‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 98 sur 304 · III. Lais et relais de la mer · texte numérisé non relu

III. Lais et relais de la mer

Les lais et relais de la mer sont de diverses natures : les dunes et terrains sablonneux qui en dérivent; les sols d'alluvion des embouchures des fleuves ; les salans, autrement dits salobres ousansouires; enfin les tangues ou alluvions boueuses de la mer.

A. Dunes et sols sablonneux qui en dérivent.

Les dunes une fois fixées par les travaux dont il est question à l'article dessèchement et à celui des sols sablonneux, il reste à en tirer le meilleur parti possible. iS'ous ri'en voyons d'autre que les plantations eu chêneliége dans les climats qui lui conviennent, en pins et autres arbres résineux dans la plupart des localités. Cependant, quand ou est assuré des débouchés, on peut y introduire diverses cultures, même des cultures de jardin; celle des asperges, par exemple, qui viennent très-bien et sont très-hâtives dans les sables de mer sortis depuis peu du sein de l'eau.

Un objet surtout me parait mériter de

(1) Jai cité de préférence tes marais de Bourgoin parce que ta compagnie qui les a desséchés, faute d'avoir suffisamment connu les moyens de tuer parti des tourties, a fait d'énormes perles, tandis qu'elle aurait pu faire des IjénéficesconveuabJes. Du reste, elle a fait la fortune de toutes les communes environnantes en les assainissant.

AGRICULTURE : OPÉRATIONS AGRICOLES

fixer toule l'allenlion du spéculateur agricole, c'est la masse d'eau douce que les dunes recèlent bien souvent. Elle esl telle qu'en certains endroits elle peut donner lieu à des cours d'eau très-importans pour l'afiri'Hilture (<oii<nie aux environs de Katwik près de Leyde), et presque toujour* alimenter des canaux de navigation, du moins sur les côtes de l'Océan.

Derrière les dunes on trouve des terres sablonneuses qui prennent le nom de landes lorsqu'elles ne sont pas cullivées ni en apparence cultivables. Noms nedevons pas nous étendre ici sur celte matière qui à elle seule exigerait un traité spécial, non plus que sur la culture des sols plus ou moins sablonneux qui leur sont contigus (voir ci-devant, p. 32).

B. Terrains if allumions, schores et polders.

La plupart des lais de mer sont dus aux fleuves qui, exhaussant peu-à-peu le fond de la mer par leurs dépôts successifs, ont fini par ajouter au continent de nou\elles surlaces, d'abord presque toujours submergées, puis au-dessus du niveau de l'étiage, enfin au-dessus des marées ordinaires. Parvenues à ce dernier point, si elles reçoivent beaucoup plus souvent les inondations du fleuve que celles de la mer, et si les eaux salées n'y séjournent pas après leur invasion, il s'y établit une abondante, une riche végétation dont on peut tirer un grand |)arli pour toute espèce de cultures; c'est ce qu'on appelle schores dans la Flandre. l)ans le cas contraire, il faut, avant de les cultiver, un traitement particulier, dont nous parlerons toutà-l'heure.

Dans les Pays Bas et particulièrement vers les bouches de l'Escaut, on considère un schore comme parvenu à son point de maturité pour être converti en polder, lorsque la végétation des roseaux et autres plantes amphibies (qu'on me passe l'expression), est assez riche et établie depuis assez long-temps pour qu'il se soit formé une couche d'humus abondante au-dessus des altérissemens; alors seulement on l'endigue et il prend le nom de polder.

Les premières récoltes dans les schores endigués sur les bords de l'Escaut, réussissent si bien, que des Hollandais accourent dès qu'il y a un endiguementachevé,font à leurs frais le défrichement, et donnent jusqu'à trois et quatre cents francs de loyer par hectare pour les premières années. Ils y sèment du lin et réalisent, -^ ce qu'il parait, d'énc^rmes bénéfices loisqu'il réussit. Quelques propriétaii'es préfèrent exploiter pour leur compte cette première fertilité. Ordinairement ils sèment du colza deux années de guite, ils prétendent avoir encore plus de

firofit qu'en cédant aux Hollandais. Après es premières récoltes, les scliores entrent dans la catégorie des meilleures terres à froment et à tourrage, selon la nature du sol. Nous n'en parlerons pas davantage ici.

H existe quelquefois dans les schores des terrains situés demanière à ce qu'on ne puisse empêcher complètement les eaux pluviales des portions plus élevées de s'y rendre; d'autres qui sont inondées par le siphonne-

incnt des eaux intérieures, ou bien p^r des submersions du fleuve. Ces terrains convenablement traités peuvent former d'excellentes roselières, ou bien nourrir diverses plantes marécageuses, parmi lesquelles nous indiquerons particulièrement les Typha^ à cause de leur fibre éminemment propre à la fabrication du papier, qu'on exploite sous ce rapport aux environs de Fox (Bouches-du- Rhône ).

Dans les endroits submergés durant toute l'année, on aura une pêcherie abondante. On pourrait peut-être aussi y nourriravec profit des tortues d'eau douce, si rares aujourd'hui, et cependant si recherchées parles médecins. Ces sortes de marécages leur conviennent parfaitement. Les marais d'Arles en nourrissaient beaucoup avant que la médecine leur eut fait une chasse si acharnée. 11 n'y en a plus maintenant.

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