LIV. l
d'écohuer, et il me sera plus facile de faire voir que le raisonnement vient parfaitement à l'appui des faits.
Il est clair que les brûlis détruisent en peu d'instans toutes les matières organiques qui se trouvent exposées à leur action, et qui, sans eux, auraient subi dans le sol une décomposition plus ou moins lente. Quoiqu'il ne faille pas en induire, comme on le voit, que dans cette opération tout soit perte pour la végétation, il n'en est pas moins vrai que l'écobuage souvent répété, sans le concours d'aucun engrais, épuiserait inévitablement le sol même le plus riche, et il n'est pas douteux que celte circonstance n'ait contribué, dans bien des cas, à le faire regarder comme plus funeste que profitable. — On a confondu l'abus avec l'usage.
Dans les tourbières, où la matière organi-
aue surabonde, l'écobuage ne peut avoir que es avantages. Il produit une poussière alcaline et terreuse qui s'interpose favorablement entre les débris des végétaux; qui favorise, à la manière de la chaux, leur décomposition naturelle; et qui sature, dans les circonstances assez nombreuses où ils se dégagent, divers acides essentiellement nuisibles à la végétation. Aussi, en pareil cas, cette opération est-elle un des plus puissans et des plus prompts moyens de mise en culture.
Dans les marais desséchés , les terrains tenaces, couverts de plantes à racines nombreuses ou charnues, comme la plupart de celles qui végètent de prétérence dans les localités humides, l'utilité de l'écobuage est inconleslable.
Sur les vieilles prairies, partout où les élémens du terreau sont nombreux et ont besoin d'être, pour ainsi dire, excités à la fermentation, il en est de même.
Cette utilité est aussi positive sur les terres fflaiseuses, argilo-marneuses, et en général sur toutes celles qui pèchent par une trop grande ténacité.
Quant aux sols légers, sablonneux, naturellement chauds et peu riches en matières végétales, on doit juger, d'après ce qui précède, que l'écobuage leur est peu profitable. — Comme amendement, il tend à diminuer encore leur consistance; — physiquement, il n'exerce aucune action sensible sur les sables, et chimiquement, il agit à peu près comme pourrait le faire un excitant prodigué à des convives affamés devant une table pauvrement servie. — Sur de tels terrains, l'écobuage ne doit donc être approuvé, en de rares circonstances, qu'avec le concours d'abondans engrais.
Du reste, les brûlis, dans les cas les plus ordinaires, n'excluent nullement l'usage des Jumiers. Ils augmentent puissamment leur énergie, sans pour cela les remplacer.
A la vérité, dans trop de localités, sur des landes pauvres, sur le penchant de collines arides, après un écobuage, et sans le secours d'engrais ou presque d'aucun engrais, on sème une ou deux fois de suite du seigle, de l'avoine ou du sarrazin, puis on laisse le terrain se couvrir de nouveau de bruyères, de genêts ou d'ajoncs, qui devront l'occuper pendant 6, 7 ans, et quelquefois plus long-
temps; mais une telle routine ne peut être citée comme exemple.
§ III.— Plantes auxquelles convient l'écobuage.
De même que l'écobuage ne réussit pas sur toutes les terres, il ne paraît pas convenir également à tous les végétaux. — Les crucifères, comme les turneps et autres raves, les navets, le colza, la navette, etc., s'en trouvent particulièrement bien. L'odeur acre et durable du brûlis parait éloigner lesaltises. — Lorsque le sol n'est que d'une fertilité moyenne, les Anglais préfèrent les turneps à toute autre plante, parce que, soit qu'ils les fassent pâturer surplace par les moutons, au moyen du parcage, soit qu'ils les portent à retable ou à la bergerie pour les convertir en fumiers, qui devront être reportés sur le même terrain, ils obtiennent ainsi, l'année suivante, une orge ou une avoine toujours fort belle, sur laquelle le trèfle se développe avec une vigueur inusitée. Celui-ci, après un ou deux ans, est retourné avant la dernière coupe, et on brûle de nouveau pour faire place, sans addition d'engrais, à du froment.
La plupart des plantes légumineuses réussissent aussi fort bien après l'écobuage. — Les pommes-de-terre et les blés sont dans le même cas. Toutefois, il est généralement de bonne pratique de n'amener, sur une défriche, les céréales panaires qu'eu seconde ou troisième récolte. — Sans entrer ici dans des détails qui seront plus utilement placés à l'article Assolemens, j'ajouterai seulement, par anticipation, que les bons résultats et la durée des effets de l'opération qui nous occupe en ce moment, sont étroitement liés au choix d!uae bonne rotation de culture.
§ ly. — Causes des effets de l'écobuage, et opinions diverses sur cette opération.
Les chaumes, que dans beaucoup de lieux on est dans l'usage de brûler sur place, bien qu'on puisse croire qu'il serait plus profitable de les utiliser comme litière, produisent cependant, par suite du brûlis, un effet incontestable qu il serait difficile d'attribuer exclusivement à l'incinération; car, selon l'observation très- judicieuse de M. Puvis, dans un produit moyen de 12 hectolitres par hectare, un chaume de y pouces de longueur ne pèse pas plus de 12 quintaux, qui, brûlés, ne donnent que .'>0 livres de cendres ou à peine 1 pied cube, et ces cendres contiennent au moins moitié de substance terreuse; or, on a vu qu'une telle quantité serait tout au plus le centième de celle qui conviendrait pour amender convenablement un espace de semblable étendue. — L'effet produit est donc dû en partie à l'action du feu sur le sol.
Les brûlis de racines et de branchages, ceux des argiles surtout, sont une nouvelle preuve de cette vérité. Dans le {premier cas, les places où se trouvaient établis chaque tas, lors même qu'on a enlevé rigoureusement toutes les cendres, conservent encore une fertilité telle que les récoltes y versent fréquemment; dans le second, il est bien évident que la proportion de matière végétale est le plus souvent fort minime.
CDAF. 5.
DES ENDIGUAGES ET
Si personne, en présence d'une pratique journalière, n'a pu nier les effets au brûlis des terres engazonnées, il n'en a pas toujours été de même de celui des argiles dépouillées de végétation. — Tandis que le général Beatson le recommande comme moyen infaillible de remplacer avantageusement le fumier, les amendemens calcaires et les stimulans de toutes sortes, qu'il cite à l'appui de ses assertions une pratique de 6 années, M. Mathieu DE DoMBASLE, après des essais trop courts peut-être, a cru pouvoir se prononcer contre toute efficacité, au moins sur les terres de Roville, de î'emploi du même moyen. — Entre deux opinions aussi contradictoires, l'une et l'autre sans doute beaucoup Irop absolues pour être généralisées, il paraît ressortir clairement des faits observés, principalement chez nos voisins les Anglais et les Allemands, que si le brûlis des terres n'a pas répondu toujours ou complètement à l'attente de l'expérimentateur, d'après les espérances exaçerées qu'on lui faisait concevoir, il a du moins produit en certains lieux, et dans des circonstances que le commencement de cette section contribuera peut-être à faire reconnaître, des effets assez salisfaisans pour fixer sérieusement l'attention de nos agriculteurs.
Sur des parcelles de même qualité et d'égale étendue, en employant comparativement l'argile brûlée en proportion moindre d'un cinquième que la suie, et des deux tiers que les cendres végétales, Cartwhight a obtenu des résultats constamment plus avantageux sur des turneps, des pommesde-terre et des choux-raves. — Sans revenir sur les étranges résultats des essais prolongés du général Beatson, à côté de bien d'autres faits récens trop nombreux et trop précis pour qu'il soit permis de les laisser passer inaperçus ou de les rejeter sans examen, je pourrais citer encore la pratiquede l'Irlande où, depuis près d'un siècle, l'argile brûlée est, dit-on, la base de la principale culture du pays , celle des pommes-de-terre; les vieilles et durables coutumes du Sussex, de la Catalogne, etc., etc. — Essayons donc d'abord en petit, en cherchant un guide dans la théorie, sans pourtant nous en rapporter à elle, car « expérience passe science. »
Oscar Leclerc-Thocin.
Section m. — Des endiguages ou embanquemens, ou des moyens de prévenir les envahissemens des eaux pluviales et de la mei^
Après quelques observations générales, nous indiquerons successivement les principaux moyens employés avec succès pourpréserver des envahisseniens des eaux et soutenir les bords des /-«/.vvea/zo;, particulièrement de ceux qu'on appelle rus, des torrens, des rivières et fleuves, et les rives de la mer: ces terrains sont presque toujours d'une grande valeur.
Art. l". — Observations générales sur les endiguages.
§ I'^ — Principes généraux.
On sait que l'eau, comme tout autre corps
DES EMBANQUEMENS. 123
qui vient frapper une surface, est réfléchie ou renvoyée sous un aw^le égal à celui d'incidence, et que la vitesse de l'eau, toutes choses égales d'ailleurs, est en proportion de la pente de la surface sur laquelle elle coule..
Les endiguages doivent d abord être considérés en ce qui regarde leur situation, leur direction, leur construction, les matériaux qu'on doit y employer.
La situation d'uaa digue doit être telle que sa base ne soit pas, sans nécessité, exposée à l'action immédiate du courant ou des vagues; et quand la quantité d'eau est limitée, plus on laisse de largeur au lit, moins la digue a besoin de hauteur et de force.
La direction de l'endiguage doit n'offrir que le moins possible de résistance, soit au courant, soit à l'inondation ou à la marée.
Quant à la construction ou à la forme de la digue, sa hauteur et sa force doivent toujours être en rapport avec la profondeur et la pression de l'eau qu'elle peut avoir à soutenir; afin d'augmenter la puissance, il est bon que sa face postérieure ait la forme d'un arc-boutant oucontre-forl, quand on a une grande pression à redouter. C'est de la face antérieure que dépend surtout la force et la durée de la digue ; elle doit être en talus trèsaplati, afin de mieux résister au poids et à l'action destructrice de i'eau. Une chaussée de 3 pieds de hauteur doit avoir 9 à 12 pieds à la base; une moindre épaisseur suffit lorsque la terre est compacte ou graveleuse.
Les matériaux y tant pour le corps de la digue et sa surface postérieure, que pour l'antérieure, lorsque les eaux sont à peu près stagnantes et que le fond est solide, sont en général la terre même du lieu; mais, quand le courant de l'eau ou les vagues doivent venir frapper la digue, il est indispensable que ce point soit revêtu très-solidement. Quant à la base, elle doit être bien fortifiée, parce qu'il est difficile de la réparer : c'est pourquoi on agit sagement en gazonnant les digues qui sont en terre ordinaire, ce qui est suffisant pour résister aux eaux stagnantes ou aux inondations accidentelles; tout le talus de la digue sera ainsi garni d'herbes, lorsque cela sera possible. Mais, quand la fréquence ou la nature du courant ne le permettra pas, un revêtementest indispensable ; on peut le faire en pierres, en galets, en graviers, en pailles, fagots ou fascines qu'on retient au moyen de piquets ou d'agraffes en bois.
§ II. — Procédés généraux d'endiguage.
Les moyens de préserver du ravage des eaux les bords des rivières et des toirens, sont d'un grand intérêt pour les propriétaires de terres situées dans les contrées montagneuses et dans les plaines au-dessous, où les inondations causent souvent de grands dommages sur les rives, quelquefois mèmechaugent le lit naturel du courant. Non seulement ces ravages sont souvent très-considérables, mais encore ils donnent lieu à de fréquentes contestations entre les propriétaires voisins; en sorte qu'un cours d'eau, qui doit être la limite la plus avantageuse d'une |)ro|)riilé, devient au contraire dans ce cas lu plus mauvaise. Les propriétaires ont donc
un double inléréf, toutes les fois que les circonslanccs le perinclteiit, à i'aii'o les li-avaux nécessaires pourfixer d'une manière invariable le lit et les limites des cours d'eaux.
Les opérations pour ce genre d'amélioration ont pour objet d'empêcher les cours d'eau d'attaquer leurs rives, d'accélérer la vitesse de l'écoulement des eaux, de diminuer l'espace de terrain qu'elles occupent, enfin de changer ou de modifier leur lit. On obtient ces résultats par différens travaux d'art, tels que la construction de jetées, de môles, de défenses, d'épis, ou bien en changeant, redressant, ou creusant le lit du cours d'eau.
La destruction des bords des rivières est le plus ordinairement la suite des inondations, et provient souvent de ce qu'un arbre ou une grosse branche (a y/^j-. 79), entraînés par
Fig. 79.
le courant et déposés ou retenus sur une rive, viennent créer un obstacle qui rejette l'eau de l'autre côté en changeant son impulsion naturelle. L'effet continué, même après l'enlèvement de l'obstacle, si l'on n'y porte remède, est de creuser et miner petit-à-petit l'endroit où le courant vient frapper, et de porter le sable sur l'autre bord, ce qui accroît encore l'effet produit. On empêchera ces ravages, si l'on place des jetées ou défenses {d, d,) destinées à recevoir l'impulsion du courant; mais il faut avoir grand soin qu'elles ne fassent que renvoyer le coui'nnt dans le milieu de la rivière, autrement elles pourraient avoir pour résultat de donner lieu à un contre-courant (.\m causerait sur l'autre rive des ravages analogues à ceux auxquels on voulait obvier. On peut encore remédier aux ravages des fortes eaux en chargeant les points attaqués des rivesdematériaux capables de résister au courant {h, b, c).c'e dernier procédé est souvent difficile, dispendieux et sans grand résultat quand le courant a de la puissance, tandis que le changement de direction qui résulte d'une jetée, dont ]a. figure 80 représente la coupe et le plan, s'obtient ordinairement avec de moindres frais, et est plus efficace et plus durable.
Dans rétablissement de ces jetées , on doitavoirgrand soin de construire solidement lesjondations, soit en composant les pre« iTîières assises de grosses pierres, soit en garnissant tout le côté où le courant de la rivière doit venir frapper, de pilotis placés de distance en distance, sur un ou deux rangs (a, fig. 80).
Dans les casimporlans, et quand les crues d'eaux sont fréquentes, on construit ces jetées f/i pierres qu'oa réunit régulièrement et so-
OPÉRATIONS AGRICOLES. liv
lidcment, selon les meilleurs procédé
3 de
construclion.
Mais, dans bien des circonstances, il suffit d\\n panier d'osier, de forme et de taille convenable, que l'on fixe et que l'on remplit avec des pierres détachées, de la terre et des racines chevelues, afin de retenir cette terre. On forme de cette manière des barrages trèssolides pour quelques années; il est même probable que leur utilité ne se borne pas à la durée des paniers, et que lorsqu'ils viennent à se détruire, les matériaux qui y étaient contenus se sont suffisamment consolidés pour remplir leur objet sans de nouveaux soins, surtout parce que le courant de l'eau s'est déjà modifié en raison de l'obstacle qu'il a rencontré, et a formé des dépôts qui étaient la conséquence de cette nouvelle direction. Dans les cas les plus simples, une c/a/ei'à'cce est souvent suffisante.
Les rivières et torrens dont le cours est en droite ligne ou à peu près, n'agissent presque pas d'une manière destructive sur leurs bords, excepté dans les grandes crues. Il y a donc en général beaucoup d'avantages à redresser le lit d'un cours d'eau, si ce n'est loistju'on veut qu'il humecte le terrain par infiltration, ou même à lui en creuser un nouveau.Il sera question de cestravauxà l'article Desséchemens, auquel nous renvoyons, ainsi que pour les moyens d'élever les eaux au-dessus du niveau de leur écoulement naturel.
Les moyens d'endiguer les lais et relpis de la mer, les baies et golfes où l'eau est souvent Irès-basse, les hauts-fonds et les attérissemens qui occupent souvent sur les côtes des espaces immenses, nécessitent des travaux d'art qui sont le plus ordinairement au-dessus des forces des cultivateurs, et qui exigent la réunion des plus habiles ingénieurs et de grands capitalistes.
En Angleterre et en Hollande surtout, il y a des exemples prodigieux des résultats obtenus par des endiguages savamment combinés et solidement construits; dans ce dernier pays, des contrées entières ont été conquises sur l'empire de la mer et sont inférieures à son uiveau, en sorte que la moindre négli-
cnAP. 5. ÎJËS ENDIGUÀGES ET
gence dans l'entreUen des dignes les menacerait d'nne inondation générale.
La pref^sLon de Venu contre les parois du vaso (|'ii la contient étant en rapport avec sa profondeur, il s'en^iiil (ju'une dii;iie composée de matéiiaux impénétrables à l'eau, et dont la coupe a la forme d'un triangle à angle droit, pourra toujours résister, quelle que soit l'étendue de la surface, pourvu que sa hauteur soit égale à celle qu'atteignent les eaux. Sous ce rapport, il n'est donc pas plus difficile de contenir l'Océan qu'un étang ou une rivière de peu d'étendue.
Quoique la branche d'amélioration et de conciuête des terrains, qui consiste à les endiguer, ait été assez bien comprise dans beaucoup de pays, cependant on commet encore souvent de grandes bévues dans l'exécution des travaux d'endiguages; il arrive souvent qu'on calcule mal ou qu'on indique inexactement à l'ingénieur la plus grande portée de la marée. Il arrive aussi souvent que pour éviter ladépenseonnedonne pas à ladigue une base assez large, et on cause par là sa prompte destruction qui entraîne des frais de léparation bien plus considérables que les df^penses de premier établissement. Pour lesdigues opposées à la mer, il ne suffit pas de les élever, comme pour les rivières, de 16 pouces environ au-dessus des plus hautes eaux; il faut calculer cette hauteur en raison des circonstances particulières, qui sont l'élévation des eaux les jours des marées de quadrature, et celle des vagues poussées par l'action du vent. Dans les situations défavorables, le talus antérieur de la digue doit avoir sept de base sur un de hauteur, et le talus postérieur être plus doux que 45 degrés {fig. 81 ).
Fig. 81.
J3ES EMfiANOT-EMENS.
Les moëres, polders ou terrains conquis sur la mer, ont besoin d'être délivrés des eaux intérieures par un système combiné de canaux de dessèchement et d'écluses. Dans les cas ordinaires, l'écluse est placée dans un conduit de décharge pratiqué à travers la digue, dans l'endroit le plus convenable en raison de la pente du terrain et de l'afflux des eaux. Elle est protégée par des piliers de défense ou une jetée, et sa porte est construite de façon qu'elle ne permet pas l'entrée des eaux extérieures, mais seulement la sortie de celles de l'intérieur. Plusieurs écluses remplissent cet objet: nous représenterons seulement ici aWaJig. 82, qui agit d'elle-même, et est em-
Fig. 82.
ployée à l'embanquement de Bar Loch en Angleterre.
Les canaux et fossés nécessaires pour recueillir les eaux surabondantes du terrain endigué et les conduire aux écluses, ainsi que
celles venant de loin qui pourraient le travei ser, sont le résultat d'opérations entièrement analogues à celles qu'on aura à exécuter pour les r/cdit't/u'wu/jj., auxquels nous renvoyons.
Nous devons aussi i envoyer aux sols siliceux (T. I, p. 32 ) pour les njoyens de s'opposer aux envahissemens des dunes ou sables que la mer rejelle sur certaines côtes, et pour raméii<;ralion et lacullure de cessables, ainsi que des grèves ou sables des bords des rivières. C. B. DE M.
Art. II. — Des meilleurs moyens d'endiguer les ruisseaux, (orrens, rivières, fleuves et lt:s bords de la mer.
§ I".— Des claies vivaces sur le bord des ruisseaux.
Il y a dans divers pays des ruisseaux appelés ruson rapts, qui, faibles une partie de l'année, franchissent leur lit, par suite des pluies et de la fonte des neiges, et qui minent, dévastent et entraînent leurs bords. Pour protéger ces bords, il faut commencer par faire une tranchée au bord du ru; examiner s'il n'est pas trop sinueux, s'il n'y a pas de l'avantage à rectifier dans quelques points son lit, qui doit être, autant que possible, sur une ligne droite, afin que les eaux s'écoulent facilement avec ce qu'elles ont enlevé, ne heurtent pas la claie et ne creusent pas le sol pardessous et derrière elles. Si le terrain à garantir présente des angles, travaillez à les adoucir; la moindre négligence vous priverait du fruit de vos peines.
Choisissez pour votre claie vivace (Jîg.SS) le Fi?. 82.
saule et l'osier: vous pourrez la fortifier avec le peupliez Employez l'aune, si l'osier ^ous manque ; mais ne les entremêlez pas : le premier, devenu fort, étouflerait son rival. Le saule rouge est préférable, parce que son bois est plus dur, et qu'on peut vendre ses pousses avec celles de l'osier. Pour celui-ci. préférez le rouge, et surtout celui qui est vulgairement connu sous le nomd'osierà panier. On peut se servir aussi pour nos digues du Mûrier à papier {Broussonetia papyrijera, Ventenat), et dans le midi, du Tamarix. Le saule doit provenir du bottelage de cinq à six ans; on le prendra assez long pour qu'il puisse entrer de 18 pouces à 2 pieds dans la terre , et que les pieux dépassent la claie d'environ un pied. Leur pourtour sera de 10 à 12 ponces. Enfin on coupe dans un taillis de 15 a 18 ans, et l'on conduit sur le terrain des
AGRICULTURE : OPËRATIÔfs\S AGRICOLES.