‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 307 sur 369 · DE LA PRODUCTION DES EINGRAIS · texte numérisé non relu

DE LA PRODUCTION DES EINGRAIS

Terre» à froment.

ire classe

ie —

Terre» à seigle

ne classe

se —

Terres à céréales de printemps

ire classe

je —

STiBl'IATION

permanente.

quint, met.

SOO ÎOO

a io

quint met 6*8

66o 66o 3oo

Section II. — De la production des engrais.

Après avoir examiné dans le paragraphe précédent quelle est, dans les cas ordinaires, la quantité de fumier qu'il convient de donner aux terres de diverses qualités ou appartenant à des classes diverses, afin de faciliter le calcul de la consommation des engrais dans les établissemens ruraux, il s'agit maintenant de déterminer comment on peut parvenir à produire cette quantité de fumier ou à mettre la production des engrais au niveau de cette consommation.

Dans les considérations où nous allons entrer, nous supposerons qu'on est placé dans la situation la plus défavorable, c'est-à-dire qu'on ne peut se procurer des fumiers au dehors et qu'on est obligé de les produire soi-même sur la ferme. Dans ce cas, il ne faut compter que sur ses animaux de trait et sur ses bêtes de rente, qui sont les vrais producteurs des engrais et qui les produisent à un prix d'autant plus modique qu'ils paient à un taux plus élevé les fourrages qu'on leur fait consommer.

Dans un assez grand nombre d'ouvrages sur l'agriculture, on nous apprend qu'une tête de bétail ou un certain nombre d'entre elles fournissent annuellement tant de chars de fumier, et, dans la plupart des établissemens, on ne calcule pas autrement pour connaître approximativement la quantité d'engrais qu'on produit. Cette méthode manque cependant d'exactitude, car, indépendamment de l'incertitude de la mesure, tous les auteurs ne donnant souvent ni la capacité des chars sur lesquels ils chargent le fumier, ni le poids de celui-ci sous un volume donné, on conçoit que la quantité de fumier que produit un animal dépend de son espèce, de sa race ou de son poids, de l'abondance ou de la parcimonie avec laquelle on lui distribue ses alimens et sa litière, de son régime hygiénique et du système adopté dans l'économie du bétail ; sans compter les différences que l'espèce et la nature des substances alimentaires apportent dans cette quantité. Aussi les chiffres qui ont été donnés d'après ces bases diverses sont-ils loin d'être d'accord entre eux, et croyonsnous pouvoir nous dispenser d'en rapporter ici la série assez nombreuse, quelque respectables que soient les autorités dont on puisse les appuyer.

Il y a moins de difficultés et on paraît arriver à des résultats plus exacts quand on prend pour base de la production du fumier la quan-

tité en poids des substances alimentaires consommées par les animaux et de leur litière. Mais, pour que ces résultats deviennent comparables, il faut tenir compte de l'état et de la nature des alimens et prendre, ainsi que nous l'avons fait, pour unité de mesure, un fumier d'un certain poids sous un volume déterminé, et arrivé à un état fixe de décoinposition après avoir été soigné et travaillé convenablement. Quand ces conditions sont remplies, les expériences en grand ne tardent pas à démontrer que la quantité de fumier ainsi produite par des animaux adultes et sains, nourris constamment à l'écurie ou à l'élable et dont on recueille toutes les déjections, était constamment dans un rapport fixe pour chaque substance alimentaire, avec la quantité de ces substances qui passent comme alimens à travers le corps des animaux et avec les matériaux qui leur servent de litière.

Les diverses espèces d'animaux qui garnissent un établissement rural ne fournissent pas le même rapport entre le poids de leurs alimens et de leur litière et celui de leur fumier; mais on est convenu de prendre pour type les bêtes à cornes, qui sont les animaux par excellence de l'agriculture, ceux qui fournissent le fumier le plus propre à toutes les cultures et en plus grande abondance, et comme il faut être bien fixé sur l'état plus ou moins avancé de décomposition ou d'humidité dans lequel peut se trouver le fumier, les auteurs paraissent avoir généralement pris pour terme de comparaison le fumier que nous avons appelé normal, et qui contient, terme moyen, 75 p. 0/0 d'humidité.

On possède déjà un assez grand nombre de résultats d'expériences sur cette matière, mais tous les expérimentateurs n'ont pas opéré d'après les mêmes principes. Les uns ont pris pour base la faculté nutritive des alimens, les autres leur poids à l'état de siccité; quelques-uns ont calculé la quantité de fumier produite d'après la consommation des matières alimentaires et de la litière prises ensemble; tandis que d'autres ont tenté une évaluation séparée. Ainsi, Méyer, Thaer, de Thunen, Koppe et de Wllffen ont pris pour base la faculté nutritive des alimens, M. Block et Schwerz leur poids à l'état sec, sans nier toutefois que la faculté nutritive des alimens n'ait une très grande influence sur la qualité du fumier. Mever, M. BLOCKet Schwerz calculent séparément le rapport du fumier produit aux alimens consommés et à la litière; Thaer, Koppe et de Wulffen établissent ce rapport sur les 2 matières ensemble.

Voici maintenant les résultats obtenus par ces savans agronomes :

Meyer, auquel appartient la priorité dans ces sortes d'expériences, suppose que le bétail pâture en été et est nourri en hiver uniquement avec du foin et de la paille, et que celle ci entre au moins pour moitié dans ce régime. Il établit ensuite que, 1 partie de foin donne 1,8 partie de fumier, et 1 de padle 2,7 de fumier, et qu'en conséquence 1 de foin et 5 de paille, y compris celle de litière, doivent donner au poids, en moyenne, 2,5 de fumier pour 1 de matière sèche.

Thaer réduit en foin toutes les substances alimentaires données au bétail, comme nous l'avons enseigné dans le chap. précédait, puis calcule que la ration de

ioin, unie à la paille de litière et le tout pris pour unité, doit donner 2,3 pour la quantité de fumier.

Koppe établit ses calculs de la même manière, mais il fixe son multiplicateur à 2 seulement, dans la supposition que le fumier est abandonné souvent à une longue décomposition et qu'une partie des substances alimentaires disponibles a été consommée par des moutons dont le fumier est bien moins abondant.

De Thcnen opère de même et trouve 2,2.6 pour multiplicateur.

De Wi'lffen établit ses calculs d'après un système qui repose sur des hypothèses particulières, savoir: que t partie de grain donne 4,4 parties, 1 partie de foin 3, 1 partie de paille 2,2, e* 1 partie de pomjnes de terre 1 de déjections animales Dans son système, chaque nature d'aliment sert à calculer la. valeur intrinsèque du fumier et il devient indifférent qu'on fasse consommer plus ou moins de paille au râtelier ou en litière. Selon lui, le rapport le plus favorable est celui où on consomme 3 de foin et 5 de paille. Dans ce cas, son multiplicateur, pour ces 2 substances est, en moyenne, de 2,5.

Schwerz réduit toutes les substances alimentaires à Tétai sec, et, en cet état, il les multiplie pat 1,75. Quanta la paille de litière, son multiplicateur est le nombre 2.

M. Block calcule d'abord le fumier à l'état sec qu'on obtientd'un poiJsdonnéde matièresalimentaires. Ainsi, selon lui, 100 kilug. de foin ou de pail e, consommés comme alimens, donnent 44 ki'ogr.; 100 kilogr. de pommes de terre 14 kilogr. de fumier à létal sec; et 100 de paille de litière 95 de fumier sec. Il multiplie ensuite les nombres ainsi obtenus par 4 pour les évaluer en fumier ordinare de bêtes à cornes modérément fermenté et contenant 75 p 0/0 d'humidité. Son multiplicateurestdonc, pour lesalimens secs, 1,75, et 3,8 pour la litière; mais comme il admet que sur 100 kilogr. de fourrages secs, les bêtes à cornes reçoivent au plus 10 kilogr. de litière, 1! s'ensuit, en définitive, d'après la méthode estimative de cet agronome, que 1 de fourrages secs et de litière produisent 2,3 de fumier.

M. Mathieu de Dombasle, dans le 7e voi. des Annales de Rouille, nous fournil quelques renseignemens sur la quantité de fumier produite dans cet établissement par les bêtes de rente et de trait. Dans ces résultats, qui n'ont pas, au reste, été établis sur des recherches spéciales et suivies, on n'a pas déterminé la quantité de litière que les animaux ont reçue, quoique, dise l'auteur, elle ait été toujours employée en quantiié suffisante pour absorber les urines. El, en outre, les fumiers des bêtes à cornes et des chevaux ont été mesurés approximativement par voitures à la sortie des étables ou des écuries et avant d'avoir subi la macération nécessaire pour en faire un fumier normal. Quoi qu'il en soit, les chevaux de la ferme de Roville, qui consomment des rations équivalentes à 20 kilogr, de foin sec par jour, soit en fourrages verts ou secs,soilen grains ou autre nourriture, ou 7,300 kilogr. par an. fournissent 25 voitures de fumier, du poids moyen de 650 kilogr. chacune, ou 16,000 kilogr. environ, c'està-dire 2,22 de fumier pour 1 de fourrage.

Les bœufs à l'engrais, du poid< de 3 à 400 kilogr., qui restent constamment à l'écurie et dont la ration eu foin, racines et tourteaux est approximativement égale à celle des chevaux, ont fourni 3,47 de fumier pour 1 de foin. L? bergerie ou la ration journal, ère est de 1 kilogr. de foin pour chaque bêle adulte, ou l'équivalent en racines ou en nourriture prise au pâturage, etc., ne fournit que 1,64 de fumier pour 1 de foin; mais le6 moutons passent une portion de leur temps hors de la bergerie, et celle-ci, n'étant nettoyée que 5 ou 6 fois

ADMINISTRATION RURALE

l'an, le fumier est beaucoup plus imprégné et consommé que celui d'écurie et d'étable. Les vaches, qui sont tenues constamment à l'élable et ne reçoivent que la moitié de la ration des bœufs à l'engrais, ont produit du fumier à peu près dans la même proportion que ces derniers, relativement à la nourriture.

Enfin, nous avons vu (p 338, n° tj que M. Kreissjg, d'après des expériences faites par lui en »8is, regardait comme démontré que 100 kilogr. de matières sèches, consistant en 50 kilogr. de foin et &0 kiloçr. de paille, la moitié de ceUe dernière étant employée en litière, donnait 10 pi. cubes de fumier frais qui, au poids de 22 kilogr., donnent 2,2 pour multiplicateur.

Parmi les divers modes d'évaluation du rapport des substances alimentaires et de la litière consommées avec le fumier produit, celui de l\l. rîLOCK, nous parait un des plus exacts, parce qu'il évalue séparément la quantiié fournie par chaque espèce de matière alimentaire et parla litière, quantités qui varient nécessairement dans chaque établissement et en ce que ses résultais ont tous été empruntés à l'expérience; son multiplicateur 2,3, peut êire adopté comme celui qu'on doit réaliser dans la pratique, en supposant que la nourriture des animaux est de bonne qualité, suffisamment abondante, que la paille est donnée en litière dans les proportions indiquées, que le fumier est traité convenablement, épandu sur les terres dans le moment cù il esi arrivé à Tétai de fumier normal et qu'il provient pour la plus grande partie des bêtes à cornes.

Si les unes ou les autres de ces conditions n étaient pas remplies, il faudrait abaisser proportionnellement le chiffre du multiplicateur qui pourrait, selon les circonstances, tomber à 2 ou à 1,8 et même plus bas encore.

"Voyons, avec les élémens que nous possédons, de quelle manière on parvient à établir les eahuls propres à 'aire connaître, dans un établissement rural, comment on mettra la production du fumier au niveau d s besoins et on suffira à sa consommation. Pour cela, il faut nous reporter au tableau de la page 440 ainsi qu'aux principes qui lui servent de base, et qui ont élé développés dans les pages qui le précèdent. Supposons qu'il s'agit d'un domaine en terre à froment de 3e classe, nous pouvons appliquer aux terres de cette classe l'assolement de 6 années, indiqué au tableau, et qui est le suivant : 1° Vesces fumées et fauchées en vert; 2° froment; 3? trèfle, 2 coupe;} 4° tièlle, 1 coupe, puis jachère; 5° froment fumé; 60 orge ou bien toul autre assolement adaplé à la nature el à la qualité de la terre.

L'expérience a démontré que, dans les terres de la classe ci-dessus, qui sont en bon état, bi-n aménagées et portées au degré de fécondité que leur qualité comporte, on pouvait compter annuellement, terme moyen, par hectare, pendant le cours de l'assolement indiqué, sur la récolte en grain que voici:

Froment de la 2e sole. . . . 17.60 hectolit. Id. de la 5e. . . . . . 15,40

Orge de la 6e. . . . . . 17.50

Tolaj du grain 50,50

Ces 50,50 hectolit. de grain, réduits en kilogr., à

raison de 76 kilogr. l'hectolit. de froment et 60 celui

d'orge, donneront:

33 hectolit. de froment à 76 kilogr. 2,508 kilogr. 17,50 hectolit. d'orge à 60 kil. ' • 1,050

Total 3,558

Or, si chaque pi. cube de fumier, pesant 22 kilogr., donne, dans le cours de la rotation, 1,870 gram de grain, ou voit que pour produire ces 3.558 kilogr., il sera nécessaire d'avoir à sa disposition 1,902.23 pi. cubes ou 418 60 quiut. met. de fumier.

CUAP. 7'.

Calculons maintenant si les fourrages et les pailles produits et consommas comme aliment parles animaux ou donnés en litière suffiront pour fournir celte quantité de fumier.

Pendant le cours de la rotation ou sur les 6 soles, nous récolterons: quint, met. quint, met.

Paille; froment de la 2* sole. 36 )

— Id. — 5e . . . 32 Orge de la 0« . . . 22 Vesces Fauchées en vert de

la lre année. . . 32 Trèfle de la 3' sole, 2 cou-

pes.

Id.

4e, 1 COtipe. 16 Total des pailles et fourrages.

Manteuanl si cliaque quintal métrique de substances alimentaires sèches moitié foin et moitié paille, celle dernière étant employée par moitié comme litière , donne 10 pi. cubes de fumier; les 186 quintaux que nous avons en donneront donc. . 1,860 » pi. cub.

Auxquels il convient d ajouter pour 1 enfouissement des chaumes et racines de trèfle, suivant ce que nous avons dit à la page 338, n° 3, un tiers de récolte ou 16 quint, transformés eu fumier, ou. . .

Total des fumiers produits.

Or, nous venons de voir que nous

ne consommions pour la récolte de

grains ci-dessus mentionnée que .

Reste donc en surplus.

Ainsi dans l'assolement choisi pour notre terre à froment de 3e classe, en supposant les bestiaux nourris à IV'iabte. non-seulement la production du fumier sera parfaitement au niveau de la consommation, mais il restera en outre dans la terre après la rotation unt» richesse équivalente à 1 17 | i. cub. par hectare et capable de proJuiie 2 16 à -2 18 ki!. de grain.

C'est sur des calculs semblables que sont établis tous les chiffres portés dans les 6 dernières colonnes du tableau de la page 4 40, afin qu'on puisse embrasser d'un seul coup cl 'œil tous les résultats des assolemens piopi>sés pour chaque espèce de terre. Ainsi, pour les terres à froment de la 5e classe, on y voit, lre colonne, que les fourrages produiis s'élèvent à 186 quint.; 2e colonne, que l'enfouissemenldes racines du trèfle équivaut à 16 quintaux; 5e colonne, que ces 202 quint., transfoi mésen fumier, doivenlen fournir 2,020 pi. cub.; 4« col., que ces 2,020 pi. cub. doivent faire récolter 3,777 kil de grain ; et 5e col. , qu'on n'en a récollé que 5,558 kil. ; 6e col. , enfin que la lerre est assez riche encore pour en produire 2 16 kil. par hectare après le cours de l'assolement.

Dans celle colonne le signe -+- qui signifie plus, indique que dans les assolemens indiqués la lerre a re^u une quantité de fumier capable de fournir un poids de grain supérieur à celui qu'elle a donné effectivement et qu'il lui reste encore as>ez de richesse pour en fournir autant que l'indique le chiffre de la colonne, et le signe — qui signifie moins , indique au contraire que la richesse de la terre a diminué et que le produit effectif en grain a été supérieur à la force du fumier.

Dans l'exemple précédent nous voyons que les 6 soles prises ensemble ont donné 186 quinl met. de pailleel fourrages; et à raison de 3 kil. d'alimens par 100 kil. de bestiaux par jour, il faudrait 17 quinl. de bestiaux pour transformer cet alimens en fumier, cYsl-à-diie 6 vaches de 2*8 kd., poids vivant; 5 vaches de 3i0,ou 4 vaches de 425 ; le fumier produit sérail alors, en mul-

lipliautles 186 quint, par a, 2, de 409,20 quint., cl en

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