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ouverts sur un terrain qui n'a reçu aucune préparation préliminaire ; on espace les trous à 1 mètre 1/3 les uns des autres, et on les disposé en quinconce, autant que possible. On leur donne environ un demi-metre de diamètre sur 1/3 de mètre de profondeur, on les remplit ensuite à moitié avec la meilleure terre végétale, ou mieux encore avec de la terre végétale prise sur la superficie du terrain environnant. On place les plants enracinés sur ce lit de bonne terre, et l'on recouvre les trous avec le reste ou le meilleur de la terre qui en a été extraite. Dans les fonds Las, humides, et dans les sols argileux et compactes, il faut remplir entièrement le trou, et placer le plant un peu au-dessus du niveau du sol, dans une sorte de butte qui tient pendant le premier hiver les racines hors d'atteinte d'une humidité stagnante et pourrissante, et qui s'affaisse ensuite peu-àpeu avec la terre même qui a été placée dans le trou.
On appelle rayonner l'action d'ouvrir sur le terrain avec la bêche ou avec la houe des fosses longitudinales et parallèles {fig. 94), à une
Fig. 94.
distance calculée sur le but de la plantation. Après avoir rejeté la terre de la tranchée sur les intervalles non défoncés, ou place les plants dans une situation alternative le long des parois de la fosse, et on rejette suffisamment de terre sur les racines qu'on assujettit avec le pied. Dans les façons suivantes, on ramène dans les fosses la terre qui était restée sur les intervalles, et qui sert à rechausser les plants, jusqu'à ce que toute Ja surface ait été remise de niveau. Pendant un an ou deux, on peut sans inconvénient cultiver sur la terre des ados, des légumes ou des racines.
Distance des sujets entre eux. Elle dépend de la qualité du sol , des espèces de plants et de l'aménagement qu'on se propose d'adopter.
Les plantations destinées à former des futaies ne peuvent être faites avec avantage que sur un sol de lre qualité. Lorsqu'on y emploie des plants de haute tige, on plante le terrain par rangées, éloignées de 4 mètres les unes des autres, on y espace les arbres également à 4 mètres, mais disposés en quinconce, afin que l'air, la lumière et la chaleur puissent circuler et pénétrer librement dans
; PLANTATION DES FORÊTS. tiv. v
toutes les parties de la plantation. Si le terrain est frais, quoique profond, on peut le planter moitié en chênes, moitié en frênes; les frênes sur un rang et les chênes sur l'autre, alternativement.Mais, dans ces cas particuliers, les rangées se trouvent à 3 2/3 de mètres les unes des autres, et les arbres y sont espacés à la même dislance, et également en quinconce. On plante et on cultive ces arbres et l'on en dresse les tiges, comme pour les arbres isolés. On a soin de remplacer successivement les arbres qui viendraient à périr pendant les 5 lres années. Quant aux futaies et aux jeunes plants enracinés, après la préparation du terrain, on tracera les rangées à 3 mètres 1/3 de distance les unes des autres, l'on y espacera les plants à 2 mètres, et ils seront aussi disposés en quinconce.
L'espacement demande moins d'attention dans la plantation des bois destinés à être aménages en taillis, parce qu'on est toujours le maître d'éclaircir un taillis trop dru. Une plantation en taillis doit être faite par rangées, orientées, autant que possible, du levant au couchant, afin que le plus grand nombre des plants soit préservé de l'ardeur du soleil du midi qui, pendant l'été, dessèche le pied des arbres. On éloigne les rangées les unes des autres dans les limites d'un mètre 1/3 à 1 mètre 2/3. Lorsque les pousses annuelles de la plantation présenteront une longueur d'environ un décimètre, son succès sera assuré et elle n'aura plus besoin que d'une bonne conservation.
Espacement des arbres isolés et d'alignement. Si le terrain à planjter n'a pas une très-grande épaisseur, et que cependant on . veuille y mettre des chênes ou des hêtres, on les espace de 7 à 8 mètres. Si le même terrain était d'ailleurs propre à la culture du frêne, ou à celle des meilleures essences de bois blanc, on pourrait y placer les chênes à 8 ou 10 mètres de distance les uns des autres, et mettre entre chacun un frêne ou un arbre de bois blanc. Si on voulait planter des ormes sur ce terrain, on les y espacerait de 5 à 6 mètres. On observe la même distance pour les platanes; et seulement celle de 4à5mèt. pour lesypréaux,les peupliers et les trembles. Sur les sols propres à la végétation des châtaigniers, des noyers, l'espace entre ces arbres sera de 8 à 10 mètres, afin que rien ne puisse s'opposer au développement de leurs têtes.
Lorsqu'on veut planter des arbres en plein champ, sur des terres en culture ou sur des pâturages, on les espace de 16 à 20 mètres sur les premières, et de 10 à 13 mètres sur les secondes, afin de ne pas jeter trop d'ombrage sur les récoltes.
Lorsqu'on plante des avenues droites ou ondoyantes sur quatre rangs d' arbres, il faut les y disposer en forme de quinconce. Les arbres se trouvent alors plus éloignés les uns des autres que lorsqu'ils sont placés transversalement sur la même ligne, et ils végètent avec plus de vigueur.
§ IV. — Epoque des plantations.
Ainsi qu'il a été dit, le choix en est subordonné en général à la nature du sol, à
chap. 3#. FORETS ARTIFICIELLES ; PLANTATIONS,
l'influence du climat, à la diversité des es- [ .
sences. On pourra toujours commencer en automne les grandes plantations de plants enracinés, et sur toute nature de terrain , lorsqu'il sera suffisamment humecté par les pluies de cette saison ; celles qui surviennent après la plantation rapprochent les terres des racines, et si la température est douce, elles peuvent pousser du chevelu qui contribue beaucoup à la bonne végétation du printemps.
Les plantations faites au printemps sont exposées à souffrir et à périr en partie, si cette saison est sèche. Il y a cependant des essences qu'il vaut mieux ne planter qu'au printemps, comme les arbres résineux, le robinier, et généralement toutes les espèces qui craignent la gelée ou l'excès de l'humidité.
§ V. — Soins à donner aux jeunes plants.
Culture, clôture, assainissement , ébourgeonne ment, émondage.
Les massifs plantés en jeunes plants doi- ^sent être cultivés pendant quelques années , au moyen de façons faites en temps opportun , renouvelées à propos, et qui ont pour objet d'entretenir le sol débarrassé de mauvaises herbes et suffisamment ouvert, par l'ameublissement qui résulte de labours et binages, aux influences atmosphériques. On a soin de regarnir, chaque année, les endroits où les plants ont manqué ; on peut se dispenser de labourer et de sarcler les endroits où il ne pousse pas assez d'herbe pour étouffer les plants. Les arbres à racines pivotantes viennent assez bien sans culture. Il n'en est pas de même des arbres à racines traçantes, comme les ormes, les platanes, les robiniers ; il faut les cultiver pour qu'ils prospèrent. On évite de donner des labours pendant les gelées et les sécheresses.
Si la plantation a besoin de clôture ou d' assainissement, on creuse des fossés sur le pourtour, et l'on remarque toujours que les plants qui croissent dans la terre de la berge sont beaucoup plus beaux que ceux de l'intérieur. Il faut faire les fossés de la clôture extérieure des bois d'un mètre 2/3 de largeur, sur 1 mètre de profondeur, avec une relevée assez haute du côté du bois pour que les bestiaux ne puissent pas la franchir. On entoure aussi les jeunes plantations avec du palis {Jig.QS), des haies sèches, des murs en pierres sèches, des dalles plantées debout, du paillis {fig. 96) suivant que l'on a sous la main les matériaux nécessaires. Quand la clôture doit durer un grand nombre d'années, on plante en dedans du palis une haie vive que l'on entretient, et qui pousse avec le reste.
Les moyens d'assainissement et de dessèchement sont les mêmes que ceux que l'on emploie pour les terres arables et pour les prairies. ( Voy. t. Ier, p. 13G.)
On n'aura pas oublié, avant de procéder à la plantation, de tracera travers les massifs de bois, les routes et les chemins nécessaires à leur exploitation. Ils doi\en» aboutir aussi
près que possible aux routes publiques servant à l'agriculture et au commerce, et offrir en même temps un accès commode et un débouché facile ; ils ne doivent point être tracés en ligne droite, afin de ne pas donner prise sur une longue étendue aux vents dévastateurs. Mais il ne faut pas que, par leurs courbes, ils fassent perdre trop de terrain; on parvient, sans beaucoup ae frais, à les rendre secs, unis et doux. On évite, en les traçant, les fonds marécageux et les montées trop rudes. Il faut qu'ils soient assez forges pour laisser passer de front deux chariots avec leur charge.
Les soins particuliers et accessoires à donner aux arbres isolés et à ceux que l'on destine à croître en futaie, consistent à donner des tuteurs à ceux qui en ont besoin , à les entourer d'épines pour les préserver de la dent ou du contact des animaux, et à leur procurer de belles tiges. Dès la première année ils poussent beaucoup de bourgeons le long de leur tige. Si on les laissait croître tous, ils se partageraient toute Ja sève de l'arbre au préjudice de la hauteur qu'il doit prendre. Il faut donc Vébourgeonner trèssouvent depuis le pied jusqu'à un demi-mètre environ de l'extrémité supérieure de la tige; au mois d'août de la première année on choisit parmi ces bourgeons supérieurs 3 ou 4 brandies des plus fortes, et l'on rabat entièrement tontes les autres. On détermine ensuite la branche qui doit fermer In conti-
nuation de la lige de l'arbre, et qui doit être non pas la plus forte, mais la plus verticale et la mieux placée. On la laisse intacte et on écourte un peu les autres. L'ébourgeonnement de la tige se continue, et si la branchetige avait poussé des branches latérales trop vigoureuses, on les écourterait aussi. On supprime en deux ou trois fois les branches écourtées les années précédentes. Ces soins se continuent jusqu'à 6 ans. Depuis 6 ans jusqu'à 15, on laisse aux arbres isolés, en les émondant, autant de hauteur de tête que de hauteur de tronc. C'est le moyen de procurer de belles proportions à leur tige. Au-delà de cet âge, on peut les émonder jusqu'aux deux tiers de leur hauteur totale, mais jamais plus haut, parce qu'alors l'abondance de la sève tourmente la tige. Quand cette tige a été bien formée dans le principe, et qu'on émonde les arbres au plus tard tous les 4 ou 5 ans, on peut continuer l'émondage périodiquement jusqu'à l'âge de 40 ans.