‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 117 sur 329 · EI · texte numérisé non relu

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ment semé très-épais, ou des semences qui ont un certain volume. Si l'on veut semer moins dru ou des semences ténues, on rapproche la charnière comme on le voit dans la partie à droite, où la capacité de l'ouverture est amoindrie et ne laisse. plus échapper que des graines très-fines. M. de Fellemberg, je crois, est un des premiers qui aient appliqué cette disposition aux semoirs de son invention. M. de Dombasle l'emploie également pour ses semoirs à graines fines ; enfin, le beau semoir de M. Crespel Delisse est composé d'une série de lanternes posées les unes à côté des autres.

Le mécanisme de ces semoirs est très-simple. Leur direction exige cependant quelques données pratiques. Us se remplissent de graines au moyen du tube supérieur portant à son extrémité un couvercle qu'on eulèveetqu'onreplace à volonté. La capsule ne doit pas être remplie à plus de2/3de sa capacité, soit parce que la graine sort mal si l'on n'a cette précaution, soit parce qu'elle est alors trop pesante pour tourner avec facilité. Le dernier inconvénient est sensible surtout lorsque le semoir n'a pas plusieurs capsules. La graine devra être préalablement purgée de toutes les substances étrangères qui fermeraient l'ouverture, et dégagée de toutes les aspérités qui l'empêcheraient de passer.

Le semoir que les Anglais emploient le plus généralement {fig. 292 et 293), se com-

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liv. r

moyen de brides et contenant un cylindre d qui reçoit, à l'extérieur de la trémie, un mouvement de rotation par le moyen de la manivelle f. Le corps du semoir proprement dit est précédé d'un brancard avec un encadrement supportant l'essieu i des 2 cylindres concaves kk. L'addition de ces 2 rouleaux annonce que le terrain est préparé enbillons. Le cheval de tir marche entre la crête des 2 billons L M(Jig. 294), dont les arêtes abattues et

plombées par les rouleaux présentent la configuration représentéeàcôté. Les tubes n ouvrent le sol sur l'ados ainsi comprimé, et laissent en même temps tomber la semence dans la rigole qu'il a ouverte; les chaînes oo entraînent dans leur marche ia terre déplacée par le tube rayonneur et en recouvrent la semence. Ce semoir est regardé généralement comme trop compliqué. 1 1 a cependant l'avantage de communiquer au cylindre alimentaire son mouvement de rotation par une verge en fer qui n'est point sujette à s'alonger ou à se rétrécir par l'effet des variations atmosphériques, comme la corde et le cuir qui sont les matières généralement employées dans les autres instrumens de ce genre. Le semoir de Norfolk {fig. 295 ), est un ap-

Fig. 295.

Fig. 296.

Fig. 297.

pareil très-ingénieux, mais encore plus compliqué, inventé parles Anglais pour semer le blé. Il est. principalement employé dans les sols légers du Norfolk et du Su f folk, où on le préfère à celui de M. Cooke, quoiqu'il coûte le double, parce qu'il est beaucoup plus expéditif, semant une largeur de 9 pieds à la fois. Le semoir de M. Hugues {fig. 296 et 297), tel qu'il a figuré à l'exposition des produits de l'industrie en 1834, nous paraît l'instrument de ce genre le plus satisfaisant et le plus généralement applicable de tous ceux proposés jusqu'à ce jour. Ce semoir fait en même temps fonctions de herse et de semoir. vSa largeur totale est de 56 pouces,

son poids de 220 livres; il est composé de deux trémies dans lesquelles on dépose la semence; dans l'une sont 4 ouvertures, dans l'autre 3, qui se ferment à volonté, quoiqu'en action, et en pressant un bouton. Ces ouvertures ont chacune 7 trous d'une dimension différente ; on ouvre celui qui est nécessaire à la grosseur du grain que l'on veut semer, ce qui permet d'admettre toutes espèces de graines, menues ou grosses, légères ou pesantes Ces trous aboutissent à un cylindre qui, par sa rotation, porte la semence en autant de tuyaux descendant au niveau du sol; ces tuyaux sont espacés entre eux de 8 pouces.

7 coutres qui les précèdent ouvrent les raies dans lesquelles tombent les grains, et, par le plus ou moins d'entrure qu'on leur donne, la semence peut être plus ou moins profondément en terrée. Les tuyaux sont suivis d'une petite chaîne traînante terminée par une bride en fer, qui sert à recouvrir les raies ouvertes par les coutres. Les raies sont espacées de 8 pouces. En fermant trois ouvertures intermédiaires, on ne sème plus que 4 raies à 16 pouces d'intervalle. Il en est de même si l'on veut semer à 24,32 ou 40 pouces, en fermant les ouvertures par où s'échappent les semences, qui peuvent être répandues avec cet instrument sur 4 hectares par jour. Sur le devant se trouve une autre trémie qui est de la largeur entière du semoir : elle sert à

chap. 7", DES SEMOIRS.

recevoir cfe l'engrais en poudre qui se répand à volonté sur la portion du terrain qui doit être ensemencé. Les tuyaux de cette trémie ont le mêanie écartement que ceux qui distribuent li semence. Entre les deux trémies supérieures, et un peu en avant, est une roue de 30 pouces de diamètre, dont le mouvement de rotation sert, parle moyen d'engrenages, à faire tourner le cylindre qui est au fond des deux trémies. La rotation de l'axe de cette roue étant le mobile du cylindre qui reçoit et distribue les grains, il s'ensuit que la* semence est toujours également répandue, que le cheval aille vite ou lentement. A chaque extrémité de la traverse qui supporte cet instrument, sont deux roues d'un Êied de diamètre qui eu facilitent la marche, n arrière sont deux mancherons tenus par le cultivateur dirigeant la machine, traînée par un cheval, que doit guider un enfant. L'auteur attribue à l'emploi de son instrument une économie des 23 de la semence des céréales, en sorte que pour un ensemencement de 10 hectares, cette économie couvrira dès la première année le prix d'acquisition du semoir, qui est de 400 ou 425 fr. De plus petits semoirs à 4 ou à5 tubes sont d'un prix moins élevé.

Ce serait sortir des bornes que nous nous sommes prescrites, que de donner la figure et la description d'une foule d-autres semoirs, tels que ceux de Thaer, de Fellemberg, ou tous ceux figurés par M. Loudon. Tous les instrumens dont nous venons de donner un aperçu succinct, se ressemblent sous plusieurs rapports : ils sèment en ii~ gnes ; ils réunissent un appareil pour ouvrir le sein de la terre, et un autre pour recouvrir la semence. Cette dernière propriété est sans doute avantageuse en ce qu'elle permet d'économiser le temps qu'on emploierait à rayonner et à herser. Mais n'est-il pas à craindre que pour donner à ces diverses parties toute la solidité convenable, on ne fasse une machine énorme et très-pesante? et si on sacrifie la solidité à la légèreté, ne court-on pas les risques de voir briser contre un faible obstacle un instrument dispendieux? ne doit-on pas trembler de confier un semoir fragile à des valets habitués à faire abnégation de leur intelligence pour ne développer que leur force matérielle? Il faudrait, pour que de tels instrumens fonctionnassent avec une certaine régularité, que le sol fût parfaitement ameubli. Mais a-t-on toujours le moment de lui donner cette préparation? La complète pulvérisation de la terre est-elle toujours indispensable ? non sans doute. L'expérience nous apprend que les céréales d'hiver demandent à être semées dans un sol dont la surface soit couverte de mottes de moyenne dimension, soit pour arrêter la neige pendant la saison rigoureuse, soit pour donner, en se délitant au printemps, une terre n.euble aux jeunes tiges qui les avoisinent. Toutes les plantes hivernales sont dans le même cas. On leur nuit donc lorsque, pour faciliter la marche des semoirs délicats, le sol reçoit à cette époque une pulvérisation complète.

L'avantage de la disposition des plantes par rangées parallèles est mis hors de doute aujourd'hui pour une certaine classe de végé-

taux. Mais des agriculteurs habiles, MM. de Dombasle et de Valcouut, se croient autorisés à penser qu'il n'en est pas de même pour les céréales. M. de Vogt s'est assuré, par des expériences nombreuses, que la distance la plus convenable à laisser entre chaque tige est de 2 pouces dans tous les sens. Et ce dont a été convaincu par des faits directs l'habile agronome que nous venons de citer, n'avait pas échappé aux plus simples laboureurs. Rien de plus facile que de semer en lignes, même sans semoirs. Lorsqu'un guéret a été labouré avec régularité, il présente une suite d'ondulations parallèles formées par les arêtes dessillons. Si l'on répand de la semence sur un sol ainsi ondulé, elle roule en totalité dans la partie creusée qui est entre chaque tranche. Le hersage, au lieu de nuire à ce mode de dispersion, ne fait que le régulariser et les plantes se trouvent en lignes. Cependant, soit par instinct, soit par le résultat d'observations multipliées, les cultivateurs augurent moins favorablement des céréales ainsi distribuées que de celles qui le sont d'une manière moins régulière mais plus égale.

Voilà donc plusieurs inconvéniens assez graves que l'on trouvedanslessemoirs pour la culture des céréales. Le dernier que nous avons signalé n'est pas cependant inhérent aux instrumens de ce génie, car celui qu'on nomme semoir Polonais ne sème pas en ligne. Il se compose {fig. 298) d'un brancard, et d'une

Fig. 298.

trémie au fond de laquelle se trouve un cylindre criblé de trous dans lesquels se logent les semences. Il fait corps et tourne avec l'essieu des roues, qui lui communique un mouvement de rotation.

Il ne faut pas croire du reste que les divers semoirs dont nous avons parlé ne puissent que semer en lignes. Au moyen d'une modification qui en simplifie le mécanisme, on distribue l'a semence d'une manière très -uniforme. Cette modification consiste à remplacer le lubequi dépose les grainesdansla terre, par une planche sur laquelle elles tombent et se répandent sur le sol aussi égalementque te ferait un bon semeur.

Pour obvier à la fragilité qui résulte dans

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ces instrumens de la réunion du semoir, du rayonneur et de la herse, on a imaginé les semoirs à brouettes qui sont conduits par un homme, et qui même peuvent être confiés à un enfant. De tous les semoirs de ce genre qui ont paru jusqu'à présent, ceux qui sont fabriques dans lesatelierscteM. de Domba§le à Roville, sont ceux qui réunissent le plus grand nombre d'avantages à la solidité et a la simplicité. Ilyen a de 2 sortes, l'un {fig. 299) Fig. 290.

est destine aux graines fines. La figure montre clairement sur quels principes il est construit. Ce semoir coûte 48 fr., pris à Roville. Il pèse 49 kil. : ainsi les personnes qui ne voudraient pas se donner la peine de le faire construire, pourront estimer ce qu'il leur coûtera ap-

Froximativement, en ajoutant 7 fr. pour emballage. L'autre semoir {fig. 300) est Fig. 300.

■pour les graines qui sont plus grosses , comme pois, fèves, maïs. Il se compose d'une trémie dans laquelle tourne un cylindre. Ce cylindre est percé, à la circonférence, de trous dont la capacité est proportionnée à la grosseur des semences. Il faut par conséquent qu'on puisse le démonter à volonté afin de le changer lorsqu'on sème une graine d'une autre dimension. 2 brosses servent à empêcher la semence de s'écouler entre le cylindre et la paroi intérieure de la trémie. Ce dernier semoir coûte 56 fr. et pèse 53 kilog.

On pense bien que ces semoirs ne peuvent servira la sémination des céréales, parce que, ne répandant la graine que sur une seule ligne, il faudrait trop de temps pour exécuter cette opération sur une certaine étendue. Mais ils sont employés avec succès pour les plantes qui doivent être semées par rangées et qui exigent des binages plus fréquens. Un jeune homme peut les faire manœuvrer sur une surface de 2 hectares en un jour, lorsque les lignes sont à la distance de 27 pouces, et 1 hectare 1/2 lorsqu'elles le sont à 18.

A cette section des semoirs appartient le semoir du docteur Hunter (y^.301), consistant: 1° en un sac «qui contient la semence; 2° en un réservoir en fer-blanc ou en tôle b ; 3° en un cylindre alimentaire c;4° enfin, en un tube d, qui donne passage au grain. Au cylindre

alimentaire estadaptée une manivelle destinée à être mise en mouvement parle semeur qui porte le sac suspendu a son cou par le moyen de courroies. On empêche la semence de passer ailleurs que dans les trous pratiqués à la surface du cylindre, au moyen de brosses ou de peaux non tannées qui puissent en faire l'office.

La manivelle setourne ayecla main droite,tandis que la gauche guide le tube conducteur.

Le semoir Barrault (fig. 302) ne paraît être

Fig. 302J,

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