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nies et des praticiens les plus distingués de l'Allemagne, et nous pensons qu'à part l'influence du climat et des circonstances locales, les résultats qui en ont été déduits méritent toute confiance, quoique dans un ouvrage de la nature de celui-ci nous ne puissions entrer dans le développement des preuves qui leur servent de justification.
Cela posé, passons à l'exposition de ces principes.
La condition la plus importante à remplir dans tout système ou plan de culture pour aménager une terre de la manière la plus avantageuse et avec des résultats aussi constans que le permettent les circonstances indépendantes de la volonté de l'homme, c'est de restituer continuellement au sol autant de richesse au moins que la production des plantes utiles lui en a enlevée dans des récoltes successives. C'est sur ce principe que repose la certitude d'obtenir constamment les produits bruts les plus élevés, puisque l'appauvrissement graduel du sol diminue non-seulement la quantité de ces produits, mais les rend en outre plus précaires. Une abondante moisson due à la fécondité naturelle du sol, qu'on sait mettre a profit, ne coûte guère plus de travail et d'avances qu'une récolte pauvre et chétive, et donne un produit net bien plus considérable et plus certain.
Pour restituer à la terre la richesse qui a été absorbée par la production des récoltes, on se sert le plus généralement des engrais mixtes ou fumiers des animaux domestiques.
Afin d'embrasser la question qui nous occupe dans toute sa généralité, nous supposons qu'on est éloigné des villes et hors d'état de se procurer des engrais au dehors de la ferme. Dans cet état de choses on voit que pour obtenir un produit élevé et certain, il est indispensable de faire choix d'un système de culture et d'aménagement des terres où tout soit combiné de façon qu'on puisse constamment, au moyen des engrais qu'on parvient à produire surplace, entretenir celles-ci au plus haut degré de fécondité qu'elles puissent atteindre, ou les y porter successivement si elles n'y sont pas encore parvenues ; en un mot, qu'il faut mettre, par un système raisonné de culture alterne, la production des engrais au niveau de la consommation et créer des ressources propres à faire face à tous les besoins.
Quand on peut se procurer des engrais au dehors, le produit de la terre reste le même; ie plan seul de culture doit alors éprouver des modifications.
Parmi les végétaux utiles qui entrent dans un système de culture alterne, les céréales et les plantes fourragères jouent le principal rôle. Les céréales, en raison des motifs allégués au paragraphe de la classification des terres, étant les végétaux les plus précieux et les plus importans de l'agriculture, doivent, sur une ferme, couvrir la surface la plus étendue possible des terres arables ; mais, sans engrais, leur production avec profit est incertaine et devient même parfois impossible, parce qu'elles épuisent la terre et que la paille qu'elles fournissent ne suffit pas pour restituer au sol la richesse qu'elles lui enlèvent. Pour rétablir celle-ci, on est obligé de cultiver en même temps que ces céréales des plantes
fourragères en quantité telle que, consommées par les bestiaux, et transformées en fumier, elles puissent, avec la paille employée partie en aliment, partie en litière, réparer l'épuisement que les récoltes de grains font éprouver à la terre.
Ainsi, sur une ferme en terres arables, l'étendue qu'on peut consacrer à la culture des céréales et à celle des plantes ou racines fourragères se circonscrivent mutuellement. La 1" doit occuper l'espace nécessaire pour , faire l'emploi le plus avantageux des engrais qu'on produit, et la 2e la surface justement requise pour fournir la masse de plantes fourragères qui doit, avec la paille, rendre à la lre la richesse que lui a enlevée la production du grain.
Pour obtenir une commune mesure qui permette de fixer le rapport entre ces 2 surfaces , il faut partir des données fournies par l'expérience; or, celle-ci démontre qu'une récolte de grains enlève autant de richesse à la terre que la paille qu'elle produit ajoutée à un poids égal de bon foin de prairie et consommé par les bestiaux, peut lui en restituer. La paille rend au sol a peu près autant qu'elle lui a coûté, et le foin, transformé en fumier, rétablit la' portion de richesse consommée par la production du grain.
Ainsi en supposant, comme une moyenne justifiée d'ailleurs par l'expérience, qu'une étendue déterminée de terrain consacrée à la culture des plantes fourragères , dans un sol de moyenne qualité et cultivé convenablement, donne une masse de fourrages d'une qualité propre à remplacer un poids égal de bon foin de prairie, et que cette masse soit sous le rapport du poids la même que celle qu'on obtient en paille sur la même étendue dans une bonne récolte de céréales , on est conduit à cette règle, que, dans un plan de culture bien étendu et où il faut s'entretenir avec ses propres ressources , les terres cultivées enplantes fourragères doivent occuper une surface égale à celles emblavées en grains, si on veut entretenir à un degré convenable, par la transformation en fumier des pailles et des fourrages produits , la fécondité de toutes les terres arables du domaine. -
La question du rapport de l'étendue que doivent réciproquement occuper les soles à grains et à fourrages n'est pas toujours aussi simple que nous venons de la présenter; ainsi dans les terres riches et fertiles, l'étendue des soles fourragères n'a pas besoin d'être aussi considérable que celles des soles à grains; et on tiendra compte de cette observation dans le tableau des évaluations ; en outre , l'existence des prairies naturelles dans une exploitation rurale, celle des pâturages, la rupture d'un trèfle après la lre année, l'enfouissement des récoltes en vert, etc., sont autant de circonstances qui doivent nécessairement apporter des modifications à ce rapport.
L'expérience journalière dans la culture des champs paraît avoir démontré que, dans la culture alterne, trois récoltes de céréales, moissonnées à l'état de maturité et produites avec l'abondance que comportent les circonstances ordinaires et la classe à laquelle la terre appartient, épuisent la richesse communiquée au sol
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par une fumure, en bon fumier d'étable donné en quantité convenable , et qu'après ces trois récoltes, une nouvelle fumure devient nécessaire si on veut rendre à ces terres assez de richesse pour produire avec profit de nouvelles récoltes de grains. Ce rapport entre la fumure et les récoltes de grains qu'elle peut produire, paraît être la combinaison la plus avantageuse pour obtenir le produit net le plus considérable.
Moins de trois récoltes de grains sur une fumure ne nuit pas, il est vrai, au produit net, parce que la richesse qui reste encore dans le sol , après deux récoltes , augmente l'effet de la nouvelle fumure et peut accroître la production du grain jusqu'aux limites qu'elle peut atteindre , et que l'économie de la semence et des frais de culture est toujours favorable à l'élévation de ce produit.
Au contraire, plus de trois récoltes de grains sur une seule fumure ne font que répartir la force du fumier sur un plus grand nombre de récoltes, sans élever au total le produit moyen , puisque c'est en définitive la richesse seule du sol qui donne des récoltes de grains. En outre , en prolongeant ainsi la durée d'une fumure on donne lieu à une déperdition de la puissance du sol par les effets simultanés de la chaleur et de l'air pendant les façons plus nombreuses qu'on donne à la terre, ce qui en somme affaiblit toujours le produit qu'on peut attendre d'une fumure. Des travaux de culture plus considérables, et une récolte moindre de grains doivent donc nécessairement abaisser le produit net qui est toujours d'autant plus fort qu'on sait faire un usage plus prompt de l'activité des engrais.
Dans les applications pratiques du principe de l'épuisement de la richesse des terres par trois récoltes de grains pour une fumure en fumier d'étable , d'une qualité déterminée et donné en quantité proportionnée à la qualité de la terre, il ne faut pas oublier de tenir compte de la richesse qu'acquiert le sol par les années de pâturage ou par la décomposition des racines et chaumes de certaines récoltes et avoir également égard aux portions de richesse qui peuvent lui être enlevées par des récoltes intercalaires de plantes fourragères. A ce sujet, nous ferons connaître plus bas les résultats qui ont été fournis par l'agriculture expérimentale.
Dans les terres fortes , on peut donner la fumure en une seule fois dans le cours de la rotation ; mais dans les sols très meubles et légers il est préférable de répartir cette fumure en 2 et même 3 fois; le résultat dans les 2 cas est le même si la terre reçoit au total une fumure proportionnée à la° quantité de grain qu'on veut obtenir.
Un fumier non consommé et enfoui en terre avant d'avoir subi la fermentation , n'est pas propre à la production des graines farineuses.
Pour donner ce dernier résultat , le fumier ooit avoir été abandonné en tas à la fermentation, ou bien à la décomposition lente dans la terre. Or, comme cette fermentation ou décomposition est toujours accompagnée d'une très grande déperdition de principes qui pourraient servir utilement à l'alimentation des végétaux, l'économie prescrit pour obtenir le produit le plus considérable d'ap-
pliquer le fumier avant qu'il ait fermenté aux plantes qui peuvent en cet état y trouver un aliment, telles que les plantes fourragères feuillées de nos champs, et sans lui enlever ses qualités nutritives pour une récolte subséquente de grains.
Une récolte de plantes fourragères feuillées, ainsi obtenue et moissonnée en vert, est donc le produit des portions de fumier que la fermentation en tas ou la décomposition lente dans une jachère complète fumée aurait évaporées en pure perte, et ne prive la terre d'aucun de ses principes nourriciers.
Si les fourrages verts végétant sur fumier fraie et non consommé n'enlèvent rien à la terre de sa faculté de produire du grain, soit parce qu'ils n'occupent le sol que peu de temps et seulement pendant la lre période de la décomposition du fumier, soit parce qu'ils lui restituent en partie par leur chaume , feuilles ou racines à peu près autant de richesse qu'ils en ont absorbés, soit enfin parce qu'ils profitent des parties volatiles du fumier, il n'en est plus de même s'ils sont semés et végètent sur fumier déjà anciennement enfoui dans le sol ou consommé ; alors il y a toujours épuisement de la richesse du sol indépendamment de ce que les plantes peuvent lui restituer par leurschaumes et racines.
En fixant à 3 le nombre des récoltes qu'on peut tirer d'une certaine quantité de fumier r il est clair que le produit de ces récoltes dépend de la masse et de l'énergie fertilisante de ce fumier, aussi bien que de la persistance de son effet pendant tout le cours de la rotation; et réciproquement que la masse et l'énergie de cet engrais dépend des récoltes de paille et de fourrages que la terre fournit comme matériaux de ce fumier. Un sol riche donne de riches récoltes de grains , de paille et de fourrages et peut au moyen des deux derniers recevoir une abondante et riche fumure , tandis que dans les sols pauvres , la récolte et la fumure sont également pauvres et peu abondantes.
Dans tout plan raisonné de culture il y a deux modes principaux d'aménagement. Dans l'un on n'a pour but que la conservation de la richesse du sol et non pas son accroissement. Dans l'autre, au contraire, on se propose d'accroître progressivement cette richesse. Relativement à ce dernier, on ne peut y parvenir que par des sacrifices pour se procurer des engrais au dehors , ou en diminuant l'étendue des soles à grains et en augmentant celles des soles fourragères. C'est par l'un ou l'autre de ces deux derniers moyens qu'on parvient à faire remonter la terre dans une classe supérieure à celle où elle était déjà; les pailles et fourrages, devenant alors plus riches et plus abondans , fournissent une plus grande quantité de bon fumier ; celui-ci donne à son tour des récoltes plus fortes de grains qui paient avec usure les sacrifices qu'on a faits pour l'amélioration de la terre.
Le mode d'aménagement qui se borne à la conservation et au maintien de la fécondité du sol est celui que nous adoptons pour l'évaluation du produit des terres, en prévenant toutefois qu'on doit prendre pour guide dans le choix des plantes qui entrent dans l'assolement,et l'ordre de leur rotation, la nature intime du sol, que
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les produits que nous indiquerons Supposent que Ja terre est dans un bon état de richesse, de propreté et d'amcublissenuml, que les labours sont faits avee le soin et les inslnunens convenables et qu'il en est de même des autres laçons ou travaux; nous ajouterons aussi que dans renonciation de la quantité ou du poids des produits, on se bornera au chiffre que l'expérience a démontré qu'on pouvait atteindre dans ta pratique journalière des champs et auquel on doit parvenir dans les circonstances ordinaires et avec un bon plan de culture et d'aménagement exécuté avec intelligence.
Voici maintenant l'énoncé des faits d'expérience sur lesquels reposent les principes exposés jusqu'ici et les plans de culture qui servent d'exemple pour l'évaluation du produit de chaque espèce de terre.
1° Un quintal métrique ( lOOkilog. ) de fourrages secs moitié foin et moitié paille fournit, quand la moitié de cette dernière est employée en litière, 342 décimètres cubes ou 10 pieds cubes de fumier court, aplati, non pailleux ni consommé , et dans un état propre à être enfoui en terre pour la culture et la végétation active des plantes fourragères feuillées.
2° Un quintal métrique de pommes de terre, consommé par les bestiaux, ne fournit que 34 décimètres cubes ( 1 pi. cube ) de fumier, mais ce fumier, sous ce volume, restitue à la terre autant de richesse que 50 kilog. de bon foin sec converti en fumier par les animaux. Une récolte de pommes de terre consommée par les bestiaux peut donc être évaluée pour la quantité d'engrais qu'elle fournit à la moitié de son pojdsenbon foin sec.
3° Un trèfle rouge de l,e année, suffisamment épais, végétant avec vigueur et fauché lorsqu'il est en fleur, puis rompu, rend à ia terre, par ses chaumes et ses racines, autant de richesses que le tiers du poids de ses tiges et feuilles consommées comme fourrages par le bétail et transformées en fumier pourraient lui en restituer.
4° Un quintal métrique de plantes fourragères récoltées en vert sur fumier anciennement enfoui ou consommé, épuise autant le sol que 2 kilog. de grains, ou bien 4 quintaux de fourrages verts réduits à 1 quintal par la dessiccation consomment autant de la richesse du sol que 8 kilog. de grains.
5° 34 décimètres cubes (ou 1 pi. cube) de bon fumier d'étable, consommé, obtenu des plantes fourragères et de la paille des céréales dans les proportions ci-dessus (n° 1), en supposant que les façons données à la terre ont été faites convenablement et que le plan de culture et d'aménagement est convenable, restituent à la terre autant de richesse que lui en ont enlevé 1,870 grammes de grain avec leur paille ou, eu d'autres termes, 34 décimètres cubes de bon fumier doivent, dans le cours d'un assolement et en 3 récoites de céréales, donner 1 kilog. 870 grammes de grains ; par conséquent un quintal métri-
que de fourrages et de paille (voy. le n° 1 ) peuve/jt en donner 18 kilog. 70, et un mètre cube de fumier environ 54 à 55. C'est ce que certains auteurs nomment la force ou activité du fumier (1).
6° Un quintal métrique de pommes de terre récoltées sur fumier ancien et consommé, épuisent autant la richesse du sol que 10 kilog. de grain; mais sur Fumier frais et non fermenté Ja récolte de ces 100 kilog. ne coûte pas plus à la terre que 7 kilog. de grain, parce qu'alors ces plantes mettent à profil les principes volatils du fumier qui se perdent dans la fermentation en tas.
7° Le pâturage des plantes fourragères par les bestiaux dans un système de culture alterne, enrichit à fort peu près la terre autant que pourraient le faire ces plantes si on les récoltait et si on les convertissait en foin, puis si elles étaient consommées en cet état par ces animaux et transformées en fumier. Que les animaux en effet restent constamment sur le pâturage ou qu'ils passent la nuit dans les étables, leurs déjections n'en profitent pas moins aux terres de la ferme, et la petite quantité qui peut se perdre dans le dernier cas sur les routes ou autrement est balancée par les urines abondantes qui tournent entièrement au profit de la terre.
8° Dans une terre exempte de défauts, suffisamment riche, convenablement aménagée et où les céréales ont pu prendre tout leur développement, l'expérience prouve que le poids de la paille est dans un rapport constant avec celui du grain, le 1er s'élevantou s'abaissant constamment avec le second. Les blés versés, ceux qui montent en paille, ceux des années peu favorables à la végétation ou, des années très chaudes où le grain est abondant et pesant, tandis que la paille reste courte, font naturellement exception et changent ce rapport.
Les expériences de MM. Thaer, Scheer, Block, Schmalz, Kreyssig ont prouvé qu'en Allemagne, dans les circonstances ordinaires, les céréales d'hiver offraient les rapports suivons comme une moyenne de plusieurs années et sur plusieurs sols.
Un hectolitre de froment du poids de 76 à 80 kilog. donne 167 kilog. de paille.
Un hectolitre de seigle du poids de 70 à 72 kilog. donne 175 kilog. de paille.
Un hectolitre d'orge du poids de 60 à 65 kilog. donne 83 kilog de paille.
Un hectolitre d'avoine du poids de 44 à 50 kilog. donne 47 kilog. de paille.
On a aussi trouvé que 1 hectolitre de seigle de printemps du poids de 70 kilog. donne 167 kilog. de paille.
Un hectolitre de pois du poids de 85 à 87 kilog. donne 228 kilog. de paille.
Lorsque nous nous occuperons par la suite du choix d'un système d'exploitation pour un établissement rural, nous reviendrons nécessairement sur les plans de culture proposés ici pour chaque classe de terre ; c'est alors
(l) Ce résultat , obtenu par la comparaison d'un grand nombre d'expériences el d'observations dues à MM. Thaer, Block et Kreyssig. dans dtfférens» systèmes de cul-lare , paraît une moyenne propre à la partie centrale el septentrionale de 1 Allemagne. Il serait à désirer qu'on entreprit en France des essais du même genre , bu qu'on rapprochât les observations faites dans diverses localités, afin de connaître linllueD.ce que Je climat exerce sur le rapport de la quantité en poids du fumier à celle du grain produit.
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aussi que nous discuterons les avantages qui doivent résulter pour chacune (Telles de l'adoptjoD de tel OU tel mode, et que nous ferons connaître les modifications qu apportent dans un plan de culture les engrais qu'on peut se procurer au dehors et les pâturages.
4° Tableau estimatif du produit des différentes élusses de terre dans un système de culture raisonné, économique et adapté à leur nature.
Dans un système de culture alterne, il y a 2 modes différens d'employer les plantes servant à la nourriture du bétail et qui entrent dans l'assolemenl. Dans le premier, le bétail consomme ces fourrages à rétable où il reste constamment et où on les lui apporte, soit en Vert, soil à l'état sec; dans le second, les animaux sont conduits à certaines époques de l'année sur les soles fourragères où ils consomment sur place une partie des récoltes. Le premier mode, ou la slabulation permanente, est celui auquel on donne aujourd'hui la préférence comme s'alliant le mieux à un bon système d'économie rurale; mais \epdlurage étant non-seulement très usité, mais offrant souvent sur le premier des avantages qu'on doit aux circonstances locales, il était utile de faire connaître le produit des terres classées précédemment, suivant qu'on adopte l'un ou l'autre mode de consommation des fourrages, parce que la rotation éprouve des changemens et que les rapports des soles à fourrages à celles à grains, de la fumure, etc., ne sont plus les mêmes comme on le verra dans le tableau qui va suivre.
Relativement à ce tableau il est nécessaire d'entrer dans quelques détails qui en faciliteront l'intelligence.
Toutes les terres arables y sont rangées suivant la classification adoptée, et pour chacune d'elles on a indiqué un assolement conforme à sa nature et propre à donner le produit le plus élevé. Dans la première colonne on a désigné les différentes classes de terres ; dans la deuxième, où l'on a donné l'assolement adopté pour chacune d'elles dans les 2 systèmes économiques mentionnés plus haut, on trouve : 1" à la suite de la désignation des plantes qui doivent successivement occuper le sol chaque année, le produit des récoltes par hectare en grain, paille ou fourrage (sentence déduite); 2? le nombre des laboursqui
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dément d'après ce qui a été dit ci-dessus,
obtenir ces récoltes; qu'on a employée.
ont été donnés pour 3° la quantité de fumier
Le produit des années de pâturage a été évalue'' comme une récolte fauchée et convertie en foin, ainsi que nous l'avons annoncé ci-dessus. Les pommes de terre ( semence, frais de sarclage et de récolte déduits) ont,
été évaluées pour moitié de leur poids de foui rages secs, savoir: 5 p. 0/0 en paille et 45 p. (i/o en foin.
Dans les colonnessuivanles, sous le titre de produit brut, on a donné en hectolitres et quintaux métriques le produit dont la semence a été déduite pour la totalité de la rotation, soit en grain, soil en fourrage, puis le produit moyen pour un an, c'est-à-dire le produit précédent divisé par le nombre des années dont se compose la rotation.
A la suite des produits on a fait connaître par hectare les travaux de culture qui sont nécessaires pour obtenir les récoltes indiquées dans la 2i colonne; ces travaux sont :
1° Le transport des fumiers par chars de 25 pi- cubes, ou 850 décimètres cubes;
2° Les labours et les hersages qui ont été divisés en forts, moyens et légers, ainsi que nous l'expliquerons dans le chapitre III du titre IV qui traitera des travaux;
3° Les travaux de récolte des grains et des fourrages qui se composent de l'ensemencement, de la moisson et de l'emmagasinage de ces récoltes.
Ainsi une terre à froment de 1re classe cultivée d'après l'assolement indiqué au tableau, et avec lastabulation permanente, a donné iieu par hectare peudant le cours de la rotation, et pour obtenir la récolte indiquée au transport de 124 chars de fumiers, à 3 labours forts d'un hectare (ou 1 labour fort de 3 hectares ce qui revient au même), à 8 labours moyens, à 3 hersages forts et 8 moyens, toujours pour 1 hectare, et enfin aux frais nécessaires pour l'ensemencement, la récolte et l'emmagasinage pour 3 hectares ensemencés en grains et 3 autres en plantes fourragères. Dans ce dernier cas les travaux de 2 coupes sur 1 seul hectare sont comptés comme une coupe sur 2 hectares.
Les G dernières colonnes contiennent une comparaison entre le produit en grain de chaque classe de terre, avec la rotation qu'on lui applique et la quantité d'engrais fournis par la consommation des pailles et fourrages produits, en tenant compte de l'enfouissement des racines de trèfle et des années de pâturage. Cette partie du taîbleau ne nous occupera pas pour le moment, mais elle nous fournira dans un autre chapitre les élémens de divers calculs intéressans dans la question importante du choix d'un système d'exploitation.
Nous ajouterons enfin que les nombres que renferment ces G dernières colonnes ont été calculés, en supposant que le froment récolté pèse 7G. le seigle 70, l'orge 60, la petite orge 50, l'avoine ordinaire 44* l'avoine nue 30, et les pois 87 kilog. l'hectolitre.