MENUS PRODUITS DES FORÊTS
importance pour l'économie agricole et dans les arls. Voici les principaux :
Les êc.orccs. Celles des jeunes chênes se vendent avantageusement pour tanner les cuirs, et nous renvoyons a ce sujet au chapitre qui précède. On sait que l'écorce du chêne-liége fournit des bouchons, des semelles, des chapelets pour les filets des pêcheurs, etc. Les cordes à puits se fabriquent avec l'écorce de tilleul. La teinture fait usage de l'écorce de l'aune «t du noyer. On retire de l'épiderme du bouleau une huile empyreumatique qui sert à la préparation des cuirs dits de Russie. L'écorce du houx et celle de l'if sont employées à la préparation de la glu. On fait des nattes et des objets de vannerie, des cabas avec la deuxième écorce de l'orme, du tilleul et de quelques autres arbres. Enfin, on retire de l'écorce du saule un corps alcaloïde, connu sous le nom de salicine, et dont la vertu fébrifuge est presque égale à celle du quinquina, etc.
Le?, feuille s. On peut les employer à l'état frais, ou convenablement conservées, pour la nourriture des bestiaux. Les feuilles qu'on estime le plus sous ce rapport sont celles de frêne, érable, tilleul, orme, platane, tremble, cormier; puis viennent celles de chêne, charme, saule, peuplier, coudrier, etc. Dans le Nord on emploie même à cet usage les feuilles des arbres résineux. On peut encore se servir des feuilles, soit comme litière pour les animaux, soit pour former des engrais, des composts, ou bien des couches dans les jardins, etc.
Fruits sauvages et semences. Ceux dont la vente ou l'emploi peuvent procurer des avantages ou des profits sont les glands, qui servent à l'engraissement des porcs ; la faîne, qu'on destine au même usage ou à la nourriture des dindons, et dont on retire une grande quantité d'huile bonne à brûler et à manger; la semence du micocoulier, qui, soumise à la trituration et à la presse, donne également une huile douce et agréable ; les noix, les noisettes, les châtaignes, les mar-
rons, dont tout le monde connaît les usages économiques; le marron d'Inde dont on peut retirer plusieurs produits ; les fruits du genévrier, du prunier épineux, du cornouiller, de Yépùie-vinette, du sureau, de la ronce, dont on fait plusieurs préparations utiles dans les ménages rustiques ; ceux du cormier, qu'on mange comme les nèfles et dont on fabrique une espèce de cidre ; la semence de tous les arbres, et entre autres des conifères, qui peut être récoltée, séchée et vendue avantageusement, etc.
La sève. Avec celle du bouleau on prépare une liqueur fermentée assez agréable; celles du sycomore et de l'érable champêtre contiennent aussi une quantité notable de sucre et peuvent être converties en boissons fermentées. Le pin maritime, le pin sylvestre, auxquels on a pratiqué des incisions, laissent écouler ce corps demi-fluide connu sous le nom de térébenthine de Bordeaux; les sapins commun et épicéa donnent par des procédés analogues la térébenthine de Strasbourg, et le mélèze la térébenthine de Venise, tous produits qu'on peut transformer en un grand nombre de corps, connus dans les arts sous