I. Chênes à feuilles caduques
Le Chêne à glands sessiles,ou rouvre (Q. robur, Lin.) {fig 39), arbre élevé, à écorce lisse dans sa jeunesse, grisâtre et raboteuse lorsqu'il est vieux. Ses feuilles sont oblongues , sinuées et à lobes obtus ; ses glands sont ses-. siles ou sans pétiole. Le chêne noir de Fontainebleau, le chêne à crochets qui a les fruits ramassés en bouquet, le chêne des collines, ne sont que des variétés du chêne rouvre.
Le Chêne à glands pédoncules (Q.pedunculata, Hoff. ) acquiert une plus grande élévation et en moins de temps que le chêne rouvre, mais demande un terrain plus profond et plus frais que lui. Il en diffère par ses
3u'oiî ne saurait trop le multiplier, surtout ans les pays vignobles. Son bois a beaucoup d'analogie avec celui du chêne ; sa couleur est un peu moins obscure, et le contact de l'air ne la rembrunit pas autant. Il est employé avec le plus grand succès à la charpente , dans la menuiserie, les ouvrages de fente, et il dure plusieurs siècles sans s'altérer. Le pied cube sec pèse 41 à 42 liv. En Italie, on plante le châtaignier en taillis qu'on coupe de bonne heure, et on en fait des soutiens pour les vignes; ces échalas durent le double de ceux qu'on fait avec tout autre bois. On en fabrique aussi des futailles et des tuyaux pour la conduite des eaux souterraines. Duhamel dit qu'il est préférable à tous les autres bois pour faire des cerceaux, surtout pour les tonneaux placés dans des caves très-humides. Le châtaignier est peu estimé pour le chauffage, il ne donne point de flamme, noircit, et jette des éclats; il se consume vite, de sorte qu'il est peu utile pour les usages domestiques. On assure néanmoins qu'il est fort estimé dans certaines forges, comme en Biscaye.
Les châtaignes forment un très -bon produit, surtout dans les provinces du midi et du centre de la France. On en cultive un grand nombre de variétés; les plus estimées, celles qu'on nomme marrons, à cause de leur grosseur et d'un ombilic moins grand que dans les châtaignes-, viennent du Luc, petite ville du département du Var. On fait grand cas aussi de ceux du Limousin; mais en générai les- châtaignes les plus délicates au goût ne sont pas toujours les plus grosses. On récolte les châtaignes de différentes manières : la meilleure est celle qui permet de les conserver en bon état pendant plusieurs mois de l'année. Il paraît qu'on y parvient en les siratifia-nt avec de la paille ou avec du sablé, aussitôt qu'elles ont été séparées de leur hérisson ou enveloppe extérieure. Dans le midi et en Corse, on sépare ce fruit de toutes ses enveloppes et on le fait sécher; on l'appelle alors châtaignes blanches. On les mange ensuite cuites dans l'eau. En Corse, on lesréduitaussi en farine pour en faire des galettes nommées la polenta. Les châtaignes sont en général très-nourrissantes, et dans quelques dé partent en s, les habitans vi\ent presqu'uniquement de ce fruit ; les porcs et \ tous les animaux les recherchent dans les
ARBRES ET ARBUSTES Fig. 39.
feuilles plus élargies à leur sommet, et surtout par ses fruits qui sont portés par un pédoncule plus ou moins long. Son bois pèse 48 à 50 liv. par pied cube, tandis que celui de l'autre en pèse environ 70. Les forestiers le nomment grave lin, merrain, chêne femelle. Son bois est moins noueux, il se fend plus aisément que celui de l'autre, de sorte qu'on le préfère pour les lattes, les parquets, les meubles et plusieurs autres ouvrages de menuiserie. Les constructeurs de vaisseaux ont observé que son bois n'éclate pas par le boulet de canon, et que les trous sont plus faciles à boucher-, il est meilleur aussi pour le chauffage et son charbon est plus estimé. Ses bonnes qualités doivent le faire préférer dans la plantation des terrains qui ont de la profondeur, mais sans humidité, car, dans ce cas, il a beaucoup d'aubier, et cet aubier se pourrit promptement.
Le jruit de ces deux arbres a quelquefois ervi d'aliment : on y eut recours pendant la disette de 1709; mais les historiens rapportent que cette nourriture produisit de graves accidens. On a essayé aussi de l'employer en médecine contre les fièvres inter-
FORESTIERS INDIGENES. 19
mittenlès, mais il ne paraît pas que ses effets aient été satisfaisant.
Le Chêne pyramidal (Q.fasligiala, Lam.).
Cette espèce se rapproche du chêne rouvre parses feuilles lobées assez profondément, et de l'autre par ses fruits pédoncules; mais elle diffère de l'une et de l'autre' par ses pétioles courts et presque nuls, par la disposition de ses rameaux qui forment un angle tresaigu avec la tige, et par son port dan: é et pyramidal. Ce chêne, multiplié depuis quelques années aux environs de Paris, croit naturellement dans les Pyrénées et dans le département des Landes. Sa forme élancée, comme celle du peuplier d'Italie, le rend propre à l'ornement des grands parcs et des jardins paysagistes. On l'.élève de graine dans nos pépinières, et la greffe réussit sur les deux autres espèces.
Le Chêne cerris ( Q. cerris, Lin.) est un arbre de 8 à 10 mètres d'élévation. Son tronc est le plus souvent noueux et contourné. Ses feuilles sont blanchâtres et pubescentes en dessous. Ses fruits sont reniermés à moitié dans une cupule hérissée de filamens velus. Le chêne nommé crinite et le chêne de Bourgogne paraissent n'être que des variétés du cerris. Leur bois est très-estimé pour les constructions civiles et navales. On ne leur préfère que les bois des chênes crûs dans le midi de la France, qui, en raison de la chaleur du climat, acquièrent plus de dureté.
Le Chêne angoumois ou tauzin(Q.tauza,Bosc) s'élève à la hauteur de 20 à 24 mètres. Ses feuilles sont fermes, à lobes inégaux, cotonneux et blanchâtres en dessous. Ses glands sont portés par des pédoncules axillaires, et leur cupule n'est pas hérissée. Son bois est dur et noueux; il ne peut pas servir aux ouvrages de fente, mais il est estimé pour les constructions et pour le chauffage. Ses jeunes branches servent à faire des cercles de cuves et de tonneaux. On en connaît plusieurs variétés, savoir : 1° le tauzin à glands pédoncules, axillaires et terminaux, à cupule un peu ciliée; 2° le tauzin à glands axillaires, pédoncules ; 3° le tauzin à glands pédoncules, axillaires et terminaux, ovoïdes, en grappes et petits.
On connaît, aux environs de Bordeaux, une espèce de chêne que M. Secondât nomme le Chêne mâle, et que Bosc a considéré comme le Chêne esculus des anciens. Son bois est de la plus grande dureté; il fournit d'excellentes courbes pour la marine : on assure qu'il est meilleur que celui des autres chênes. Le pied cube pèse 74 liv., c'est-à-dire qu'il descend au fond de l'eau. — Le Chêne des Apennins, que Ton trouve en Provence et aux environs de Lyon, s'éïètè a 30 pieds environ: il a le mérite de croître dans les terrains les plus arides.
IL Chênes h feuilles persistantes , ou Chênes verts.
Le Chêne yeuse (Q. ilex, Lin.) est un arbre de médiocre grandeur, tortueux et très-bran? chu. Ses feuilles sont ovales, dentées ou entières. Le fruit varie de grosseur et de longueur , il es t âpre et amer. Cet arbre s'élève à 30 pieds environ; Le pied cube du bois pèse 70 1. Il prend un beau poli; mais il est sujet à se fendre «t à se tourmenter en séchant. H est
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employé à faire des essieux, des leviers, des poulies de vaisseaux, etc. L'accroissement de l'yeuse est très-lent; mais cet arbre vit
Îdusieurs siècles. Son écorce sert à tanner es cuirs. Le bois du cœur est très-recherché en Languedoc pour les manches de mail, qui conservent leur souplesse lors même qu'ils sont secs. Dans le nord de la France, cet arbre est sensible aux froids. Lorsqu'on l'a multiplié de. graine et qu'on veut le transplanter, il ne faut pas tarder, car il reprend difficilement lorsqu'il a plus de 3 ou 4 ans. Il aime en général un terrain sec et sablonneux. Le Chêne liège (Q. suber, l\n.)(JigA\) s'élè- Fig. 41.
ve à 10 ou 12 met. Son tronc a quelquefois une grande circonférence. Son écorce est fort épaisse, spongieuse et crevassée ; ses feuilles sont blanchâtres en dessous. Son bois est trèslourd et d'une grande force ; le pied cube pèse 84 liv. Son écorce est employée à faire des bouchons, des semelles pour se préserver de l'humidité, des chapelets de pêcheurs, des bouées, etc., etc.; pour cet objet on écorche les chênes lièges tous les 8 ou 10 ans, lorsqu'ils ont atteint l'âge de 30 à 50 ans; malgré cela, ils peuvent encore vivre 150 ans. La culture de ces arbres est la même que celle de l'yeuse. On connaît plusieurs autres chênes verts dont la culture devrait être encouragée en France, surtout dans le Midit tels que : le Chêne ballotte, qui diffère peu de l'yeuse par les feuilles et par le bois, mais dont les glands sont doux et nourrissans : on les mange crus et grillés comme les châtaignes ; Le Chêne vert ou castillan que l'on trouve dans la forêt de Broussan, département du Gard: les habitans des environs récoltent ses glands pour les manger crus et cuits; le Chêne œgilops, dont la cupule fait l'objet d'un commerce assez important pour les tanneries ; le Chêne à la galle, <\xn croît dans l'Asie-Mineure, et qui produit la galle du commerce; le Chêne kermès {fig. 42), que j'ai trouvé en Provence, dans les haies, et sur lequel on récolte l'insecte précieux qui, avant la découverte du Nouveau-Monde, fournissait à la teinture la couleur écarlate.
Fig. 42.
Culture du chêne. — On trouve des chênes dans presque tous les terrains; mais ceux qui n'ont pas de fond n'offrent que des arbres petits, rabougris, et lorsqu'ils s'élèvent à une certaine hauteur, ils sont vieux et couronnés de bonne heure. Les terrains frais et profonds, mêlés de sable et d'argile, sont ceux où le chêne prend tout son développement et vit au-delà de 200 ans. La racine du chêne est pivotante et s'enfonce profondément, de sorte que si les couches inférieures ne sont pas perméables à cette racine, l'arbre languit et n'acquiert pas de fortes dimensions; il lui faut 3 pieds au moins de bonne terre pour s'élever en futaie, et 2 pieds pour fournir de bons taillis. Lorsqu'on a des chênes dans un terrain médiocre ou mauvais, il faut renoncera en obtenir du bois de service ;et si l'on s'obstine à les laisser croître en futaie, leur bois ne pourra servir qu'à des ouvrages de fente, parce qu'il sera souvent rouge, échauffé et vergeté; dans ce cas, on ne pourra plus le débiter qu'en bois de chauffage. Quand même les arbres auraient atteint les dimensions nécessaires, il serait dangereux de les employer aux constructions, parce qu'elles seraient de peu de durée.
On a remarqué depuis quelques années que le chêne n'aime pas à être planté seul; il croît moins vite et dépérit plus promptement que lorsqu'il est mélangé avec d'autres essences, telles que le hêtre, le charme et surtout les bois blancs. On a cru autrefois, comme je l'ai dit, le favoriser en le plantant seul; il en est résulté des taillis mal venans et des plantations infructueuses.
Conservation et semis des glands. — Le plus sûr moyen, sans contredit, d'avoir de belles forêts de chênes, c'est de semer les glands. Par le couchage et par les marcottes, on peut bien repeupler un bois taillis de peu d'étendue; mais pour avoir de belles plantations, il faut semer, et pour semer avec succès, il est nécessaire d'avoir des .glands choisis et bien conservés. On doit faire la récolte des glands vers le mois d'octobre, par un temps sec et lorsqu'ils commencent à tomber d'eux-mêmes. On les transporte dans des lieux aérés; on les étend de suite et trèsclair. Il est à propos de les remuer 2 ou 3 fois par jour, jusqu'à ce qu'ils soient ressuyés à
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l'extérieur : alors on en formera des tas d'un pied d'épaisseur, qu'on laisse ainsi jusqu'au moment de les employer.
Quand ou ne veut semer qu'au printemps, il faut employer quelque procédé pour les conserver intacts. On en propose plusieurs ; aucun d'eux n'est exempt d'inconvéniens.
Voici celui qui m'a paru le meilleur : dans un jardin ou tout autre endroit clos et à l'abri des porcs, on choisit un lieu sec; on étend sur la place une couche de feuilles d'un pouce d'épaisseur, sur laquelle on dépose en forme de pyramide, et jusqu'à la hauteur de 3 pi., un tas de glands après les avoir fait sécher un peu; on recouvre cette pyramide d'un pied de feuilles sèches, ensuite d'un demi«pied de mousse également sèche, puis encore d'un demi-pied de paille longue, et enfin on place sur ce cône un chapeau de paille semblable à celui dont on couvre les meules de grain dans les campagnes. Au commencement du printemps, ou trouve les glands parfaitement conservés. Alors il ne faut pas tarder à les employer, parce que la chaleur les ferait germer.
Pour conserver les glands qu'on destine à la nourriture des porcs et de la volaille, il suffit de les enterrer profondément dans un terrain sec et sablonneux, ou de les faire dessécher au four.
Au lieu de semer les glands à demeure, beaucoup de personnes les sèment en pépinière pour en repeupler les forêts, les planter en quinconce, en avenue, au lieu d'aller arracher dans les bois du plant qui est toujours mal conformé et peu garni de racines. Il faut alors les enlever de la pépinière, en conservant à leur pivot la plus* grande longueur possible, et ne passe laisser détourner de cette pratique par la dépense que doitoccasioner cet enlèvement et la profondeur des trous destinés à la plantation.
Entretien des semis. — On doit éviter de remuer les terres ensemencées, avant que les jeunes plants se soient affermis par des racines assez fortes. C'est pourquoi on ne donne aucune culture la première année.
Quant à la seconde, on fait un petit binage au printemps pour détruire les herbes. La troisième année, on donne un bon binage au mois de mars, et si on veut hâter la croissance du plant, on en donne un second au mois de septembre.
Dans certains terrainsoù le chêne ne pousse pas d'abord avec force, où il a été brouté par la dent des bestiaux ou gelé, le recepage est indispensable. On fait cette amputation la 3e ou la 4e année, obliquement et au nord, ce qui est facile à l'ouvrier qui tourne le dos au midi. Quelques forestiers allemands ne veulent pas cependant que l'on recèpe les arbres destinés à croître en futaie; ils croient qu'en ayant la précaution de supprimer les tiges secondaires pour réserver la plus belle, on aura des futaies très-élancées. Buffon est d'un avis contraire à ces forestiers, et nous croyons très-bonnes et très-fondées les raisons qu'il en donne.
Exploitation des chênes. — On doit abattre les chênes lorsque leur accroissement ne fait plus que de faibles progrès, lorsqu'ils annoncent qu'ils sont sur le retour, lorsqu'ils sont atteints de maladies graves, telles que les
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gouttières les chancres, les ulcères, la gelivière, etc., et tout cela sans avoir égard à leur âge ou à leur grosseur. Tel chêne est vieux et caduc à 50 ans, tandis qu'un autre ne l'est pas encore à 100; cela dépend du climat, du terrain et de l'entretien des plantations. On a conseillé comme un bon moyen d'empêcher la destruction des vieilles souches, de les recouvrir de 2 ou 3 pouces de terre immédiatement après l'abattage. Ce moyen est préférable et surtout moins cher que celui de couper les tiges entre deux terres.
Ecorcement des chênes. — Toutes les parties du chêne contiennent un principe astringent nommé tannin, qui a la propriété de se combiner avec la fibre animale, et de rendre insoluble la gélatine qu'elle contient. L'écorce de l'arbre est la partie qui en contient le plus. On préfère celle des jeunes arbres; cependant quelques auteurs assurent que les vieilles écorces sont meilleures. La noix de galle, qui nous vient du Levant, est encore plus abondante en tannin, mais elle est d un prix élevé, et jusqu'à ce qu'on ait naturalisé le chêne qui la porte, on se servira de nos écorces jeunes ou vieilles. Le tan le plus nouveau est le meilleur, et lorsqu'il a servi à tanner les cuirs, il est employé à faire des couches dans les serres chaudes et des mottes à brûler.
On écorce les chênes dans le mois de mai, lorsqu'ils sont en pleine sève. La bonne écorce doit être unie, vive et brillante. Il faut environ 6 à 8 cordes de bois pour un cent de bottes d'écorce. Les souches de chênes repoussent avant la fin de l'année, quand les bois sont abattus aussitôt après avoir été écorces; mais si on les laisse sur pied, elles seront le plus souvent détruiteslorsquelesarbresaurontété coupés. Le prix des écorces, comme celui des arbres écorces, varie suivant les lieux et les pays. J'ai vu souvent, dit un forestier allemand, que l'on avait fait plus d'argent des écorces que du bois sur lequel on les avait enlevées.
A l'exception du charbon de hêtre, celui de chêne est le meilleur de tous, d'après les nombreuses expériences faites en Allemagne par le baron de Warnecl. En résultat, la culture du chêne en taillis ou en futaie est sans contredit la plus avantageuse de toutes les cultures auxquelles on puisse se livrer, lorsque le terrain est favorable.
Javme Saint-Hilaire.
8. CORNOUILLER (la t. Cornus) (/î^.43). — Nous neparlerons pas ici des espèces exotiques de cornouiller qui ne sont cultivées que pour l'ornement des jardins; nous nous occuperons seulement de 2 espèces indigènes.
Le Cornouiller mâle ou des bois, ou C. sauvage (C. /7z«.v,Lin.),est un grandarbrisseauou un petit arbre qui acquiert 20 à 25 pi. de hauteur, dont les rameaux sont opposés, qui, dès le mois de mars, et quelquefois même dès la fin de février, sont garnis de petites fleurs jaunes, disposées en ombelle. Les feuilles qui ne paraissent qu'après les fleurs sont ovales, opposées. Les fruits sont de petites drupes d'un beau rouge, à noyau divisé en deux loges monospermes. Cet arbrisseau croît naturellement dans les bois et les buissons, en
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ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS, lïv. v«
droits sont bons dans les jardins pour faire des tuteurs aux jeunes arbrisseaux et aux plantes qui ont besoin d'être soutenues. Communément on l'ait, avec la coupe des tiges et des rameaux, des bourrées ppurle chauffage. Les//7///v, qui sont oléagineux, peuvent fournit'une huile d'une odeur désagréable, mais propre à la fabrication du savon et à l'éclairage.
9. çyTISE (lat. Cytisus).— Les cytises sont de petits arbres, ou le plus souvent des arbrisseaux, de la famille des Légumineuses. Nous ne parlerons ici que des premiers.
Çytîse aubours, faux ébc nier \C. laburnum, Lin.) {fig. 4 \). Cet arbre s'élève à 15 ou2Q pieds Fig. 44.
France et dans une grande partie de l'Europe. Le cornouiller mâle a produit par la culture plusieurs variétés, dont une à fruits jaunes, une autre à feuilles panachées. L'espèce se multiplie par les semis, les variétés par la greffe. Cet arbre croît très-lentement et est susceptible de vivre très-vieux. Bosc en cite un, de la forêt de Montmorency, qu'il croit avoir plus de mille ans d'existence. Dans les vieux cornouillers, le coeur est brun et l'aubier est blanc, avec une légère teinte rougeàtre. Ce bois est très-dur, fin, et susceptible de recevoir un beau poli ; on en fait des rayons de roue, des échelons d'échelles, des coins, des chevilles; on en fabrique aussi des cerceaux, des échalasqui durent long-temps. L 'écorce des branches et des rameaux est astringente ; elle a été employée comme fébrifuge. Les fruits, qu'on nomme cornouilles , ont une saveur aigrelette et un peu acerbe ; on ne les mange guère que dans les campagnes.
Cornouiller sanguin, vulgairement femelle, Bois punais (C. sanguinea, Lin.). Cette espèce est un arbrisseau de 12 à 15 pieds de hauteur, dont les rameaux sont d'un rouge brun, garnis de feuilles ovales, pointues, et se terminant par ur. bouquet de fleurs blanches disposées en corymbe, paraissant en juin et juillet, auxquelles succèdent des fruits arrondis, noirâtres, d'une saveur amère et astringente. Elle croît spontanément dans les boisetles buissons de toutlemididel'Europe. On en connaît une 'variété à feuilles panachées. La disposition que cet arbrisseau a de pousser beaucoup de rejetons de son pied, et la facilité qu'il a de pouvoir réussir presque partout, le font employer pour former des haies; mais ses rameaux étant toujours droits et effilés, rendent ces clôtures de peu de défense. Ses jeunes rameaux peuvent servir à faire des liens et des ouvrages de vannerie commune \ les plus Longs et les plus
sur un tronc de 2 à 3 pieds de circonférence. Ses rameaux, recouverts d'une écorce ver-, dâtre, sont garnis de feuilles petiolées, composées de trois folioles ovales - oblongues, glabres en dessus et un peu soyeuses en dessous; ses fleurs sont jaunes, papilionacées, disposées en longues grappes pendantes , et à calice court et campanule; les fruits sont des légumes alongés, légèrement velus. Ce cytise croît naturellement dans les bois des montagnes, en France et dans plusieurs parties de l'Europe. On le plante communément dans les jardins et les bosquets, comme arbre d'ornement.
Cytise des Alpes {C. Alpinus,Ysr\\à.). Cette espèce a été long-temps confondue comme variété de la précédente; elle s'en distingue par le dessous de ses feuilles et ses légumes glabres, par un rebord particulier qui garnit le dos de ces derniers, et enfin parce qu'elle forme un arbre plus élevé , qui ne craint pas les froids les plus rigoureux, tan-, dis que dans le nord de l'Europe la lre périt souvent par suite des fortes gelées. Le cytise des Alpes se trouve dans les montagnes du Dauphiné, de la Savoie, de la Hongrie et de l'Ecosse. On le plante, comme le précédent, dans les jardins et les bosquets. Ces deux arbres fleurissent en mai et en juin.
Ils sont très-rustiques et viennent aisément partout, excepté dans les terrains maréca*
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geux et ceux de pure craie. Malesuerbes a fait planter la première espèce dans un sol de marne argileuse où aucun autre arbre n'avait pu réussir, et il a converti ce terrain, jusque là stérile, en un bois de bon rapport. On peut donc en faire des taillis qui seront bons à couper tous les 9 à 10 ans. Les cytises ne prennent point de boutures ; les marcottes sont très-longues à s'enraciner; il faut, pour les multiplier, en semer les graines, ce qui doit se faire à la fin de l'hiver, dans un terrain bien labouré.
Plusieurs animaux ruminans, et particulièrement les moutons et les chèvres, mangent sans inconvénient [çs feuilles des cytises; mais elles sont émétiques et purgatives pour l'homme. Le bois de ces arbres est très-dur, souple, élastique, et il résiste long-temps à la pourriture. Ce bois est brunâtre, et il devient noirâtre dans les arbres âgés; il prend facilement un beau poli : les ébénistes et les tourneurs l'emploient à différens ouvrages. Dans les pays où les cytises sont communs, on se sert des tiges de 6 à 10 ans pour faire des cercles, des échalas, des rames, etc.
LOISELEUR DeSLONGCHAMPS.
10. ERABLE (lat. Acer; angl. Maple; ail. Ahorn; ital.Acero). — Les Erables forment un genre assez nombreux. Plusieurs espèces croissent naturellement dans nos forêis; un plus grand nombre a été introduit dans nos parcs et nos grands jardins.Nous ne parlerons article que des arbres indigènes.
L'Erable commun ou champêtre ( A. campestre, Lin. ). Cet arbre s'élève à 25 ou 30 pieds, sur une tige dont l'écorce est dure et crevassée. Ses feuilles ont 5 lobes obtus à leur sommet et à leurs angles. Son bois est dur, d'un grain homogène, liant, blanc ou jaune, et susceptible d'un beau poli. Le pied cube seepèse 51 à 52 livres; il fait très peu de retraite en séchant. Les tourneurs, les ébénistes, les luthiers le recherchent pour en faire des ouvrages de tabletterie ou de lutherie. Il chauffe bien et produit un bon charbon. Ses jeunes tiges servent à faire des fouets pour les cochers. Sesfeuilles sont très-recherchées par les bestiaux, surtout par les chèvres. Il peut être employé avec succès à former des haies vives, qui, par une taille répétée, deviendronttrès-épaisses et très-serrées. Il sera bien placé aussi dans les massils des jardins français. Cet arbre se plaît dans les terrains frais, parmi la bonne terre végétale, les sables et les graviers. Il redoute l'humidité. On le multiplie de graines semées en automne et recouvertes de six lignes environ de terre ; elles lèvent souvent au bout de six mois, mais quelquefois elles restent un an et 18 mois dans la terre. L'entretien des semis consiste à les biner et à les sarcler pendant les 2 ou 3 premières années. Ce n'est qu'à la 5e que les arbres mis en pépinière en doivent être tirés pour être plantés à demeure.
L'Erable sycomore {A. pseudo-platanus 3 JÀv\.){Jig. 45). C'est un arbre de la lre grandeur, et remarquable par son port et son beau feuillage. Son bois est blanc, marbré, d'un tissu serré, et susceptible de recevoir un beau poli. Lorsqu'il est sec, le pied cube pesé 50 livres environ. Son bois est employé par les charrons, les ébénistes, les tourneurs, les
sculpteurs et les facteurs d'instrumens de musique et surtout de violons. On en fait aussi des montures de fusils. L'accroissement de cet arbre est très-prompt comparativement aux autres. Il aime un terrain forme de terre végétale, de sable et de gravier; il se plaît surtout dans les plaines et au revers septentrional des montagnes. Il vit 100 a 200 ans. Elevé en taillis, il s'exploite tous les 25 a 30 ans; en futaie, à l'âge de 100 et 120 ans. Sa culture est la même que celle de l'érable champêtre. ,
L'Erable plane (A .platanottles,Ua.) {pgA{i) Fig. 46.
diffère du précédent par ses feuilles vertes des deux côtés, bordées de dents aiguës, inégales et écartées, et par ses fleurs disposées en corymbes. Il s'élève de 45 à G0 pieds, c'est-à-dire un peu moins que le sycomore. Son bois, dans la jeunesse de l'arbre, est blanc; moiré et d'une couleur tirant sur le gris, dans un âge plus avancé. Le pied cube sec pèse 43 à 44 livres. On l'emploie aux mêmes usages que celui du sycomore. Son accroissement est très-
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rapide; en taillis on peut l'exploiter à 25 ans, et en futaie à 70 ans. Il est à propos de le planter dans les lieux où l'on a des ruches a miel. Sa culture est la même que celle des deux précédentes.
On cultive encore avec succès I'Erable duret, qui vient naturellement dans nos Alpes et nos Pyrénées. Son bois est excellent pour le charronnage ; I'Erable de Montpellier, ou trilobé {A. Monspessulanum , Lin.), qui croît dans les plus mauvais terrains , sur des rochers qui n'ont de la terre végétale que dans les fissures. Dans les pays montagneux et arides, on n'en saurait trop répandre et soigner la culture.
11. FÉVIER (lat. Gleditzia).— Les/éviers sont des arbres étrangers naturalisés et très-répandus dans nos parcs et nos grands jardins. Il serait utile de les cultiver dans nos forêts, parce que leur bois est dur, liant, veiné de rouge, et d'un grain fin et serré.
Le Févier à trois pointes ( G. triacanthos, Lin. ) est un arbre qui s'élève à 30 ou 40 pieds. Ses feuilles sont ailées et d'un beau vert. Ses fruits ou gousses ont près d'un pied de longueur. On le multiplie de graines semées en terrines ou en pots sur couches, en plein air, au mois d'avril, pour accélérer leur croissance; on peut aussi les semer en pleine terre dans des rigoles et à la distance de 4 pouces. On les recouvre d'un demi-pouce de terre. Au printemps suivant, on les met en pépinière, et à un pied de distance les uns des autres. Pendant les lres années, il faut les abriter jusqu'à ce qu'ils aient assez de force pour supporter les gelées. La transplantation doit avoir lieu au printemps; les plantations faites en automne sont endommagées par les gelées. On en connaît trois variétés.
Le Févier monosperme , assez semblable au précédent par ses feuilles et par ses épines. — Le Févier de la Chine ( G. Sinensis, Lam.). Ses feuilles sont deux fois ailées. Sa tige est hérissée d'épines plus grosses et plus courtes que dans les autres; il est en même temps moins sensible à la gelée, et son bois est aussi estimé. Il donne de bonnes graines sous le climat de Paris. On pourrait employer utilement les féviers à former des clôtures des champs et des jardins ; les épines don t ils sont armés rendraient ces haies impénétrables; mais il faudrait les tailler souvent et les empêcher de s'élever.
Jaume Saint-Hilaire.
12. FUSAIN ( lat. Evonymus). — Le Fusain d'Europe , vulgairement bonnet de prêtre, bois à lardoire (E.Europœus , Lin.) , est un arbrisseau de la famille des rhamnées , qui s'élève à 12 ou 15 pieds, en se divisant en rameaux quadrangulaires , garnis de feuilles opposées, lancéolées, brièvement pétiolées. Ses fleurs sont blanchâtres, petites, portées sur des pédoncules rameux, axillaires; il leur succède des capsules à 4 lobes obtus d'un rouge éclatant à l'époque de leur maturité. Cette espèce croît naturellement dans les bois et dans les haies , où elle se multiplie spontanément ; elle vient bien partout , excepté dans les terrains trop arides ou trop marécageux ; ses fleurs paraissent en mai et en juin ; ses fruits, qui peuvent rester presque tout l'hiver sur les rameaux, font un
assez joli effet par leur couleur éclatante.
Le bois du fusain est léger, d'un blanc jaunâtre ; il a le grain fin et serré. Il est bon pour les ouvrages de tour et de marqueterie, mais il est assez rare d'en trouver des échantillons qui soient propres pour le travail; le plus souvent on n'en fait que des fuseaux et des lardoires. Ce dernier usage n'est peutêtre pas sans inconvénient, car des ouvriers ont éprouvé des nausées en travaillant ce bois, surtout lorsqu'ils en sciaient une certaine quantité de suite; et cela est arrivé plusieurs fois, sans autre accident cependant, au Musée de la marine, où l'on en emploie beaucoup pour faire le doublage extérieur des petits modèles de toutes sortes de navires. Réduit en charbon, il peut servir dans la fabrication de la poudre à canon. Ce même charbon, préparé avec de jeunes rameaux, auxquels on laisse une certaine longueur, est employé par les dessinateurs pour tracer des esquisses, parce qu'il s'efface plus facilement que le crayon ordinaire. — Les fruits du fusain passent pour être purgatifs et même émétiques; séchés et réduits en poudre, ils s'emploient pour faire mourir la vermine. Leur infusion dans le vinaigre sert, dans quelques cantons, pour guérir la gale des animaux domestiques; on peut encore en retirer une couleur rougeâtre. Les graines donnent par expression une huile bonne pour l'éclairage. Les propriétés des feuilles ont été très-conteslées ; plusieurs agriculteurs ont prétendu que ces feuilles étaient nuisibles aux bêtes à laine ; M. Girard en a nourri plusieurs moutons, et il les a' tenus à cette unique nourriture pendant plusieurs jours sans que ces animaux en aient été incommodés.
Le Fusains larges feuilles (Evonymus latîfolius, Lin. ) diffère du précédent par ses feuilles beaucoup plus grandes et plus larges, et par ses fleurs et ses fruits à 5 divisions. Il croît dans le midi. Ses propriétés sont à peu près les mêmes , et par conséquent assez suspectes quant à l'usage interne.
LOISELEUR DESLOINGCHAMPS.
13. HÊTRE (lat. Eagus ; angl. Beech; ail. Mastbuche ou Rothbuche ; ital. Faggio). — Le Hêtre des bois ( F.silvestris, Lin.) ( fig. 47) Fig. 47.
est un des plus beaux arbres de nos forêts.
chap. T. ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS INDIGÈNES.
Sa tige, revêtue d'une écorce grise et unie, pré-
sente quelquefois un fût de 60 pieds sans aucune branche ni nœud. J'en ai vu dans quelques parties de la Normandie et dans les lieux frais et montagneux de la Provence , qui avaient de 80 à 100 pieds d'élévation. Il se couronne d'une cime large et arrondie. En automne, ses feuilles prennent une teinte rouge et jaunâtre qui donne à cet arbre une physionomie particulière et très-pittoresque. Il l'orme quelquefois à lui seul , ou mêlé avec le chêne , des forêts d'une grande étendue. Son pivot étant moins long que celui du chêne et ses branches latérales étant trèsnombreuses, il trouve sa nourriture dans les couches supérieures du terrain , que l'autre va chercher à une grande profondeur, de sorte que leur association est très-avantageuse.
Le bois de cet arbre est sujet à beaucoup de retrait par la dessiccation, et, comme il n'est pas d'une grande force et qu'il a peu d'élasticité, on ne l'emploie pas à la construction delà charpente. Nonobstant cela, c'est un des arbres les-plus employés aux usages delà vie. On peut en faire des quilles de vaisseaux et tous les ouvrages sous l'eau. Il est propre à la monture des fusils de guerre; il sert à faire des bateaux d'une seule pièce pour les petites rivières et les étangs. Il est préférable à tous les autres pour les rames des bâtimens de mer. Il fournit de bons brancards pour les chaises de poste, des jantes de roues, des affûts de canon. On en construit les planches qui forment l'encaissement des pilotis. Les ébénistes, les menuisiers l'emploient journellement. Il est excellent pour le chauffage, quoiqu'il brûle un peu vite; il est même , sous ce rapport, meilleur que le chêne. Son fruit, nommé faîne, est bon pour engraisser les porcs et les dindons ; il est très-recherché par les bêtes fauves: mais c'est surtout par l'huile qu'il donne que la culture du hêtre mérite d'être répandue. Cette huile est bonne à manger, à faire des fritures, et on la brûle dans les lampes. E.lle a la propriété de se conserver pendant plusieurs années et même de s'améliorer, si, après l'avoir clarifiée, on la renferme dans des cruches bien lutées , que l'on enterre dans le sable à la cave. On prétend qu'elle occasione des pesanteurs de tête et d'estomac lorsqu'elle est fraîche. Pour avoir de la bonne huile de faîne , il faut ramasser ce fruit à mesure qu'il tombe, le mettre dans une chambre bien aérée, et ne pas l'entasser, de crainte qu'il ne s'échauffe. Lorsqu'il est bien sec, on le dépouille de sa peau et on le broie pour en exprimer l'huile. Les tourteaux donnés aux vaches, aux cochons, à la volaille, les engraissent promptement.
Le hêtre se plaît dans presque tous les terrains,, pourvu qu'ils aient un pied et demi à 2 pieds de fond. Il est beaucoup plus beau dansuneargile fraîche, mêlée de terre végétale. Les fonds très-humides et marécageux ne lui conviennent pas. Il aime les plaines et le penchant des montagnes exposées au nord ; il v parvient à une grande élévation. On multiplie le hèlre parle semis des faînes en automne^ lorsqu'elles tombent d'elles-mêmes.
Si on ne veut les semer qu'au printemps, il
AGRICULTURE
faut avoir soin de les étendre dansune grange, parce qu'elles s'échauffent promptement, et les remuer au moins une fois par jour. Quand elles sont bien ressuyées, on en forme des tas de 2 ou 3 pieds de haut dans un grenier planchéyé, puis on les recouvre de paille de l'épaisseur d'un pied , pour les préserver de la gelée et d'une trop grande dessiccation.
M. HOUX( lat. Ilex; angl. Holfy; ail. Stcchpalme; ital. Agrifolio ).— Le Houx commun (I.aquifolium,~Lin.) C/%\48) forme souvent des Fig. 48.
buissons dans nos haies ; mais lorsqu'on le laisse croître en liberté dans les terrains qui lui conviennent et dans les clairières des forêts, il s'élève à 25 ou 30 pieds. On en cultive plusieurs variétés, les unes distinctes par la couleur de leurs fruits, les autres par celles de leurs feuilles. Son bois est dur, solide et pesant ; il prend la couleur noire mieux qu'aucun autre, parce que le grain en est fin et serré. Les ébénistes en font de très-beaux meubles; on en fabrique des manches d'outils, des alluchons , des engrenages de roues, des verges de fléau à battre le blé, et plusieurs ouvrages de tour. Le pied cube sec pèse 47 à 48 livres.
Les jeunes branches sont très-souples; on en fait des houssineset des manches de fouet. C'est avec l'écorce de cet arbre qu'on fait la meilleure glu pour prendre les oiseaux.
Les fruits du houx sont purgatifs, on les regarde même comme vénéneux pris en grande quatité;les oiseaux néanmoins, surtout les grives, en font leur principale nourriture pendant l'hiver; c'est pourquoi il est à propos de planter des houx dans les remises. M. Rousseau a découvert que ses feuilles jouissent de propriétés fabrifuges très-marquées qu'elles doivent à un principe amer nommé ilicine. On le multiplie facilement par ses graines ou par les jeunes pieds qu'on arrache dans les bois. Il est peu délicat sur la nature du terrain, mais il préfère les coteaux et les fentes des rochers exposés au nord et à l'ombre des grands arres. Quand on veut en former des haies,
il est plus avantageux
de le semer en