‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 51 sur 369 · tome IV.— Q · texte numérisé non relu

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un poli brillant. On le préfère donc à tous les autres, tant pour l'architecture navale que pour les différens arts. La valeur de cet arbre ne réside pas seulement dans son bois, c'est lui qui fournit presque toute la matière résineuse qui est employée dans les chantiers des Etats-Unis; et on en exporte en outre une quantité considérable aux Indes occidentales et en Europe. Sa résine est d'autant plus abondante, que le fonds sur lequel il croît est plus sablonneux. Son introduction en grand, dans les contrées appropriées de la France, fertiliserait rapidement nos landes stériles, et ajouterait une masse importante à nos produits forestiers. Cet arbre, qui jusqu'ici avait été en Europe de la plus grande rareté, et que l'on ne pouvait se procurer qu'à un prix exorbitant, a été depuis peu de temps introduit dans le jardin de Fromont, où il se trouve aujourd nui trèsabondamment multiplié; et les premiers essais faits pour sa naturalisation sur divers points du midi et de l'ouest, justifient l'espoir de l'y voir s'y établir en grand.

P. inops (en angl. New-Jersey pine). Arbre de 30 à 40 pieds, qui est sans grande valeur.

Pin Jaune, P. mitis (en angl. Yellow pine). Il croît dans les sols les plus arides, généralement formés par descouches d'argile mêlées avec du gravier. Sa taille est de 50 à GO pieds de haut; son tronc, de 15 à 18 pouces de diamètre, ne présente que 2 pouces à 2 pouces i d'aubier dont la proportion diminue encore à mesure que l'arbre devient plus gros. Son bois est compacte sans être trop pesant. Une longue expérience a prouvé son excellence et sa durée, qui approchent de celles du pin austral. On en fait une consommation considérable pour la mâture et diverses autres parties des vaisseaux, ainsi que dans les constructions civiles, la menuiserie, etc. Son bois tiré de New-Jersey et de Maryiand, a le grain plus fin, est plus compacte et plus fort que celui de la rivière de Delaware, où le sol est plus riche.

P. pungens (en angl. Table moutain pine). La montagne de la Table, dans la Caroline du sud , à la dislance de 300 milles de la mer, est un des points les plus élevés des AÎléghanis; elle est couverte par cette espèce de pin que l'on. ne retrouve pas ailleurs, qui paraît posséder des qualités qui la recommanderaient pour nous, et que dislingue là forle et longue épine recourbée vers le sommet du cône, dont chaque écaille est armée. C'est de là qu'il tire son nom spécifique.

P.rigida (en angl. Pitch pine). On le trouve principalement, et en abondance, sur la côte Atlantique, où le sol très-varié est généralement maigre. Il se plaît dans les terrains légers, maniables et sablonneux. Sa grandeur, suivant les sols et les sites, varie de 20 à 25, 35 à 40, et 70 à 80 pieds; il est chargé de branches sur les 2/3 de son tronc, ce qui rend son bois fort noueux. Sur les montagnes et les terrains graveleux, il est compacte, pesant, et fournir une grande quantité de résine, d'où il a reçu son nom : dans les parties marécageuses sesqualités diminuent au point qu'on ne lui donne plus que le nom de bois d'aubier. Il est employé à divers usages, recherché pour le chauffage des fours à pain

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et à briques, et fournit le noir de lampe au commerce.

P. rubra (en angl. Red ou Norway pine). Très-bonne espèce, qui croit dans les sols sablonneux et secs, dans le Canada, la Nouvelle- Ecosse, et la partie nord de la Pensylvanie, du 48e au 41e degré 30' de latitude, el qui porte à une hauteur de 20 à 30 pieds un tronc d'épaisseur uniforme sur les deux tiers de sa longueur. Son bois, très-résineux, est compacte, pesant, très-estimé pour sa force et sa durée, fort employé dans l'architecture navale, principalement pour les ponts des vaisseaux, auxquels il fournit des planches de 20 pieds de long sans nœud. Dépouillé de son aubier, on en fait des corps de pompe qui sont de la plus grande durée.

P. rupestris (en angl. Gray pine). Cette espèce s'avance plus au nord que toutes les autres. Elle croît dans les rochers; elle est petite, rabougrie, et sans intérêt.

P. seratina (en angl. Pond pine). Se trouve dans les parties maritimes des Etats du sud; et comme plus de la moitié de son tronc consiste en aubier, on n'en fait dans les arts aucun usage.

P. strobus (en angl. WTiite pine), pin dulord WeymoutluA£.91)-Cetrès-intéressantettrès-

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bel arbre, sensible à un froid rigoureux, et plus encore à une chaleur inlense, appartient plus particulièrement aux régions tempérées; on le trouve avec plus d'abondance entre le 43e el le 47e degré de latitude; il s'aecommode de toute espèce de sols, excepté de ceux qui sont purement sablonneux, ou qui sont presque entièrement submergés. Les plus beaux se voient au fond des vallées fertiles, sur les bords sablonneux, frais et profonds des rivières, et dans des marais couverts d'un lit épais et constamment humide de sphagnûm. M. Michaux en a mesuré dans de telles situations, qui avaient 142 et 180 pieds de hauteur. Il s'élève moins haut dans les terres fortes, propres à la culture du blé, mais il n'est pas moins le pius grand et le plus vigoureux de ceux qui l'entourent. Son bois est propre à une foule d'usages, et il sert exclusivement à la mâture dans les Etats du nord et du milieu. Ces mais l'emportent en 1q»

chai». 3«. FORÊTS NATURELLES

gèreté sur ceux de Riga; mais on dit qu'ils s'allèrent plus vile entre les ponts et aux points d'intersection avec les vergues, et colle circonstance, dans l'esprit des constructeurs américains, donne I? supériorité au pin austral sur tous les autres.

P. tœda (en augl. Loblolly pine). Cet arbre est particulier aux parties basses des Etats du sud, et sa limite la plus seplentrio-

nale est àFrederieksnurg, a2:>umilh -s au sud dePhiladelphie ; il atteint quelquefois 80 pi., et se termine par un vaste sommet étalé. Quoiqu'il contienne une grande proportion d'aubier, il est employé à divers usages, et il est très-recherché pour le chauffage des fours. Il donne beaucoup de térébenthine, qui est plus épaisse que celle du pin austral.

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