LIV. I
Fig. 98.
Fig. 97.
de plus grande pente. Ce lit de fascines et de paille l'ut traversé par des piquets à crochets, distans entre eux de 25 à 33 centim. d:ins le sens du talus et de 40 centimètres sur l'horizontale. On dépassa ainsi les fascines de 30 cent,, et on affleura le revêtement en maçonnerie du bec de mer; un clayonnage, haut de 30 centimètres, relia les piquets d'une même horizontale, et ils furent tenus par leiu's crochets de tête; une grosse blocaille remplit les intervalles des tunages. Les 50 premie.s mètres d'é[)i sont à tunes serrées, distantes de 20 centimètres; le reste est entunage biocaillé décrit ci-dessus.
L'officier supérieur qui nous fournit ces détails regarde cet ouvrage comme uniqueen France, et peut-être en Europe: commencé en 1825 et terminé en 1828, il a coûté 500,000 francs ; toute l'ile de Noirmoutiers se trouve préservée d'une inondation qui paraissait imminente.
J.-C.-F. Ladoucette.
Un autre travail qui mérite également d'être cité pour exemple, c'est l'endiguage de la baie de Kurnic. La digue est longue a'enviroo
1340 pieds et haute de 20 pieds. Sa largeur varie de 50 à 120 pieds. Hors de toute atteinte désormais, elle préserve d'une manière certaine le territoire qu'elle domine. Moins d'un an a suffi au propriétaire actuel du Kurnic, M. Derrien, pour construire ce môle; il est formé sur ses deux flancs d'amas de pierres grossières rangées sur deux files; l'intervalle compris entre ces deux lignes de défense, a été comblé par un double mur de gazon et de sable blanc. Les parois extérieures ont ensuite été garanties par une maçonnerie sèche. Maintenant la mer apporte contre le pied de la digue des sables dont l'entassement s'accroît tous les jours et qui formeront un bouclier indestructible. Les varecs commencent aussi à lier entre elles les pierres du môle. Au total l'état de celui-ci est parfait et ne laisse prise à aucune inquiétude.
Nos côtes fourmillent (l'anses et de baies susceptibles d'élre enlevées aux flots, et dont l'endiguement présenterait assez peu de difficultés. Les terres ainsi arrachées à la mer sont toutes, comme on le sail,d'uiieadmirable fertilité, et les essais multipliés qui ont été faits ne laissent plus aucun doute sur la possibilité d'en obtenir la plus riche production. On Cent donc affirmer sans crainte que les plus elles affaires agricoles de notre pays sont dans le dessèchement des baies susceptibles d'être fermées. Malheureusement les lais de mer, si propres à la fondation de vastes fermes modèles, n'ont été obtenus jusqu'à présent que difficilement , et le gouvernement a toujours été fort avare de concessions de ce genre. Espérons mieux des ministres actuels qui ont promis de mettre désormais en adjudication les terrains de cette espèce que l'industrie pourrait réclamer. C B. de M.
Section iv. — Du dessèchement des marais et
(les terres marécageuses , et de leur mise en ■valeur.
L'eau, si nécessaire àla végétation, est quelquefois, par sa sui'at)ondance, un obstacle à la culture, et il existe en France près d'un million d'hectares de terres iucultes et improductives par la présence constante, ou à de certaines époques de l'année, d'eaux qui en forment des marais. La grande quantité de plantes aquatiques qui vivent dans les terrains marécageux et dont les débris enrichissent le sol, l'activité de végétation que procure une humidité modérée, les avantages des arrosemens dont il est facile de se réserver la possibilité, font du dessèchement des marais une des améliorations agricoles les plus fructueuses, lorsque les résultats en ont été !>ien conçus et que l'exécution en est bien dirigée; sans parler encore du bi»t philautropique de ces entreprises qui assainissent le pays et transforment en fertiles guérets des loyers d'exhalaisons insalubres et de fièvres intermittentes toujours perfides pour la population.
Le dessèchement des grands marais nécessite des travaux d'art et im ensemble d'opérations pour lesquels l'intervention du gouvernement est obligatoire : ces difficultés, joiatea aux capitaux considérables que ces