DU BÉTAIL DOJNT ON DOIT 1 AIRE CHOIX
fonctionner dans l'établissement, auxquelles on fournit des matières \rft qui consistent en fourrages, racines ou autres substances, et qui les convertissent en produits variés dont les uns servent à entretenir la fécondité des terres et à assurer une production plus abondante, et les autres à fournir des recettes destinées à couvrir les frais qu'occasionnent les machines ou à payer les matières l,es qu'elles consomment.
Une manière aussi simple que la précédente d'envisager la production animale, mais qui se prête mieux aux divers calculs d'évaluation et dont nous avons donné une idée à la page 348, consiste à considérer les bestiaux comme de véritables consommateurs étrangers qui achètent les fourrages de la ferme et donnent, en échange des produits et avec lesquels il s'agit d'établir une balance pour diverses avauces faites pour leur compte par l'entrepreneur. De cette manière il ne s'agit
3ue de connaître le prix d'achat et de vente es diverses espèces de bestiaux, dans différentes conditions et à différens âges, dans la localité qu'on occupe, les frais annuels de leur entretien ainsi que leur consommation en fourrages ou autres alimens, et à établir un compte avec tous ces élémens. Les'bestiaux dont le compte se balancera de la manière la plus avantageuse seront ceux auxquels l'administrateur accordera la préférence.
Dans cette méthode d'appréciation du produit des bêtes de rente, on ne s'occupe en 3uelque sorte ni de l'espèce, ni de la race, ni es familles de bestiaux; on n'a point à examiner la qualité des produits ou leur abondance; il ne s'agit, en dernière analyse, que de connaître ceux qui procurent la plus grosse rentrée avec les moindres avances possibles dans les conditions où on se trouve placé. Seulement nous supposons que l'administrateur est assez éclairé pour adapter en même temps les animaux aux exigences physiques de la localité et au système de culture qu'il adopte, et pour veiller à ce que les avantages que semblent promettre une certaine espèce de bestiaux soient permanens,c'est-à-direque ceux-ci ne dégénèrent pas au bout d'un certain temps par suite du climat, de la nature du terrain ou de la qualité de ses récoltes, et à ce que les produits des bêtes de rente aient un écoulement prompt et avantageux, au moins pendant un certain temps.
Il y a 'a méthodes principales pour balancer les comptes de la production animale, c'est-àdi»*e pour comparer les frais qu'occasionnent l'entretien et l'éducation du bétail avec les recettes qu'il procure. Voici en quoi consiste chacune d'elles:
Dans la l« méthode, on porte au débit du compte de la production animale la valeur des fourrages au prix des marchés , en ayant l'attention de porter une somme égale à la précédente au crédit du compte de la production végétale, c'est-à-dire au compte des terres arables, des prairies, des pâturages et des fabriques agricoles qui ont fourni les alimens du Détail.
Cette méthode, comme on voit, suppose une vente des fourrages qui est purement fictive et dont les conditions sont, en quelque sorte, arbitraires, parce que les prix des mar-
chés sont de leur nature essentiellement mobiles et qu'ils se compliquent pour le producteur des frais de transport également varia* blés avec le temps, les circonstances ou l'éloignement des lieux d'écoulement. Dans une comptabilité régulière, les fourrages sont un article auquel on ne peut assigner de prix, puisqu'un agriculteur n'est pas maître de les vendre, qu'il faut qu'il les fasse consommer, sur son établissement, s'il ne veut pas anéantir la fécondité de ses terres et tarir la source de tous ses profits. Ainsi, cette méthode, qui repose sur une vente fictive et qui peut avoir son utilité quand il s'agit d'établir des calculs propres à déterminer les avantages de quelques spéculations mercantiles ou quand l'éducation des animaux domestiques forme une spéculation en dehors de l'agriculture, ne nous paraît pas la plus propre à faire connaître le mérite économique dételle ou telle espèce de bêtes de rente lorsqu'on organise ce service dans un établissement.
La 2e méthode consiste à balancer les recettes brutes que procure l'économie du bétail uniquement avec les dépenses qu'occasionne l'entretien de celui-ci, tant pour intérêt des avances que pour dépérissement, logement, soins divers, etc., sans rien porter en compte pour la nourriture, et à considérer ensuite l'excès des recettes sur les dépenses comme destiné à payer les alimens consommés.
On n'a plus ainsi à s'inquiéter du prix des fourrages au marché; on ne porte en recette à la production végétale que les sommes réelles dont son compte s'est bonifié pour les fourrages qu'elle a fournis, recettes qui sont d'autant plus élevées que les consommateurs, c'est-à-dire les bestiaux ont payé les denrées à un prix plus avantageux. Ici, le bétail ne donne ni perte ni profit, tout est rapporté au compte de la production végétale comme base fondamentale de toutes les opérations agricoles et comme celle à laquelle les autres services doivent un tribut pour toutes les denrées qu'ils lui empruntent et qu'ils convertissent en produits divers. Le fumier est considéré comme appartenant au sol; seulement, pour balancer sa valeur, on ne tient aucun compte de la paille consommée en litière par les animaux, tant au débit de ceux-ci qu'au crédit de la production végétale.
C'est en prenant pour base ces principes simples et aussi faciles à comprendre qu'à développer, que nous allons montrer comment on doit établir les calculs économiques relatifs à chacune des espèces de bêtes de rente qui entrent le plus communément dans le mobilier des établissemens ruraux, tels que les chevaux, les bœufs, les moutons et les cochons, et apprécier les divers services auxquels on les destine en faisant précéder ces calculs de quelques considérations sur les conditions dans lesquelles chacune de ces espèces diverses paraît présenter le plus d'avantages,
§ I«r. — Des chevaux.
La multiplication des chevaux destinés à la vente est une spéculation qui exige généralement, pour être profitable, l'avance d un assez gros capital, des connaissances pratiques spéciales sur l'éducation des animaux domesti-
ADMINISTRATION RURALE
ques et leur économie, sur les besoins du pays et le commerce de ces animaux, et ennn sur les circonstances particulières dans les-
3uelles on est placé. On considère comme es circonstances favorables à cette branche de l'agriculture : 1° l'existence sur un domaine de pâturages abondans et d'enclos étendus où les jeunes poulains peuvent s'ébattre et développer leurs forces, sans qu'on soit assujettie une surveillance trop attentive sur eux, mais en même temps sans courir le risque de les voir perdre toute leur valeur par des accidens graves. Les pâtures un peu sèches, mais sur lesquelles on trouve des eaux pures et quelques ombrages paraissent les plus convenables; 2° une étendue d'herbages où l'herbe ou le foin sont d'une qualité telle qu'ils ne conviennent ni au bétail a cornes ni aux bêtes à laine, 3° une situation dans laquelle il est difficile d'employer autrement le produit des terres; 4° enfin une localité où l'avoine est à bas prix. On élève souvent encore des chevaux avec profit dans les lieux où les races améliorées depuis long-temps jouissent d'une réputation qui fait rechercher les produits de ces pays et élève suffisamment leur valeur vénale pour balancer avantageusement le compte des jeunes animaux, quelque dispendieux que soient les alimens ou les soins qu'on leur donne, ou dans ceux où, comme cela se pratique dans plusieurs cantons de la Normandie, on achète de jeunes poulains de bonnes races dans les pays où on se livre à leur propagation, pour les nourrir, les dresser et les revendre à 5 ou 6 ans à un prix satisfaisant, après en avoir tiré un travail modéré qui paie en partie leur entretien.
Les besoins d'un pays civilisé réclament une si grande variété de chevaux de qualités et valeurs si différentes, qu'indépendamment des considérations économiques auxquelles il est indispensable d'avoir égard avant de se livrer à l'éducation de l'espèce chevaline, il faut encore discuter les avantages plus ou moins grands qu'on pourra recueillir en élevant des animaux propres, soit au gros trait, au roulage, à l'agriculture, à la poste, pour l'armée, le carrosse ou la selle, soit dans chacune de ces catégories des chevaux de telle ou telle qualité et d'un prix plus ou moins élevé.
Dans l'impossibilité d'embrasser ce sujet dans toute son étendue, nous donnerons simplement des formules pour l'éducation des chevaux de selle et de carrosse de ter choix et ceux de gros trait et de labours (1).
1° Chevaux de selle de premier choix.
L'éducation des cbevaux de cette qualité ne peut faire l'objet d'une spéculation agricole que pour ceux qui possèdent une très grande expérience dans cette matière et des capitaux assez considérables. Elle exige les soins les plus attentifs et une grande sagacité, quand on veut la rendre profitable. Dans les établissemens ou Ion se livre ainsi à l'élève des chevaux de selle de premier choix, on ne peut pas compier sur le travail des animaux pour couvrir une partie des dépenses de leur
entretien , et il ett indispensable , quand cette industrie est liée à un antre établissement rural , d'avo.r un directeur en chef ou un contre-maître qui dirige le haras, surveille la monte, dresse les poulains, et est en môme temps médecin vétérinaire. Le moindre capital fixe d'exploitation qu'on puisse consacrera l'achat des animaux est de 38 à 40,000 fr., savoir :
Pour un étalon de lerchoix , ou de sang. 6,000 fr. 40 jumens poulinières , à 800 fr. . 32,000
Total 38,000 fr.
Frais annuels d'entretien du haras.
a. Remonte du haras tous les 10 an? par des achats ou par le remplacement des vieux animaux par de jeunes pris dansle haras; dépense annuelle
b. Intérêts du capital de 1« mise à 7 1/2 p. 0/0, à cause des risques attachés aux spéculations de celte nature, ci.
c. Nourriture. Etalon. Avoine, 25 hect. par
an, à 5 fr. l'hect
Foin, 6 kit. par jour pour Tan-
3,800 fr.
née. .
Jument», foin, soit a l'écurie, soit au pâturage, t2,5 k.
par tète ; pour l'année.
18 quint, met. 25
Total des. fourrages
pour l'année (2). 1845 25
d. Soins et pansemens. Appointemens du directeur en chef, 1/3 seulement à la charge de cette