‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 131 sur 329 · LIV. Ie · texte numérisé non relu

LIV. Ie

entraînent; il en est même qui, par leurs qualités délétères, doivent être proscrites.

Ainsi, M. de Perthuis signale comme de mauvaise qualité les eaux qui viennent des bois. Selon lui elles doivent âlre rejetées de toute irrigation par inondsmon. Troubles , ellesentraînent des graines de bois et déplantes forestières qui détériorent les prairies; claires, elles deviennent trop crues, et, loin d'activer la végétation, elles la retardent en refroidissant le sol. C'est aux cultivateurs à faire les heureuses exceptions que les localités leur indiqueront.

Quelquefois en les exposant à l'ardeur du soleil, en les laissant déposer dans des réservoirs, ou lorsqu'elles ont été fortement battues par une usine, elles perdent leurs mauvaises qualités , on les bonifie aussi eny jetant des terres, des fumiers et même, suivant M. Bertrand, des tiges de genêt, de fougère, de bouieau,de sapin {Dict.d'agric). Les meilleures eaux sont celles dans lesquelles les légumes cuisent le plus facilement, qui dissolvent bien le savon et qui s'échauffent et se refroidissent promptement; d'après des exemples que cite M. Yvart, des eaux qui tiennent en dissolution ou en suspension des parties ferrugineuses n'en sont pas moins propres pour cela aux irrigations dans quelques circonstances, ce qui est peut-être contraire à l'opinion assez généralement répandue.

Les qualités Jertilisantes des eaux peuvent devenir communes à toutes les eaux limpides ou troubles, mais elles se développent avec plus ou moins d'énergie suivant les localités et la température habituelle plus ou moins chaude du climat. Cette assertion semble prouvée d'une manière incontestable par les effets prodigieux des irrigations d'eaux limpides qu'où n'éprouve que dans les pays méridionaux. Il en résulte évidemment que les irrigations d'eaux limpides sont moins nécessaires et que leurs effets sont moins grands à mesure que la température habituelle est moins élevée. Les différentes natures de sols, comme les diverses espèces de végétaux, ne demandent pas des arrosemens également copieux et fréquens; car, si une humidité suffisante est constamment nécessaire à la végétation, une humidité surabondante lui est nuisible, et l'on sait que cette humidité suffisante est relative à la nature du sol et à l'espèce de ses produits.

Dans certains cantons on est dans l'usage, en hiver, de couvrir les prairies d'eau pour les préserver de la gelée; dans d'autres on a grand soin de les mettre à sec et même de bien faite égoutter la terre. L'une et l'autre méthode a ses avantages et ses ineonvéniens; une légère couehe de glace qui est gelée jusqu'au sol ne nuit en aucun cas; mais, lorsque la couche supérieure de l'eau est fêlée et non l'inférieure, et qu'ainsi le sol de la prairie reste mou, l'eau, même en hiver, peut se putréfier et nuire aux meilleures plantes des prés. Ainsi, dans les prairies où l'inondation s'élève beaucoup, il vaut mieux, lorsque l'hiver arrive, laisser écouler l'eau. C'est l'opinion de Thaer.

En été, les irrigations sont généralemen favorables, mais il faut savoir les propor

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