II. Défoncemens à la charrue
Les défoncemens progressifs peuvent s'effectuer, dans beaucoup de cas, jusqu'à une profondeur suffisante, en donnant, d'année en
année, ou de labour en labour, un peu plus d'entrure au soc de la charrue ordinaire, sans rien changer d'ailleursà sa marche habituelle, que d'augmenter plus ou moins le nombre d'animaux de tirage.
Pour atteindre plus prof onde ment y on fait usage assez fréquemment, dit-on, chez nos voisins d'outre-mer, de charrues à plusieurs socs, auxquelles on attribue degrands avantages. Il en existe aussi en France, mais je n'ai point été à même d'apprécier leurs effets. Il y a lieu de croire qu'elles pourraient faciliter et simplifier beaucoup le défoncement, et il est probable que si, depuis qu'on les connaît, elles ne se sont pas multipliées plus qu'elles ne l'ont fait , cela tient surtout , d'une part , à leur imperfection et à leur prix élevé, de l'autre à leurs usages nécessairement restreints, et enfin à la possibilité de les remplacer tant bien que mal, comme nous le verrons toutà-1'heure, sans rien ajouler au matériel le plus ordinaire de chaque exploitation. — Parmi les charrues de défoncement à double soc, celle de Morton {fig. 162) me pa- Fig. 162.
raît une des plus simples et des mieux conçues. — Elle se compose de deux parties A et B dont la seconde pénètre de 4 ou 6 pouces plus profondément que la première. Celle-ci A, soulève le sol à la profondeur de 5 pouces et le retourne dans le sillon plus ou moins
Erofoud ouvert par la partie B, laquelle laoure ordinairement à 10 ou 12 pouces et peut être disposée de manière à atteindre jusqu'à 15; — le long de son versoir s'élève un Elan incliné indiqué sur la figure par une doule ligne ponctuée, qui s'étend de la partie postérieure de la lame du soc C jusqu'à la partie postérieure du versoir D, où elle se termine à environ 6 pouces au-dessus du niveau du sep E. Par suite de cette disposition, la terre, soulevée du fond du sillon, glisse obliquement de bas en haut, et se trouve renversée sur le sommet de la bande formée par l'avant-corps A.
A défaut de semblables machines, il n'est pas rare de voir approfondir la couche labourable en faisant passer, à la suite l'une de l'autre, deux charrues à versoir dans le même sillon, et quoique le travail présente ainsi moins de perfection et devienne plus coûteux, ce moyen, facilement praticable, et incomparablement plus économique que tout défoncement à bras d'hommes, est suivi d'excellens résultats. Je dois ajouter qu'à mesure que l'importance des labours profonds s'est fait mieux sentir, on a construit des charrues à un seul soc qui suffisent aux défoncemens ordinaires; au nombre de ces dernières je pourrais citer particulièrement celle A" Ecosse, dont tout le corps est en fer coulé, Varaire grand modèle de Grignon la charrue Val-
court, celle de Fellemberg , etc. (Voy.la section suivante.)
Pour atteindre et diviser le sous-sol sans le ramener à la surface, M. le marquis de La BorcssiÈRE a inventé récemment un instrument dont il a déjà été parlé (voy. page 30).— Le cultivateur ou binot, dépouillé de ses versoirs et conduit derrière une charrue ordinaire, de manière à approfondir successivement chaque raie, sans exiger une grande force de tirage, produit plus simplement à peu près le même effet. Si je reviens ici sur son emploi pour les dé fonce mens de ce genre ( voyez page 30), c'est moins dans le but de compléter le présent article que dans celui de recommander plus particulièrement à l'attention des cultivateurs une amélioration à la fois importante et facile.