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CHAPITRE V. — de l'exploitation des bois

L'exploitation des bois doit toujours être dirigée dans la vue cC obtenir des coupes le plus haut prix possible. Nous croyons devoir faire précéder ce que nous avons à dire sur les détails de l'exploitation, de quelques considérations relatives au prix des bois abattus ou exploités.

Section ire. — Du prix des bois.

Ce prix n'est jamais en raison directe et simple du poids, on du volume, ou de l'espèce des arbres; mais il est en raison composée de divers élémens assez nombreux.

1° La qualité du bois. Ainsi, le chêne, propre à une infinité d'usages, est plus cher en proportion que d'autres arbres qui ne sont pas'susceptibles d'emplois aussi variés.

2° L'abondance ou la rareté de chaque espèce de bols dans chaque localité.

3° Le genre de débic usité dans la contrée. L'orme et le frêne se vendent un tiers de plus que le chêne, dans les bois situés à portée des villes; ils se vendent un tiers de moins que le chêne dans les forêts éloignées des voies de communication où ce dernier arbre se débite en merrain, boissellerie ou autres marchandises d'un transport facile. Le contraire arrive dans les montagnes où les habitans industrieux savent diviser le frêne en petits ouvrages de sculpture. Le buis a beaucoup plus de valeur dans les environs de St.- Claude que dans d'autres contrées où il n'existe point de fabriques pour l'employer. 4° La proximité ou l'éloigné ment des lieux de consommation. Un mélèze situé dans des montagnes peu accessibles se vend beaucoup moins eher qu'un peuplier d'un égal volume qui croit dans le lieu même de la consommation.

5" La valeur intrinsèque des bois. Cette valeur intrinsèque se détermine par la nature

ou l'espèce des arbres ; l'un est formé de fibres dures et presque incorruptibles; la du rée de l'autre n'est pas de la durée du premier. Ainsi, la valeur du pied cube de hêtre étant exprimée par 1, celle du pied cube de chêne devrait être exprimée par 2.

6° Le rapport de la demandé à la quantité de la matière. Si, dans le voisinage de la forêt en question, il existe peu de hêtres, et que la demande de ce dernier bois soit plus considérable que celle du chêne, dans le rapport de 3 à 2, le rapport des prix respectifs est alors de 3 à 4, c'est-à-dire que le pied cube de chêne se vend 4 fr. lorsque le pied cube de hêtre se vend 3 fr.

7° L'emploi dont chaque bois est susceptible. Si le chêne ne vaut rien pour la fente, et qu'il ne puisse se débiter qu'en planches, tandis que le hêtre se débite en plateaux, piiots, ustensiles de toute espèce, etc., cette circonstance influe sur les prix, et si leur rapport est de 4 à 3, la valeur du pied cube de hêtre est remontée au niveau de celle du pied cube de chêne, quoique la valeur intrinsèque des deux bois puisse être dans le rapport d'un à 2. Un pied cube de chêne, débité en boissellerie, merrain, planches, etc., vaut moitié plus que le piea cube de sapin , débité de même; mais le pied cube d'un sapin de 72 pi. de longueur, propre à faire une belle pièce de charpente, se vend aussi cher qu'un pied cube de chêne, ce qui provient de ce que la tige de ce dernier arbre n'atteint pas la longueur dont on a besoin pour l'usage dont il s'agit.

8°La construction d'usines, routes et canaux modijie le prix des bois. Ces prix sont augmentés aux lieux d'où se fait l'exportation, et diminués ailleurs. Us sont diversement modifiés suivant les espèces d'arbres mises en circulation. L'établissement d'une scierie donne de la valeur aux chênes et aux sapins. La construction d'un moulin à tan a

chap.5*. DU PRIX

pour résultat de rendre la futaie de chêne plus rare, car le propriétaire, ayant le débit de ses taillis assuré par la vente de Técorce, élève moins de bois en futaie.

9° Le prix des bois varie suivant la qualité de chaque arbre et de chaque partie du même arbre. Les chênes dont le tissu est gras et spongieux sont d'une qualité bien inférieure à celle des chênes dont la fibre est élastique. Dans certaines forêts, ces arbres ont peu d'aubier; dans d'autres, l'aubier forme une parlie considérable de leur volume.

10° Enfin, il faut se rappeler que tous les bois demandés dans lajorét se vendent plus cher que ceux que l'on est obligé d'offrir sur les marchés, après les avoir fait débiter en marchandises.

On ne peut donner sur les prix comparatifs des bois en général que des évaluations approximatives, mais on pourrait dresser pour chaque localité un tableau semblable à celui ci-dessous; ce travail procurerait, entre autres avantages, celui de faire connaître l'espèce d'arbres dont la culture présente le plus grand bénéfice.

Les arbres qui vont être désignés sont tous âgés de 60 ans»

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