ALIZIER (en latin Cratœgus), Arbre
ayant beaucoup de rapport avec les sorbiers et les poiriers.
L'Alizier commun ou Allouchier {C. aria, Lin.; en anglais, JVhitebeam-trec ; en allemand, Mehlbeerbaum; en italien, Bagolaro) {fig. 34) s'élève dans nos parcs et nos jardins à
Fil
30 pieds environ ; son tronc a 3 ou 4 pieds de tour; mais dans les Alpes et sur les hautes montagnes, il n'atteint pas à d'aussi fortes
AGRICULTURE FORESTIERE : ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS, liv.v.
dimensions. Son bois est très-dur, d'un grain fin et serré, susceptible d'un beau poli. Le pied cube pèse 55 livres. Il est employé à faire des al ludions et des fuseaux dans les moulins, des montures d'outils, des flûtes, des fifres, etc. Le charbon qu'il donne est très-estimé.
L'Alizier de Fontainebleau ou a larges feuilles (C. latifolia) , diffère du précédent par ses feuilles en cœur, anguleuses et beaucoup plus grandes. Son bois est employé aux mêmes usages. La beauté de son feuillage et de son port lui mérite une place dans les parcs et les grands jardins.
L'Alizier des bois (C torminalis, Lin.) s'élève à 30 pieds environ; ses feuilles sont grandes, découpées en plusieurs lobes inégalement dentés. Son bois est blanc, compacte, d'un grain fin, et conserve bien la cou leur qu'on lui donne. On l'emploie au charron nage; ilest fort recherché par les tourneurs et menuisiers. Lorsqu'il est vert, il a une odeur forte et peu agréable, qu'il conserve encore quelque temps après sa dessiccation.
On multipUe les aliziers de graines, ainsi que par la greffe et par les marcottes. La graine se récolte aussitôt qu'elle est mûre. Elle demande à être mise en terre sur-le-champ, ou au moins à être conservée dans du sable frais. Il faut lui laisser sa pulpe, par conséquent semer le fruit entier, en le recouvrant de 3 ou 4 lignes de terre. Les aliziers se plaisent en général dans les terres fortes et qui ont beaucoup de fond.
2. BOULEAU (lat. Betula; angl. Birch; ail. Birhe; ital. Betulla). — Le Bouleau blanc ou commun {B. alba, Lin.) {fig. 35) est un arbre Fig. 35.
élevé de 40 à 50 pieds. Sa tige acquiert environ 4 pieds de tour ; dans un bon terrain , il a souvent de plus fortes dimensions. Ce qui le distingue de tous nos arbres forestiers,c'est qu'il réussit dans les sols les plus arides , ainsi que dans les lieux humides et marécageux. Son bois est nuancé de rouge et d'un grain assez fin; il prend bien le poli et ne se brise pas facilement. Le pied cube sec pesé 48 livres. Il est recherché des menuisiers , des tourneurs, des ébénistes et des sabotiers. On as-
sure que dans le Nord, où il a plus de solidité que dans nos climats, on l'emploie au charronnage. Il brûle rapidement en donnant une flamme claire; il est bon pour les usines et pour chauffer les fours. Son charbon sert à faire de la poudre à tirer.
\] écorce du bouleau sert à un grand nombre d'usages dans le nord de l'Europe, et remplace surtout l'écorce de chêne dans le tannage des peaux. On assure qu'au Ramlschatka, les habitans mangent cette écorce coupée par petits morceaux et mêlée avec des œufs de poissons. En Suède, on prépare avec la sève du bouleau un sirop qui peut remplacer le sucre pour plusieurs usages domestiques, et l'on fait avec cette même sève une liqueur spiritueuse dont le goût est agréable et que l'on boit dans le pays.
On multiplie le bouleau de semis ou de jeunes plants enlevés dans les forêts pour en former des pépinières. Lorsque les jeunes bouleaux ont atteint l'âge de 4 ou 5 ans, on peut les transplantera demeure ; il faut avoir soin en les plantant de presser fortement la terre sur les racines. La culture de cet arbre doit être recommandée à tous ceux qui s'occupent des forêts, parce qu'il brave les froids et les chaleurs, qu'il n'a pas besoin de l'ombrage des autres arbres, tandis que le sien leur est favorable, qu'il ne peut pas leur nuire par ses racines, car elles courent à la surface du sol et se contententde peu de nourriture, qu'il réussit partout et améliore les mauvais terrains, et qu'enfin il donne des produits avantageux, et peu de temps après qu'on l'a planté. Jaume Saint-Hilaire.
3. BOURGÈNE. — La BouAgèxe ou Bourdaine (Rhamnus frangula, Lin.) est une espèce de nerprun, par conséquent de la famille des rhamnées, dont la tige, ligneuse, haute de 12 à 15 pieds ou un peu plus, se divise en rameaux garnis de feuilles alternes, ovales, glabres, un peu pointues. Ses fleurs sont petites, verdâtres, pédonculées, groupées plusieurs ensemble dans les aisselles des feuilles ; il leur succède de petites baies noirâtres, à 2 ou 4 graines. Cet arbrisseau est assez commun dans les bois, surtout dans ceux qui sont humides; il fleurit en mai et juin , et ses fruits mûrissent en septembre.
Le bois de bourgène est blanc, tendre et cassant; refendu en brins menu^, on l'emploie dans quelques cantons pour fabriquer des paniers légers; on en fait aussi des allumettes. Son feu ne dégage que peu de chaleur et n'est pas de durée ; mais son charbon est très-léger et regardé comme le meilleur qu'on ait trouvé jusqu'à présent, parmi les bois indigènes, pour la fabrication de la poudre à canon, et, par cette raison, l'administration des poudres a le droit de le mettre en réquisition dans les bois des particuliers. La bourgène se multiplie spontanément par ses graines dans les lieux qui lui sont favorables.
On peut retirer de son écorce une teinture jaune, et de ses fruits du vert de vessie. Cette écorce et ces fruits sont purgatifs comme ceux du nerprun commun, mais ils ce sont guère employés sous ce rapport, si ne n'est par les gens des campagnes.
Loisej.ei r Deslongchamps.
r.iiAP. 2'
ARBRES ET ARBUSTES FORESTIERS EXOTIQUES
Fig. 89.
les nègres qui veulent abattre ces arbres, de s'établir sur des échafauds à 5 ou 6 pieds au-dessus du sol. Cette base est ordinairement creuse dans les trois quarts de son épaisseur. Les racines principales se chargent, quand l'arbre a de 20 à 25 pieds, de fortes protubérauces de 4 à 5 pieds de haut, creuses, unies, ne donnant aucun signe de végétation, et dont l'origine est inconnue. Les feuilles, gracieuses et légères, sont caduques; le bois prend à la lumière une couleur rouge, il est plus léger et moins résineux que celui des pins, mais il possède beaucoup plus de force et d'élasticité ; à ces propriétés il joint celle de résister long-temps à la chaleur et à l'humidité dans les climats méridionaux. Il est d'un usage fort étendu dans les constructions civiles et navales, la menuiserie, l'ébénisterie; il donne de trèsbeaux mâts , et l'on en fait des canots d'une seule pièce, de 30 pieds de long sur 5 pieds de large, légers, solides, et plus durables que ceux de tout autre bois; on en fait aussi les meilleurs tuyaux pour conduire l'eau sous terre, et l'on emploie spécialement pour cet objet la variété noire, qui est plus résineuse, plus solide, s'accommode de fonds mo^ns humides, et qui, signalée déjà par M. Michaux, a été introduite pour la première fois en France dans le jardin de Fromont, d'où elle commence à se répandre, avec les nombreuses espèces d'arbres américains réunies et multipliées dans cet établissement.
Cèdre blanc , C. thuyoïdes (en angl. IVhite cedar). — Il ne croît que dans les terrains très-humides et sujets à être inondés. Dans les districts maritimes de New-Jersey, Maryland et Virginie, il couvre presque seul les marécages étendus qui sont dans le voisinage des marais salans, et qui, dans les hautes marées, sont sujets à être recouverts par la mer. Le cèdre blanc atteint 50 à 60 pieds, son feuillage est toujours vert; chaque feuille est une petite branche subdivisée en ramificalions nombreuses, et composée d'écaillés petites, aiguës, imbriquées, sur le dos desquelles on distingue avec la loupe une petite glande. Les fleurs, à peine visibles, se développent dans l'angle des ramifications. Le bois est léger, doux, d'un grain fin et fa-
AGKlCUl/ruRE. ™e oraison
ci le à travailler, et prend à l'air, avec le temps, une teinte rose. Doué d'une forte odeur aromatique, il résiste plus long-temps que tous les autres arbres à l'alternative de la sécheresse et de l'humidité, et l'on en fait des bardeaux qui durent 40 à 50 ans. On en fait un emploi si grand et si varié dans les arts mécaniques et économiques, qu'il s'est formé à Philadelphie une classe particulière tl'artisans, uniquement occupés à travailler ce bois, et qu'on nomme, à cause de cela, cedar coop ers. Quand il est choisi avec soin, on en tire d'excellentes tables pour les pianos; on fait, avec ses jeunes branches dépouillées de leur écorce, un charbon trèsestimé pour la fabrication de la poudre, et, avec son bois mûr, un noir de lampe trèsbeau, plus léger, plus coloré, quoique moins abondant, que celui qu'on obtient du pin. Les fermiers en font des clôtures qui durent 50 à 60 ans, si l'on a soin de dépouiller le bois de son écorce.
3.PINS(iVrtwj).— Pin austral, Pinus australis (en angl. Longleaved pine) (Jîg.9Q). Très-im-
proprement appelé pin des marais, cet arbre inappréciable commence à se montrer vers le nord près de Norfolk en Virginie. Il semble particulièrement destiné aux terrains sablonneux et secs ; on le voit sans interruption dans les parties basses des Carolines, de la Géorgie et de la Floride, sur une étendue de plus de 600 milles de long du N.-E. au S.-O., et de plus de 100 milles de large, depuis la mer jusqu'aux montagnes des Carolines et de la Géorgie. Sa taille moyenne est de 60 à 70 pieds. Ses feuilles, d'un beau vert brillant, ont environ 1 pied de long; le bois ne contient que fort peu d'aubier; et des arbres, de 15 pouces de diamètre à 3 pieds au-dessus du sol, ont communément 10 pouces de cœur; on en exploite des quantités considérables de cette taille, et on n'en admet aucun pour l'exportation qui n'ait 10 pouces de cœur en diamètre étant équarri. La matière résineuse dont il abonde, distribuée entre les couches du bois plus régulièrement que dans les autres espèces, le rend plus fort, plus compacte, plus dense que celles-ci, et il est susceptible, en outre, de recevoir