CHAPITRE PREMIER. — de la richesse agricole et de ses sources
Le mot richesse, dans sa signification la plus étendue, désigne les biens que nous possédons, et qui peuvent servir à la satisfaction de nos besoins et même de nos goûts; mais la science économique ne s'occupe que des biens qui sont susceptibles cl une possession réelle ou qui ont une valeur reconnue. Sans entrer plus avant dans des détails qui pourraient paraître abstraits à ceux qui ne sont pas familiarisés avec le vocabulaire de cette science, nous nous contenterons de remarquer que la nation chez qui les produits destinés a satisfaire les besoins sont le plus abondans par rapport à la population, et où les produits se distribuent le mieux en proportion de la part que chacun a prise à la production, est la plus riche, puisque c'est elle où les habitans sont le mieux partagés et jouissent de plus d'aisance.
La quantité plus ou moins grande d'argent ou de monnaie qui circule dans une nation ne peut servir à mesurer sa richesse. La monnaie n'est pas une richesse en elle-même, puisqu'elle ne peut servir directement à la satisfaction d'aucun de nos besoins; son utilité seule, comme agent ou moyen d'échange, lui donne de la valeur. La monnaie, en effet, n'a d'autre mission à remplir dans le phénomène de la production que de servir d'instrument aux échanges, ou, en d'autres termes, de les faciliter. On échange d'abord le produit qu'on a créé contre de la monnaie, puis ensuite la monnaie contre le produit qu'on veut consommer.
L'activité dans la circulation des monnaies équivaut à une plus grande quantité ; de même que des voitures constamment employées équivalent à un plus grand nombre
AGRICULTURE
95e livraison.