A L'AIDE DES HERSES ET ROULEAUX
construction serait, du reste, à peu près la même, si, à cause de sa plus grande étendue en largeur, il n'était nécessaire de la consolider par deux traverses.
La herse double courbe {fig. 277) est
dans le département d'Indre-et-Loire sur les labours en billons. Elle se compose de deux pièces de bois parallèles de 5 po. (0œ 135) de courbure et dune longueur proportionnée à la largeur du billonage. — Son manche est percé pour recevoir l'attache d'un palonier.
La herse à double courbure {fig. 276) est utilisée dans les mêmes lieux que la précédente pour herser deux billons à la fois. Sa
encore destinée au hersage des billons.— On voit que ses deux parties sont réunies par deux anneaux en fer, l'un un peu plus grand que l'autre. Le nombre des dents varie sur chaque traverse de deux à quatre. — Les traits de tirage s'accrochent à deux anneaux, et, à la partie postérieure de l'instrument, sont deux cordes venant aboutir à un bâton servant démanche pour diriger les herses et les soulever, s'il y a lieu, afin de les débarrasser des herbes qu'elles entraînent:
Art. v. — De l'émottageau rouleau.
Dans les pays de bonne culture, le rouleau vient souvent à l'aide de la herse pour briser les mottes qui ont résisté à l'action de cette dernière, ou du moins pour les enfoncer dans le sol et les soumettre ainsi à l'effet d'un second hersage; aussi voit-on souvent ces deux instrumens se succéder sur le même champ.
Dans les localités argileuses, d'une culture difficile, les rouleaux peuvent donc être considérés comme instrumens de labour, puisqu'ils servent à diviser la terre. Dans les contrées sablonneuses, au contraire, leur principal but est d'affermir le sol, de le plomber et d'unir sa surface, afin de diminuer les effets de l'évaporation et de faire en sorte que les semences puissent être réparties plus également. — De même que l'on herse avant et après les semailles, on doit donc rouler aussi, en des circonstances bien plus fréquentes qu'on ne le croit généralement, non seulement pour préparer la terre à recevoir les graines, mais encore pour la disposer favorablement après qu'elle les a découvertes.
Les rouleaux destinés à effectuer les plombages ont une surface unie. — On les construit tantôt en bois, tantôt en pierre, et tantôt en fonte. Leur poids doit augmenter proportionnellement à la légèreté ou à la porosité du sol.
Les rouleaux destinés à briser les mottes sont, au contraire, tantôt profondément cannelés, armés de pointes nombreuses ou de disques coupans; et tantôt formés de liteaux métalliques angulaires, placés à quelque distance les uns des autres, parallèlement ou perpendiculairement à l'axe cylindrique dont ils forment la circonférence.
A poids égal, il est évident que plus un rouleau est court, plus son action est énergique, puisqu'il porte sur un moins grand nombre de points de. la surface du sol. On commettrait donc une faute si, pour abréger la durée du travail, on augmentait la Ion-
AGRICULTURE : FAÇONS GÉNÉRALES A DONNER AU SOL. liv.'i*
gueur d'un tel instrument aux dépens de son diamètre.
La plupart des rouleaux sont mis en mouvement à l'aide d'un châssis de bois ou de métal dans lequel les deux extrémités de leur axe sont emboîtées. — La forme de ce châssis, dont les figures suivantes donneront une idée, varie au gré du constructeur, sans que les modifications qu'on lui fait éprouver puissent exercer une influence notable sur l'action du cylindre. — Il est aussi des rouleaux qui ne portent aux deux bouts saillans de leur axe que deuxanneauxtournans munis de crochets, auxquels on fixe les traits de tirage.
Les fig. 278 et 279 représentent deux de Fig. 279. Fig. 278.
ces rouleaux; le premier est en bois dur et pesant, le second est en fonte.
Le rouleau à demi-châssis {fig. 280), tel qu'on l'emploie dans Fig. 280. plusieurs de nos dé-
partemens du nord , n est le plus souvent en bois, quelquefois en pierre ou en fonte , ainsi que le suivant {fig. 281) qui est compris dans un châssis complet.— Lorsque ces Fig. 281.
rouleaux ont été fabriqués en bois, on leur donne des châssis en bois ; lorsqu'ils sont en pierre ou en fonte, on les monte en fer.
Les rouleaux unisy très-pesans, peuvent servir, comme les autres, à briser les mottes. Cependant, on a remarqué, particulièrement sur des terres fortes qui contenaient encore un peu d'humidité, que la pression qu'ils exercent uniformément peut être excessive, puisqu'on s'est vu parfois contraint de les faire suivre par l'extirpateur, la herse étant insuffisante pour rendre au sol la légèreté suffisante. Les rouleaux à pointe ou à surface cannelée n'ont pas le même inconvénient.
Le rouleau dit brise -mottes de Guillaume {fig. 282 ), porte un grand nombre de dents en bois, carrées, longues de 5 po. ( 0m 135 ) environ, et de 2 po. (0m 054) d'équarrissage. Il se compose, du reste, de deux tirans A A, unis par deux traverses B, sur lesquelles est boulonnée la limonière D D. dont l'écar»
tement est maintenu par la barre E. — Ce rouleau est du prix de 100 fr.
Fig. 282.
Le rouleau à disques coupans {fig. 283) est Fig. 283.
formé d'un cylindre en bois, sur lequel se trouvent enfilés et fixés de diverses manières des anneaux lamellaires, tranchans à leur circonférence. — On l'emploie dans quelques localités de préférence au scarificateur pour faciliter un premier labour dans les friches ou les terres enherbées. — Ce rouleau a sur les scarificateurs l'avantage de moins fatiguer l'attelage et d'agir par sa propre pesanteur. Aussi, non seulement doit-on l'exécuter en bois très-lourd, mais a-t-on jugé nécessaire de le surmonter d'une boîte, susceptible de recevoir divers objets d'un poids considérable, ainsi que l'indique la fig. 284. Le rouleau à pointes
en fer { fig. 285 ) peut être employé non seulement pour briser énergiquementlesmottes après un labour
Fig. 284.
Fig. 285.
récent, mais encore pour ameublir des terres anciennement labourées, et les préparer à recevoir la semence, soit qu'elles aient été accidentellement plombées outre mesure par les pluies, soit'que le temps les ait durcies. Comme dans l'exemple précédent, les dents doivent avoir de 4 à 5 po.(0m 108 à 0m 1 35) de longueur. Elles sont rangées par lignes parallèles équidistantes et disposées de manière à se trouver en quinconces. Le nombre des lignes varie nécessairement avec le diamètre du cylindre.
M. Molard, de l'Institut, a reçu autrefois de Suède, et perfectionné avec un grand succès, un rouleau auquel il a conservé le nom
DES ENSEMENCEMENS ET PLANTATIONS
ae son pays. Le rouleau suédois, dont on peut voir un modèle au Conservatoire, est armé de liteaux de fer qui sont fixés parallèlement entre eux et à l'axe du cylindre, de manière à pouvoir être déplacés et changés au besoin avec une grande facilité. Le châssis est surmonté d'un siège propre à recevoir le conducteur. — Cette machine excellente, considérée sous le seul point de vue des résultats qu'on peut en obtenir, est malheureusement trop chère pour se répandre dans la pratique ; elle vaudrait environ 400 fr.
Enfin, M. de Dombasle a aussi inventé un rouleau dit squelette {fig. 286), d'un prix bien moins élevé, quoique d'une grande puissance ; celui-là coûte 160 fr. et pesé 250 kilog. Il est entièrement en fonte, sauf le châssis en bois sur lequel sont fixés les coussinets de l'arbre du rouleau; — la limonière est fixée sur le châssis au moyen de boulons ; — l'ar-
bre sur lequel sont assemblés les disques composant les rouleaux est en fer; parmi ces disques les uns sont en fonte et terminés à leur circonférence en forme de coin, et les autres plus petit s servent à consolider l'assemblage et à maintenir les premiers à une distance convenable; des boulons, traversant le rouleau dans toute sa longueur, servent encore à consolider le tout.
Fig. 286.