ESSENCES
en chiffre.
OBSERVATIONS
1 Pin sylvestre
Le charbon se trans-
! Charme
porte dans des voilures
] Sycomore
appelées bannes, contenant 48 pieds cubes ,
Frêne
ou 4 caisses.
Hêtre
La caisse contient 12
Chêne
pieds cubes.
La rasse est une me-
Bouleau
sure de 2 pieds cubes ,
Orme
et le tonneau une autre
Mélèze
mesure de 7 pieds cul).
Sapin épicéa
Ces sortes de mesures, au surplus, chan-
Sapin commun
gent de nom et de gran-
Tremble
deur, suivant les lieux.
Tilleul
| Aune
Usage du tableau précédent. 1er exemple. La banne de charbon de bois de hêtre vaut 50 fr.; on demande combien vaut, proportionnellement, une banne de charbon de bois de tilleul? Je formule cette proportion : 160 est à 99, comme 50 est au nombre cherché. Les deux premiers termes sont empruntés au tableau , et ie 4e qui résulte du calcul, est 31 fr., aune petite fraction près. Ainsi, la banne de charbon de tilleul ne vaudra que 31 fr. , lorsque celle de hêtre vaudra 50 fr.
2e Exemple. Si une corde de charbonnette en chêne pur vaut 12 fr., combien vaudra une corde de même grandeur, dans laquelle il entrera 1/3 de chêne et 2/3 de tremble ? La proportion de ces 2 cordes est la même que celle qui existerait entre 3 cordes de chêne, et 3 autres cordes, dont 2 seraient de tremble , et la 3e de chêne. Or, 3 cordes de chêne ont, dans le tableau , une valeur représentée par 3 lois 146 ou 438.
Deux cordes de tremble sont ) représentées par 218 Total 364.
Et une corde de chêne, par 146 j
Nous avons donc cette proportion : 438 est à 364, comme 12 fr. est à la valeur cherchée;
DE L'ESTIMATION DES FORÊTS. liv. v.
laquelle est de 9 fr. 97 c. La corde mêlée de chêne et de tremble ne vaudra donc que 9 fr. 97 c.
3e Exemple. Si une corde de charbonnette de hêtre vaut 16 fr., combien vaudra une corde composée, moitié de chêne, un quart de bouleau, et un quart de tilleul? Le rapport entre la lre corde et la 2e, est le même que celui qui existerait entre 4 cordes de hêtre pur, et 4 autres cordes, dont 2 seraient de chêne, une 3e de bouleau, et la 4e de tilleul; or, 4 cordes de hêtre ont, dans le tableau, une valeur représentée par 4 fois 160, ce qui fait 640.
2 cordes de chêne sont re- \
présentées par 292 1™.. , ,qr
1 corde de bouleau par. . . . 145 lotaI5d0- 1 corde de tilleul par .... 99;
De là cette proportion : 640 est à 536, comme 16 est au nombre cherché. Ce dernier terme est 13 fr. 55 c. La corde dont il s'agit, ne vaut donc que 13 fr. 55 c. , tandis que la première vaut 16 fr.
Dans les diverses appréciations qui nous ont successivement occupé, nous nous sommes servi, afin d'être intelligible pour tous nos lecteurs, de mesures appartenant à l'ancien ordre des quantités. Il convient actuellement d'indiquer les rapports exacts de ces unités , avec celles du système métrique.
Rapports entre les mesures anciennes employées dans le cours de cet article, et les mesures métriques.
Un pied linéaire vaut en mètre. . . 0,3248
Un mètre vaut en pied 3,0784
Un pied carré vaut en mètre carré 0,1055
Un mètre carré vaut en pied carré 9,4769
Un pied cube vaut en m. c. ou stère 0,0343
Un stère vaut en pieds cubes. . . 29,1740
Une corde de 128 p. c. vaut en stères 4,3875
Un stère vaut en corde de 128 p. c. 0,2279
Une corde de 80 p. c. vaut en stères 2,7422
Un stère vaut en corde de 80 p. c. 0,3647
Une solive vaut en stère 0,1028
Un stère vaut en solives 9,7246
Section III.— Évaluation du revenu des bois. § Ier. — Principes de l'évaluation du revenu des bois.
La détermination du revenu des bois est nécessaire dans une foule de cas, et particulièrement dans celui où il s'agit de Yassiette de la contribution foncière qui frappe cette nature de propriétés.
D'après les dispositions législatives en matière d'impôt, l'évaluation du revenu des bois aménagés est basée sur le prix moyen de leurs coupes annuelles; déduction faite des frais de garde , d'entretien et repeuplement. Si le bois est divisé en 15 coupes annuelles, c'està-dire s'il s'en coupe chaque année un 15e, on calcule le produit de ces 15 coupes , et le 15e du total forme le produit moyen sur lequel on opère la déduction des frais ordinaires. Si le bois est divisé en 20 coupes , on prend la somme de ces 20 coupes, et le 20e de cette somme exprime le revenu annuel.
D'après ces exemples, il est aisé de juger combien est simple l'appréciation du revenu
chap. 8". ÉVALUATION DU
des bois distribués en coupes ordinaires; cette appréciation se réduit à reconnaître quel est Je prix de vente de la coupe annuelle; c'est simplement un fait à constater.
On ne trouve plus la même facilité d'exécution dans le travail qui a pour objet d'évaluer le revenu des bois non aménagés.
Supposons un hectare de bois, actuellement dépouillé de sa superficie, que l'on sait devoir rapporter, au bout de vingt ans, un produit de 800 fr. Peut-on dire que le revenu de cette propriété soit de 40 fr. par an, à raison de ce que la somme de 800 fr., répartie également entre les 20 années , donne 40 fr. par chaque année? L'affirmative serait une erreur palpable , parce que recevoir réellement 40 fr. chaque année, pendant 20 ans, est toute autre chose que toucher 20 fois 40 fr. après un intervalle de 20 ans. Dans la première hy-
f)Othèseil y a jouissance des intérêts, et dans a seconde il y a au contraire privation de ces intérêts. Il est évident que la valeur réelle
REVENU DES BOIS. m
d'une rente, d'une somme quelconque à re cevoir, dépend non seulement de la quotité? nominale de cette somme, mais encore de la proximité ou de l'éloignement de la rentrée. Cela posé, la question que nous avons soulevée peut s'énoncer dans les termes suivans :
Trouver quelle est la somme qui, étant per eue chaque année pendant 20 ans , présente dans l'addition des recettes annuelles réunies aux intérêts progressifs, l'équivalent d'un capital de 800 fr. à toucher après 20 ans.
Comme l'arithmétique ne nous offre encore pour résoudre ce problème que la règle de fausse-position, dont l'application au calcul qui nous occupe nécessiterait une interminable série de chiffres, nous remplacerons ce moyen par une table conçue dans le mêinees^ prit que toutes les tables précédentes , mais qui, à la différence de celles-ci , exige le retranchement de 5 chiffres au lieu de 3, dans le résultat de la multiplication.
§11. — Table servant à réduire en rente annuelle le produit des bois non aménagés {le taux de l'intérêt étant de 4 p. 0/0 ).
FACTEURS
constans.
FACTEURS
constans.
sa
FACTEURS
constans.
FACTEURS
constans.
10 ans.
18 ans.
26 ans.
34 ans.
§ III. — Usage de la table précédente.
1er Exemple. Un hectare de bois exploitable a 20 ans, donne un produit net de 800 fr. à chaque révolution; quel est le revenu de ce fonds ?
Je prends dans la table, en regard de 20 ans, le
facteur 3358
Je le multiplie par 800 f.
Produit 26, 86400
Je retranche 5 décimales à droite du produit, et j'ai 26 fr. 86 c. pour le revenu demandé.
En effet, le calcul prouve qu'une rente annuelle de 26 fr. 86 c. pendant 20 ans, forme, avec le cumul des intérêts, un total de 800 fr. Ainsi, recevoir 26 fr. 86 c. chaque année, durant 20 ans, c'est la même chose que recevoir 800 fr. après cet intervalle. I^e revenu cherché n'est donc que de 26 fr. 86 c, au lieu de 40 fr., comme on est disposé à le croire avant toute réflexion.
2e Exemple. Un bois de 20 hectares se vend 50,000 fr. tous les 20 ans (à raison de 1,000 fr. 1 hectare.) On demande quel est le revenu annuel de ce bois ?
Je prends dans la table , vis-à-vis 20 ans ,
le facteur » 3358
Je le multiplie par 20,000
Produit 671,60000. "
Retranchant 5 chiffres sur la droite du produit, j'ai 671 fr. 60 c. pour le revenu demandé, et non point 1,000 fr., comme on le trouverait en divisant 20,000 fr. par 20 ans.
3e Exemple. Un hectare de bois rapporte 900 fr. au bout de 25 ans; on demande quel est le revenu annuel équivalent à ce produit ? Je prends dans la table vis-à-vis 25 ans,
le facteur , 2401
Je le multiplie par 900 ,
Produit 21,60900.
Retranchant 5 chiffres sur la droite, j'ai 21 fr. 60 c. pour le revenu cherché.
Observons que pour tirer d'un hectare de bois taillis une somme de 900 fr., au bout de 25 ans, il faut que cet hectare repose sur un bon fonds. D'un autre côté, il est reconnu qu'un hectare de terre arable de bonne qualité peut se louer communément 60 fr. par an; donc, à étendue égale, le revenu d'un bois -taillis planté sur un bon sol, n'est que le tiers de celui que donnerait le même fonds, s'il était livré à la culture.
AGRICULTURE FORESTIÈRE : DE L'ESTIMATION DES FORÊTS. liv. v«
Dans les fonds médiocres, le revenu des bois est de la moitié environ du produit des terres cultivées. Ce rapport grandit à mesure de la décroissance de richesse du sol. En sorte, qu'après avoir atteint le degré de l'égalité, les termes de ce rapport finissent par se présenter dans un ordre inverse. Le revenu des bois est comparativement beaucoup plus considérable que celui des terres, dans les pays des montagnes, où de belles forêts s'élèvent au milieu des plus maigres productions de la culture.
Ainsi que nous l'avons dit au début de cette section, c'est spécialement sous le rapport de la fixation de l'impôt foncier qu'il importe de savoir bien discerner le revenu vrai des bois non-aménagés de leur revenu apparent, qui présente toujours une exagération considérable.
Dans le 1er des exemples qui précèdent, le revenu vrai, et par conséquent imposable, n'est que de 26 fr. 86 c, tandis que le revenu apparent est de 40 fr. Dans le 2e exemple, le revenu imposable n'est que de 671 fr. 60 c. au lieu de 1,000 fr. Enfin, dans le 3« exemple, le retenu imposable n'est que de 21 fr. 60 c. au lieu de 36 fr.
Section IV. — Applications générales.
§ Ier. — Evaluation pratique des forêts, en fonds et taillis.
Nous avons montré dans notre lre section comment on doit estimer le sol du bois; dans la seconde nous avons donné des règles pour l'évaluation des superficies; après avoir traité séparément ces deux parties de notre sujet, nous les réunirons dans un cadre commun, sous la forme d'exemples qui embrasseront les cas d'estimation les plus simples , comme les plus composés.
Le cas le plus simple est celui d'un aménagement annuel, où toutes les coupes offrent une parfaite conformité de contenance, de valeur, une gradation d'âge régulière , et une complète similitude dans les produits.
Le cas le plus compliqué est celui d'un aménagement, ou d'un ensemble de coupes qui diffèrent entre elles sous les rapports d'âge, d'étendue, de qualité du sol, et de valeur superficielle.
Enfin une 3e catégorie se compose des bois où l'on n'aperçoit aucune trace d'aménagement, c'est-à-dire des bois soumis à une exploitation intégrale.
Et comme tous les modes possibles d'exploitation se rangent nécessairement dans ces 3 classes, en se rapprochant plus ou moins de l'un ou de l'autre des types que nous venons d'indiquer, nous pourrons nous borner à un seul exemple d'estimation pour chacune des trois principales dispositions que peuvent affecter les coupes.
Nous indiquerons d'abord la marche qu'il convient de suivre dans ces sortes d'opérations, pour en ordonner les détails d'une manière lucide, et propre à assurer l'exactitude des bases de l'évaluation.
Muni du plan de la forêt, l'estimateur la visite avec soin, et prend toutes les notes nécessaires pour former la statistique de la propriété; il se procure des renseignemens sur la valeur vénale des bois de forge, de chauffage et d'œuvre,
Si la forêt se trouve partagée en grandes divisions, ou en coupes ordinaires, chaque partie est appréciée séparément; et si quelques coupes présentent des terrains de qualités différentes, ces terrains sont évalués isolément, et comme coupes entières.
En procédant à l'estimation des taillis, il faudra (ainsi que dans l'évaluation du fonds) avoir égard aux parties qui se trouvent plus ou moins garnies; et d'après l'examen qu'on aura fait, on appréciera le produit que peut donner chaque fragment d'une nature particulière; ce point déterminé, on réglera la valeur en argent des taillis sur le prix courant de la corde, ou du stère du bois de chauffage, du bois à charbon et du bois d'œuvre ; le tout supposé pris en forêt.
Nous résumerons ces instructions , en disant que, pour parvenir à trouver la valeur estimative d'une forêt, il faut recueillir les notions suivantes.
Pour les taillis, 1° la durée qui s'écoule d'une exploitation à l'autre, ou la révolution de l'aménagement; 2° l'âge présent de ces taillis; 3° la contenance de chaque coupe; 4° le produit en nature et en argent d'un hectare de chaque coupe, ou fraction de coupe arrivée en maturité.
Pour le fonds, le taux commun des placemens en immeubles, ou le rapport général du revenu net des propriétés foncières à leur prix capital.
Pour les futaies, la grosseur et la hauteur des arbres autres que les baliveaux ; ces derniers n'étant pas susceptibles de cubage, et devant être estimés, ainsi que nous le verrons, d'après des principes différensde ceux sur lesquels se fonde l'estimation des futaies.
Lorsqu'on aura rassemblé toutes les données relatives à l'évaluation des taillis et du sol, on en fera l'usage suivant.
1er Exemple. Un bois d'une étendue de 140 hectares est divisé en 40 coupes annuelles, contenant chacune 3 hectares 50 ares. Le produit du taillis en maturité est uniformément de 700 fr. l'hectare. On demande combien vaut cette propriété,, en superficie d'une part, et en fonds d'autre part.
Je prends, dans la table de l'aménagement à 40 ans (p. 161), la somme des 40 facteurs-constans, somme qui s'élève à 14476
Je multiplie ce total par le prix de l'hectare en maturité , ci 700
Produit 10,133,200,
Retranchant 3 chiffres à droite de ce produit, j'ai la somme de 10,133 fr. 20 c. pour la valeur superficielle des 40 coupes à estimer, mais supposées d'un hectare chacune.
Il me reste donc à multiplier cette somme
10,133 fr. 20 c.
par l'étendue de la coupe annuelle 3 h. 50 ar.
Produit 35,466 fr. 20 c.
Je procède ensuite à l'estimation du fonds d'après la marche suivante.
Je prends dans la table des valeurs du sol à 4 p. cent (page 155), en regard de 40 ans, le facteur constant 263
Je le multiplie par 700 fr.
chap. 8'. APPLICATIONS GÉNÉRALES.
Je trouve que le prix d'un hectare du sol est de 184,100 fi
Multipliant ce prix par 140 h
La valeur totale du sol est de 25,774 f. 00 c.
Supposons maintenant que les charges soient de 200 fr. pour frais de garde, et de 400 fr. pour impôts; au total 600 fr. , représentant (à 4 p. cent) un capital de 15,000 fr., à déduire de la valeur brute du fonds, ci 15,000 00
Valeur nette du sol 10,774f.00c.
Récapitulation.
La valeur des taillis s'élève à 35,466 f. 20 c. Et celle du fonds à 10,774 f. 00c.
Total général 46,240 f. 20 c.
Ainsi la valeur totale et nette de ce bois, en fonds et en taillis, est de 46,240 fr. 20 c.
Ce résultat final peut se contrôler aisément; nous savons que le produit annuel de la coupe est de 1850 fr., déduction faite de 600 fr. de charges. Or, ce revenu représente, à 4 cent , un capital de 46,250 fr. , plus élevé 9 fr. 80 c. que celui qui résulte des calculs de
détail; cette différence, presque insensible en raison de l'élévation des chiffres comparés, est due à la suppression de 2 décimales dans nosfacteurs-constans; suppression dont le but a été de simplifier les calculs, ainsi que nous l'avons dit (page 154.)
Nous ferons remarquerque nous avons pris pour multiplicande ou facteur-constant, la, somme du tableau de 40 ans, afin de réduire à une seule opération les 40 multiplications que nous aurions eues à exécuter, en calculant la valeur des taillis, coupe par coupe, travail que l'uniformité des produits rendait entièrement' inutile. Mais si les produits des coupes n'étaient point égaux entre eux , ou si ces coupes différaient en contenance, ou enfin s'il s'agissait d'un aménagement biennal , ou triennal, ou d'une exploitation irrégulière en une ou plusieurs coupes, la seule règle à observer en général, c'est de prendre dans le tableau de la période d'exploitation donnée, le facteur correspondant à l'âge de chaque coupe , et de multiplier if facteur par le produit particulier de la même 'coupe. Nous allons mettre cette règle en pratique dans l'exemple suivant, que pour plus de clarté nous mettrons sous la forme de tableau.
2°Exemple. — Tableau présentant l'évaluation ( au taux de i p. 0/0 ) d'un bois contenant 51 hectares 67 ares et divisé en 15 coupes irrégulières, toutes exploitables à l'âge de 20 ans.