‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 110 sur 329 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL

quelles les Anglais ont donné le nom de charrues-taupes, parce que, comme ces animaux, elles creusent des espèces de galeries souterraines, on a dû demander aide non plus à un simple attelage , mais à des câbles et à des manèges. Un cultivateur français,AiiBERT, de Château-Arnoux, qui, peut-être, n'avait pas connaissance de ce fait, a cherché récemment à appliquer le même moyen aux labours ordinaires.

La mécanique dont il se sert pour labourer les quelques arpens qui composent son modeste patrimoine, se compose de deux plateaux de chêne d'une égale dimension, attachés l'un sur l'autre à leur extrémité , par quatre pieds solides. — La longueur des plateaux est de 5 m 50, leur largeur de 0m10,et la hauteur ou vide de l'un à l'autre de 0m 50. — Au centre de ces plateaux se trouve placé un treuil, de 0m35 d'épaisseur, mu par un axe de fer portant une douille qui s'élève audessus des plateaux, et dans laquelle on introduit un levier de 3 m 33 de longueur, avec un palonnier à son extrémité. — Autour du treuil se roule une corde d'un diamètre assez fort pour entraîner la charrue à la distance de 50 à 100 m. — Sur les plateaux sont percés des trous dans lesquels on introduit successivement un cylindre de fer qui sert d'axe aune poulie libre montant et descendant sur cet axe pour rouler la corde autour du treuil. — Quatre roues très-basses sont adaptées au

LÏV. T"<

bout de cette mécanique pour faciliter son transport d'un lieu à l'autre. Dès qu'elle est fixée sur un point, on conçoit que l'araire puisse être entraînée, sans de grands efforts, d'un bout du sillon à l'autre; et que, reportée chaque fois sur un léger chariot à l'origine d'un nouveau sillon, à l'aide d'un cheval ou d'un âne qui peut servir ensuite à faire mouvoir le treuil, elle recommence successivement le même travail. — A chaque deux sillons on change de trou l'axe avec sa poulie.

D'après le rapport qui a été fait au conseil général des Basses-Alpes, cette araire employait 12 minutes pour creuser un sillon de 37 à 40 c. de profondeur et 33 c. de largeur, sur une longueur de 50 met. ; — elle perdait 8 minutes pour recommencer le travail.

Jusqu'ici une telle innovation ne paraît donc pas présenter d'avantages dans la pratique générale des labours; toutefois, elle est, comme tous les procédés nouveaux , susceptible de perfectionnemens qui pourront la rendre fructueuse, et, sous ce rapport, nous avons cru devoir l'indiquer ici sommairement.

§ III.— Araires à deux roues.

La charrue Rosé , montée en araire {fi g. 240), estime de celles qui ont obtenu le plus de succès dans les divers concours qui ont

eu lieu depuis un certain nombre d'années aux environs de Paris et ailleurs. Il suffit de dire qu'elle a remporté 16 fois le prix en concurrence avec les meilleures charrues, pour faire son éloge aux yeux des praticiens.

A la seule inspection de la figure, on peut juger qu'elle est construite de manière à agir comme araire simple ou comme araire à support. — En effet, si l'on supprime par la pensée ce support, on voit une araire avec son double régulateur horizontal A et vertical B, disposés de manière qu'on peut régler Tentrure et la largeur de la raie avec une grande facilité, en faisant mouvoir la tige B de haut en bas ou de gauche à droite , et en l'arrêtant au point voulu par la vis de pression C. — Chaque roue EE, portée, au lieu d'essieu, sur une tige percée de trous FF, peut s'abaisser ou s'élever en même temps que sa voisine, de manière à faire piquer plus ou moins la charrue, ou se mouvoir indépendamment de l'autre afin de maintenir le

parallélisme de l'instrument dans les terrains en pente ou les labours en billons. Chacune de ces tiges est maintenue à la hauteur désirée par un simple verrou fixé dans le châssis qui unit le support à l'âge, ainsi que le représente le détail D.

Ajoutons que le coutre, incliné dans une mortaise percée au milieu de l'âge, est maintenu dans sa position par une vis de pression adaptée à la gauche de l'âge; — que le soc, fixé par deux écrous seulement, peut s'enlever et se remettre avec une très-grande facilité, ainsi que le versoir et même le sep.

Dans celte charrue tout le corps est en fonte.

M. Rosé, pour satisfaire à tous les besoins, a adopté dans ses fabriques 4 modèles de grandeurs diff «-rentes : le 1er, du prix de 50 f. sans avant-train et de 75 f. avec avant-train; — le 2e, de 65 ou de 95; — le 3e, de 70 ou de 100 ; — le 4e, enfin , de 80 ou de 1 10. Les versoirs, les socs et les seps de ces différens mo-

en ap. 6% DES CHARRUES.

dèles se vendent séparément, Savoir, les Ie" au prix de 12 à 22 f. , les seconds de 1 f. 25 c. à 1 f. 50 c., et les seps de 3 f. 75 c.

L'araire à roues ou charrue simple proposée par M. Châtelain (%. 241) diffère

Fig. 241,

beaucoup dans son ensemble de toutes les charrues jusqu'ici employées. — Au contre ordinaire, qui présente un levier dont le bras de résistance est démesurément long relativement à celui de la puissance, puisque ce dernier est compris en entier dans l'épaisseur de l'âge, M. Châtelain a substitué une aile du soc \. qui se relève comme dans le soc Hugonet.— Le soc, entièrement plat, est placé sous la semelle, de manière qu'il n'est ni relevé par elle à son extrémité postérieure, ni recouvert sur aucun point par le versoir B. — Le côté inférieur du versoir est une ligne droite également distante du centre de la machine sur toute sa longueur, tandis que le côté supérieur forme un angle de 36 degrés à peu près aussi dans sa longueur; de manière que le côté droit de la bande de terre ne change pas de place, tandis que le côté gauche se soulève, se dresse, et enfin se renverse toujours progressivement, svuis un même angle, depuis le commencement jusqu'à la fin. En adoptant cette nouvelle disposition, M. Chatelaîn a encore eu en vue que le versoir ne saisît la terre que quand elle est entièrement coupée horizontalement et verticalement par le soc-coiitre. — La haye C est attachée à l'endroit de l'assemblage des mancherons par un boulon , tandis qu'une barre de fer D , qui glisse dans une coulisse fixée sur la face droite de cette même haye par deux écrous, empêche la charrue de s'écarter à droite ou à gauche. — Enfin , ce qui caractérise plus particulièrement encore cette charrue, c'est le moyen de régler sa marche et de la maintenir en équilibre à l'aide d'un triple régulateur; une vis E, qui vient s'appuyer sur un mentonnet adapté h ia coulisse dont nous venons de parler, sert à prendre plus ou moins de profondeur. En descendant la vis, on oblige le sep à- descendre, et on oceasione une pression sur les roues; en l'élevant on fait remonter le talon et on soulève les roues. La charrue est d'aplomb quand la semelle ne tend pas à quitter le sol et qu'elle n'exerce aucune pression au fond de la raie en même temps que les roues ne font qu'effleurer la terre. — Pour que cette condition puisse subsister dans tous les cas, les divisions de <a vis E et celles du régulateur vertical F doivent être en rapport

entre elles et indiquer des mesures relatives et exactes de profondeur. Il est de plus nécessaire que le constructeur fasse connaître, d'après les dimensions des diverses pièces de l'instrument, la longueur des traits des chevaux; et, cette longueur devenant fautive avec des chevaux de taille plus ou moins haute, il donnera avec la charrue un barème qui indiquera la longueur du trait pour chaque centimètre de différence en hauteur des chevaux ; ces traits devenant plus courts à mesure que les chevaux sont moins élevés. — A l'aide du régulateur et de la vis, non seulement il est facile de conserver à la charrue son aplomb de l'avant à l'arrière, de manière que, sauf les obstacles accidentels, on peu* la faire marcher sans la tenir; mais on peut encore, et c'est un point fort important, faire toujours passer la puissance sur le régulateur en ligne parfaitement droite avec le centre de la résistance, de manière à utiliser pour la traction toute la force de l'attelage. — La sellette s'inclinant à droite ou à gauche, on obtient une raie plus ou moins large à l'aide d'une vis H et du régulateur horizontal.

Quoique la charrue Châtelain, d'invention toute récente, n'ait encore, pensonsnous, été exécutée qu'en modèle, nous croyons que ce qui précède est de nature à intéresser, à certains égards, les agriculteurs, qui s'occupent de nos jours, plus qu'on ne Ta fait depuis bien long-temps, des perfectionnemens dont est encore susceptible le premier de nos instrumens aratoires.

Art. v. — Des charrues à avant-'rain.

Autant au moins que les araires, les charrues à avant-train ont été perfectionnées dans les temps modernes. On pouvait croire qu'à mesure que les premières se répandraient sur divers points de la France, les autres, délaissées de proche en proche, attireraient de moins en moins l'attention des cultivateurs et des fabricans. Cependant, si l'on en juge par les faits, notamment d'après les concours qui ont eu lieu récemment dans les déparle mens voisins de celui de la Seine, il n'en est pas ainsi. — La nécessité presque absolue de recourir aux charrues à avant-train en des circonstances assez nombreuses; — la facilité plus grande qu'elles présentent pour le travail à la général it é des laboureurs, et l'espérance de parer, par une meilleure construction, à la plupart des inconvéniens qui les avaient fait condamner en théorie, ont tourné de ce côté les vues des agronomes et des mécaniciens. Mieux éclairés qu'autrefois sur la direction qu'ils devaient suivre, ils ont cherché, tout, en conservant à ces charrues leurs avantages, à les rapprocher le plus possible des araires sous le point de vue d'un moindre tirage, et nous verrons, dans ce qui va suivre, que leurs efforts n'ont pas été sans succès.

Dans sa composition la plus simple, V avant' train d'une charrue comprekd ordinairement deux roues de diamètre égal ou inégal et l'essieu qui les unit;— un support quelconque attaché à ce même essieu, et qui est destiné à recevoir et à maintenir plus ou moins fixement l'âge ou la haye;— enfin un timon presque toujours prolongé postérieurement à l'essieu. Il

AGRICULTURE ■ FAÇONS GENERALES A DONNER AU SOL

liv. r

reçoit d'un côté la chaîne qui unit l'arrière à î'avant-train , et sert antérieurement d'intermédiaire entre la charrue et le point d'attache des animaux de trait. Mais la plupart de ces parties varient tellement de forme et de nom , que nous nous réservons de parler de leurs principales modifications en traitant de chacune des meilleures charrues à avanttrain en particulier.

Donner une description de toutes les charrues des divers départemens de la France ; — de celles seulement que nous avons été à même d'apprécier dans la pratique de différentes localités , ou dont nous avons distingué les modèles dans nos collections, ce serait entreprendre un travail plus curieux qu'utile, et beaucoup trop vaste pour un ouvrage de la nature de celui-ci. Ce n'est pas que, chemin faisant , nous ne dussions trouver çà et là de bonnes choses ; mais , dans l'impossibilité de dire tout ce qui est bien , nous chercherons à

résumer ce que nous regardons comme le mieux.

C'est ainsi que, remontant d'abord aux charrues déjà anciennes qui ont à juste titre conservé leur réputation au milieu d'innovations récentes , nous citerons la charrue Guillaume, celle de Brie perfectionnée, la charrue champenoise, etc.; que,passant ensuite aux charrues plus modernes, nous ferons connaître celles de MM. Mathieu de Dombasle , Pluchet , Grange, etc. , réservant pour la fin de ce paragraphe les charrues à deux versoirs, les charrues tourne-oreilles, et les charrues, trop peu répandues peut-être, à plusieurs

§ Ier. — Des charrues à avant-train à versoir fixe.

La charrue Guillaume, représentée ci-dessous (/?£.242), se fait distinguer des anciennes charrues à avant-train , principalement par la

PDM

A. THKBA'JLT. S.

direction donnée à la ligne de tirage. Elle a obtenu, en 1807, de la Société centrale de Paris , un prix de 3,000 fr. , comme la plus parfaite qui existât alors en France; car, disaient les commissaires, ce qui constitue une excellente charrue, c'est que sa construction soit simple, solide; qu'elle soit facile à mener; qu'elle tienne bien dans le sol ; que le soc coupe toute la terre retournée par le versoir ; qu'on puisse labourer à volonté à grosses ou à petites raies , profondément ou légèrement, et qu'elle exige le moins de force possible pour la tirer. Or, la charrue Guillaume a paru remplir toutes ces conditions.

A {fig. 242), chignon de fer d'une forme convenable pour être fixé le plus près possible du poin.t de résistance , et à l'extrémité antérieure duquel est attachée la chaîne de tirage. Il est maintenu sur l'âge, à sa partie postérieure, par un boulon à écrous; — B, soc emboîtant le sep et la gorge sur laquelle il est boulonné; — C, versoir tenu à écartement fixe par une traverse indiquée en D; — EEE, origine des étançons et de la barre qui joignent le sep à la haye; celui de derrière reçoit et consolide les manches à l'aide du boulon à écrou F, et de 2 chevilles G G; — H, âge ou hâve; — I, timon sur lequel on peut disposer l'attelage des animaux à volonté; — J, corps d'essieu au-dessous duquel est fixé un essieu en fer, dont le bout, qui se trouve du côté de la terre non labou-

rée, a 6 po. (0m162) ae plus que l'autre , pour que les mouvemensde la pointe du soc soient moins sensibles et le train moins versant (voj.pour les détails,/?. 175, Jig. 214);— K, sellettedestinée à supporter le bout de la haye, et dans laquelle on a pratiqué 2 mortaises pour y passer les 2 régulateurs sur lesquels des trous sont disposés de manière qu'on puisse modifier à volonté l'entrure du soc {voy. de nouveau la fig. précitée, p. 175 ); — L, arcboutant ; — M, point d'attache des traits ; — N, emplacement d'un palonnier.

La charrue de Brie perfectionnée différerait fort peu de celle de Small si on ne lui avait donné un avant-train , et si on n'avait cherché à la rendre plus légère en simplifiant sa construction. — Elle convient particulièrement au labour des terres fortes.

Le corps de la charrue A {Jig. 243) est prolongé en col de cygne de manière à recevoir un coutre en fer F, forgé et aciéré, fixé par une vis de pression dans une coutelière en fer. — Le soc G, en fer forgé , est adapté , au moyen d'un boulon, sur le prolongement de la semelle et dusep; une cavité H (voy. le détail) sert à recevoir l'écrou dudit boulon; — le versoir, de la forme de celui de Small, dont on ne voit en I que l'extrémité postérieure, est fixé sur le corps de la charrue par deux boulons à écrou j j et maintenu dans son écartement par un boulon en fer, rivé sur le versoir, d'une part, et boulonné en K; — l'âge ou la flèche L est réunie au

DES CHARRUES

Fig. 243.

corps de la charrue par 3 boulons MMM; — le mancheron de droite est assujetti sur le versoir par 2 boulons; celui de gauche est maintenu, comme on le voit, à l'aide des boulons NN et de mentonnets O.

L'avant-train se compose de 2 roues, dont les moyeux sont en fonte, le cercle et les raies en 1er forgé; — d'un essieu en bois revêtu en dessous de deux lames de fer qui, à leurs extrémités, lui servent de frète; — d'une sellette en plan incliné P sur laquelle on a pratiqué des trous destinés à recevoir la bride Q qui maintient la direction de la flèche; — d'une chaîne de tirage R qui détermine Pentrure; — d'une chaînette S qui maiutient le timon dans une position horizontale;— enfin d'une volée d'attelage indiquée de profil en T, et terminée par un crochet U qui peut servir au besoin a atteler un troisième che.val.

La charrue dite Champenoise diffère surtout de celle de Brie par l'inégalité des roues de son avant-train. Celle de droite, destinée

Fig

à tourner dans le fond du sillon, doit avoir un diamètre plus grand que celle de gauche,

Earce que, sur les terrains labourés en hauts illons, s'il en était autrement, chargée de presque tout le poids de la charrue, elle risquerait à chaque instant de culbuter. — Une disposition analogue se retrouve dans la charrue anglaise de Norfolk et dans diverses charrues modernes. — Enfin, dans la fort bonne charrue de M. Rosé, que nous avons dû placer dans le § précédent, les deux roues, de même diamètre, mais indépendantes l'une de l'autre, peuvent s'élever ou s'abaisser tour-à-tour.

La charrue de Eoville à avant-train n'étant autre que l'araire Dombasle dont nous avons parlé ailleurs , nous nous bornerons à la description de Pavant-train , qui permet de régler Pentrure du soc et la largeur de la raie avec une très-grande précision , quoique par un moyen différent de ceux qui ont été mis en usage jusqu'à ce jour.

Avec cet avant-train {fig. 244), on augmente

ou l'on diminue la largeur de la raie en faisant varier, à droite ou à gauche, au moyen d'une boite à coulisse, l'extrémité antérieure de Page sur Pavant-train; en sorte qu'on peut obtenir toutes les largeurs possibles dans la tranche, sans cesser de faire.marcher la roue au milieu de la raie ouverte. La boîte à coulisse dont je viens de parler glisse sur une traverse horizontale où elle se fixe au moyen d'une vis de pression, et cette traverse elle-même s'élève ou s'abaisse à volonté pour régler Pentrure de la charrue. On a néanmoins conservé la chape du tétard, mais c'est uniquement dans le but de donner au laboureur le moyen

de maintenir la direction de Pavant-train, lorsqu'on laboure en travers sur une pente rapiae; dans tous les autres cas, la chape reste libre sur son axe, et c'est dans la boîte à coulisse et la traverse qui la porte que l'on doit trouver les moyens d'obtenir toutes les combinaisons possibles pour Pentrure de la charrue et la largeur de la tranche.

J, crochet fixé à l'extrémité d'une bande de fer qui garnit la face inférieure de Page. A ce crochet s'adapte la chaîne k liant Pavant-train à la charrue, et sur laquelle se fait le tirage; — b , goujon faisant partie de Pavant-train; — mm, piton placés sur Page<

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—Dans ces pitons s'emmanche le goujon b qui y glisse et tourne librement; — n, boîte à coulisse glissant sur la traverse o, et se fixant sur cette dernière au moyen d'une vis de pression a : la boîte à coulisse n est liée au goujon b de manière à former, avec ce dernier, un genou, pouvant se plier dans tons les sens, ce qui permet de faire subir facilement à la charrue tous les mouvemens nécessaires; — o, traverse supportant la boile à coulisse. Celte traverse glisse dans un sens vertical le long des montans /?/?, et. se fixe à volonté sur ces derniers au moyen de chevilles en fer; — z, traverse consolidant les

Fig.

tiv. Ier.

montans pp; — ss , deux branches formant la chape; — r, boulon formant Taxe de la chape; — w, boulon formant l'axe du crochet; — v, crochet qui reçoit la volée; — x, broche en fer servant à fixer la chape à gauche ou à droite, selon le besoin; — /, les armons liés à la chape au moyen de l'axe t ; — z, traverse consolidant les branches d'armons; — q, rouelles en fer; — /•, essieu aussi en fer. (Annales de Roville, dernière liv. )

Le prix de l'avant-train seul de la charrue Dombasle, qui peut s'adapter à toutes les charrues du modèle de 1832, est de 65 fr.

La charrue Pluchet (Jîg. 245 et 246) est,

parmi les charrues qui ont concouru depuis quelques années aux environs de la capitale, et notamment à la ferme-modèle de Grignon, une de celles qui ont le plus fixé l'attention des cultivateurs et mérité le plus de prix par la bonté et là facilité du labour.

Le sep ( fig. 246 ) est en fonte. Il affleure Fig. 246.

à sa partie gauche un bâtis en bois B qui est, ainsi que lui, fixé aux 2 élançons C C. — A la partie antérieure de ce bâtis se trouve le soc D, retenu à frottement sur le versoir et le sep, et à l'aide d'un crochet E à la partie supérieure de la gorge. — Le contre F est maintenu dans une coutelière; — les mancherons sont boulonnés l'un et l'autre à l'extrémité antérieure de l'âge et sur l'étançon de derrière. i/age G n'offre aucune particularité.

Le versoir H {fig. 245) est en fonte et se distingue par sa longueur proportionnelle.

L'avant-train, d'une forme toute nouvelle, se compose d'un cadre O servant de support à la sellette I; — d'une verge j boulonnée dans la sellette d'une part, et retenue par une sorte de collier ou décrou K sur la traverse antérieure du cadre susdit. Cette verge étant à vis sur une partie de son étendue , lorsqu'on la fait agir en K, attire ou repousse la sellette sur 1 avant-train , de manière a

augmenter ou à diminuer l 'obliquité de l'âge avec le sol, et, par conséquent, à soulever le soc ou à le faire piquer davantage.

Les entailles au moyen desqueiles la sellette glisse et est retenue sur les 2 branches du cadre, devenant trop larges à mesure qu'elle se rapproche des roues, pour la maintenir fixement M. Pluchet a ajouté un coin qui s'interpose entre elle et la branche droite. — Ce coin , ainsi que la partie correspondante de la sellette, sont percés de trous propres à recevoir une clavette qui les unit invariablement.

La bride de fer L (V. les détails) qui embrasse l'âge, se termine par une tige de même métal, mobile latéralement dans une mortaise pratiquée sur la branche gauche du cadre O. Cette tige, percée de trous, sert à entraîner l'âge et à le fixer, à l'aide de la cheville M, plus à droite ou plus à gauche, ou, en d'autres termes, à déterminer le plus ou moins de largeur de la raie. La tigeN, vue de trois quarts dans le détail N, sert à maintenir les traits à une certaine hauteur, pour la plus grande commodité du laboureur.

Cette charrue, que nous avons vue fonctionner avec succès dans des terres difficiles et compactes, construite avec plus de légèreté, quoique d'après les mêmes principes, est particulièrement propre aux labours des sols de moyenne consistance. Parmi les six charrues dont M. Pluchet fait un usage journalier chez lui, à Trappes, il en est une qui, depuis trois semaines, à l'aide d'un seul cheval, et sans que celui-ci paraisse nullement fatigué, retourne chaque jour un demi-hectare, en prenant une bande de terre de faible profondeur. La charrue Pluchet, depuis un an, se répand de plus en plus dans le département de Seine-et-Oise.— Son prix est de 130 fr. avec

«tap.6«. DES CHARRUES, 191

des balances pour la conduire aux champs, I d'une manière tranchée de toutes les autres et de 125 fr. avec un seul palonnier. charrues à avant-train :

La charrue Grange (Jig. 247) se distingue l 1° Par le levier A, attaché d'une part à Taris- 247.

vant-train en B, et de l'autre au mancheron gauche en C, au moyen de deux chaînettes que l'on peut serrer de manière que ledit levier appuie fortement sons l'essieu en D. Dans l'état de repos, les choses étant ainsi disposées, le levier, en pesant sur l'armon \ tend à en abaisser la partie antérieure. — Dès que les animaux de trait sont en marche, le contraire arrive; c'est-à-dire qu'ils relèvent, avec cette partie de l'avant-train, l'extrémité B de la perche ; que celle-ci, maintenue sous l'essieu, abaïsse par conséquent le mancheron, faisant ainsi l'office du laboureur pour maintenir la charrue à sa profondeur dans la raie.

2° Par le levier E, attaché antérieurement à droite du timon, postérieurement à la traverse du versoir ou à la droite de l'âge, et maintenu le long du montant droit de la sellette. Ce levier, qui n'agit que lorsque les animaux de trait ne marchentpas, équilibre alors l'action de la perche Aet empêche le palonnier de toucher la terre lorsque la charrue s'arrête pour tourner à la fin de chaque sillon. Dès qu'elle a repris la direction voulue et que les chevaux relèvent de nouveau les armons, la chaînette F se détend et le premier levier agit seul. — Plus tard on a rendu inutile ce second levier, en prolongeant cette chaînette et en la fixant directement à l'âge.

3° Par un troisième levier G, dont l'action, indépendante des deux premiers, n'a pour but que de soulever la pointe du soc lorsqu'on tourne la charrue au bout de chaque raie. Il est fixé sur le devant à la partie antérieure de l'âge, et disposé de manière à basculer au point H des montans de la sellette. — Pour obtenir l'effet voulu, il suffit donc d'accrocher ce levier en I.

De cette triple addition résultent évidemment deux grands avantages : — Le travail de l'homme qui tient la charrue est sensiblement diminué, parfois nul; — le levier A, en liant d'une manière fixe les deux parties de cette charrue et en rejetant presque tout le poids de l'avant sur larrière-train, la transforme en une araire véritable à roues modératrices, dont il devient l'âge, et la résistance se trouve ainsi sensiblement diminuée. Aussi, d'après les expériences dynamométriques faites à Griguou, la charrue Grange n'a-

t elle donné que 6 à 8 kilog. de plus de tirage que les araires de cet établissement.

Ce n'est pas tout : enhardi par ses premiers succès, M. Grange a voulu obtenir encore plus.Non content d'avoir simplifié beaucoup le travail du laboureur, il a cherché à le rendre inutile partout ailleurs qu'à l'extrémité des sillons, ou, en d'autres termes, à obtenir une charrue qui se maintînt seule dans la raie. — En théorie, il ne fallait pour cela, une fois Pentrure réglée, que maintenir le soc dans son horizontalité et sa direction première, et le moyen d'y arriver c'était de fixer invariablement l'âge à son point de jonction sur la sellette. Il le fit donc carré à cet endroit, le plaça entre deux forts montans, également carrés, et le lia de plus à l'aide de deux chaînes au lieu d'une, de sorte qu'il ne pût s'incliner ni à droite ni à gauche qu'avec l'avant-train. Toutefois cette dernière innovation, dont il serait injuste de ne pas reconnaître le mérite, présenta aussi en pratique d'assez graves inconvéniens.

Si la charrue labourait dans un terrain parfaitement plane à sa surface et homogène dans sa composition, de manière qu'aucune butte, aucune sinuosité ne put élever ^ou abaisser une des roues plus que l'autre, et qu'aucune racine, aucune pierre ne vînt déranger la direction du soc, il n'est pas douteux que le but de l'inventeur eût été parfaitement et complètement rempli. Malheureusement, il en arrive assez souvent autrement, et alors, non seulement cette charrue ne peut marcher régulièrement seule, mais l'homme qui veut la maintenir éprouve autant, au moins, de difficultés qu'avec une charrue ordinaire. Cette difficulté augmente en raison de la légèreté du sol et du peu de profondeur du labour ; car alors, ainsi que l'attestent trop bien les essais faits aux environs de Paris, la charrue Grange, n'étant pas maintenue en terre par la cohésion ou l'épaisseur de la bande, dévie d'un côté sur l'autre au moindre obstacle et peut à peine tenir en raie. — Dans les sols plus consistans, un pareil inconvénient est moins sensible et moins fréquent. Là il est certain que le laboureur peut souvent marcher, les bras croisés, derrière la charrue ; mais, à moins ae circonstancesparticulièrementfavorableste,a*

AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL. uv. \<*.

core faut-il qu'il soit là tout prêt à la redresser au besoin ; et dès-lors il est permis de se demander si la fixité de l'âge qui entrave l'action des mancherons, est une chose heureuse, et si la difficulté plus grande de remédier en certains momens à l'imperfection du travail, ne compense pas un peu la facilité remarquable qu'il présente dans beaucoup d'autres. — Du reste, cet inconvénient a été si bien senti, que M. Grange lui-même a dû rendre ultérieurement l'âge légèrement mobile entre les deux montans de la sellette.

Voici, d'après lui, les deux moyens à employer pour obtenir la profondeur et la largeur de raie désirées : — C'est d'incliner le corps de la charrue à droite pour avoir une plus grande largeur, à gauche pour l'obtenir moindre. Cette inclinaison se donne à droite, en élevant la sellette d'un ou plusieurs trous, au moyen du régulateur en fer qui se trouve placé perpendiculairement sur l'essieu ; elle se donne à gauche, en abaissant plus ou moins celte sellette vers l'essieu. Pour régler la profondeur du labour, il faut abaisser ou élever la broche en fer qui traverse horizontalement les deux jumelles et soutient la haye; en élevant cette broche on a moins de profondeur, en l'abaissant on en obtient davantage. • — La charrue Grange, fabriquée sous ses yeux à Monthureux-sur-Saône, arrondissement de Mirecourt (Vosges), ou chez le sieur Mathon , charron à Épinal, est du prix de 115 à 120 fr.

La charrue Grange modifiée par M. Mathieu de Dombasle, diffère particulièrement de celle qui vient d'être décrite : 1° par une pièce en fer fixée sous l'âge, dite régulateur des chaînes^ et à laquelle celles-ci sont en effet attachées. On égalise leur longueur en portant à droite ou à gauche la queue du régulateur, qui est percée de trous au moyen desquels on peut la fixer à l'aide d'une goupille. Cette queue est également fixée à l'aide

Fig.

d'une chaînette qui s'oppose à de trop grands écarts, lorsque la goupille n'est pas mise; de sorte qu'on peut, dans la plupart des circonstances, se dispenser démettre cette goupille, et laisser libre la queue du régulateur; — 2° par la vis de rappel, qui sert à incliner le corps de la charrue à droite ou à gauche et qui unit le manchon à l'âge ; — 3° par la disposition du levier de pression, qui entre à son extrémité antérieure dans un anneau ou collier fixé sur un des armons; ce collier s'élève ou s'abaisse à volonté à l'aide de deux écrous, afin qu'on puisse toujours le placer au point convenable pour que le levier exerce par-derrière une pression suffisante sur les mancherons, et qu'il soutienne pardevant les armons. Lorsqu'on tourne à l'extrémité du billon, l'extrémité postérieure du levier est engagée dans un autre collier mobile sur une barre de fer placée en forme de traverse entre les mancherons ; — 4° et enfin par la suppression du second levier rendu inutile par suite du double emploi du premier.

A l'aide d'un tel arrangement, on peut employer la charrue directement à la manière de M. Grange, ou si l'on trouve que l'immobilité de l'âge sur la sellette soit, ainsi que nous le disions plus haut, un obstacle à sa facile direction en cas de dérangement, il devient facile de la transformer en charrue à avanttrain maniable, en faisant tourner la vis de rappel du manchon jusqu'à ce qu'elle sorte de son écrou. — L'âge peut alors se mouvoir librement au gré du laboureur. — Cette charrue, prise à Roville, vaut 160 fr.

Lors d'un concours qui a eu lieu en 1834, sous les auspices de la Société industrielle d'Angers, cette charrue, que la commission a jugée digne par sa perfection de la réputation de M. de Dombasle, a été essayée comparativement avec une autre charrue également modifiée d'après l'invention Grange, celle de M. Laurent {fig. 248),

que sa simplicité et l'approbation d'hommes dont nous apprécions le savoir et la consciencieuse sévérité, nous ont engagé à reproduire ici, bien que nous ne puissions en parler que d'après un dessin.

Long-temps avant de connaître les modifications apportées par M. de Dombasle, M. Laurent avait, comme lui, supprimé le second levier. — Le court mancheron A, qu'il a réservé, est percé de trous, disposés de ma-

nière à permettre d'élever ou d'abaisser le point d'attache du levier de pression qui prend son point d'appui en B au lieu de le prendre sous l'essieu; — une seule chaînette C unit l'arrière-train à l'avant-train. Du reste, l'âge est maintenu de même immobile entre les jumelles. « Bonté dans le travail, modicité dans le prix de l'instrument, tels sont, dit le rapporteur, les avantages de la charrue Grange simplifiée par M. Laurent. »

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