‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 225 sur 369 · TRAVAUX DE CULTURE · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE CULTURE

Hectares.

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Comparaison entre

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te produit en grain is fourni par les conilles et fourrages.

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34? ADMINISTRATION RURALE

$ II. — De l'évaluation du produit des prairies.

lorsque les plantes y sont ncore le sol. Si le terrain

Nous comprendrons clans cette méthode d'évaluation les -prairies cjui peuvent donner un produit net, supérieur ou au moins égal aux terres arables cultivées en grains bu en plantes industrielles. Les prairies qui ne remplissent pas cette condition et qui par leur position et leur qualité peuvent être soumises à la charrue, doivent être évaluées et estimées comme terres arables. Quant à celles qui donnent un produit net inférieur aux terres arables, mais qui par leur situation et qualité ne peuvent être rompues avantageusement, elles doivent rester prairies et être estimées comme telles.

A. De V appréciation de la fécondité des prairies. La fécondité des prairies dépend aussi bien que celle des terres arables, des caractères du sol que nous avons appelés agronomiques ; ceux - ci doivent donc faire, comme dans le cas de ces terres, l'objet d'un examen attentif; et comme ils se présentent ici sous un aspect particulier aux prairies, nous allons en reprendre l'examen.

!° La ténacité. On reconnaît celte propriété du sol des prairies quand les voitures chargées n'y Iracent pas d'ornière et quand le pied des bestiaux qui pâturent n'y produit pas d'enfoncemens, même quand elles sont très humides et couvertes d'eau. La terre s'y crevasse par une sécheresse et une chaleur prolongées dans les situations peu profondes et courtes et ne couvrent pas e n'est pas trop humide on y voit prospérer le trèfle rouge et surtout le carvi. L'espère et la nature des autres plantes dépend du degré d'humidité, de la froideur ou de la chaleur du sol. Dans un sol tenace la sécheresse rend les plantes des prairies moins fortes et plus fines, et una propriété caractéristique des terres argileuses c'est de fournir, quand les prairies sont saines du reste, des fourrages très nutritifs.

2° V aineubllssernent résulte de la présence du sable ou de l'humus avec une moindre quantité d'argile. Dans le l,r cas , le sdl des prairies, même avec surabo-n dauce d'eau , reste entier et ne se crevasse pas par la sécheresse ; dans le second , le sol est spongieux et devient mou et marécageux par une surabondance d'humidité; les roues des voitures et les pieds des bestiaux s'y enfoncent profondément.

3° Uhumidàé. Dans une prairie trop profonde pour que les eaux aient un écoulement suffisant, les bonnes graminées fourragères disparaissent peu à peu et font place aux plantes des marécages , aux carex et aux mousses. Une surabondance «'humidité rend les fourrages moins savoureux et moins n ourrissans; elle acidifie parfois 1 humus, circonstance qu'on distingue par l'apparence charbonneuse et la couleur noire intense ou brune du sol. Au reste, cet excès d'humidité n'est nuisible que lorsque l'eau continue à couvrir la prairie à l'époque la plus active de la croissance des végétaux.

4° La sécheresse. On la reconnaît dans une prairie à l'aspect de la surface qui est dure et sèche. Elle est due la plupart du temps à une situation trop haute et à la rapidité des pentes. La sécheresse diminue le produit des graminées , et cet effet est d'autant plus marqué que le sol contient plus d'humus, et d'autant moins | sensible qu'il est plus argileux. Les fourrages , au reste , sont de bonne qualité dans les prairies sèches quand les élémens qui entrent dans la composition de leur sol ne sont pas ceux des sols marécageux.

î>o La froideur des prairies est surtout un des effets d'une surabondance d'humidité. Les sols argileux , compactes et tenaces, peu riches en humus, donnent presque toujours des prairies froides. La couleur pâle et claire du <-ol indique toujours cette absence d'humus. Une prairie où la couché meuble , mélangée d'humus, est peu épaisse, où le sous- sol est imperméable et où les eaux sourcillent , est toujours humide et froide. Dans les prairies froides la végétation est tardive et lente ; les fourrages y sont moins abondans , d'une qualité inférieure et moins nutritifs que dans les prairies chaudes.

G° La cîiuleur. La faculté de conserver la chaleur est due en grande partie à l'abondance d'un humus de bonne dualité et d'une quantité notable d'argile. Toutes les prairies hautes, toutes celles q i sont plutôt sèches qu'humides, dont le soj est profond et riche en humus, sont chaudes et fournissent d'excel'ens fourrages. Cette quali'é et l'abondance de leurs produits dépendent de leur état presque constant de sécheresse et d'humidité moyennes. La couche imprégnée d'humus y est toujours épaisse et le sous-sol perméable.

7° La richesse en humus. La quantité d'humus est, comme nous venons de le dire, la cause de ta chaleur du sol des prairies , et celle-ci est d'autant plus considérable que la couche qui en est imprégnée e$t plus épaisse. Une prairie a besoin d'être plus riche en humus qu'une terre arable; celles qui se rapprochent , sous ce rapport, des terres pauvres , tenaces et froides, sont très peu productives et ne fournissent que des carex en petite quantité. Le sol aiors n'est pas noir, mais d'une coujeur plus claire qui ne s'étend que quelques pouces de profondeur.

p. Classification des prairies. Les prairies peuvent être rangées dans 2 grandes divisions: les prairies basses et les prairies moyennes et hautes ( voy. t. I", p. 484), qu'on partage ensuite en 4 classes suivant la quantité du produit moyen qu'elles donnent. Ce produit est évalué, quant à la quantité, en quintaux métriques et pour une surface d'un hectare; quanta la qualité on la réduit à celle d'un bon foin de prairie qu'on peut regarder comme cou tenant sous le même poids une quantité de principes nutritifs égale à celle du foin de trèfle.

Pour opérer cette réduction on peut avoir recours aux expériences de M. Block qui lui ont démontré que tous les foins des prairies, récoltés dans une saison favorable et avec les soins qu'ils exigent, pouvaient être, sous le rapport de la qualité , rangés sous 6 classes suivant la quantité de principes nutritifs qu'ils contiennent; et qu'en les comparant au bon fotn de prairie pris pour unité, il fallait, pour représenter ce dernier, les quantités suivantes.

l'e classe

4e classe 160.

Quand la saison n'a pas été très favorable ou qu'on a mis quelque négligence dans la récolte, tous ces foins diminuent de valeur de la manière suivante :

lre classe

4e classe 180.

Passons actuellement à la classification des prairies.

Ire DIVISION. Prairies basses A. Prairies à deux herbes.

Ve Classe. Ces prairies se rencontrent clans les vallées basses ; leur sol esl sain, profond, riche en humus et mélangé d'une quantité notable d'argile ; elles sont chaudes, constamment dans un état convenable d'humidité, et non sujettes à des inondations intempestives et pernicieuses. On y trouve les graminées les meilleures et les plus productives; la fléole, le vulpin et le paturin des prés y dominent avec d'autres graminées moins productives , le trèfle rouge y est très abondant. Le fourrage de ces prairies est très propre à l'engrais des bestiaux. ; mais il possède une faculté réparative moindre que celle des bons foins des prairies hautes , quoiqu'on lui attribue, sous ce rapport, la même valeur. Le produit annuel moyen ; e ces prairies, en foin ou comme pâturage, peut être évalué à environ 64 quint par hecl.

"2e Classe. Les prairies rangées dans celte classe sont aussi fécondes que les précédentes , niais exposées à de* inondations hors de saison ; la récolte y est souvent détruite , ce qui ne permet d'évaluer leur produit annuel moyen en foin et pâturage qu'à 48 quint.

3e Classe. Les prairies basses, en sol froid et humide , et qui par celte raison se couvrent de laiches ou carex et donnent un foin dur, grossier et peu nourrissant, appartiennent à cette classe. Leur produit est aussi considérable en poids que celui des précédentes ; mais, sous le rapport de la qualité , ce foin ne vaut au plus que les 2/3 de celui des 2 autres classes el ne peut être évalué, terme moyen à plus de 32 quint, de bon foin, (les prairies ne sont pas exposées aux inondations intempestives.

B. Prairies à une herbe.

4e Classe. Toutes les prairies dont le sol est spongieux ou marécageux , et qui, par suite de la présence de l'eau en surabondance et hors de saison,, sont humides, froides, mollasses et ne donnent qu'une faible quantité de fourrages où dominent les laiches, font partie de cette classe. Il en esl de même des prairies de la classe précédente quand les inondations en détériorent ou détruisent en partie la récolte. La quantité de fourrage produite par les unes ou les autres , soit comme foin , soit comme pâturage, ne peut être évaluée à plus de 20 à 2 4 quint, de bon foin de prairie.

Les prairies basses d'un moindre rapport sont des marais ou des tourbières et doivent être rangées parmi les pâturages , parce que les frais de récolte absorberaient la valeur du produit.

IIe DIVISION. Prairies moyennes et hautes.

A. Prairies à deux herbes.

tre Classe. On range dans cette classe toutes les prairies des vallées fertiles ou placées au milieu des terres cultivées , lorsqu'elles sont dans une situation suffisamment fraîche, que leur sol est chaud , sans être ni trop tenace ni trop argileux , d'une cohésion moyenne et mélangé d'humus jusqu'à une grande profondeur. Dans ces prairies qui reçoivent avec avantage les eaux d'égouttage des terres arables voisines, la végétation au printemps est rapide et précoce. On rapporte encore à cetle classe les prairies hautes qui ne reçoivent pas les eaux des champs v<> sins ou supérieurs , mais qui peuvent , suivant les circonstances et les besoins , être couvertes d'eau, puis mises en assec, et dont le sol

ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX. 34

est de bonne qualité. Ces prairies , dont on obtient 2 coupes et qui peuvent être encore pâturées à l'automne , donnent un foin excellent et de \n qualité. Leur produit en moyenne est évalué à 40 quint, par hecl.

B. Prairies à une herbe.

2« Classe. Toutes les prairies situées au milieu de*

terres cultivées, bien s;

sont classées ici , quand»

par la surabondance de l'argile clans le sol ou par la trop grande disposition de celui-ci à devenir meuble, elles sonl sujettes à se dessécher el à durcir périodiquement , et ne peuvent ainsi donner une seconda coupe. Les plantes au piinlemps, par suite de la richesse et de la chaleur de ce sol , y végètent de bonne heure et croissent avec rapidité. Leur produit en foin ou comme pâturage doit être évalué à 30 quintaux de foin très nutritif et de ire qualilé. Quand ces prairies ne fournissent qu'un produit inférieur à celui-là , il est avantageux de les défricher ; elles appartiennent alors aux ires classes des terres arables. Il n'y a que des moyens faciles et économiques d'irrigation qui puissent les faire laisser sous forme de prairies ; mais alors elles passent la ire classe des prairies de cette division.

3e Classe. Toutes les prairies froides et humides placées près des terres cultivées sont comprises dans celte classe. La végétation y esl tardive et lente, les fourrages acides et peu nutritifs; et en supposant qu'elles en fournissent en même quantité que les précédentes, ce foin, à raison de sa qualité inférieure, ne représente pas au-delà de 20 quint, de bon foin par hect.

4e Classe. Dans cette classe on range les prairies marécageuses qui sur leurs bords et dans le voisinage des terres cultivées donnent de bon foin , mais au centre présentent un marécage où végètent seulement les plantes aquatiques. Quand elles sont trop marécageuses et humides, elles doivent rester en prairies; mais si, placées à quelque élévation, elles sont sèches et ne présentent un aspect marécageux et un sol aride que par suite d'une végétation languissante , alors elles appartiennent aux terres arables et à la 3e classe de celles à céréales de printemps, et doivent être mises comme telles en valeur. Les- prairies de celte classe ne donnent pas , dans le 1er cas, une quantité de fourrage équivalente à 12 quint, de bon foin, qu'il est souvent plus avantageux de faire pâturer.

Les prairies qui n'appartiennent pas aux classes précédentes doivent être évaluées comme pâturages, parce que, ainsi que nous l'avons dit , les frais de récolte y absorbent le produit net.

§ III. — De l'évaluation des pâturages.

1° Des diverses natures de pâturages.

Nous rangeons dans cette section les terrains qui sont uniquement propres à fournir de la pâture au bétail, qui ne peuvent être mis en valeur ni comme terres arables, ni comme prairies, et doivent nécessairement rester sous forme de pâturages permanens.

A ces pâturages appartiennent : 1° les landes et bruyères ou terres couvertes de plantes vivac.es et d'arbrisseaux, tant qu'elles ne sont pas défrichées; elles ne fournissent souvent qu'un pâturage peu abondant et une nourriture chétive ; 2° les prés , dont le produit en foin est trop peu considérable pour payer les frais de récolte et qui ne peuvent être mis autrement en valeur; il faut supposer , en outre, qu'ils sont accessibles aux bestiaux ; 3° les pâturages dans les forets, autant que ce mode de jouissance ou ce droit est compatible avec une bonne économie forestière ; 40 les

ADMINISTRATION RURALE

pâturages dans les oseraies et les marais plantés en aunes , en saules , etc. , où des inondations périodiques et un état trop marécageux du sol ne s'opposent pas à l'introduction des bestiaux. Le produit de ce pâturage est toujours eu proportion inverse du nombre des arbres et de leur grandeur.

Nous ne comprenons pas ainsi dans nos évaluations: §° les pâturages sur jachère de terres arables , parce qu'on doit les évaluer dans l'estimation du produit de celles-ci ; 2° le pacage sur les prairies , avant et après la récolte du foin , parce que le 1er leur est nuisible et doit être rejeté, et parce que le 2e , évalué en foin , figure dans leur produit ; 5° le pâturage des trèfles sur les éteules des céréales qui ont protégé leur ire végétation , parce que cette méthode est très désavantageuse pour la récolte subséquente de cette plante fourragère ; 4° le pâturage des bonnes prairies, par la raison que leur produit a été ci-dessus évalué en foin , et qu'il importe peu que ce produit ait été récolté par la faux ou par le pâturage des bestiaux.

Dans l'évaluation du produit des pâturages , l'étude des caractères agronomiques du terrain exigerait des considérations particulières et ne pourrait guère conduire qu'à des résultats incertains ou même erronés. II est bien préférable et plus simple, pour ces espèces de biens, d'avoir recours à l'expérience des localités et de «'informer avec exactitude du nombre de bestiaux que ces pâturages peuvent nourrir convenablement sur un espace déterminé , pendant combien de temps ils les alimentent et le poids de ces animaux; en calculant ensuite que, pour être rassasiés, des bestiaux d'un faible poids , les seuls que peuvent porter ces pâturages, exigent 7 à 8 kilog. de bon foin par jour par tète adulte , il est facile de déduire l'équivalent en foin de bonne qualité que ces pâturages peuvent donner sur un hectare de superficie.

2° Classification des pâturages.

ire Classe. Les prés marécageux qui ne peuvent pas non plus être utilisés comme terres labourables , ou dont le produit ne couvrirait pas les frais de récolte , font partie de celte classe , le pâturage étant le seul moyen de les mettre en valeur. Les laiches , végétaux qui y dominent , n'y atteignent pas plus de 7 à 8 po. de hauteur. Leur produit , pendant les 6 mois de pâturage , n'excède pas 20 quintaux de foin aigre par hectare , qui représentent à peine , sous le rapport nutritif , 12 à 14 quint, de bon foin de prairie. Quand ces prés , à cause de leur peu de consistance, ne peuvent porter les bestiaux , ils appartiennent alors aux prairies de la 4e classe. Les prairies marécageuses qui présentent des portions de leur surface plus élevées , en assec et accessibles aux bestiaux , sont rangées aussi parmi ces pâturages.

2« Classe. Celte classe comprend : 1° les prés ou pâtures plantés d'arbres des terrains humides ou couverts de végétaux ligneux d'une faible hauteur, qui ne sont pas assez touffus ou fourrés pour intercepter la lumière solaire ; ils fournissent, dans ce cas, des fourrages assez nourrissans ; 2* les prés élevés couverts de broussailles qui donnent un gazon court et substanciel et de jeunes pousses d'arbrisseaux fort recherchées des bestiaux; 5° les forêts plantées d'arbres à feuilles caduques, clairsemés ou qui renferment des clairières où pousse un gazon peu épais et moins substanciel que le foin de prairie. Le produit moyen de celte classe peut être évalué pendant tout le temps du pâturage à 10 quint, de bon foin de prairie.

3e Classe. Elle comprend les pacages dans les forêts d'arbres résineux déjà vieux et où le terrain est sain et fertile; l'herbe y est moins abondante que dans les fo-

rêts feuillées, et en moyenne le produit ne peut être évalué à plus de 6 quint, de bon foin.

4e Classe. On range dans cette classe les pacages dans les forêts où les arbres sont très rapprochés et où l'herbe ne pousse que çà et là dans quelques portions moin» fourrées. Si ces portions ont un peu d'étendue, le pacage passe dans la 2e ou la 3e classe, et si elles y sont très rares, on ne peut plus considérer cela comme pâturage . Ces pacages ne peuvent être évalués en moyenne au-delà de 2 quint, de bon foin pendant tout le temps du pâturage.

Le fumier qui provient des animaux qui paissent dans tous les pâturages ne doit être évalué qu'à la moitié de celui que rendrait une quantité de foin égale à celle qu'ils produisent, parce qu'il n'y a que celui que les bêtes donnent la nuit qui puisse être recueilli, et que celui qui tombe sur ces pâturages est perdu pour les terres cultivées de la ferme.

§ IV. — Vergers et jardins potagers.

Ces sortes de biens sont souvent difficiles à estimer, parce qu'ils présentent des différences sans nombre et que les produits qu'ils fournissent varient avec les pays. Nous allons donner néanmoins quelques principes propres à servir de guide dans leur estimation en général, et quand ils forment unepartiepeu considérable d'un domaine.

1° Vergers. Il est quelquefois assez important d'évaluer le produit d'un verger, parce que, dans certaines situations, il peut augmenter d'une manière sensible les revenus d'une ferme. Ce produit dépend de la bonté du sol, de l'âge et du développement des arbres à fruit, de leur vigueur et de leur état.

Le 1er soin, pour l'évaluation du produit, est donc de constater le nombre de pieds d'arbres par hectare et par suite sur toute la superficie du verger, l'âge de ces arbres, dont on forme plusieurs catégories s'd y en a d'âges très différées, la vigueur de leur végétation et parfois l'espèce ainsi que la qualité et l'usage du fruit qu'ils fournissent.

Pour faire cette évaluation du produit des arbres à fruit, les uns prennent pour base le produit moyen que peut rendre en argent un arbre en plein rapport, en admettant que le produit annuel de ceux qui portent des fruits à pépin est de 85 c. à 1 fr. par pied d'arbre, et de 40 à 45 c. pour ceux qui donnent des fruits à noyau. On sent aisément que le voisinage d'une ville, d'une fabrique ou d'un centre de consommation quelconque, ou l'industrie du cultivateur, peuvent élever ou abaisser d'une manière notable cette évaluation.

D'autres calculent que, dans un sol propice, un arbre qui a acquis toute sa croissance et qui est en plein rapport rend, dans une bonne année, 2 hect. de fruit, dans les années moyennes l hect., et rien dans les mauvaises années, ou, terme moyen, 1 hect. par pied d'arbre.

Un arbre à fruit est dit en rapport lorsqu'il peut se soutenir seul contre la violence des vents et que sa lige a au moins un diamètre de 1 l/2 po. à 1 mètre de terre pour les fruits à noyau , de 3 po. pour les fruits à pépin, et une couronne ou feuillage proportionné à ces grosseurs. Les vieux arbres ne sont considérés comme étant en rapport qu'autant que la moitié au moins de leurs branches sont encore saines et productives, et que le tronc est à peu près intact.

Un arbre à fruit n'est qu'au milieu de sa croissance quand sa tige n'a que 6 po. et sa couronne 10 pi. de diamètre. Dans ce cas, il ne rend que la moitié du

CIIAP. 2*.

ESTIMATION DES DOMAINES RURAUX

produit assigné ci-dessus à un arbre qui a acquis son entier développement ; un arbre de 3 po. n'en rend que le quart.

Il en est de même pour les arbres entièrement développés, mais qui végètent dans un sol peu favorable et n'atteignent pas les dimensions des précédens jleur produit n'est que de moitié.

D'autres, enfin, confondant ensemble les vergers et les jardins potagers, leur assignent, suivant la qualité de leur sol, un produit annuel de 30 à C0 fr. parhect. quand les arbres sont en plein rapport et ont acquis toute leur croissance.

Dans les pays où l'on est dans l'usage d'affermer annuellement la récolte des vergers ou de la vendre sur pied, il sera très facile d'évaluer directement le produit de cette sorte de bien, quand les conditions seront les mème<< entre les vergers affermés et celui dont on veut estimer le produit. Dans le cas contraire, les principes ci-dessus serviront à établir la valeur proportionnelle.

Outre les arbres fruitiers, les vergers produisent encore des plantes fourragères qui la plupart du temps ne peuvent, surtout lorsque les arbres sont déjà forts, être utilisés que comme pâturages. Ces pâturages doivent être assimilés à ceux des bois plantés d'arbres à feuilles caduques et clair-semés, et rentrent, relativement à leur produit, dans ceux de la 2e classe.

Un verger planté de très jeunes aigres est classé dans la catégorie des jardins potagers, parce qu'il peut recevoir cette destination, ou peut être considéré comme prairie ou pâturage, etc., suivant l'emploi qu'on en fait, et son produit évalué d'après les principes posés cidessus.

Les frais auxquels donne lieu un verger sont peu considérables; on compte ordinairement une journée d'homme pour les soins à donner par chaque lot de 60 à 70 arbres, et 2 bottes d'échalas ou tuteurs du prix de 2 fr. 25 c. à 2 fr. 50 c. chaque par 100 de jeunes arbres.

2o Jardins potagers. Un jardin potager, surtout lorsqu'il ne fournit qu'à la consommation du ménage, n'est évalué, dans l'estimation d'un domaine, que comme une pièce de terre arable de même élendue et de même qualité. Quand il fournit au-delà des besoins de l'établissement, et surtout près des villes, les uns lui assignent une valeur de l/3 supérieure à celle d'une terre de même classe, déduction faite des frais, et d'autres une valeur simplement égale, en considérant que la valeur plus élevée en argent qu'on en obtient alors est uniquement le prix d'une plus grande quantité de fumier, et de l'activité et de l'industrie de celui qui le cultive.

§ V. — Des frais à la charge de la production végétale.

1° Des frais de culture.

Nous sommes en état, au moyen des classifications précédentes et pour chaque nature et chaqueclasse de biens ruraux, de faire une évaluation de la production végétale sur un domaine quelconque, ainsi que des travaux de culture qu'elle nécessite. En effet, comme nos évaluations de produits et de travaux ont été établies pour une surface d'un hectare et pour un an, rien n'est plus facile que d'estimer les uns et les autres sur toute la superficie du domaine, en multipliant les chiffres donnés par le nombre d'hectares de chaque nature ou classe de biens qu'il renferme. Ainsi, pour calculer le produit et les frais des terres arables, on emprunterait dans le tableau de la page 340, à la classe à laquelle ces terres appartiennent et dans le système de culture adopté, les chiffres

AGRICULTURE

qui représentent le produit moyen pour un an et on le multiplierait par l'étendue superficielle en hectares de ces terres. On trouverait de cette manierequelOhect.de terre à froment de lre classe devraient donner annuellement un produit brut, semence déduite, de 1 14,50 hectol. de froment, 61 ,60 hectol. d'orge, 3 12 quint, met. de paille et autant de foin , et que les travaux de culture, pour obtenir ce produit, consisteraient dans le chargement, le transport, le déchargement et l'épandage de 248 chars de fumier de 850 décim. cubes, ou 25 pi. cubes chacun, dans 6 labours et hersages forts de 1 hectare chacun, 16 labours et hersages moyens d'une même surface et dans les travaux d'ensemencement de récolte et d'engrangement de 6 hectares, semés en grains et autant en plantes fourragères.

Le même procédé donnerait le produit brut des prairies, des pâturages et des vergers.

Pour évaluer maintenant le produit net des terres, il faut faire subir au produit brut certaines réductions en nature qui sont nécessaires, puis établir la somme de tous les frais qui sont à la charge de la production végétale. Les réductions à faire sur le produit brut ont pour objet :

1° Les grains de semence, dont nous ne tiendrons pas compte dans nos calculs postérieurs, attendu qu'ils ont déjà été déduits dans le tableau du produit de chaque classe de terre de la page 340.

2° Les grains de battage quand ce travail se paie en nature. Dans tous les cas nous estimerons les frais de ce genre de travail à 12 p. 0/0 du produit brut du grain en y comprenant les pertes qu'on éprouve au vannage, criblage, nettoyage des grains et celles qui ont lieu dans les greniers par suite de l'attaque des animaux, des avaries, du coulage, etc.

3° Les pertes sur les fourrages pour diminution de poids par suite d'une dessiccation plus complète, pour les avaries, le coulage, etc., qu'on peut estimer à 8 p. 0/0.

Les frais qu'on doit mettre à la charge de la production végétale sont :

1° Les avances qui ont été faites pour tous les travaux de culture.

Disons d'abord un mot de la manière dont on se sert pour évaluer les frais. Tantôt on évalue en mesures de grains, en prenant l'hectolitre de seigle ou de froment pour unité de mesure, le travail des hommes et des animaux; tantôt on évalue en argent, d'après les prix courans du pays, les services des uns et autres ; c'est cette dernière méthode que nous adoptons.

Lorsqu'on connaît, d'après le tableau précédent, les travaux de culture, tels que transport et épandage du fumier, labours, hersages, récoltes pour un hectare de superficie, il faut d'abord convertir ceux-ci en journées de travail d'hommes et d'animaux. Cette conversion exige qu'on ait recours à certains résultats fournis par l'expérience et dont nous présenterons le tableau dans un chapitre particulier qui fait partie du titre IV de ce livre; c'est là qu'on pourra puiser les élémens des calculs qu'il faut exécuter à cet égard et dont nous ferons usage plus loin.

La somme des journées de travail des hommes et des animaux, pour une opération

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