légers; maison veut absolumeijit voir le sol couvert, et puis la durée est plus longue; au bout de 20 ans, le sol est encore très-sensiblement amélioré. — Les plâtras paraissent bien aux 3/4 perdus pour l'agriculture française, car. on en néglige généralement l'emploi; cependant presque partout lis pourraient être utilisés, parce qu'on rencontre presque partout des sols non calcaires.
Art. IV. — Dufalunage ou emploi des coquilles comme amendemens.
On donne le nom de/aluns à des bancs de coquilles fossiles qu' ou trouve, soit sur les bords de la mer, soit dans l'intérieurdes terres; dans certains lieux, le falun est employé sous le nom de marne coquillière ^ mais c'est seulement \e falun de Touraine dont l'em ploi en agriculture est bien connu. La falunière y forme un banc de 3 lieues de longueur et d'une é[iaisseur et largeur variables; on extrait le falun de plusieurs pieds de profondeur, et, commu les eaux y abondent, on ne l'obtient qu'à force de bras dont les uns puisent les eaux et les autres sortent le falun {fig. 48).
On \e met sur le soIa la quantité de no ii bO charretées par hectare suivant la natnre du terrain; son action parait au moins aussi efficace que celle de la marne, et sa durée se prolonge long-temps.
On l'emploie en Angleterre à moindre dose qu'en France, à moitié de la plus faible dose de la Touraine; les qualités particulières et les forces fécondantes pen\ent être différentes, car les bancs sont composés de familles de coquilles très-diverses; en sorte que chacun peut avoir raison dans sa pratique. La durée d'un falu nage en Angleterre se prolonge plus que celle de la marne; oa en renouvelle l'énergie avec un compost de fumier et coquilles; le sol en est grandement amélioré, plus, à ce qu'il semble, que par la chaux ou la marne; ces coquillages peuvent en effet contenir quelques parties animales qui ajouteraient à l'effet du carbonate de chaux qui en forme la base principale.
On trouve en France des bancs de coquillages dans beaucoup de lieux. C'est une de nos richesses minérales dont nous sommes bien loin de tirer tout le parti convenable; car, en employant le falun à la dose de 100 hectolitres par hecta. e comme en Angleterre, on pourrait le transporter à distance, soit par eau, soit par des voitures, et en faire ainsi une branche de commerce de quelque intérêt. M. A. Puvis.
Section m. — Des amendemens stimulons.
La théorie de l'action des substances qui paraissent jouer dans le sol le double rôle d'amendement et de stimulant, et l'explication de leurs effets, étant intimement liées aux mêmes notions relatives aux engrais, elles seront exposées au commencement du chapitre suivant, afin d'éviter des répétitions inutiles et d'en rendre l'intelligence plus parfaite. Ici nous devons nous borner à l'examen de l'emploi pratique de ces substances qu'on peut réunir sous les dénominations principales de plâtre, de cendres, et de substances salines. C. B. de M.
Art. !*% — Du plâtre, sulfate de chaux , ou gypse.
Le sulfate de chaux est un composé calcaire qui se distingue de tous les autres par ses effets sur le sol : ses espèces, sa composition et sa théorie seront exposées dans le chapitre des engrais.
L'usage du plâtre n'est pas ancien en agriculture; il n'a commencé à se répondre q.ue depuis les expériences du pasteur Meyer, qui les publia en 1765 et années suivantes. Son emploi se répandit, à dater de cette époque, en Allemagne, pénétra en Suisse et en France.
Le plâtre parait convenir particulièrement sur les légumineuses , son effet est c<uilesté sur les graminées; cependant en Amérique, on s'en'loue sur le maïs; entre les mains de quelques-uns, il a donné beaucoup d'activité à la végétation du chanvre. Ce sont là des faits particuliers que nous ne ni^ns pas, mais il est à peu près certain qu'ils ne se reproduiraient pas partout : on l'emploie doiic spécialement sur le trèfle, la luzerne et Tesparcette. 11 parait que les légumineuses
contiennent beaucoup de sulfate de chaux, et que ce serailau besoin qu'elles en ont dans leur coniposilion inlinie que pourrait être dû en grande partie l'effet qu'il produit sur leur vt'gétalion. Cette explication parait d'autant plus vraisemblable que l'expérience a constaté que le plâtre reste à peu près sans efCet sur les sols qui le contiennent en certaine proportion : ainsi, les plaines du Comtat- Venaissin et des comtés enliers en Angleterre n'éprouvent aucun effet du plâtre, et leur sol, analysé par M. Gaspariiv en France et par Humpliry Daavy en Angleterre, a donné une certaine proportion de sulfate de chaux.
Le plâtre s* emploie avec succès sur les fèves, les haricots et les pois, mais on l'accuse alors de rendre les graines produites d'une difficile cuisson. Nous venons de voir que ces graines contenaient déjà du plâtre; il semble que la dose, en s'augmentant, tend à rendre la cuisson plus difficile : nous savons d'ail leurs que les eaux séléniteuses empêchent la cuisson des légumes; un effet analogue se reproduit par le plâtre contenu en trop grande abondance dans leur substance ellemême.
Lorsque le sol et la saison sont favorables, le plâtre double souvent le produit des fourrages; les plantes prennent alors un vert intense, une vigueur extraordinaire qui les font contraster avec celles des portions non plâtrées. Lorsque FRA^KLIIV voulut faire connaître et répandre l'usage du plâtre en Amérique, pour convaincre ses compatriotes, il écrivit sur un champ de trèfle {fig' 49 ) ,
Fig. 49.
aux portes de Washington , avec de la ponssière de plâtre, cette phrase : Ceci u été plâtré ; l'effet du plâtre fit saillir en relief ces mots en tiges vigoureuses et plus vertes; tout le monde fut convaincu, et le plâtre fut popularisé en Amérique. Les Américains ont été long-temps à tirer leur plâtre de Paris, mais ils en exploitent maintenant chez eux. On recommande de semer le plâtre au printemps sur la végétation déjà commencée, Jorsque les fourrages ont 5 à 6 pouces de hauteur : cependant semé au mois d'août, après la moisson, sur les trèfles de l'année ,
AMENDEMENS. i-iv. i"
il en fait produire une bonne coupe au mois d'octobre, et les récoltes de Tannée suivante en éprouvent encore tout l'effet.
On le répand à la main, le soir ou le malin, à la rosée, par un temps calme et couvert, avant ou après une petite pluie; de grandes pluies nuisent beaucoup à son effet; aussi, pour éviter les grandes pluies de printemps, dans les environs de Marseille, on préfère ne l'employer qu'après la première coupe.
Les expériences de M. Soquet semblaient avoir constaté que le plâtre répandu sur le sol, sans contact avec les plantes, ne produisait aucun effet; cependant la pratique de pays entiers établit qu'il réussit très-bien sur le trèfle et la luzerne à peine sortis du sol, et les expériences de MM. Sageret et d'Harcourt ont constaté que le plâtre semé en mêuie temps que la graine produisait encore beaucoup d'effet.
Sa dose ordinaire est égale en volume à la semence, soit de 5 à 6 quintaux par hectare; à cette dose il ne fait sur le sol qu'une couche de moins de 1/100 de ligne ou un six-millième d'une couche labourable de 5 pouces d'épaisseur; à dose moitié moindre , son effet est encore très-sensible; il est donc de tous les amendemens celui dont l'effet se produit à plus petite dose.
Le plâtrage ne doit pas être répété trop souvent sur le même sol, surtout s'il est médiocre; le sol aime à changer d'engrais comme de récolle, et le plâtre serait comme beaucoup de bonnes choses qui demandent à être employées avec mesure et modération, comme le trèfle lui-même qui, pour bien faire, ne doit reparaître sur le même sol que tous les six ans.
Y,^ plâtre , employé dans des composts de terre ou de fumier, augmente bealicoupleur activité; les essais sur ce sujet n'ont pas été poussés assez loin pour se résumer en directions précises de pratique : cela est fort à regretter, parce que les expériences faites promettaient les plus heureux résultats.
Le plâtre, en donnant aux feuillages et aux branches des plantes un grand développement, produit sur les racines un ejfet aussi très-sensible; les expériences de M. Soquet ont établi que les racines du trèfle plâtré pèsent un tiers de plus que celles du trèlle non plâtré. On conçoit dès-lors que des racines plus longues, plus fortes et plus la meuses, doivent puiser davanlage dans le sol. Cependant le froment qui succède au ti-èfle plâtré est ordinairement plus beau que celui qui remplace le trèfle non plâtré; cet effet doit être attribué à la plus grande masse d'engrais végétal due au trèfle plus vigoureux qui a laissé plus de feuilles sur la surface et plus de racines dans le sol; mais cet engrais végétal ne dure qu'une année, car la récolle sarclée qui suit le froment doit recevoir plus d'engrais après le trèfle plâtré que celle où le trèfle ne l'a point été.
Le plâtre est quelquefois employé sur les prairies sèches, et il augmente la quantité du produit; il y fait prédominer les légumineuses, et par conséquent améliore le fourrage; mais il faut alterner son emploi avec les engrais animaux, autrement la fécondité qu'il produit ne se soutient pas, et peu d'années
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