‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 295 sur 369 · A LAINE · texte numérisé non relu

A LAINE

riture verte prise sur place. Leurs provisions d'hiver doivent être aussi d'une meilleure qualité. Enfin, élant d'une santé plus délicate, elles sont plus sujettes aux accidens ou aux maladies qui dépeuplent les troupeaux, et se plient plus difficilement à des changemens de climat, de nourriture ou de régime qui altèrent ou modifient d'une manière bien remarquable la nature et les qualités de leurs toisons.

Les moutons fatiguent davantage les herbages, surtout ceux nouvellement formés dont ils tondent l'herbe jusqu'au collet ou qu'ils déracinent fréquemment; mais d'un autre côté ils sont plus propres à consommer sur place les fourrages verts et les racines ; au parc, leurs déjections sont mienx réparties sur l'étendue du sol, et ils offrent de plus l'avantage de consolider par le piétinement les sols meubles et trop légers.

Dans les petites exploitations, dans les pays où la propriété est très divisée et la culture très perfectionnée, l'éducation des bêtes à laine paraît en général être une spéculation peu profitable. Dans ces situations, à moins qu'on ne possède des pâturages indépendans des terres en culture et qu'on ne puisse pas utiliser autrement, un troupeau, qui ne peut consister alors qu'en un petit nombre de bêtes, n'est plus assez nombreux pour payer les frais d'un berger et rembourser les avances qu'il occasionne. En Belgique, où il n'y a pas de montagnes, de pâturages communaux ou de terres vagues, où la culture des champs ne laisse aucune main inutile, et enfin où on ne souffre guère de jachère improductive, on n'élève qu'un petit nombre de troupeaux, et, à l'exception de quelques grands fermiers qui ont des pâturages sur leurs exploitations, on ne voit que les habitans des villages où il y a des chemins larges et en partie enherbés qui aient ainsi quelques moutons dont l'entretien ne leur coûte rien. Dans les départemens les mieux cultivés de la France, les agriculteurs les plus instruits pensent qu'un troupeau de moutons à laine fine ne peut être profitable qu'autant qu'on exploite au moins 100 hect. d'étendue de terrain.

L'éducation des bêtes à laine paraît au contraire convenir aux grandes exploitations en sols maigres, légers, dans celles où on récolte peu de pailles de céréales, mais ou les pailles de pois ou de fèves, qui sont fort du goût des moutons, sont abondantes; dans celles qui offrent des pâturages permanens, maigres, secs ou des terres placées, au moins en partie, dans des situations élrvées, escarpées et d'un accès assez difficile pour rendie très pénible et coûteux le transport des engrais et celui des récoltes, etc.

Pour nous résumer, nous dirons que si l'éducation des bêtes à laine a présenté jusqu'ici des bénéfices plus considérables que celle des autres bestiaux, ces bénéfices ont aussi été plus chanceux et dus à des circonstances qui se sont montrées favorables pour les 1"' propagateurs des troupeaux à laine fine, mais que la multiplication de ceux-ci tend chaque jour à égaliser les avantages entre les propriétaires et a ramener aujourd'hui les profits sur la production de la laine au niveau des autres spéculations agricoles ; que, pour un admi-

foin en hiver , st et les 500 têtes.

462 ADMINISTRATION RURALE

nistrateur éclairé, il importe Tort peu que sou troupeau ait une lame plus ou moins fine, que ses moulons soient plus ou moins grosetcou- \erts d'une toison abondante, que les élèves aient une haute valeur, mais que, pour lui, il s'agit uniquement de rechercher quelle est la race de moutons qui, comme bête à laine, de propagation ou d'engrais, pourra, dans les circonstances climatériques, agricoles, financières, commerciales ou manufacturières où il se trouve placé, payer au prix le plus élevé la nourriture qu'elle consommera, en prenant en considération les chances de permanence de profit que ce genre de spéculation pourra présenter.

Nous allons donner maintenant un exemple de la balance du compte d'un troupeau de moutons à laine fine et d'un troupeau commun, toutes les autres spéculations intermédiaires ou l'éducation des métis se rapprochant plus ou moins de l'un de ces termes extrêmes et présentant d'ailleurs trop dévaluations pour établir des formules avec quelque exactitude. Pour partir d'une base fixe, nous supposons que le but principal de l'éducation est la production de la laine, que le troupeau se compose de 500 bêtes vieilles et jeunes, et qu'il est tenu au complet et sans accroissement dans le nombre des bêtes qui le composent. Après avoir traité ce sujet, nous dirons un mot sur l'engraissement des

Fourrages consommés annuellement.

On compte généralement que pour alimenter convenablement un# troupeau de 500 mérinos , jeunes et vieux , il faut journellement :> quintaux met. iL fourrages, ..oit en paille et

:.oil en pail au pâturage en été. Au total pour Tannée

quint, met.

Recettes annuelles.

a. Laine. L'expérience a démontré que 100 têtes de mérinos, béliers, brebis, moutons et agneaux de l'espèce supposée ci-dessus, donnaient en moyenne 112,50 kilog. de laine lavée à dos, par conséquent pour les 500 bêtes ,'i&2,50 kilo". qui , au prix moyen de 8 Ir. le kilog. , donnent nne recette

de

b. Croit. L'expérience a encore prouvé que 100 biebis portières mérinos fournissaient annuellement 80 agneaux, et comme on a tenu compte parmi les frais des sinistres, c'est uu nombre égal de bêttts dont on peut disposer; 148 l)i ebis fourniraient ainsi 118 têtes chaque année, qui, au piix moyen de 5 fr. 50, quand on les li.re au boucher, donneront.

c. Peaux de bêies mortes d'occident, portés ci-dessus à 6 p. 0/0 ou 30 peaux à l fr.

Total des recettes brutes annuelles. . . » A déduire les frais. .

Recette nette. .

fr.

5,179 3,oi3

moutons.

1° Troupeau de mérinos de 500 oêtes.

Le troupeau est supposé appartenir à la race des mérinos purs, et nous admettons, avec i. Schmalz, les faits suivans, que l'expérience paraît avoir démontrés en Allemagne dans les pays où l'on s'occupe avec le plus de succès de l'éducation des bêtes à laine, savoir : qu'une brebis adulte de race pure a pour valeur courante 5 fois le prix auquel se vend un kilogr. de sa laine lavée à dos; qu'un bélier adulte vaut 3 fois autant ju une brebis de même race; qu'un antenois n'a pour valeur que la moilié et unagneau le 10e de celle d'une bête adutte de même sexe. Nous supposons que la laine lavée à dos peut être vendue au prix moyen de 8 fr. le kilogr.. Cela posé, voici comment on établit ta balance entre les receltes et les alimens consommés.

avances capitales. fr. c.

6 Béliers de 2 à 6 ans à 120 fr. chaque. 720

130 Moutons de 2 à fi ans, a 20 fr. . . 2,600

3 Jeunes béliers d'un au, à (>0 fr. .. , 180

46 Mouton) antenois , à 10 fr 460

148 Brebis portières de 2 à 6 ans, à 40 fr. 5,()20

53 Anlenoises à 20 fr î,060

114 Agneaux mâles et femelles à 4 fr. . 456

500 Têtes qui représentent une valeur capitale de 11,396

Frais d'entretien du troupeau.

1. Sinistres et bêtes mortes d'accident; l'expérience a démontré qu'ils s'élevaient annuellement à 6 p. 0/0 du capital , ci

2. Intérêts du capital à 10 p. 0/0 y compris les risques et chances diverses 1,139

Page 1