tome I, — 2Q
sème dans la céréale est recouvert par le binage avec beaucoup plus de perfection qu'il ne le serait avec la herse, et l'on sait qu'un beau trèfle est la meilleure garantie de réussite pour le froment qui lui succède.
Si la céréale ne coutenait pas de mauvaises herbes, ou qu'on ne pût disposer que d'un petit nombre de bras, on emploierait avec avantage et une économie notable de maind'œuvre , le râteau à dents de fer.
Toutes les fois que l'on se disposera à faire biner les céréales, on aura soin de ne commencer cetle opération qu'à l'époque où les tiges sont prêtes à monter, afin qu'aussitôt la besogne terminée le feuillage des plantes couvre le sol, et ne permette plus aux graines des mauvaises herbes de germer, en leur ôtant toute communication avec l'air.
§ II. — Binage h la main des récoltes sarclées.
Le binage des plantes sarclées s'exécute avec des instrumens conduits par des chevaux ou à bras d 'hommes. G'tte dernière méthode est la seule praticable lorsque la semaille a été faite à la volée, ou lorsque les rangées sont tellement rapprochées qu'il serait trop dispendieux d'employer les forces d'un cheval pour biner une très-petite surface. Nous allons parler d'abord de cette manière.
Le binage à la houe à main a été longtemps le seul en usage, et aujourd'hui encore on n'en connaît pas d'autres dans les 9/10, au moins, des exploitations françaises. Pour l'observateur attentif il est certain que c'est là une d*s causes principales qui ont retardé chez nous les progrès de ia culture raisonnée. Il est vrai que dans bien des circonstances le binage à la main ne peut être remplacé par aucune autre opération. C'est le cas qui se présente, lorsque les plantes commencent à sortir de terre; leurs racines sont si délicates à cette époque, leurs tiges sont si grêles, qu'il serait à craindre que, secouées trop •vigoureusement par la noue à cheval, ou même couvertes par la terre qu'elle déplace, elles ne subissent dans ce cas un dommage réel. C'est ce qui a lieu surtout par rapport aux piaules qui se sèment de «onne heure au printemps, et dont l'enfance est longue et laborieuse, parce que la végétation n'est pas encore activée par la chaleur du soleil. Cependant il n'y a pas à balancer, les herbes nuisibles, plus agrestes, se développent et prendront bientôt le dessus si on n'y porte un prompt remède. Le cultivateur qui sait saisir l'à-propos , et qui se trouvera sous l'impression des considérations que nous avons fait valoir en faveur de la destruction des végétaux parasites dans leur enfance, et de l'ameublissement du sol, ne reculera jamais devant la dépense d'un binage à la main en face d'une récolte sarclée qui se présenterait d'ailleurs sous des auspices favorables.
Ce premier binage n'est a proprement parler qu'un ratissage. Mais un inconvénient grave, qu'on n'avait pas encore cherché à écarter dans la construction des ratissoires, c'est qu'elles présentent une lame droite, d'une longueur invariable et qui oblige l'ou-
D'ENTRETIEN DES TERRES. uv.f.
vrier à attaquer les /plantes de front : quand celles-ci sont déjà vigoureuses, quelles ont poussé des racines ligueuses, elles cèdent et plient, de sorte que, souvent, au lieu de les couper, on est forcé de les arracher en faisant piquer l'instrument au-dessous de leurs racines, ce qui présente de grandes difficultés dans certaines natures de terres. Un autre desavantage qui résulte de ce mode de construction, c'est que la lame étant d'une longueur invariable, l'instrument ne peut fonctionner cju'ausant que les rangées des plantes sont a une distance au moins égale à la longueur de la lame. Les binettes ordinaires présentent en outre un inconvénient inhérent à leur construction, c'est de forcer l'ouvrier à marcher sur le sol qu'il vient de pulvériser, et d'annuler en partie le succès de l'opération. Il faut donc, pour rendre ces instrumens plus parfaits, que la lame attaque les plantes d'une manière analogue à l'action qu'exerce ia faux sur les foins ou la faucille sur les culmifères; c'est-à dire, que le tranchant prenne une direction oblique où de biais ; il faut de plus que la lame puisse s'alonger à volonté, et que l'opérateur marche à reculons sur la terre qui n'est pas encore remuée.
La binette de M. Lecouteux {fig. 328 ) présente ces avantages Fig. 328.
réunis. Elle se compose d'un prisme de fer , une quenouille, tranchante sur ses 2 laces , fait corps
avec la partie supérieure du prisme.Unecav pratiquée dans ce prisme permet d'y insér
ité
nserer a la fois les branches coudées des deux lames, qui, par cette disposition, peuvent à volonté s'éloigner ou se rapprocher. L'assemblage est maintenu solide par un coin en fer. On peut adapter des lames latérales plus ou moins larges selon la distance qui existe entre les rangées. On a remarque que quelques plantes s'échappent parfois entre !a laine médiane et les tranchans latéraux. M. Bazin, qui, le premier, a employé cet instrument, a fait construire la partie inférieure des lames en forme de croissant , modification qui ne permet plus aux plantes de glisser; l'opération s'exécute avec un succès marqué, et approche aussi près de la perfection qu'on peut le désirer. La ratissoire ou la binette de M. Lecouteux sera fort utile aux cultivateurs de plantes sarclées qui restent long-temps dans l'enfance, comme la carotte, le pavot semé en lignes. Dans cette circonstance, les plantes parasites ont déjà pris beaucoup de développement avant que les végétaux utiles puissent souffrir que la terre qu'ils occupent soit profondément remuée. L'instrument donl nous parlons détruit énergiquement les mauvaises herbes sans donner de secousses violentes aux plantes délicates qui doivent rester.
Au second binage, la terre qui se trouve autour des plantes peut être remuée, mais avec précaution si celles-ci sont encore faibles. Dans ce cas, on ne se sert pas de la houe à lame élargie, mais de celle mte triangulaire (\oy. ci-dev.,p. 1&6 , fig. 173). Dans
CHAP. 8e.
FAÇONS POUR L'AMEUBLISSEMENT DU SOL-
Fig. 330. Fig. 331.
quelques comtés de l'Angleterre, on se sert u'une houe {fig. 329) véritablement triangu- Fig. 329, laire; le 1er l'orme avec
le manche un angle droit, et les bineurs français ne sont pas familiarisés avec le maniement des instrumens qui présentent cette disposition. La houe triangulaire, u'exerçant son action que sur une très-petite superficie à la fois, expédie moins de besogne qu'une houe à lame plus élargie; mais celle-ci offre moins de facilite pour le binage des plantes délicates, parce que l'instrument peut agir autour d'elles dans toutes les directions, ce qui serait impossible s'il avait de plus grandes dimensions. Elle est indispensable dans les sols pierreux et caillouteux où l'on essaierait en vain de faire pénétrer une lame large.
Pour le premier binage j'ai vu le rouleau précéder la houe, et presque toujours avec le plus grand succès. En effet, le grand but du binage est la pulvérisation du sol : avec la houe on n'obtient cet ameubiissement qu'en déplaçant la terre. Or, il arrive souvent que ce déplacement met à nu la racine de la plante, et que la cavité ne peut être fermée par un nouveau transport de terre sans l'offenser. Il faudrait donc que la motte fût écrasée au lieu même qu'elle occupe, et c'est ce qu'on fait sans peine avec le rouleau, en proportionnant la pesanteur de celui-ci à la grosseur des plantes. Je veux dire que plus les racines ont de diamètre, moins elles sont élastiques, et moindre sera le poids qu'elles auront a supporter.— Ce n'est pas là le seul avantage : à l'époque de ce premier binage les feuilles sont encore peu apparentes, les lignes ne tranchent pas par leur verdure avec le terrain environnant; après le passage du rouleau, les rangées se dessinent beaucoup mieux qu'auparavant. Le binenr alors marche avec plus de sûreté; la besogne se fait mieux et plus vite. Ce que je viens de dire de Faction du rouleau mérite d'être pris sérieusement en considération par tous ceux qui cultivent les plantes sarclées, je ne l'ai encore vu pratiqué que dans la ferme du Ménil-Saint-Firmin. Il est bon de faire observer que le résultat de cette opération serait nuisible dans les terrains pierreux et caillouteux, où l'action de ces corps durs détruirait infailliblement les racines qui se trouveraient interposées entre eux.
Dans les seconds binages, le travail exige, pour être parfait, que la terre soit remuée à une grande profondeur; les plantes sont alors dans l'adolescence et supportent déjà de plus fortes secousses. Les houes qui conviennent pour les binages postérieurs au premier auront une lame plus large et seront acérées. Si le sol est tassé, les deux extrémités de la lame seront -anguleuses [fig. 330 ), afin de couper la croûte avec facilité. Si la terreest assez meuble, on prend la binette à lame droite {fig. 331 ). En Angleterre, on emploie diverses houes à main ou ratissoires, dont nous représentons les plusrecommandables : celle
{fig. 332) est avantageuse pour travailler dans Fig. 332.
les terrains tenaces, parce qu on peut les déchirer au besoin avec les trois dents. — Ducret vante l'instrument (%.333) à 3 lames, pour éclaircir les plants ; ce- Fig 335. Fig. 333. lui {fig. 334) pour nettover les semis faits en touffes; celui {fig. 335)
pour biner les deux ^^z^z^^S* £^^~^ côtés d'un semis en Xi--**^^ (Qf' ?^Ps gne à la fois ; enfin , un 4e {fig. 336) pour ou- Fig. 334. Fig. 336, vrir des tranchées destinées à recevoir de l'engrais ou la plantation des pommes-deterre.
Il est bien difficile d'indiquer la manière de diriger une binette. Les conseils les plus clairs, lesdonnées les plus précises, viendront toujours échouer contre le peu d'habitude. Cependant, s'il est impossible d'enseigner avec des mots l'exécution matérielle, il n'en est pas moins vrai que tout cultivateur appelé par sa position à surveiller des travaux de ce genre doit savoir distinguer un bon bineur, et à quels signes on reconnaît un binage bien exécuté. L'ouvrier accoutumé à faire cette opération avec méthode et célérité tient toujours l'instrument devant lui sans le faire passer à droite ou à gauche, ce qui gênerait les voisins : ses jambes sont écartées, et une rangée de plantes se trouve toujours entre les deux. Il se garde bien de faire un pas à chaque coup de binette, habitude nuisible contractent avec facilité.
que
les ouvriers
dont ils se dépouillent rarement, qui cependant les fatigue inutilement, rend leur besogne incomplète et leur travail presque nul. Le bon bineur ne touche pas à petits coups répétés, mais il alonge son instrument et le retire vers lui en remuant une grande surface.
En même temps que le second binage, a lieu Yéclaircissage des plantes sarclées, et ce n'est pas la partie la moins dispendieuse de leur culture. Avec de l'exercice et certaines précautions on peut le faire à coups de binette, mais il vaut mieux exiger qu'on éclaircisse à la main, surtout lorsque les bras qu'on emploie sont encore novices. Un surveillant est indispensable, parce que si l'ouvrier ne sent pas devant lui l'œil du maître, il préfère souvent couper 4 à 5 plantes avec sa houe
que de se baisser pour arracher délicatement les surnuméraires.
Il en est de même de la destruction des mauvaises herbes. Celles qui sont très-rapprochées des végétaux destinés à occuper le sol, sont arrachées à la main. Si le surveillant est absent ou distrait, l'ouvrier se hâte d'enlever d'un coup de binette la plante parasite et souvent celle qu'il devrait respecter.
L'éclaircissaged'un hectare de plantes sarclées, pour être fait avec soin, et lorsque les plantes sont un peu serrées, exige une dépense de 10 fr. par hectare. On gagnera ordinairement beaucoup, si, adoptant le mode de division du travail, on peut faire exécuter cette opération à part. La distance qu'il faut laisser entre chaque plante est subordonnée à la nature et à la fécondité du sol. Les cultivateurs en France ont généralement beaucoup de disposition à conserver un trop grand nombre de pieds sur une superficie donnée. On aura une indication sommaire mais suffisante dans bien des cas, si on éloigne assez les plantes pour que les feuilles, parvenues au maximum de leur développement, ne touchent pas celles des plantes qui les avoisinent.
Je ne m'arrêterai pas longuement aux frais occasionés par le binage à la main, parce que les élémens du calcul varient avec les localités, la nature du sol, le prix de maind'œuvre, et que cet objet sera traité spécialement à l'article de chaque plante. En Angleterre, le binage des turneps est payé à raison de 15 fr. par hectare pour un seul binage. J'ai vu des betteraves bien binées pour la première fois pour le prix de 0,25 c. par hommée, ce qui donne 12 fr. 50 c. par hectare. D'un autre côté, M. Bourgeois à Rambouillet estime que la première façon donnée aux carottes lui revient à 60 fr. par hectare. Laissons donc à la sagacité de chacun à déterminer une chose si variable. Contentonsnous de dire que les premiers binages, qui demandent des soins particuliers, se paient plus cher que les autres. Si la première culture, par exemple, revient à 25 fr. par hectare, la seconde ne sera payée qu'à raison de 20 fr. pour la même superficie; la 3e à 16 fr. Il est des contrées où, pour la culture des plantes sarclées, on ne se contente pas d'un binage à la houe; on donne un labour. à bras entre les rangées avec la fourche à trois pointes. Cette façon est très-dispendieuse et ne doit s'employer que pour des récoltes d'un haut prix, telles que la chicorée à café, les pépinières d'arbres fruitiers et forestiers, etc.
Je n'ai pas parlé jusqu'ici des binages nécessités par les plantes sarclées semées à la volée, parce que heureusement cette méthode est abandonnée dans presque toutes les localités. Il est cependant des cas où il n'est pas possible au cultivateur de semer par rangées: c'est lorsqu'on sème ensemble dans le même terrain des plantes qui ne donnent pas leurs produits à la même époque, et dont la première sert d'abri à la seconde. Je citerai pour exemple, les carottes dans le lin et le colza, les navets dans le seigle et lesarrazin. Comme les semences de la récolte secondaire se répandent en même temps ou peu après celles de la récolte principale, on ne
ENTRETIEN DES TERRES. liv. i#r.
peut, sans nuire à celle-ci, faire fonctionner un semoir à bras ou à cheval, et la semaille à la volée est de rigueur. Le binage de ces sortes de plantes est plus difficile et plus dispendieux que si on eût semé en lignes. Avant de le commencer, il faut absolument enlever les chaumes qui restent dans la terre, lorsque la première récolte en a laissé. Cette extraction ne peut se faire convenablement qu'à la main; mais, si coûteuse qu'elle semble au premier aperçu, on en est amplement dédommagé par les produits qui servent à faire de la litière, des composts ou du moins des cendres. D'ailleurs, le fait même de cette extraction procure au soi un remuement qu'on considère avec raison comme un faible binage.— Ce n'est pas que, même pour les récoltes de cette espèce, on ne puisse disposer les plantes par rangées. Si après la première récolte on s'aperçoit que les végétaux qui restent sont assez épais, on prend un rayonneur dont on écarte les pieds, et on le promène sur la superficie. Les pieds arrachent les plantes qu'ils rencontrent, et laissent les autres parfaitement intactes et disposées régulièrement par rangées parallèles. Alors les menues cultures s'exécutent à la main comme à l'ordinaire, ou mieux à l'aide de la houe à cheval.
§ III. — Binage à la houe à cheval.
Il y a long-temps que l'agriculture anglaise se sert avec succès, pour opérer les binages, d'instrumens conduits par des chevaux. M. de Fellemberg a donné sur le continent le premier exemple de menues cultures un peu complètes d'après le système anglais. En France, les cultivateurs ont généralement ajouté peu de foi aux éloges qu'on a donnés à la houe à cheval. Si nous cherchons à nous rendre raison de cet éloignement, si nous examinons sérieusement les objections que l'on a faites contre l'emploi de cet instrument, nous trouvons au elles se déduisent de deux ordres d'idées oien différentes, je dirais même opposées. Les uns veulent absolument que rien ne puisse remplacer la culture à bras ; les autres ont prétendu que la houe à cheval peut remplacer complètement la main-d'œuvre. La vérité se trouve rarement dans les opinions extrêmes. Si l'on s'obstine à n'utiliser que les bras de l'homme, la culture des plantes sarclées sera très-dispendieuse; et, si jamais on ne réunit la culture à bras à celle qui s'exécute avec le secours des chevaux, l'on n'obtiendra jamais qu'un travail défectueux dont on rejettera le vice sur l'imperfection de la charrue à biner. Si, au contraire, on réunit ces deux moyens d'exécution, pour les parfaire, pour les compléter l'un par l'autre, on arrivera certainement à un résultat qui satisfera tout homme sensé et rationnel.
Ainsi que nous l'avons dit en parlant des binages à la main, il est un certain nombre de plantes que "nous ferons connaître plus tard, pour la première façon desquelles on ne peut utiliser la houe à cheval: l'action de cet instrument est tellement rapide, que l'homme qui la dirige n'aurait pas le temps de le guider justement entre chaque rangée
chap. 8e. FAÇONS POUR
de plantes, si celles-ci par la verdure de leurs
feuilles ne tranchent pas avec la couleur du
sol; et c'est ordinairement le cas des premiers
binages.
Mais passé cette époque la houe à cheval peut toujours fonctionner. Celle qui est le plus généralement usitée aujourd'hui pour les plantes semées en lignes espacées d'au moins 18 pouces, est assez simple dans sa construction {fig. 337). Le soc a est placé à Fig. 337.
l'extrémité antérieure de la branche médiane. A celle-ci sont attachées deux ailes ou branches latérales b x, qui reçoivent les couteaux ou lames recourbées deq. Les deux ailes s'éloignent ou se rapprochent à volonté, selon que l'exige l'espace qui existe entre les lignes. Elles ont un mouvement de va-et-vient sur leur pivot à la partie antérieure, et se fi- ^ xent immobiles à la partie postérieure par le moyen de la traverse horizontale en fer//, qui est percée de trous correspondant à ceux pratiqués dans les branches latérales, et destinés les uns et les autres à recevoir une cheville pour maintenir l'assemblage. Cet instrument est, chez M. Rosé, du prix de 55 fr.^°
Le soc affecte différentes formes, selon la nature du sol et le but que l'on se propose. « Les socs ronds, dit Borgnis, ou a angles obtus, coupent mieux les mauvaises herbes. Les socs pointus offrent moins de résistance, et on les emploie lorsque le but est seulement de remuer la terre. Les socs triangulaires sont propres à travailler un champ sans herbes. On les emploie aussi quand on veut diminuer la résistance que la machine doit vaincre. »
Lorsque, parla négligence du cultivateur, ou par l'effet de circonstances qu'il n'a,pas été le maître d'éloigner, la terre s'esltellement durcie que le soc antérieur ne peut plus entamer la superficie, quelques habiles cultivateurs de l'Allemagne et du midi de la France font précéder la houe à cheval d'une herse amancherons {fig. 338) dont les dents très-pointues Fig. 338
L'AMEUBLISSEMENT DU SOL. 229
Lorsque les lignes des plantes sont peu espacées, on rapproche les barres latérales de la houe à cheval, de sorte que les lames de ( voy. /fg\337)et leurs correspondantes se croisent. Alors les herbes coupées se logent entre les deux tranchans et mettent bientôt l'instrument hors de service. Pour éviter cet inconvénient, M. de Dombasle a remplacé la lame d et sa correspondante 7, par deux fortes dents en fer; et pour empêcher la lamee de s'entrecroiser avec celle qui lui est opposée, il a fait percer un trou x pour y placer celte lame; hormis le cas dont nous venons de parler, ce trou est absolument inutile.
Si, au moyen de cette modification, l'instrument ne pouvait encore fonctionner, en raison du peu d'espace qui existerait entre les rangées, on emploierait avec un avantage marque le binot du lord Rockingham (ng. 339), qui ne se compose que d'un seul pied.
Fig. 339.
On s'en servait avec succès à la ferme de la Meilleraye. Il faut avouer néanmoins que l'emploi d'un homme et d'un cheval pour biner une si petite superficie ne doit être guère moins dispendieux que le binage à la main. La houe à cheval écossaise (Jïg. 340 ) est un Fig. 340.
et un peu inclinées en avant, déchirent k surface du sol. Celte première façon rend le binage plus facile et plus parfait: elle permet en outre d'opérer, quelle qu'ait été la sécheresse antérieure.
excellent instrument qu'un seul cheval peut conduire : on peut régler et conserver la profondeur voulue au moyen de la roulette qu'on élève ou qu'on abaisse à volonté. Dans les terrains difficiles, on peut enlever un ou plusieurs des socs, et leur substituer, ainsi qu'à la roulette, un ou plusieurs contres , comme dans les extirpateurs ou cultivateurs. La conduite de ces divers instrumens ne présente aucune difficulté réelle, pourvu que l'opération s'exécute en temps propice. « Je pourrais, dit M. de Dombasle, réduire à une seule les précautions nécessaires pour qu'on obtienne constamment un plein succès dans l'emploi de la houe à cheval, lorsqu'on pos-