IS
Fig. 229.
vient embrasser le versoir ; — K, crochet où s'accroche la chaîne du régulateur; — M, âge régulateur avec la chaîne qui vient se fixer par son autre extrémité enK;— O, manche gauche dans lequel l'âge est assemblé.
A côté de cette figure, la^/%-,229 représente, sur une échelle moindre de moitié, la charrue dessinée du côté droit ; — en e, on voit la pièce E de la figure précédente qui vient embrasser le bord antérieur du versoir, et par le moyen de laquelle le corps de la charrue forme en cet endroit un tranchant aigu; — en B, le soc dont la douille se réunit exactement au versoir; — en S, le versoir entier; — en ?, la tête d'un boulon, au moyen duquel le versoir est fixé sur le manche.
Le mancheron de gauche,qui,dans sa partie inférieure, est en ligne droite avec l'âge, s'incline un peu à gauche à sa partie supérieure.
Fig
Cette disposition a pour but de placer le conducteur plus directement en face de la pointe de la flèche, afin qu'il juge mieux de ses variations. — Ce mancheron reçoit l'extrémité antérieure de l'âge et se prolonge au-dessous jusqu'à la semelle ; — le second mancheron s'écarte obliquement à droite; c'est lui qui reçoit le versoir ; il se trouve uni au mancheron de gauche au moyen d'une forte cheville fixée à environ 3 pouces (0m081) du sommet de l'angle formé par leur union, et d'une verge boulonnée qui lui donne environ 15 po. (0m406) d'écartcment à 2 pieds environ (0m 650) de cette même cheville.
Dans cette charrue, le fer de semelle c, la jambe F, les deux pièces delà muraille B, E, et le versoir sont en fonte.
\1 araire écossaise perfectionnée en France {fig. 230) diffère principalement de la précédente : 1° par la disposition du contre A qui
est fixé au moyen d'une fausse mortaise sur le côté gauche de l'âge; — 2° par l'absence des pièces de la muraille ; — par la noncourbure de l'âge B, — et par le mécanisme différent du régulateur C , qui est ici à équerre : sa branche verticale sert à régler l'entrure et sa branche horizontale la ligne de tirage; cette dernière branche est dentée de manière à recevoir et à fixer plus ou moins à droite l'anneau portant à son extrémité le crochet où l'on attache le palonnier. — Le mancheron D s'éloigne beaucoup plus que l'autre de la ligne droite ; il est fixé solidement, au moyen d'un boulon, contre l'âge, d'un tenon contre le billot E , et d'une tringle de fer F boulonnée d'une part à sa face inférieure* et
de l'autre sur l'extrémité de l'âge. — Le mancheron de gauche est boulonné contre l'âge < t le billot. Tous deux sont réunis par une traverse G. — Le soc H forme avec la gorge et le versoir une courbe régulière. — La semelle I, les montans JJ et le versoir K. sont en fonte. Ce dernier, dont la courbure est très-prononcée, est attaché en avant à l'étançon ou montant antérieur dans toute sa hauteur; en arrière il est fixé par un arcboutaiit en fer, boulonné sur le montant postérieur.
Une autre araire anglaise {fig. 231 ), dont nous ignorons l'inventeur, a été figurée par M. Boitard dans sa Collection d'instrnmens aratoires. Elle est particulièrement propre aux labours des terres légères. L'âge A est
1S2 AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL, uv. lM,
Fîg. 281.
courbé à sa partie postérieure, qui est ajustée à tenou et à mortaise dans le manche B, comme dans l'araire de Small. — Une bride C tournant à l'extrémité delà flèche, au moyen d'une cheville de fer, sert de régulateur. — Une clavette de fer D, que l'on place dans un des trous de sa partie supérieure, suffit pour la maintenir et fixer la ligne de tirage. — Le degré d'enlrure se détermine en accrochant la chaîne du palonnier à un des trous plus ou moins élevés du devantde cettemême bride C. — Les deux mancherons se rapprochent beaucoup sans se joindre à leur partie inférieure, où ils sont maintenus, comme on voit en E, par une verge de fer. — Le mancheron B s'appuie surlasemelleoù il est boulonné; — lemancheron F est attaché contre le versoir; — l'un et l'autre sontconsolidés à une certaine distance de leur extrémité supérieure, par une traverse G. — Le soc, la semelle et le versoir sont en fonte. — Le corps est en fer battu ; il est formé de deux fortes bandes boulonnées à la flèche. La principale et la pins forte H descend verticalement jusqu'à la hauteur du versoir, puis elle se courbe pour aller s'y attacher, ainsi qu'au soc. La seconde I se fixe solidement sur la première et vient s'attacher au sep à la même place que le manche. V araire de Wilkie {fi g. 232), que M. Loudon
Fig. 233.
Fig.232.
considère comme la meilleure charrue écossaise, est entièrement enfer, a l'exception de l'extrémité des manches.Ce qui la distingue particulièrement,c'est la longueur et la concavité remarquable de son versoir, qui a été disposé de manière à retourner complètement la bande de terre dans les sols légers et très peu consistans. — La figure que nous extrayons de Y Encyclopedia of agriculture donne une idée de la forme de cette araire, sans faire suffisamment connaître les détails de sa construction.
Les charrues simples de Finlayson ont été construites d'après les mêmes principes. — L'une d'elles, fig. 233, est remarquable parla
courbure de l'âge, qui a été calculée de manière à éviter tout engorgement dans les terrains couverts de chaumes, de bruyères ou d'autres végétaux. — Celle à laquelle il a donné le nom de charrue squelette (fig. 234), non seulement présente le même avantage, son contre étant porté sur un prolongement particulier au milieu de la bifurcation singu-
lière formée par l'âge au-dessus de la gorge , mais le versoir, au lieu d'être plein, est formé de trois ou quatre verges de fer, fixées à leur partie antérieure sous la gorge et le soc, et à leur partie postérieure, sur une traverse, sans doute retenue à distance du corps delà charrue par deux boulons, et dont on doit supposer que la courbure est celle du
versoir ordinaire. Par ce moyen, l'instrument ne présentant tout au plus qu'un tiers de la surface des autres araires, peut labourer avec facilité les argiles les plus tenaces. Il a
DES CHARRUES, m
été éprouvé, dit-on, avec succès dans le comte de Kent.
V araire américaine (fig. 235 ) réunit à une grande simplicité d'exécution toute la légère-
Fig. 235.
té et la solidité désirables.— A,soc de rechange ajusté et fixé sur le versoir au moyen de deux boulons;— B, versoir à la Jefferson;— C, sep étroit et mince, élargi en dedans à sa partie inférieure par un rebord. Ces trois parties sont en fonte; — D, mancheron gauche fixé sur le sep par un boulon ; — E, mancheron droit réuni à celui de gauche par deux traverses inférieures FF et une traverse supérieure G. On lui donne une courbure telle, que le versoir s'applique exactement et se fixe à sa partie inférieure à l'aide de deux écrous ; — H, âge fixé au sep au moyen d'un étançon antérieur en fer I; d'une entretoise J, et dumancheron gauche D , dans lequel il est assemblé à mortaise ; — K, coutre coudé à gauche et placé au milieu de l'âge, où il est maintenu par un coin et une bride annulaire L; — M, régulateur fixé enN par un boulon oui lui sert d'axe, et maintenu dans la direction de l'âge par la clé O, destinée d'autre part à serrer les écrous. Quand on veutobtenir plus ou moins de largeur de raie, on dirige à droite ou à gauche ce même régulateur, qui est empêché de reprendre sa direction première par la même clé qui traverse l'âge. Le régulateur porte des crans dans lesquels se loge l'anneau d'attelage. Cette araire est du prix de 100 fr.
Art. IV.— Des araires à support et à roue.
Entre les araires proprement dites, qui n'ont aucun point d'appui sur le devant, et les charrues à avant-train distinct, monté sur deux roues, viennent naturellement se placer les araires à support fixé sous l'agi, c'està-dire à roue ou à sabot.
Ce support, de construction variable, comme on pourra en juger à l'inspection des figures de cet article, est formé le plus souvent d'une tige qui traverse la haye dans une mortaise pratiquée à cet effet, dans le sens de sa longueur et non loin de son extrémité antérieure. Cette tige , susceptible de se mouvoir de bas en haut ou de haut en bas, pour augmenter ou diminuer l'entrure du soc, et qu'il est facile d'arrêter au point voulu au moyen d'un simple coin, se termine inférieurement par une sorte de sabot, ou mieux par une roue. — Dans l'un ou l'autre
cas, cet appareil est si léger qu'il n'ajoute pas sensiblement au poids dû reste de la charrue. Le reproche le plus grave qu'on ait dû lui faire, c'est qu'il peut en certaines circonstances, comme les avant-trains, augmenter la résistance en occasionant une décomposition de force; mais, outre que cet inconvénient bien réel n'est pas irrémédiable, en pratique il est, lorsqu'il existe, infiniment moins sensible que dans les avanttrains à deux roues; — ceux-ci, en effet, reposent toujours plus ou moins pesamment sur le sol , de sorte que , quand ils forment un angle dans la ligne du tirage, cet angle est invariable; — avec le seul support dont nous parlons, au contraire, le sabot rase le plus souvent le sol, plutôt pour indiquer au laboureur la profondeur à laquelle il doit se tenir, que pour lui procurer un point d'appui; et s'il lui en sert parfois pour reprendre la raie, lorsque la charrue a éprouvé un dérangement quelconque, alors on ne peut se dissimuler que cet inconvénient accidentel est compensé par la facilité et la régularité du travail. — En somme, l'addition du support , en des mains peu exercées, rend la direction des araires beaucoup plus aisée; aussi l'usage s'en est-il perpétué dans ceux de nos departemens du nord que l'on peut regarder comme les mieux cultivés, et ne sommes-nous pas surpris de les avoir retrouvés, depuis quelques années, dans le centre de la France, chez divers propriétaires dont les garçons de charrue, habitués aux avant-trains, n'arrivaient pa» à une assez grande régularité avec l'araire de Rovilie,
§ Ier. —Araires à sabot.
La charrue la plus généralement employée dans le nord de la France et la Belgique, sous le nom de Brabant , et, sans nul doute, l'une des meilleures connues en Europe , appai tient à la division des araires à une roue ou à un support. Son soc A. {fig. 236) se confond par sa courbure avec le versoir C. — Le sep B est en bois, garni de deux plaques de fer à sa partie inférieure et latérale gauche pour faciliter le glissement. — Le versoir C , en fer forgé, est rivé par-devant sur
i$4 AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL.
Fig. 236.
an lien soudé au soc et maintenu postérieurement par deux étançons qui prennent leur point d'appui, l'un sur le sep et l'autre sur la hâve. — Celle-ci, D, est unie au sep par le plateau E au moyen de 3 chevilles F; elle est consolidée, de plus , par les brides GGG. — Le coutre H est maintenu par un coin. — Le support J sert à déterminer l'entrure au moyen du coin A qui le maintient solidement à la hauteur désirée , et du sabotL qui glisse sur la terre à la partie postérieure, et qui se relève à la partie antérieure afin de ne pas entraîner les fumiers longs.— Le têtard M, vu ici de profil, a été reproduit horizontalement, p. 176, fig. 219. Les trous servent à suspendre le palonnier ; il est évident que plus on le fixe à droite, plus la tranche s'élargit. Le manche unique N reçoit près de son sommet un mancheron O sur lequel peut se porter accidentellement la main droite du laboureur.
Dans divers lieux , on remplace le sabot par une roue P ou R (détails de la fig. 236), qui joint à l'avantage de ne jamais entraîner le fumier, celui de produire un moindre frottement.
D'après les essais qui ont été faits par ordre de la Chambre d'agriculture de Savoie, la charrue Brabant, construite par Machet, d'après des principes qui ne diffèrent pas essentiellement de ceux que nous venons de faire connaître, paraîtrait conserver une supériorité incontestable sur la plupart des autres, dans les terres très-fortes et pour les labours profonds. — Au dire du rapporteur, elle remonte la terre même sur les pentes de 14 à 16 pouces (0m 379 à 0m433 ) par toise (lm949); les récoltes sont aussi belles sur le sol qu'elle relève que sur le terrain inférieur; et il est d'autant plus utile de l'employer dans les pays montueux, qu'elle ne dégarnit point le haut des collines, replaçant toujours au second labour la terre qui a été déplacée au premier.
Cette charrue soulève, à l'aide de deux bœufs et d'un cheval , dans les circonstances 'es plus difficiles, une bande de terre de 11
à 12 pouces (0m 298 à 0œ 325) de largeur, sur 8 à 9 (0m 217 â 0m 244) de profondeur.
La charrue Brabant a maillet {fig. 237 ), qui a fixé particulièrement l'attention du jury Fig. 237.
lors d'un concours récent qui a eu lieu dans le département de l'Aisne , où elle était essayée pour la première fois, attelée d'un seul cheval d'une valeur de 250 à 300 fr. , a donné, à 3 \ po. (0m 095), un labour excellent. A 6 po. (0m 162), quoique son travail fût moins parfait, il n'en a pas moins été jugé fort bon.
Le petit Brabant n'est pas monté pour pénétrer généralement à plus de 4 po. (0m 108) dans la terre. Cependant on peut lui donner jusqu'à 6 po. d'entrure(0m 162) et 8 po. (0m 217) de raie. — La simplicité, la modicité de son prix ( 34 à 40 fr. avec les accessoires ), la légèreté, l'excellent labour qu'il donne, sont autant de précieux avantages qui le recommandent dans la petite culture.
Le Brabant à maillet est d'un grand usage dans la Flandre , où la culture est très-divisée. Lorsque le conducteur est parvenu à maintenir le cheval toujours à la même distance de la raie, la conduite en est facile et peu fatigante. — Avec une raie de 5 à 8 pouces (0 m 135 à 0m 217) de largeur, il laboure de 40 à 60 verges (17 à 20 ares) par attelée de 6 heures de travail.
Le petit Brabant diffère particulièrement de celui que nous avons décrit avant lui , par la plus grande légèreté de sa construction , la forme moins élevée et plus alongée de son versoir , et celle de son support, que nous croyons moins propre à remplir convenablement sa destination, c'est-à-dire à régler l'entrure en glissant au besoin sur le
CHAP. 6e.
DES CHARRUES
sol avec le moins de frottement possible. § II. — Araires à une roue.
L'araire à roue de F. E. Molard est remarquable par le mécanisme ingénieux de
son régulateur, qui permet de fixer avec une extrême facilité la largeur, la profondeur de la raie, et le point d'attache des animaux de trait, de manière à obtenir la moindre résistance possible. Un cadre enfer AAA {fig. 238), mobile au point B sur un boulon à écrous qui
Fig. 238.
lui sert d'axe , porte tout le mécanisme. — A l'extrémité de l'âge est une plaque en fer CC percée de trous {voy. les détails), de manière a recevoir plus à droite ou plus à gauche la cheville mobile D qui sert à arrêter le régulateur horizontal au point voulu. — Au bout du cadre sont placés le régulateur vertical E et la bride F, qui tournent dans la même direction que lui, et qui servent : le premier à régler l'entrure au moyen de la cheville G (détails)qui le traverse ainsi que la pièce de fer H, ce qui permet à la roue de se mouvoir de haut en bas et de se porter latéralement sur la ligne de tirage; la seconde à déterminer convenablement la ligne de tirage à l'aide du
Fig.
crochet. Les autres parties de la charrue n'offrent de remarquable que l'anneau J qui donne plus de solidité au coutre, et la barre de fer K qui ajoute à la force du mancheron gauche L. Ce dernier s'appuie à mortaise sur le sep ; il est fixé sur le devant par un écrou et sur le derrière par le boulon servant d'étançon ou de montant postérieur M. — Le mancheron de droite s'appuie contre le versoir et aboutit également au sep. Le soc N, le corps de la charrue O, et le versoir P , sont en fonte.
La grande araire écossaise à défoncer {fig. 239) est, sous divers points de vue, un des meilleurs modèles jusqu'à présent connus.
— Elle se compose d'un corps en fonte A, auquel se fixent : 1° les mancherons B, au moyen de simples boulons ; 2° le coutre C, dans une coutelière, et 3° l'un des socs de rechange D, de la manière précédemment indiquée (voy. page 171, fig. 197). Ce même corps A porte à sa partie supérieure des crans E destinés à recevoir et à maintenir la chaîne de tirage F, dont on varie la position, selon la profondeur du labour, <*n la plaçant à différens crans.— L'extrémité de l'âge s'adapte, ainsi que l'indiquent mieux les détails de la figure, à une roue H, dont l'axe est coudé de manière qu'elle puisse marchertoujourssur le bord du sillon; on élève plus ou moins cette roue pour régler la profondeur de la raie, à l'aide d'une vis à
écrou I. — Au point G se trouve un régulateur horizontal propre à recevoir le crochet de tirage.
Cette araire, ainsi que nous avons déjà trouvé l'occasion de le dire ailleurs (voy. page 174, fig. 210), se fait remarquer par la manière dont le versoir est fixé. — Toutes les parties frottantes dont elle se compose sont de rechange, et nous pouvons affirmer, d'après les expériences faites dans une ancienne allée de tilleuls du jardin de l'hôtel Vaucanson , qu'elle est à l'épreuve de la force de 8 forts chevaux. — Avec les 3 socs de rechange elle est du prix de 200 fr.
Araire à une roue et à treuil cTAubert. — Pour mouvoir les énormes charrues aux-