TOME IV
ADMINISTRATION RURALE
T.IV. Vil.
plus conformes au but de cet ouvrage , et susceptibles d'ailleurs de donner dans la pratique les résultats les plus certains, nous les avons adoptés en grande partie dans cet article.
Le système d'estimation des biens ruraux de cet auteur est basé, comme tous les autres, sur le produit net que peuvent rendre les différentes natures de biens immobiliers ou sur leur valeur d'utilité, et pour les biens mobiliers sur leur valeur courante au moment où on en fait l'acquisition. Ce système est parcellaire, c'est-à-dire qu'on y évalue séparément le produit de chaque espèce de biens qui entrent dans l'économie de l'établissement rural qu'on veut estimer, et même celui de chaque parcelle ou sous-division des branches qui le composent.
Le système de M. Kreyssig présente ceci de particulier, qu'il n'est pas nécessaire, comme dans tous ceux qui ont été proposés jusqu'ici, de se livrer à des calculs longs et pénibles et souvent sujets à erreur, ou bien à une enquête minutieuse pour établir la quantité de semence nécessaire sur le fonds qu'on veut estimer, ses récoltes moyennes pendant un grand nombre d'années, ses frais de culture , son système antérieur d'aménagement, etc. Tous ces objets sont évalués ici au moyen de formules simples et basées sur l'expérience, qui donnent sans tâtonnement des résultais certains. Le seul travail de l'administrateur ou de l'expert , quel que soit le canton où il veut faire une estimation , consiste uniquement :
1° A se procurer le plan ou la carte topographique qui lui fait connaître l'étendue du domaine, ainsi que celle des différentes parties ou natures de biens qui le composent ;
2° A reconnaître les caractères agronomiques de chaque nature de terre qui se rencontrent sur le domaine, et à déterminer la classe à laquelle elles appartiennent;
3° A établir le prix du travail des hommes et des animaux dans le pays;
4° A déterminer le prix moyen des denrées sur les marchés les plus rapprochés pendant une certaine période de temps ;
5° Enfin , à faire une estimation séparée des bâtimens ruraux, ainsi que du matériel et des animaux, quand ces objets font partie du fermage ou de la vente.
Ces élémens suffisent ensuite pour établir dans un pays quelconque le produit net d'un bien rural, puis sa valeur vénale ou locative, ou même le produit d'une des branches quelconques de son économie. Il y a donc a la fois célérité, simplicité et certitude dans ce mode d'estimation.
Nous partagerons cet article en 3 divisions. Dans la première nous chercherons à évaluer le produit net des diverses branches de revenu sur un établissement rural comme base de sa valeur vénale ou locative ; dans la 2e nous donnerons quelques règles pour l'estimation de la valeur vénale des bâtimens et des objets mobiliers qui garnissent parfois un fonds ; et dans la 3* nous présenterons un exemple détaillé de l'estimation d'un domaine.
(i) Instruction sur les principes naturels de l'évaluation des produits et de l'estimation des biens ruraux, par m w a Utv».„ D.in..0 »o -re-
venir à chaque habitant d'une commune dans un partage général des fonds ruraux pour opérer la réunion des pièces dispersées ou enclavées.
Le système raisonné d'estimation des biens ruraux exige en général des connaissances agricoles étendues, et parfois l'application des théories les plus élevées de l'agronomie ; il suppose beaucoup d'expérience et de pratique, et demande à être appliqué avec beaucoup de soin et d'attention; mais aussi c'est le seul dans lequel on puisse se rendre un compte exact et satisfaisant de la valeur intrinsèque des fonds ruraux et des produits les plus élevés qu'ils soient susceptibles de donner par un bon mode de culture, et celui auquel tout agriculteur instruit doit avoir recours dans l'estimation d'un domaine qu'il se propose d'exploiter.
La science de l'estimation raisonnée des biens ruraux est restée dans l'enfance en France , où elle est à peine connue ; mais en Allemagne, sous l'empire des circonstances administratives et locales , elle a, depuis un demi-siècle, fait, aussi bien que le système traditionnel, des progrès très remarquables.
L'établissement en Prusse , par Frédéric II, de banques agricoles , qui prêtent aux membres de ces associations des capitaux hypothéqués sur les propriétés de ceux-ci , jusqu'à la concurrence de la moitié de la valeur du fonds , a donné lieu dans toutes les provinces prussiennes à une estimation détaillée des biens divers qui devaient servir de gages au prêt. Ces estimations faites souvent par des hommes expérimentés, rapprochées les unes des autres et comparées, ont permis d'établir des principes fixes sur cette importante matière et de tracer les règles qui doivent servir de base dans l'évaluation des propriétés rurales.
D'un autre côté, les hommes les plus instruits et les agronomes les plus habiles de l'Allemagne ont encore affermi les fondemens de la science de l'estimation en faisant connaître une foule de résultats de leur propre expérience, qui ont servi à donner aux formules pratiques plus de rigueur et à les dépouiller de ce qu'elles pouvaient encore présenter de vague et d'arbitraire.
Les travaux *en ce genre de MM. Mayer, Thaer, Block, Voigt, Flottow et Kreyssig, sont inestimables et méritent d'être médités avec soin, si on veut acquérir une juste idée des principes sur lesquels repose aujourd'hui l'estimation raisonnée des fonds ruraux.
Le dernier de ces savans , M. Kreyssig, agriculteur praticien dans la Prusse occidentale et auteur de plusieurs ouvrages très estimables sur diverses branches de l'économie rurale, a même publié en 1835 un ouvrage sur l'estimation des biens ruraux (1), dans lequel il s'est efforcé de rendre ce sujet accessible aux agriculteurs, en le débarrassant d'un côté des formules agronométriques d'une application trop difficile, et de l'autre en se basant sur les progrès que l'agriculture expérimentale a faits dans ces derniers temps dans son pays. Les principes de cet auteur nous ayant paru les
W. A. Kreyssig. Prague, 1835,
ciivp. 2e.
ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX
Division Ire- — De V évaluation du produit net des diverses branches de revenu d'un établissement rural.
Cette division se partage en 3 sections; dans l'une on traite de la production végétale et des Irais qui sont à sa charge ; dans la 2« de la production animale; daus la 3« des fabriques agricoles.
Section I". — De la production végétale.
Cette section comprend la classification et l'évaluation du produit : 1° dos terres arables ; 2° des prairies ou priés ; 3* fâs pâturages ; 4g des vergers ou jardins potagers. Ces subdivisions n'embrassent pas sans doute tous les genres de biens ruraux consacrés à la production végétale, mais il est bon de se rappeler qu'un de nos savans collaborateurs a traité, dans ce même tome ( p. 151 ), avec autant d'étendue que d'habileté, de l'estimation des forêts, et que dans la plupart des cultures industrielles (t. II), on est entré dans des détails sur les produits et les frais de chacune, qui nous paraissent suffisans pour les estimations de ces sortes de biens.
§ Ier. — De l'évaluation du produit des terres arables.
1° De l appréciation pratique de la fécondité des terres.
La terre n'a de valeur pour l'agriculteur qu'autant qu'elle est apte à produire des plantes utiles et auxquelles les autres hommes attachent un certain prix, parce qu'elles sont propres à satisfaire leurs besoins.
Cette valeur qu'on attache à la terre est généralement d'autant plus élevée que celleci, toutes les circonstances étrangères étant écartées, est plus propre à nourrir des végétaux plus précieux et à les produire en plus grande abondance.
Cette faculté de produire abondamment des végétaux utiles a été désignée sous le nom de fécondité. Ainsi, plus une terre est féconde et plus elle doit avoir une valeur relative élevée.
On mesure en général la fécondité d'une terre par le volume ou le poids et la qualité des fruits qu'elle est susceptible de donner sur une surface déterminée; c'est ce qu'on nomme le produit d'une terre. Une terre est donc d autant plus féconde et a par conséquent une valeur d'autant plus élevée qu'elle donne des produits plus abondans, plus recherchés el d'un plus haut prix.
La fécondité des terres, ainsi que nous l'avons déjà dit (t. Itr, p. 51 ), est la résultante ou le produit ae 2 forces distinctes ; l'une qui a été désignée sous les noms de force, puissance ou activité du sol et qui paraît résulter th sa composition intime, de l'heureuse combinaison des matières qui le constituent et de tontes ses propriétés naturelles ou acquises dans leurs rapports avec les circonstances du climat, de la situation, etc., et l'autre qu'on a appelée richesse et qui est due en grande partie aux matières organiques en état de décoinposition que le sol renferme naturellement ou
qu'on y dépose par les engrais et qui contiennent la majeure partie des matériaux nécessaires à la nutrition des plantes.
La mesure séparée des 2 forces qui constituent la fécondité est un des problèmes les plus intéressans de l'agriculture, et peut-être servira-t-elle un jour, lorsque les méthodes qu'on applique pour cela seront devenues usuelles, de base solide à l'estimation des terres; mais, dans l'état actuel de la science, ces méthodes, qui supposent toujours la connaissance parfaite de faits antérieurs relatifs à la production de la terre, souvent difficiles à se procurer, ont encore trop peu de rigueur et de certitude pour qu'on puisse les appliquer dans la pratique à la détermination de la valeurdes terres.
Dans les applications usuelles pour l'estimation du produit des terres, il ne s'agit que d'évaluer la somme de ces2 torces ou la fécondité du sol, et pour y parvenir sans se servir des faits traditionnels, c'est-à-dire de la connaissance du produit dans les années antérieures et successives , on a recours à certains caractères physiques propre* à tomber sous les sens et faciles en général à reconnaître. L'expérience des temps ayant appri-s que, lorsque ces caractères se présentent, les terres étaient plus ou moins aptes à produire tels genres de plantes et en telle ou telle quantité, on s'en sert pour déterminer par analogie l'espèce, la quantité et la qualité du produit qu'une terre quelconque est susceptible de donner.
Les caractères auxquels on a eu recours jusqu'ici pour évaluer par analogie la fécondité des terres sont de 2 sortes: les uns sont relatifs à la constitution intime du sol, et les autres sont empruntés à certaines propriétés acquises ou naturelles que les sens peuvent aisément discerner. Nous nommons les 1ers caractères chimiques, et les autres caractères agronomiques.
La connaissance exacte des parties constituantes élémentaires d'un sol, c'est-à-dire des différens matériaux qui entrent dans sa composition et le rapport de quantité de ces matériaux entre eux, ne s'acquiert pas à la vue simple; on distingue bien quelquefois à l'œil, au toucher, au goût ou à l'odorat la présence d'une ou plusieurs de ces parties, mais il est presque impossible de déterminer leur rapport avec les aulres, et presque toujours celles qui sont en petite quantité ne peuvent être découvertes ou appréciées par ce moyen. JJ analyse chimique seule peut faire connaître avec quelque précision les matières qui entrent dans sa composiiion. Mais une analyse, même grossière, est une opération scientifique qui offre des difficultés si on veut qu'elle soit faite avec la précision qui doit la rendre utile, et en outre elle exige des appareils coûteux et une habitude des manipulations de ce genre; d'ailleurs tout le monde convient qu'elle ne fournit aucune lumière sur la bonté du sol, parce aue la fécondité propre d'une terre, indépendamment d'un grand nombre de circonstances que îa chimie ne saurait apprécier, est due la plupart du temps à un rapport entre les parties constituantes tout particulier au terrain analysé. Ainsi, dans un terrain voisin, l'une de ces parties en remplace une autre et cette substitution est tantôt nuisible et tantôt
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avantageuse à la fécondité sans qu'on puisse se rendre compte de ce changement dans des conditions qui paraissent absolument identiques. Enfin, le rapport de ces parties entre elles est si peu fixe dans une même pièce de terre que les analyses chimiques les plus nombreuses pourraient à peine donner une idée des variations infinies et souvent fort importantes que peut offrir ainsi un domaine qui embrasse une certaine superficie.
Dans l'examen et l'étude des caractères agronomiques, on ne renonce pas entièrement à la connaissance des parties constituantes du sol , mais on se borne seulement à reconnaître celles qui entrent en grande quantité dans sa composition, qui peuvent être appréciées par les sens ou par une analyse mécanique et grossière , et lui impriment un caractère général; telles sont: la surabondance de l'argile, celle du sable , du carbonate de chaux ou de l'humus ; nous ajouterons même que ce sont les parties constituantes qui dominent ainsi dans le sol qui, jointes à certaines propriétés empruntées à l'ordre physique, qui servent à établir ce que nous désignons ici sous le nom de caractères agronomiques.
Ces caractères pourraient être très multipliés si on voulait s'attacher à faire un examen approfondi de toutes les causes qui dans un terrain concourent à la production, l'accroissent ou la diminuent ; mais dans la pratique on peut se restreindre aux suivans que nous nous contenterons même d'indiquer brièvement, en renvoyant pour les détails aux autres parties de cet ouvrage.
i° haténacité , cohésion ou consistance du sol, qu'on peut constater par les procédés indiqués dans le tome l er, page 40. Cette ténacité, due à la surabondance de l'argile, se manifeste au reste par des signes extérieurs que l'expérience apprend facilement à distinguer, tant dans les sols à l'état humide ou sec que dans ceux qui se trouvent dans un état moyen d'humidité ou de sécheresse ;
2° \? ameublissement , qui peut être le résultat d'une quantité plus ou moins considérable de sable ajouté à l'argile du sol, ou bien d'humus ou de carbonate de chaux. Chacun connaît les caractères qu'offre un sol plus ou moins meuble (t. Ier, p. 55);
3° La froideur du sol, qui dépend de sa faculté d'absorber et de retenir la chaleur (t. Ier, p. 46), de son exposition, de sa composition, de sa densité, de la réaction des parties qui le composent, de la quantité d'humidité qui le pénètre et y séjourne habituellement, et enfin du climat;
4o La chaleur du sol, qui est due à des causes contraires à celles qui le rendent froid et en particulier à sa richesse en humus et en parties calcaires, à sa position et à sa faculté absorbante pour la chaleur et pour retenir le calorique, au climat, etc. ;
8° Ue'tat de sécheresse et d humidité du sol, la propriété dont il jouit d'absorber plus ou moins l'humidité atmosphérique ( t. Ier, p. 45), sa perméabilité lors des pluies, son état de fraîcheur à quelque profondeur audessous de la surface pendant les temps secs, etc., caractères faciles à étudier et à constater;
6° La quantité d'humus contenue dans le sol qui constitue le principal aliment des végétaux et qu'on reconnaît à la couleur du sol ainsi qu'à une odeur particulière;
70 La nature du sous-sol, qui peut être perméable ou imperméable, riche en humus ou formé d'une roche ou d'un sable stérile, «te. (t. Ier, p. 47);
8° L'épaisseur de la couche arable, qui, plus elle est considérable, plus elle fournit d'alimens aux végétaux et permet de cultures diverses ;
9° Les végétaux qui croissent spontanément à la surface du sol, caractère que nous avons appris à consulter au tome Ier, page 58 .
Les caractères que nous venons d'énumérer, influent si puissamment sur la fécondité du sol , qu'il est indispensable de les constater avec beaucoup de soin dans les terres dont on veut évaluer le produit; et comme un domaine , même dans des dimensions restreintes, offre presque toujours des variations considérables dans la composition des terres qui constituent son fonds , il est important de reconnaître ces différences, au moyen d'une opération régulière qu'on appelle l'examen agronomique du domaine.
Pour procéder avec ordre à cet examen , et établir avec régularité les qualités physiques des terres qui doivent ensuite faciliter leur classification, le choix de l'assolement qui leur convient, et le produit qu'elles sont susceptibles de donner, on s'y prend de la manière suivante : on partage toute la surface du domaine 'en un certain nombre de grandes divisions, au moyen de jalons, qu'on plante particulièrement aux endroits où le sol paraît changer de nature. On a sous la main le plan du domaine, et on y porte l'emplacement des jalons qu'on unit ensuite entre e»ax par des lignes droites ; ce qui fournit autant de compartimens qu'on présume qu'il y a de variétés de terrain. Ces compartimens sont marqués sur le plan par une lettre majuscule.
Cela fait, on recoupe les lignes principales par d'autres lignes secondaires, espacées de 10, 20, ou 30 mètres, selon le besoin, qu'on jalonne avec des baguettes plus petites; les espaces renfermés entre ces lignes forment autant de sous-divisions ou stations, auxquelles on assigne un numéro d'ordre.
Si le terrain n'avait pas encore été arpenté ou si on voulait en vérifier l'arpentage , on profiterait de cette circonstance pour faire en même temps l'examen agronomique et pour déterminer les stations au moyen de la chaîne d'arpenteur.
L'estimateur avec le plan sous les yeux , un cahier à notes dans les mains et suivi de deux personnes , l'une munie d'une bêche pour creuser et retourner le sol , et l'autre d'un panier pour recueillir des échantillons , s'avance ensuite sur le terrain dans la direction des stations et constate à chacune d'elles les caractères, la qualité, la nature du terrain, en faisant enlever quelques pellées avec la bêche et en mettant a découvert le sous-soi. S'il lui reste des doutes sur ces caractères ou s'il veut soumettre des échantillons à des essais de laboratoire, il fait mettre environ 1 livre de terre dans un sac de papier sur lequel il inscrit le n° d'ordre de la station et la lettre qui désigne la division à laquelle elle appartient. En même temps il consigne sur son cahier le même n° et la même lettre, et les fait suivre des indications et des observations qu'il juge convenables. Il continue ainsi à s'avancer de station en station en s'arrêtant surtout aux endroits où le sol paraît changer de nature et en constatant soigneusement ces changemens.
En même temps qu'il fait ainsi une recon-
GHAP. 2e.
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naissance de la couche superficielle du sol sur toute la surface du domaine , il prend note également des caractères que présente partout le sous-sol, des changemens de niveau du terrain, des amas, des infiltrations d'eau, de la quantité de pierres roulantes, de celle des mauvaises herbes qui infestent le sol , dos racines , des souches et autres obstacles qui s'opposent à la culture, etc.; toutes ces circonstances sont au besoin cotées sur le plan en leur lieu et place, au moyen de signes conventionnels.
Ces travaux terminés , l'estimateur rentre chez lui et soumet les échantillons qu'il a rapportés aux essais qui doivent éclaircir ses doutes, et quand il est fixé sur la nature et les propriétés physiques des terres diverses que renferme le domaine, il les classe suivant leur qualité , puis trace sur le plan le contour de la surface qu'elles occupent sur le fonds , lave chacune de ces surfaces avec une couleur particulière, et inscrit au milieu de chacune la division et la classe auxquelles le terrain appartient. Ceci fait , l'examen est achevé, et il ne s'agit plus que de passer aux calculs de l'évaluation du produit de chacune des classes.
2° De la classification des terres arables.
Lorsqu'on a reconnu , au moyen de l'examen dont il vient d'être question , les caractères agronomiques des différentes terres arables d'un domaine et la faculté dont elles jouissent de pouvoir produire avec abondance des végétaux utiles et précieux, il reste à constater à quelle sorte de végétaux elles sont le plus éminemment propres.
Parmi ces végétaux précieux, il est évident qu'on doit mettre au premier rang les céréales, parce que ce sont elles qui ont la plus haute importance dans l'économie des nations, et que c'est non-seulement de leur production que dépendent principalement les profits qu'on peut recueillir de la culture, maïs en outre , parce que sous un point de vue purement agricole , les terres où elles prospèrent possèdent généralement les qualités qui les rendent propres à produire avantageusement les autres végétaux utiles , et que leur production peut en quelque sorte servir de mesure assez exacte à la fécondité du sol. En classant d'ailleurs les terres d'après leur aptitude à produire des récoltes de céréales , on ne fait que se rapprocher de la pratique, qui depuis un temps immémorial se sert de ce terme de comparaison pour déterminer la qualité et la valeur des terrains.
Dans l'agriculture de la plupart des peuples de l'Europe, les céréales d'hiver sont considérées comme les plantes agricoles les plus importantes, celles dont la vente est la plus assurée et pour qui le marché est le plus étendu , celles enfin qui fournissent principalement la paille nécessaire aux bestiaux et à la production du fumier. C'est donc d'après leur plus ou moins d'aptitude à produire des céréales d'hiver que nous classerons les terres arables ; mais comme il y a des terres de cette espèce qui, soit par leurs qualités physiques, soit par leur exposition , ne sont pas aptes à produire avec profit les céréales d'hiver, nous en formons une division qui est consacrée à
la culture des céréales de printemps. Enfin, les terres où prospèrent les céréales d'hiver ne pouvant toutes être ensemencées fructueusement en froment, nous établissons parmi elles une sous-division pour celles qui ne sont propres qu'à la culture du seigle.
Ainsi, dans notre classification il existe 2 grandes divisions. La l,e consacrée aux céréales d'hiver qui est partagée en 2 sous-divisions , l'une pour le froment, l'autre pour le seigle, et la 2e qui n'est propre qu'aux céréales de printemps: chacune de ces divisions ou sous-divisions est ensuite partagée en 4 classes, suivant les degrés décroissans delà fécondité des sols et de la certitude des bonnes récoltes.
Le tableau ci-dessous donnera une idée de cette disposition symétrique.
lre DIVISION. Terres à céréales d'hiver. lre Sous-Division. Terres à froment.
lre, 2e, 5e et 4e classes.
2e Sous-Division. Terres à seigle.
lre, 2e, 3e et 4e classes.
2° DIVISION. Terres à céréales de printemps.
Exposons maintenant les caractères des divisions et sous-divisions des terres arables, ainsi que ceux des classes qui partagent cellesci, en prévenant toutefois le lecteur que nous donnerons dans un tableau d'ensemble, placé à la suite de cette exposition, le produit brut moyen que doivent fournir toutes les classes de terre quand elles sont exploitées suivant un système d'assolement qui leur convient, et qu'on trouvera aussi dans ce tableau des détails sur les travaux de culture et la quantité des engrais qui leur sont nécessaires.
1° Terres a froment. On désigne sous ce nom tous les sols dans lesquels l'argile prédomine avec toutes ses propriétés, et qui par conséquent se crevassent par la sécheresse, se divisent parles labours en grosses mottes (t. Ier, fig. ."7) difficiles à rompre, et qui, par les hersages ne se pulvérisent pas comme les sables (t. Ier, fig. 38), mais se divisent simplement en mottes de plus petites dimensions et de même aspect que les précédentes. A l'état humide ces terres adhèrent aux pieds et aux instrumens aratoires ; elles ont à la main une consistance plastique, et, coupées avec un instrument tranchant ou pressées entre les doigts, elles offrent un aspect plus cireux que terreux. Dans ces terres réussissent principalement le froment, les légumineuses, l'orge, l'avoine, le trèfle, les vesces, les choux et choux-navets.
lre Classe. Dans cette classe nous rangeons les terres argileuses etlesloams noirâtres des vallées basses, marines ou fluviales, aujourd'hui insubmersibles et non exposées à l'accumulation des eaux hivernales. Ces terres ont tous les caractères généraux que nous avons assignés à celte division ; à l'état humide elles ont une couleur noire ou brun foncé, et grisâtre quand elles sont sèches; la couche meuble y est au moins de 10 po., et fréquemment le sous-sol y est noirci par les débris organiques jusqu'à la profondeur de plusieurs pieds. Par suite de sa richesse en humus et d'une certaine quantité de carbonate de chaux, ce sol est ordinairement chaud; il est difficile à travailler, mais, à la suite des labours, il se pulvérise plu? ou moins par l'effet de l'air
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el des alternatives de sécheresse et d'humidité sur les 1 lité, et qui, après les hersages, présentent à un degré débris organiques elles parties calcaires; son sous-sol assez variable l'apparence de sables p
orga
est ordinairement perméable, el sa surface unie, mais offrant toutefois un écoulement facile aux eau* ; on ne parvient à lui donner l'état de division nécessaire qu'en le travaillant énergiquement et à demi humide, état dans lequel il se'trouve le plus communément. Quoique naturellement riche en humus, il réclame une forte fumure, parce que les récolles riches et abondantes qu'il fournit consomment beaucoup de matières organiques. On rencontre dans des cas rares el particuliers des sols de cette espèce, qui donnent de magnifiques récoltes sans fumier. Les terres de cette classe donnent non-seulement les récoltes de froment les plus assurées, mais aussi les plus abondantes. En outre, les féveroles, le colza, la grosse orge, l'avoine, le chanvre, le tabac, les choux, le irèfle blanc et rouge sont les cultures les moins casuelles et les plus productives qu'on puisse leur demander.
2* Classe. Les sols argileux et les loams noirs et gris des situations élevées où les caractères de l'argile dominent encore, qui sont chauds, sans humidité surabondante el entretenus dans un état de fécondité convenable, appartiennent à celle classe. Ces conditions ne se rencontrent guère que dans des terrains de niveau ou peu inclinés et sur les pentes exposées au soleil. La couche arable est rarement imprégnée au-delà de 8 po. de profondeur de matières organiques; elle a une couleur noire, brun foncé ou grise. Le sous-sol est perméable, souvent mélangé de parties calcaires o«a marneuses. Ces terres veulent être fortement travaillées et exigent une abondante fumure. Les cultures indiquées pour la lre classe prospèrent également dans celle-ci, seulement le produit moyen y est un peu moindre.
3e Classe. Nous rangeons ici les sols ou loams des pays ('levés, qui sont argileux, noirs ou gris, plus froids que chauds et qui souffrent plus ou moins par la surabondance de l'humidité; la couche meuble, mélangée d'humus, n'y a guère plus de 6 po. ; le sous-sol y est peu perméable, et ces terres présentent tous les caractères de la froideur et de l'humidité; des façons énergiques elune forte fumure leur sont nécessaires. Le froment, les pois, les féveroles, l'orge, l'avoine, le colza, le trèfle, les vesces et les choux-navels y réussissent aussi bien, quand la saison est favorable, que dans les terres de la 2e classe; mais ces cultures y souffrent si souvent dans les années humides et rudes que îe produit moyen y est moindre que dans celles de cette classe.
4e Classe, Les sols ou loams argileux, pauvres, froids et humides des pays élevés, qui ne donnent que de chétives récolles de froment el ne sont pas propres à la culture du seigle, doivent encore être classés ici; leurs propriétés les plus saillantes et les plus caractéristiques sont un défaut presque absolu d'humus qui se manifeste toujours par la couleur pâle de la couche arable et par le peu de profondeur de celle-ci, qui n'atteint pas souvent 3 po. et les signes qui indiquent une terre froide et humide, entre autres un sous-sol imperméable. On ne parvient à en obtenir des produits que par des façons pénibles et multipliées et avec d'abondans engrais. Dans les années favorables, îe froment rouge, l'avoine, les pois, les vesces et le trèfle rouge et blanc donnenl des récoltes médiocres qui échouent presque complètement dans les années humides, ce qui diminue beaucoup le produit moyen de ces terres.
2° Terres a seigle. Nous donnons ce nom à toutes les terres dans lesquelles les caractères de l'argile sont peu apparens ou manquent entièrement, et qui par conséquent ne se crevassent pas sensiblement par la sécheresse, ne se divisent pas en grosses mottes au labourage ou dont les mottes au contraire se brisent avec faci-
plus ou moins adhérens. Ces terres, a l'état humide, ne s'attachent pas aux inslrumens ; elles n'ont aucune propriété plastique, et, pétries entre les doigts, elles ont plutôt un aspect terreux que cireux. Outre le seigle, elles conviennent particulièrement à la culture de la petite org« et du sarrazin, en partie à celle de l'avoine, puis des pommes de terre et des navets.
l,e Classe. Les terres douces des vallées basses, quand elles ne souffrent pas parle séjour des eaux stagnantes, apparliennenl à cette classe. Ces terres ne présentent pas les caractères de l'argile, elles ne sont pas non plus spongieuses par la trop grande abondance de l'humus, maisellesontpeudeconsistance,une apparence terreuse, et sont faciles à travailler et à pulvériser. La couche meuble y est noire ou grise et profonde ; le sous-Sol perméable; le soi chaud, ni trop sec ni trop frais; les façonsetles fumures n'ont pas besoin d'y être aussi énergiques que dan» les terres à froment, et les l"8 y sont plus faciles; le froment blanc y prospère, mais y éprouve souvent de graves avaries par les froids de l'hiver; le seigle d'automne y donne au contraire ses récoltes les plus productives, et, après lui, ce sont l'orge, l'avoine, le colza, les choux, les choux-navets, les pommes de terre, le tabac, le chanvre et les navets qui donnent les récolles les moins casuelles et les plus abondantes; les pois y poussent tout en paille et donnent par conséquent peu de grains.
2e Classe. Les bonnes terres deconsîstance moyenne et chaudes des situations élevées, dans lesquelles les caractères de l'argile ne sont plus apparens, mais qui n'ont pas encore l'aspect des sables, et qui, sèches ou humides, peuvent être aisément travaillées et se moulent encore en mottes au labourage, font partie de cette classe. Elles sont de couleur grise et présentent une couche meuble de 8 po. au moins de profondeur, d'une teinte égale ainsi qu'un sous-sol perméable; l'humidité ne les rend pas adhérentes aux outils et la sécheresse ne les crevasse pas; le seigle y donne des récoltes aussi assurées, mais un peu moins riches que dans la classe précédente. Les récoltes les moins précaires et les plus abondantes après le seigle sont celles de l'orge, de l'avoine, des pois, des vesces, des pommes de terre, des navets de toute espèce, du lin, du trèfle blanc et même du trèfle rouge, mais seulement avec de fortes fumures; les travaux y sont peu pénibles, mais exigent du soin pour la destruction des mauvaises herbes; les engrais s'y consomment plus rapidement que dans les terres à froment, et le fumier des bêtes à cornes est celui qui leur convient le mieux.
3e Classe. Nous rangeons dans cette classe les sols des pays élevés, plus légers et plus secs que les précédons, encore chauds, de couleur grise, qui, secs ou humides, rie se pulvérisent pas encore au labourage, mais où le sable commence visiblement à dominer. Placés sur des pentes escarpées et exposées au sud, ces terrains descendent dans la classe suivante ; mais une déclivité douce et qui n'est pas trop fortement exposée ail soleil ou â l'écoulement torrentiel des eaux ne leur est pas défavorable pour la culture du seigle. Une surface horizontale donne les récoltes les plus sûres. On les travaille avec facilité par tous les temps; les engrais y sont épuisés par 3 récoites, et les fumiers de cheval ou de mouton par 2; les fumiers courts, non pailleuxdes bêtes à cornes et les composts terreux leur conviennent le mieux. Outre le s igle, ils produisent, quand ils sont maintenus dans un bon état de fécondité, des récoltes passables de petite orge ou d avoine ; mais celles de sarrazin, de pommes de terre, de sperguie, de raves y sont les plus certaines; le trèfle blanc avec les graminées fourragères y donnent en prairies un produit assez sur*
CHAP. 2e.
ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX
4e Classe. A celte classe appartiennent : les sables secs et d'une couleur claire, qui (Mettaient encore à Inculture assez de consistance pour ne pas èlre enlevés par les vents ; les sols de moyenne consistance, de couleur claire, en pentes rapides ou couverts d'une si grande quantité de pierres que la surface productive en est considérablement diminuée; et enlin les sables humides et froids qui tous ne donnent que des récoltes incertaines de seigle et ne sont pas propres à la culture du froment Quand ces derniers terrains froids et humides présentent, par leur situation profonde ou leur exposition au nord, des chances trop défavorables à la culture du seigle, ils passent dans la division suivante. Ceux qui sont st es consomment les engrais en 3 récolles et ne doivent recevoir que des fumiers courts de bêtes à cornes, des composts terreux ou des engrais arlitîciels liquides. Les sables froids et humides sont au contraire améliorés par des fumiers de cheval et de mouton. Le travail de ces terrains est très facile, et, à part le seigle, on ne peut en espérer que des récolles médiocres de pommes de terre, de sarrazin elde raves; on peut les utiliser pendant plusieurs années en pâturages après les avoir ensemencés en plantes fourragères.
5° Terres a céréales de printemps. Cette division comprend les terres qui sont trop humides, trop froides et trop spongieuses pour les céréales d'hiver. Leurs produits peuvent consister en céréales de printemps, pommes de terre, navets, vesceset autres plantes fourragères annuelles.
lr" Classe. A cette classe appartiennent les terres où séjournent les eaux hivernales et qui, l'été, ne conservent pas l'humidité nécessaire pour fairede bonnes prairies, telles que certaines terres des vallées basses et hautes. Elles sont noires ou dje couleur foncée, spongieuses par suite de la grande quantité d'humus qu'elles contiennent; elles sèchent facilement l'été et l'hiver; les céréales y souffrent par l'abondance des eaux et y sont déchaussées par la gelée. Ces sols, au reste, sont riches et chauds, et portent des récoltes certaines et abondantes en plantes printanières, à l'exception des pois et des fèves ; les graminées fourragères y végètent spontanément très bien et y forment des prairies saines, mais qui ne sont «pas assez productives pour donner avec certitude de bonnes récoltes de fourrage; les travaux y sont facile»1 et îc* engrais d'une grande efficacité. Une disposition à passer à l'état marécageux, qui se manifeste par une couleur brunâtre, par la végétation des carex et la petitesse et 1 1 maigreur det grains des céréales, fait descendre ce terrain dans la 3* classe.
2« Classe. Tous les terrains des pays élevés, que leur exposition au nsTd, leur situation et leur humidité ne rendent pas favorables à la culture du seigle d'hiver et qui ue renferment pas assez de parties argileuses pour la culture du froment, mais du reste contiennent encore une quantité notable d'humus qui les colore en noir ou en brun, font partie de cette classe. Ils produisent, lorsqu ils sont cultivés et fumés convenablement, des récoltes aussi certaines, mais non aussi abondantes, de plantes de printemps que le précédent; les labours y sont peu pénibles et les en3eme;iccmens ou plantations ne peuvent, à cause de la froideur du sol, s'y faire avant les journées chaudes des mois de mai ou juin.
3e Classe. Cette classe renferme des terres basses de prairies ou de pâturages, semblables à celles de la irK classe et composées de même, mais qui sont acides ou marécageuses, caractère qui se reconnaît facilement à leur couleur brune, à la croissance des carex et à la maigreur du grain des céréales. Ces terres donnent des récoltes médiocres en plantes de printemps; les céréales y poussent en paille, mais les grains en sontehélifs et pauvres en matière amylacée ; dans le» année» sèches,
les récolles y souffrent fréquemment par la dessiccation du sol, dont la nature poreuse laisse aisément évaporer l'humidité. Elles reposent souvent, dans les situations basses, sur un sous-sol de tourbe, et, dans celles qui sont élevées, sur un gravier aride dont les grains blancs, visibles dans la couche superficielle, y sont souvent abondans; les travaux y sont faciles et les engrais animaux moins efficaces que les cendres, la chaux et les mélanges argileux.
4 e Classe. On doit ranger dans cette classe toutes les terres hautes, froides et humides qui ne contiennent pas assez d'argile pour la culture du froment et sont dépourvues d'humus, el qui sont par conséquent de couleur claire et pâle; quand une certaine quantité de terreau les rembrunit, elles passent dans la 2e classe; quand elles ne consistent qu'en sable, elles font partie des terres à seigle de la 4e classe, parce que le seigle d'hiver y végète encore ; une légère addition d'argile forme au contraire des sols sableux et maigres, impropres à la culture de cette céréale. Ce sol, non cultivé, se recouvre de mousse et de genévriers ; â l'état de culture et avec des quantités suffisantes d'engrais, et des semailles tardives, il donne des récoltes médiocres d'orge, de vesces, de pommes de terre, de trèfle blanc et de pauvres pâtures; les façons n'y exigent que peu de travail, mais les temps humides s'opposent souvent à ce qu'on les donne à propos.
3° Du mode de culture des terres arables comme base de l'évaluation de leur produit.
Pour être à même d'évaluer le produit des terres arables, il ne suffit pas de connaître les caractères agronomiques qu'elles présentent et la classe à laquelle on peut les rapporter, il faut de plus avoir égard au mode de culture et d'aménagement au moyen duquel on en tire des fruits. Ce mode exerce en effet une influence puissante sur le produit, et une terre naturellement féconde peut, par la manière dont on l'exploite, donner en somme un produit moins considérable qu'une autre qui est moins fertile. Toutes les terres sont ainsi susceptibles de donner des récoltes plus ou moins abondantes, suivant leur mode d'aménagement, et l'agriculteur doit nécessairement s'appliquer à choisir celui qui donne le produit net le plus considérable.
Ce fait une fois admis, on voit qu'il était nécessaire, avant d'offrir le tableau du produit de chaque classe de terre, de faire choix comme exemple, pour chacune d'elles, d'un mode de culture et d'aménagement parfaitement adapté à leur nature, facile à réaliser dans la pratique, susceptible de faire obtenir, en moyenne de ces terres, le produit le plus élevé et dont les résultats soient propres à servir de terme de comparaison pour toutes les évaluations du produit des sols de même qualité.
Pour déterminer le mode de culture et d'aménagement qui convient aux différentes classes ae terre et établir le produit qu'on doit recueillir par l'adoption de ce mode ou de tout autre fondé sur les principes raisonnes de l'agriculture, on a dû s'appuyer sur des principes et des bases empruntés à l'expérience et à la pratique. Ces principes et ces bases, d'après lesquels nous partirons pour dresser le tableau qui doit servir à l'évaluation du produit des terres, sont le résumé des essais nombreux et des travaux des agrouo-
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