‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 300 sur 369 · TOME i · texte numérisé non relu

TOME i

ADMINISTRAT

obtenir une taille considérable, on faisait nlus d'attention à la somme qu'on obtenait <le la tète qu'au pn\ qu'avait coûté sa nourriture. Depuis que les éleveurs ont commencé à calculer avec plus de précision, les animaux de petite taille ou de taille moyenne ont été généralement préférés par les raisons suivantes:

« 1* Les animaux de petite taille sont d'un entretien plus facile; ils prospèrent sur des pâturages à herbe courte, où ils s'entretiennent bien, tandis une des bêtes de plus forte taille pourraient difficilement y exister; 2° leur viande a un grain plus fin, plus de suc, ordinairement une meilleure saveur et la graisse est mieux mélangée dans la chair; 3° un animal d'un grand poids convient moins pour la consommation générale que celui d'une taille moyenne, surtout dans les temps chauds; 4° les gros animaux plombent le sol des pâturages plus que *es petits; 5" ils ne sont pas aussi actifs, exigent plus de repos, recueillent leur nourriture avec plus de peine ef. ne consomment que les espèces de plantes de la meilleure qualité; 6° les petites vaches des véritables races de laiterie donnent proportionnellement plus de lait que les grandes (1); 7° les bœufs de petite taille peuvent être uniquement engraissés à la pâture, même sur des patinages de médiocre qualité, tandis queles grands exigent les pâtures les plus riches ou l'engraissement d'étable dont !a dépense diminue les profits du cultivateur ; 8° il est plus facile de se procurer des bestiaux des formes les plus convenables à l'engraissement dans les petites races que dans les grandes ; 9° les bestiaux de petite taille peuvent être nourris par les cultivateurs qui ne pourraient faire !a dépense d'achat ou d'entretien de bestiaux de grande taille, et, s'il arrive un accident, la

1>erle est bien plus facile à supporter; 10° les )êtes de petite taille se vendent mieux, car les bouchers savent très bien qu'il y a proportionnellement plus de parties qui se vendent à un prix élevé dans un petit bœuf que dans un grand.

« D un autre côtéon a dit, en faveur des bêtes de grande taille, 1° que sacs chercher si un bœuf de grande taille a consommé proportionnellement à sa taille, depuis sa naissance jusqu'à ce qu'il soit livré au boucher, plus qu'un petit, il est certain qu'il paie tout aussi bien sa nourriture a celui qui l'a acheté peur l'engraisser ; 2" que, quoiqu'on rencontre des bœufs de grande taille dont la viande a le grain grossier, il y a cependant des races de grands bœufs dont la viande <st aussi délicate que celle des bœufs de petite taille; 3° que si les bœufs de petite race conviennent mieux pour la consommation des familles, des vi liages ou des petites villes, les bœuts de grande taille ont toujours la préférence sur les marchés de; grandes villes et particulièrement de ia capitale; 4° que, s'il est vrai que la viande des bœufs de petite taille est de meilleure qualité pour être consommée fraîche, il est incontestable que la chair des grands bœufs convient mieux pour les salaisons et les voyages de long cours; 5° que les cuirs des grands bœufs sont nécessaires dans beaucoup de manufac-

lOJN RURALE. uv. va

tures ; 6° que les bestiaux de grandes races sont généralement d'une disposition plustran* quille; 7° que, lorsque ies pâtures sont de bonne qualité, le bétail à cornes et les bêtes à laine y augmentent de taille, sans aucun soin de la part de -'éleveur. Les grandes races conviennent donc naturellement mieux aux pâturages de cette espèce; h° enfin, que l'art d'engraisser le bétail avec des résidus de « rtaines fabriques ayant reçu beaucoup d'extension et de perfectionnement, les avantages de cette méthode s'appliquent plus particulièrement à des bêtes de grande taille, attendu que les petits bœufs s'engraissent aussi bien avec de l'herbe et des racines fourragères.

« Tels sont, ajoute Sinclair, les argumens qu'on emploie pour soutenir les 2 opinions opposées, et ii est évident par là que les avantages de l'un ou de l'autre système dépendent beaucoup de la qualité des pâturages, du mode de consommation, de la demande sur les marchés, etc. Cependant, nous le répétons, les éleveurs intelligens, à moins que leurs pâturages ne soient d'une richesse par* liculière et qu'ils ne se trouvent dans une .situation toute spéciale, donnent aujourd'hui la préférence aux bestiaux de taille moyenne ou même de petite taille sur ceux de haute stature et de forte corpulence.

De la valeur nutritive des substances alimentaires.

L'expérience journalière a prouvé depuis long-temps que tontes les substances alimentaires qu'on fait consommer aux bestiaux ne possédaient pas, àpoids égaux, la même faculté nutritive, et que les unes, telles que le grain des céréales, le foin de lre qualité des prairies naturelles, les graines des légumineuses et les plantes feuillées dont on compose les prairies artificielles, surtout quand ces produits ont végété sur des sols riches et chauds, possédaient à cet égard une grande intensité d'action; tandis que les autres, comme les pommes de terre, les betteraves, les choux, les pailles, etc., en jouissaient à un moindre degré.

On conçoit combien il est intéressant, dans un établissement rural de pouvoir déterminer quelle quantité de substance peut lemplacer, dans la nutrition, une quantité déUrminee d autres substances, ou dans quelle proportion chacune de ces substances peut contribuer à la nutrition des animaux, relativement au poids dans lequel on l'emploie. Malheureusement il règne encore sur ce sujet une obscurité assez profonde, qui ne pourrait être complètement éclaircie que par des expériences comparatives faites avec soin et poursuivies pendant long temps. Néanmoins, nous allons essayer de faire connaître les travaux les plus remarquables qui ont été entrepris depuis quelque temps sur cette intéressante matière.

Pour comparer les diverse* subslances qui servent à la nourriture du bétail sous le rapport de leurs propriétés nutritives, on est convenu généralement de les rapporter à l'une d'elles, qui sert de dénominateur commun et dont la valeur est prise pour unité. La substance

(*) Ce fait ne parait pa* bien exact, ainsi qu'on peut le constater par ce qui a été dit au tom. III, p, 59.

cttAP. 6.. DE LA QUAjN

dont on a fait choix est \e foin de prairie naturelle de lre Qualité Ainsi, quand on dit que les pommes cfe terre ont 200 pour valeur nutritive, cela signifie qu'il en faut 200 parties en poids pour remplacer 100 de foin sec de prairie et qu'elles ne possèdent que la moitié de la valeur du foin sous ce rapport, ou, en d'autres termes, que, pour soutenir au même degré l'énergie vitale d'un animal ou pour que ses organes digestifs trouvent une même quantité de matière assimilable, il faut un poids de pommes de terre double de celui du foin.

Plusieurs chimistes, et entre au très Eimioff, H. Davy, SiREi\GFXse sont occupés de rechercher, par l'analyse chimique, la quantité de parties nutritives que contiennent diverses substances alimentaires. Ces recherches ont jeté peu de lumière sur cette question et fourni peu dedocumens pour les applications pratiques: cependant, comme ces travaux, rapprochés des expériences et des observations des praticiens peuvent leur servir de contrôle, il serait important, pour ceux qui s'occuperaient d'expériences surcette branche intéressante des sciences agricoles, de les consulter et d'eu faire la comparaison.

Les agronomes praticiens ont à leur tour dressé des tableaux de la valeur nutritive des diverses substances alimentaires destinées au bétail, les uns en s'appuyaut en partie sur Y analyse chimique et en partie sur l'expérience, les autres, en partant de cette dernière base seulement. Les résultats auxquels les uns et les autres sont parvenus sont loin d'être dhâccord entre eux, et, dans l'impossibilité où nous sommes de pouvoir déterminer le degré de confiance que ces résultats méritent, nous avons préféré présenter en un seul tableau les nombres auxquels iliaque agronome s'est arrêté en faisant suivre le tableau de quelques remarques sur la manière dont ces nombres ont été obtenus Seulement, nous rappellerons que dans la plupart des cas les expérimentateurs ne paraissent pas avoir tenu compte d'une circonstance observée depuis long-temps et dans tous les lieux, c'estque les alimens frais et verts pris en certaine quantité fournissent plusdeh.it que cette même quantité d'alimens pris à l'état sec, et qu'au contraire, sous ce dernier état ils paraissent plus propres à donner de la graisse ou à soutenir l'énergie musculaire dans le travail; en un mot, qu'ils n'ont pas eu égard à l'état de dessiccation des alimens sur l'abondance ou la nature des produits ou la quantité du travail.

On serait peut être tenté de prendre une moyenue'entre tous ces résultats, comme exprimant avec plus d'exactitude la valeur nutritive comparative des diverses substances alimentaires, mais nous pensons que par cette méthode on ne parviendrait qu'imparfaite meut au but désiré, parce cjue, comme nous venons de le dire, ies expérimentateurs ne sont pas tous partis de la même base et n'ont pas été guidés par les mêmes principes; nous croyons qu'il serait préférable de faire choix des résultats des divers agronomes qui se rapprochent entre eux et quand ces résultats nont pas été empruntés les uns aux autres.

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Tableau des rapports de la valeur nutritive de diverses substances alimentaires comparées à 100 kil. de foin de prairie naturelle de lr« qualité.

NOMS ir ÉTAT des substance*

alimentaires.

a. Fourragêi !•<•».

i Foin rie prairie, ire qualité.

1 — de treflt .

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