‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 344 sur 369 · DE L'INVENTAIRE ET · texte numérisé non relu

DE L'INVENTAIRE ET

CIIAP. 5'.

tes ; ainsi on pourra avoir si on le désire, avoine, blé, orge, seigle, eu magasin ; foin de trèfle ,de luzerne, d'espar cette, etc., en magasin. Enfui, il est rare qu'on n'ait pas à établir un compte de fumiers ou d'engrais. Sous ces différens chefs viennent se ranger les différentes valeurs que le cultivateur possède à son entrée en ferme, ou dans le courant* de sa carrière. S'il y en a quelques-unes qui ne trouvent pas naturellement leur place dans quelqu'une des précédentes catégories , il sera facile de lui assigner unedénomination, et d'en faire un groupe nouveau.

Les inventaires se bornent ordinairement à l'estimation des objets analogues à ceux que je viens de mentionner; cependant ils ne forment pas la totalité du capital dont le fermier débutant peut disposer. Il y a encore d'autres valeurs qui, pourêtre latentes et généralement négligées, méritent d'être prises en considération sérieuse. Ces valeurs sont représentées par les engrais, qui se trouvent non pas dans la cour ou les parcs de la ferme, mais qui sont déjà enfouies dans le sol. Ces valeurs sont réelles, et personne, que je sache, n'a conseillé de les inventorier. C'est certainement une erreur; car elles font partie intégrante du capital, et l'inventaire est incomplet toutes les fois qu'il ne résume pas tous les élémens dont se compose le capital. Ces engrais déposés dans le sol ne reçoivent pas le nom de fumiers, mais celui d'engrais en terre.

Au nombre des valeurs qui ne figurent pas ordinairement dans les inventaires, et à tort, selon moi , on peut encore mettre toutes celles qui ne sont plus disponibles, mais qui n'en sont pas moins existantes; telles sont les terres qui ont reçu des labours, les terres déjà ensemencées, les prairies artificielles en pleine prospérité, etc.

Je vais essayer de faire sentir toute l'importance de cette portion du capital ainsi engagé dans le sol, importance qui est aussi grande pour le fermier que pour le propriétaire exploitant. Les deux époques ordinaires d'entrée en ferme sont la Saint-Georges (fin d'avril), et la Saint-Michel ( fin de septembre). Si on prend possession du sol au printemps , on ne jouira pas, à la vérité, des céréales ensemencées; maison aura à sa disposition les fumiers oui ont été amassés pendant l'hiver , on jouira des engrais qu'a reçus la jachère précédente, et que le dernier blé du fermier sortant n'épuisera pas en totalité. On aura aussi la jouissance des prairies artificielles qui n'auront coûté aucun frais d'ensemencement. Si l'époque d'entrée est fixée à la Saint-Michel, le capital engagé dans le sol au profit du débutant est bien plus considérable encore et plus apparent; il jouit des emblavures, il jouit des engrais en terre, il jouit enfin de tous les fourrages, de toutes les pailles qui ont été récoltées pendant l'exercice précédent. J'ai parlé dans

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