‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 113 sur 329 · tome I · texte numérisé non relu

tome I

AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL. liv. i".

celle de devant , ajoutent encore à la force de l'instrument. L'âge E est également maintenu sur les deux traverses. Il est percé en F n° 2 pour recevoir le support à roulette G n°l, et terminé sur le devant par un régulateur vertical H n° 1 et horizontal n° 2.

Dans ces derniers temps, M. de Dombasle ayant reconnu qu'en pratique les extirpateurs à pieds mobiles présentaient l'inconvénient d'être assez difficiles à ajuster de manière à fonctionner avec une régularité parfaite, bien qu'ils eussent d'ailleurs de véritables avantages, il crut devoir en construire de nouveaux à pieds fixes, assemblés dans les traverses au moyen d'écrous, comme cela se pratique généralement en Angleterre. — Cette construction présente moins d'inconvéniens depuis que l'on construit les socs entièrement en acier, parce qu'ils s'usent beaucoup moins promptement, de sorte que, par le fait, on n'éprouve presque jamais le besoin de les rapprocher.

L'extirpateur à cinq pieds mobiles et à socs en fer, à établir sur un avant-train ordinaire de charrue, coûtait 105 fr. — Le même, avec roue sous l'âge pour remplacer l'avant-train, 120 fr. — A pieds fixes e! à socs entièrement, en acier, il ne coûte dans le premier cas que 87 fr. ; — dans le second que 105 fr. — Chaque pied de rechange est du prix de 11 fr. Uextirpateur de M. de Valcourt ( fig. 262 ),

Fig. 262.

qui a été adopté à Grignon, où on le fabrique, est à cinq socs. Il pourrait en avoir deux de plus dans les terres légères.— Dans l'origine il était sans support sous l'âge, mais, depuis quelques années, on lui a ajusté une roulette qui facilite sa marche sans augmenter le tirage; car elle ne sert, à proprement parler, de point d'appui lorsqu'elle est bien réglée, que pour tourner la machine quand il en est besoin, et pour la rétablir dans sa position première si elle venait à en dévier, cas assez rare, puisque, une fois entrée en raie, elle peut marcher à peu près seule.

A, âge ou haye;— B, régulateur;— C, roulette;— JJ coutresscarificateurs droits placés devant les pieds et remplacés, dans les terrains pierreux, par des cou très courbes, P,R; — H H, pieds des socs;— OO, clavettes quelquefois remplacées par des brides; — K, pointe des coutres-scarificateurs emboîtant l'extrémité du soc;— L, ailes du soc;— N, mancherons;— M, point d'attache de la volée;— G, socs vus

isolément et leurs ailes;— PR, coutre-scarificateur;— Q, scarificateur.

Deux des extirpateurs anglais les plus estimés, sont ceux de Wilkie et de Hayward. Le 1er {fig. 263 ), dont le bâtis est entière-

Fig. 263.

ment en fer, est à troisroues et à un seul manche. Il porte en tout neiif socs solidement boulonnés, de manière qu'il soit néanmoins facile de les enlever lorsqu'ils ont besoin de réparation, et de les remettre en place. Il paraît qu'à ces socs on substitue parfois des roues coupantes pour préparer les labours des terrains engazonnés, ou des coutres auxquels l'inventeur a donné l'une des formes indiquées dans les détails de la figure, afin d'ajouter la jorce de tension à celle de la simple résistance. En effet, on doit considérer un pied d'extirpateurou de scarificateur comme un levier dont le point d'appui est en A, la puissance en B et la résistance en C. Dès-lors on comprend combien sa position plus ou moins inclinée à l'horizon, peut et doit modifier son action dans le sol.

'L'extirpateur de Hayward (fig.264) se com-

pose d'un châssis en bois A, sur lequel sont fixés, à l'aide d'écrous, onze socs à pied, six sur le derrière et cinq sur le devant;— de deux mancherons BB;— d'un âge C adapté à un avant-train D, sur lequel on peut, à volonté, l'élever ou l'abaisser pour régler l'entrure des socs ; — de deux petites roues à jarates très-larges CC, dont les pivots tournent dans les deux branches d'un bras en fer qui peut glisser verticalement dans la traverse postérieure du châssis, également dans le but de permettre de modifier la profondeur du labour; — enfin, de deux chaînes FF servant à tirer le cadre carrément, bien qu'elles lui permettent néanmoins de s'incliner un peu plus d'un côté que de l'autre, selon que l'exige l'inégalité du terrain. Les roues de l'avanttrain sont portées sur des bouts d'essieux en fer fixés par des boulons aux extrémités de l'essieu en bois.

A l'aide de cette machine disposée de manière qu'on puisse enlever, pour la conduire dans les terrains argileux, deux des socs de

chap. 6". DES LABOURS A L'AIDE DES RATISSOIRES ET SCARIFICATEURS. 203

chaque extrémité, ce qui réduit le nombre des autres à 7, on donne, en des terres précédemment remuées à la charrue, de légers labours qui peuvent toutefois augmenter progi essivement de profondeur assez pour atteindre le fond de la raie.

De ces divers extirpateurs, le plus parfait, celui qui peut se prêter le mieux à tous les travaux qu'on est en droit d'attendre de ces sortes d'instrument, est évidemment celui de M. de Valcourt; mais sa complication le rend dispendieux. Celui de Roville, tel que je l'ai décrit, avec la tige antérieure du pied du soc qu'il serait facile de transformer en un véritable coutre, me paraît, à cause de sa simplicité même, devoir être généralement préféré dans la pratique.

Art. il. — Des labours à la xitissoire.

Quoique les ratlssoires soient plutôt des instrumens de jardinage que de grande culture, cependant on a pu parfois les introduire avec avantage dans cette dernière. En Allemagne, il n'est pas sans exemple qu'on se serve de ratissoires à cheval, de préférence à la charrue, pour déchauirer les champs de bléet pour donner les labours de jachère.On les emploie aussi pour aplanir ou régaler le terrain dans lequel se trouvaient précédemment des plantes butées. — Dans le comté de Kent, au dire d'YouNG, on s'en sert habituellement pour donner, après la récolte des fèves, une culture destinée à empêcher les mauvaises herbes d'envahir le sol jusqu'au moment où il peut être labouré et ensemencé en froment ; — pour préparer les semailles de spergule, de raves, de sarrazin , maïs, etc., etc. — Ce travail, sur les terrains légers ou encore ameublis profondément, donne des résultats satisfaisans, et se fait avec promptitude sans exiger une trèsgrande force de tirage.

Il est évident que plus la lame des rôtissoires a de longueur, plus la quantité de terre labourée à la fois est considérable, mais aussi plus le tirage augmente et plus les inconvéniensqui résultent ou peuvent résulter de la disposition et de la nature du terrain, sont sensibles. — Ces lames ordinairement sont ajustées plus ou moins obliquement sur une monture , selon qu'elles doivent pénétrer plus ou moins en terre. — Deux manches servent, conjointement avec un âge portant sur un avant-train ou sur une simple roue, à maintenir la direction et à régler la profondeur du labour.

Dans la rôtissoire à cheval (fig. 265), la

Fig. 265.

au moyen de laquelle on peut modifier l'entrure de la lame;— celle-ci B est maintenue fixement par deux montans emmortaisés dans une traverse qui sert de point d'appui aux mancherons. — A l'extrémité antérieure de l'âge ou de la flèche C, se trouve un anneau destiné à recevoir les traits d'un cheval ou d'un âne.

La drague à claie, dont il a été parlé ailleurs, est un nouvel exemple du parti qu'on peut tirer des ratissoires dans la grande culture.

Art. iii. — Des labours au scarificateur.

Les scarificateurs diffèrent des extirpateurs et se rapprochent des herses par l'absence des socs qui caractérisent les premiers et la présence de contres qui agissent à la manière des dents des dernières. Aussi, on les confond parfois avec elles. — On les emploie en des circonstances assez différentes : parfois ils précèdent la charrue dans les défrichemens pour faciliter son action; — le plus souvent ils remplacent avantageusement la herse pour les façons qui suivent les labours. — Au printemps," on les emploie, comme les extirpateurs, sur les champs qui ont perdu leur guéret,et qui commencent à se couvrir de mauvaises herbes. — La même chose a lieu avant les semailles d'automne. — Sur des terrains profondément ameublis par d'anciens labours, tels, par exemple, que ceux qui ont donné l'année précédente une récolte de racines, et qui n'ont pas été travaillés depuis, les scarificateurs peuvent remplacer avec économie la charrue. — Ils le peuvent encore avec un avantage bien plus grand sur les jachères dont le principal but est la destruction d<s mauvaises herbes.

Les machines aratoires auxquelles on devrait réserver le nom de scarificateurs, sont tantôt à un seul support, comme certaines araires, ou à plusieurs roues fixées aux angles de leurs châssis; tantôt à avant-train. — Elles ont des contres trnnchans, fixés de diverses manières sur un bâtis muni de mancherons, et portant un âge à l'aide duquel on peut modifier leur entrure.

Le scarificateur Guillaume ( fig. 266) est

roue A est emmanchée comme la poulie d'un puits. Elle porte une tij?e mobile dans l'âge,

formé d'un plateau solide M, destiné à fixer les 5 coutres, dans chacun desquels on a pratiqué 3 trous propres à recevoir une double clavette qui sert à le maintenir, et, selon ia place qu'elle occupe, à lui donner

liv. r

204 AGRICULTURE : FAÇONS GENERALES A DONNER AU SOL

plus ou moins de longueur en terre. — Le y 2G9

sabot N empêche le plateau de poser sur le sol. — Ce scarificateur est construit de manière à être adapté à un avant-train de charrue Guillaume ou de toute autre charrue, avec la seule précaution de tenir la haye bien droite en la fixant sur la sellette. La bride O maintient une chaîne qui doit être attachée au crochet des armons. de socs, mais par le mecanism<

Dans les ateliers de M. Guillaume cet ins- qui permet de modifier la profondeur dulatrument coûtait 100 fr. Bour à l'aide d'une simple vis modératrice,

"Le scarificateur de Coke {fig. 267), décrit et et par la disposition de la bride à laquelle s'a- Fig. 267. daptent les traits des animaux. Ce léger In-

strument , que deux chevaux peuvent conduire, est d'une très-erande solidité; aussi exige-t-il très-peu de frais d'entretien. Il est du prix de 110 fr.

M. Geffroy a disposé son scarificateur de manière qu'il soit facile, en réduisant à trois le nombre de sescoutres, et mieux encore en substituant à ces trois coutres trois pieds d'extirpateur, de l'utiliser à la manière d'une houe à cheval pour biner entre les lignes.

Uusage du scarificateur est encore moins répandu en France que celui de l'extirpateur, et il faut avouer que le labour qu'on en obtient est en général moins bon; mais il faut reconnaître aussi qu'on peut utiliser avantageusement le premier dans diverses circonstances où il serait difficile de recourir au second. Telles sont notamment celles où le sol est rocailleux , où il contient des gazons non découpés, des racines traçantes et liées entre elles; par là les socs seraient à chaque instant brisés, dérangés ou arrêtés dans leur marche, tandis que les coutres résistent mieux aux pierres et se font jour à travers les herbes. A la vérité, lorsque les obstacles de ce dernier genre surabondent, les scarificateurs, comme les extirpateurs, sont sujets à l'engorgement, de sorte qu'il faut arrêter fréquemment les animaux pour nettoyer l'instrument, et alors l'opération devient plus lente, sans cependant offrir une grande perfection. Il faudrait pouvoir à la fois pulvériser et nettoyer le terrain. L'Anglais Morton est, je crois, l'un des premiers qui ait cherché à résoudre simultanément ce double problème. Son scarificateur rotatif et à râteau s'est répandu depuis une quinzaine d'années et conservé dans la pratique écossaise. Il existe même, dit-on, en France, sur plusieurs grandes exploitations, notamment aux environs d'Arpajon; mais, n'ayant pas été à même d'apprécier les importans résultats qu'on lui attribue, je ne pourrai en parler que d'après les écrits des auteurs anglais et les excellens dessins de M. Leblanc.

Le scarificateur rotatif à râteau rfeMoRTOiv {fig. 270 ) se compose d'un corps d'essieu en bois A , dont les fusées sont en fer ; — de 2 roues B; — d'un châssis en fer C,C,C boulonné contre l'essieu ; — d'un timon ou âge en fer tenu au milieu du corps d'essieu par un pilon fourchu et à écrou qui lui permet de se mouvoir dans un plan vertical; — d'une fourchette verticale E dans laquelle le timon peut être fixé à diverses hauteurs; — d'une autre fourchette F dans laquelle passe également le timon, et qui va soutenir, par son prolongement inférieur, l'axe coudé des hérissons; — de hérissons j, au nombre de huit ou dix

figuré dans l'ouvrage de F. E. Molard, se distingue surtout des autres scai ificateurs connus, par l'arc de cercle en fer F qui sert à maintenir, au moyen de chevilles en même métal, les côtés latéraux D à l'écartement voulu.— Ces mêmes côtés D sont fixés à charnière en E sur la pièce du milieu qui reçoit ellemême la bride de tirage à son extrémité antérieure et les mancherons à son extrémité postérieure. — Le nombre des coutres, auxquels on peut substituer des socs, est de 8. Le scarificateur Bataille {fig* 268) est

Fig. 268.

une modification de l'extirpateur Beatson. Comme il est destiné à être traîné par 2 et 3 chevaux, on a pu lui donner un plus grand nombre de pieds ou plutôt de coutres, car il ne porte pas de socs. Au châssis en bois, sur lequel sont boulonnés les coutres, on a joint une sorte d'avant-train élevé sur 3 roues, dont celle de devant peut tourner en tous sens pour faciliter le travail du conducteur et des animaux à chaque changement de direction.

Depuis quelque temps l'usage de cette machine, vulgairement connue sous le nom de herse, s'est répandue chez plusieurs propriétaires qui en font un cas mérité. Son action réunit à l'énergie la promptitude d'exécution.

Le scarificateur Geffroy {fig. 269) se rapproche encore davantage dans sa forme de l'extirpateur Beatson. Il en diffère cependant essentiellement, non seulement par l'absence

chai\ 65. DES LABOURS A L'AIDE DES Fig. 270.

tournant librement sur leur axe ; leurs dents recourbées uniformément vers la pointe sont

f>rises dans des moyeux de fonte coulés sur es dents mêmes; — d'un râteau L, à dents de fer, attaché, au besoin, au corps d'essieu à l'aide de pitons à écrou qui lui permettent de se mouvoir dans le sens vertical; — enfin , de mancherons en bois M qui servent à diriger et à soulever le râteau pour le dégager des herbes qu'il entraîne.

En général , dit-on , et cette affirmation ne parait présenter aucune exagération, sur un seul labour, après quelques traits de ce scarificateur, le champ le plus infesté de racines de chiendent ou d'autres mauvaises herbes se trouve parfaitement préparé et nettoyé pour recevoir toute sorte de graines. — Ce n'est qu'au dernier tour qu'on fait usage de la herse.

Malheureusement, quelque parfaite qu'elle soit, cette machine compliquée est nécessairement d'un prix qui la met hors de l'atteinte de le plupart des cultivateurs. Elle a de plus l'inconvénient d'exiger un très- fort tirage, de sorte que l'on ne doit sagement en recommander l'usage qu'aux propriétaires de vastes domaines.

Il n'en est pas de même du léger scarificateur que M. Vilmorin a adopté dans ses belles exploitations des Barres. Cet instrument, que je regrette de ne pas avoir sous les yeux, est une imitation bien moins coûteuse d'un modèle anglais connu sous le nom de tormentor. C'est une sorte de grand râteau avec des dents longues d'environ 1 pied sur une seule rangée, adapté à un châssis triangulaire à trois roulettes.— La traverse de derrière, au lieu d'être d'une seule pièce, est composée de deux pièces ayant entre elles assez d'écartement pour laisser passer les dents du râteau. Le fût sur lequel son t montées celles-ci et auquel sont adaptés les mancherons , repose sur ces deux traverses ; il est mobile, de sorte que quand on veut débarrasser l'instrument, il n'y a qu'à soulever les mancherons, les dents frottent en remontant contre les deux traverses fixes , ce qui fait retomber le chiendent qu'elles portaient et les nettoie.

Art. iv. — De l'cmottage à la herse.

Dans la pratique ordinaire cette opération est presque toujours le complément obligé des labours à la charrue. — Il importe qu'elle

SCARIFICATEURS ET HERSES. 205

soit faite en temps opportun et de la manière la plus convenable.

Sur les terrains légers le hersage est moins nécessaire et beaucoup plus facile que sur le» autres. Comme ils retiennent peu l'eau et qu'ils ne se durcissent pas comme les argiles, on trouve sans peine le moment favorable; mais sur les terres fortes il n'en est pas de même. Lorsque les mottes sont trop humides, elles se pétrissent pour ainsi dire sous les pieds des animaux et fléchissent sous l'action des dents; — lorsqu'elles sont trop sèches, elles roulent sans se briser, de manière que la herse ne fait que sautiller dans sa marche irrégulière. Il faut donc choisir l'instant où la terre est suffisamment ressuyée sans avoir perdu toute son humidité.

Tantôt le hersage se fait en long, c'est-àdire dans le sens des sillons; — tantôt on le pratique perpendiculairement à ces mêmes sillons; — dans d'autres circonstances , il les coupe obliquement; — enfin , très-souvent, et c'est un fort bon moyen , on donne un hersage croisé. — Dans le Mecklembourg et quelques autres parties de l' Allemagne , on herse encore en rond. Voici ce que dit Thaer de cette méthode que je n'ai vu pratiquer nulle part en France : « Le hersage en rond ne peut avoir lieu que sur des planches très-larges ou sur des champs labourés à plat. Les chevaux , ordinairement au nombre de quatre et quelquefois de six, sont attachés les uns au palonier, les autres à la herse. Le conducteur tient par la longe le cheval de devant, le plus souvent celui de la gauche, et lui fait faire un tour sur lui même; les chevaux qui sont à côté de lui doivent, comme on le conçoit, décrire un cercle d'autant plus grand qu'ils sont plus éloignés du centre. Lorsque le cercle est presque fini, il descend quelques pas plus bas et fait alors un second tour. On continue ainsi dans toute la largeur que les herses peuvent embrasser. On comprend facilement que le cheval qui est le plus éloigné du conducteur est celui qui a le plus de peine; aussi met-on les chevaux les plus faibles et les plus petits en dedans , les plus forts et les plus grands en dehors, ou bien, s'ils sont à peu près égaux, on les fait alterner. Le plus souvent il faut que le cheval du dehors aille au trot assez alongé, quoique celui du centre

ne fasse que quelques pas bien lents Il

n'est pas douteux que cette manière de herser ne prenne beaucoup de temps, parce que chaque partie de la surface est parcourue plusieurs fois ; mais aussi elle produit un effet qu'on ne peut atteindre d'aucune autre manière. Les hersages rapides de cette espèce ont ordinairement lieu avec des herses à dents de bois parce que les chevaux ne pourraient pas soutenir un tel travail avec des herses pesantes. Lorsque le champ a été complètement hersé de cette manière, on y passe alors la herse en long, et cela se fait également au plein trot. Pour cet effet, le conducteur monte sur le cheval de devant afin de le faire avancer plus rapidement »

On peut distinguer les herses en légères, elles sont le plus souvent « dents de bois, et en pesantes ou à dents de fer. — Les premières suffisent aux travaux des terres sablonneuses ou peu compactes ; — les autres sont indis-

AGRICULTURE : FAÇONS GENERALES A DONNER AU SOL

pensables sur les sols argileux et tenaces.

Les dents de herse sont assez souvent quadrangulaires, plus souvent encore triangulaires. — Dans les herses modernes les plus perfectionnées, elles onl la forme de contres. Cette disposition présente entre autres avantages celui de permettre de faire des hersages profonds ou des hersages légers, selon qu'on attache les traits de manière que les dents avancent la pointe la première ou dans le sens contraire.

Trop communément on pince les dents à peu près au hasard sur les châssis qui les supportent; cependant, en théorie, il faut non seulement que chacune fasse sa raie particulière et que cette raie ne soit pas parcourue f>ar une autre dent, mais encore que toutes es raies soient équidistantes entre elles.

Les dimensions et la Jorme des herses varient nécessairement selon leur destination: — sur les terrains labourés à plat, elles peuvent être plus ou moins grandes selon les cii-constances; — on les construit tantôt en triangle, tantôt en carré.

Dans les localités où on laboure en billons et où l'on ne herse conséquemment qu'en long, on divise les herses en aeux parties assez souvent concaves qu'on réunit l'une à l'autre par le moyen d'anneaux ou de toute autre manière.

La herse triangulaire dont nous donnons le dessin {fig. 271) n'a besoin d'aucune explica-

Fig. 271.

tion , tant sa construction est simple. — On voit que ses dents, assez fortement inclinées en avant, sont placées de manière à remplir les conditions ci-dessus prescrites.

Fig. 272.

La herse quadrangulaire de M. DE Valcourt(/S^\272), qui a été adoptée à Roville, comme une des plus parfaites , et qui a fait dire au savant directeur de cet établissement que c'est seulement depuis qu'il en fait usage qu'il sait ce que vaut une bonne herse, est disposée comme celle du Berwikshire, dont je parlerai ci après, et plusieurs autres, de manière à être utiliser seule ou accouplée à une autre de même forme.

La manière d'atteler les chevaux a la herse n'est pas indifférente, car lorsque, comme dans l'exemple précédent, le tirage se fait par une chaîne simple, la marche de l'instrument

Lrv. ier.

devient très-irrégulière par l'effet des balancemèns que les mottes ou l'inclinaison du terrain lui impriment. C'est pour remédier à cet inconvénient que le crochet A se fixe à l'un des anneaux de la chaîne, non pas au milieu, mais à droite, ainsi qu'on le voit dans la figure, en cherchant, par le tâtonnement, à quel anneau on doit le fixer afin que la herse marche de biais justement autant qu'il est nécessaire pour que toutes les lignes tracées par les dents soient également espacées entre elles. On reconnaît que la herse marche bien lorsque les deux pièces de bois BB, placées dia^onalement sur les timons, cheminent sensiblement à l'œil parallèlement à la ligne de direction de l'instrument, et non de biais. — Ces deux pièces ou chapeaux servent aussi à soutenir la herse que l'on renverse sur le dos lorsqu'on la conduit aux champs.

« On conçoit que le point de tirage doit varier selon l'inclinaison du sol, à droite ou à gauche, et aussi selon le plus ou le moins de résistance qu'éprouve l'instrument ; car, dans ces divers cas, la partie postérieure de la herse tend à sejeter d'un côté ou de l'autre. En changeant le point de tirage, c'est-à-dire en accrochant la volée d'un ou deux chaînons plus à droite ou plus à gauche, on force la herse à suivre une direction uniforme. — J'ai parfaitement réussi à faire varier avec une grande latitude les effets de la même herse par le moyen de quatre pilons percés chacun de trois ou quatre trous qui sont placés à chaque angle de l'instrument. Pour obtenir le plus fort degré d'en trure, on tourne la herse de manière que les dents marchent la pointe en avant, et l'on attache les deux extrémités de la chaîne aux trous supérieurs

des pitons Si au contraire on attache les

bouts de la chaîne à la partie inférieure des pitons , la herse pénètre moins dans la terre. » {Annales de Roville.)

La herse à losange à dents de fer, pour une paire d'animaux, avec sa chaîne et ses crochets, coûte à Roville 45 fr. — La même, pour deux paires d'animaux, avec régulateur et crochets, est du prix de 75 fr.

La herse du Berwickshire {fig. 273), que l'on

Fig. 273.

considère en Angleterre comme l'un des inst rumens les meilleurs en ce genre, se compose de deux parties, réunies ensemble à l'aide de verges de fer fixées par des écrous, et attachées l'une à l'autre par deux crochets et deux pitons. — On voit que sa forme est rhomboïdale comme celle de la précédente, et que sa construction n'en diffère que par une moindre perfection.

La herse de Lapante (fig, 2T4 ), dont on

CHAP. Ce

DES LABOURS

trouve la description et la figure dans le Dictionnaire d'Agriculture de Detervflle, est entièrementen fer.

Elle est formée, dit le rédacteur, d'un palonier garni en arrière de quatre boulons de fer, percés d'un trou à leur extrémité, et de dix morceaux de barre de fer de 8 à 9 po. (0m 217 à (P 244) de longueur, percés également de trous à leurs extrémités et armés d'une forte dent recourbée dans leur milieu. Ces morceaux de barre de fer sont assemblés en quatre rangées; savoir : de trois, de deux, de trois et de deux, au moyen de verges de fer qui passent par les trous indiqués. Il est évident, ajoute-t-on, que toutes les parties de cette herse étant mobiles en tous sens, elle embrassera mieux le terrain chargé de pierres, de taupinières, de mottes, etc., etc., et, par conséquent, arrachera mieux la mousse des prairies, les mauvaises herbes des champs, et brisera mieux les mottes sur lesquelles ses dents passeront successivement.

Sous quelques-uns de ces points de vue, il n'est pas douteux que la mobilité des diverses parties de la herse ne soit un avantage; mais, quant à la propriété qu'on lui suppose, et qui serait en définitive une des plus importantes, de mieux briser les mottes, on aura sans doute quelque peine à y croire, si on fait attention que, dans une herse assemblée fixement, chaque dent reçoit quelque chose du poids de la machine entière, tandis que dans celle-ci il doit arriver, par suite de la mobilité des verges d'assemblage, que ce poids est disséminé de manière à produire un moindre effet.

La herse courbe {fig. 275) est employée

Fig. 276.

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