‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 150 sur 329 · TOME L · texte numérisé non relu

TOME L

274 AGRICULTURE : Î)ES ASSOLEMENS

place par les troupeaux. — 2e année : Orge sans engrais. — 3e année : Blé.

Ve année : Turneps, comme dans l'exemple précédent. — 2e année : Orge. — 3e année : Trèfle.

lre année : Pommes-de-terre fumées. — 2e année : Orge. — 3e année : Trèfle.

tre année : Pommes-de-terre fumées. — 2e année : Seigle. — 3e année : Lupuline.

Dans presque toute V Angleterre les turneps ou navets forment une base essentielle des rotations sans jachère. Ils ont aussi une grande importance dans plusieurs de nos départemens occidentaux. Cependant, en général, leur emploi est moins fréquent chez nous, et, en effet, les résultats sont fort différens dans les deux pays. — - Dans le premier, l'humidité plus constante du printemps et de l'été, les froids moins brusques et moins forts de Phi ver, font que les turneps réussissent généralement mieux et plus sûrement que dans le second. — Une autre considération d'une haute importance, c'est que le parcage, à en juger par les résultats comparatifs, entraîne plus d'inconvéniens en France que dans les îles Britanniques. Là, au lieu d'arracher, de transporter, de conserver parfois difficilement les racines fourragères, et de les distribuer aux bestiaux avec des soins toujours coûteux; au lieu de faire charrier à grands frais une partie, quelquefois la totalité des engrais nécessaires, le berger se charge de tout, et la terre s'enrichit tandis que les animaux se nourrissent. On évite ainsi bien des frais de main- d'oeuvre. Malheureusement, dans nos régions où l'on regarde comme nécessaire d'abriter les troupeaux au moins pendaut une partie de l'hiver, et où le parcage de nuit des moutons n'est que trop souvent nuisible à leur santé, les mêmes moyens n'existent pas. — Les turneps, d'ailleurs, sont fréquemment détruits dans nos champs par les altises, et l'on ne doit pas les considérer comme aussi nutritifs que diverses autres racines que, par cette raison, on trouvera souvent de l'avantage à leur préférer : telles sont la pommede-terre et la betterave qui atteignent en partie le même but dans les assolemens, qui réussissent assez ordinairement dans les mêmes terres, et sont d'une conservation plus facile.

L 'orge a aussi beaucoup plus de valeur en Angleterre qu'en France, à cause des nombreuses brasseries qui en étendent la consommation. On a calculé qu'une très-belle récolte d'orge vaut à peu près autant qu'une belle récolte de froment. Cette circonstance est donc encore à l'avantage de nos voisins; elle est une preuve de plus des modifications que peuvent apporter a la théorie des assolemens les circonstances locales.

Dans le premier assolement cité, la terre étant convenablement ameublie par les binages, et richement fumée, peut donner sans doute deux belles récoltes de céréales ; mais on doit prévoir que la succession prolongée et sans intermédiaire, de l'orge et du fro ment ou du seigle, deviendra à la longue de moins en moins productive.

Dans le second et le troisième, on remarque ua inconvénient presque aussi grave; c'est le

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retour trop fréquent du trèfle. Ici se présente naturellement une double réflexion : — rien ne prépare mieux une récolte de froment que celle du trèfle; mais il faut pour cela qu'il soit beau, car, lorsqu'il pousse maigrement, il est envahi par les mauvaises herbes, et son effet devient presque nul. La pratique le démontre chaque joiir. — D'un autre côté, même dans les contrées où l'introduction de cette précieuse légumineuse est encore en quelque sorte récente, on s'est aperçu qu'au lieu de la reposer, elle effrite sensiblement la terre sur laquelle elle revient trop souvent, et que de la sorte sa culture cesse d'être profitable en elle-même et aux récoltes suivantes dès qu'elle s'affaiblit. Or, c'est ce qui ne peut manquer d'arriver tôt ou tard avec une rotation triennale, et c'est ce c-u'il importe avant tout d'éviter, si l'on tient à se ménager une des plus précieuses ressources de l'agriculture moderne.

Quant à la lupuline {Medicago lupulina),

3ui convient parfaitement aux sols légers ans lesquels le trèfle aurait de la peine à prospérer, et qui produit sur les terres à seigle d'aussi bons effets que le trèfle sur les terres à froment, quoique je ne sache pas que l'expérience se soit encore prononcée aussi clairement, il est bien probable, si l'on considère le genre auquel elle appartient , que les inconvéniens dune culture trop fréquente seraient les mêmes.

2° En terres plus fortes que légères.

Ve année : Fèves fumées et binées. — 2e année : Blé froment. — 3e année : Trèfle.

lre année : Fèves fumées et binées. — 2e année: Blé. — 3° année: Vesces pour fourrages.

lre année : Pommes-de-terre fumées et binées. — 2e année : Avoine. — 3e année : Trèfle rompu pendant l'hiver.

lre année : Choux fumés. — 2e année : Avoine ou blé de prin temps. — 3e année: Trèfle.

lre année : Colza fumé. — 2e année : Blé. — 3e année : Trèfle.

lre année : Rutabagas fumés et binés. — 2e année : Blé. — 3e année : Vesces d'hiver ou de printemps.

La fève, quoiqu'elle vienne de préférence dans les sols meubles et substantiels, mieux que beaucoup d'autres plantes, s'accommode cependant des terres argileuses, compactes, humides, d'une exploitation à la fois coûteuse, difficile et peu profitable. Yvart la nomme, à bon droit, la plante par excellence, pour diviser, ameublir, fertiliser ces sortes de terrains, et les préparer à la culture des céréales, particulièrement à celle du froment.

Dans ce but, au lieu de la semer à la volée, comme on le doit toujours quand on veut la faucher à l'époque de sa floraison, on la sème en rayons pour en recueillir les graines dont on fait un usage assez important dans plusieurs de nos departemens du sud et du sud-ouest, non seulement pour la nourriture des animaux de travail et d'engrais, mais comme aliment des hommes.

Dans les deux premiers exemples, on peut cultiver les lèves comme fourrage ou comme

châp. «•: DE LA. PRATIQUÉ

semences alimentaires* En général la seconde méthode est préférable : parce que les binages qu'elle nécessite améliorent beaucoup mieux le sol pour la céréale suivante; — parce que les produits peuvent être utilisés, selon les circonstances, à la nourriture des hommes ou à celle des animaux; — et parce qu'enfin ils ont une valeur commerciale souvent plus importante.

Les pommes -de -terre conviennent moins aux terres fortes cjuaux sols sablo-argileux. — Dans les terrains argilo-sableux et même argileux, lorsqu'ils ont été suffisamment divisés, ou peut néanmois espérer des récoltes dont l'abondance compense en quelque sorte la qualité; mais si l'on en croit l'opinion la plus répandue dans les campagnes, il ya peu d'avantages à les placer immédiatement avant une récolte de froment, lorsqu'on peut faire précéder cette céréale d'un Beau trèfle ou d'une culture de fèves. La place des pommes-de-terre est en conséquence mieux marauée dans un assolement de quatre ans que ans une rotation triennale, à moins que, comme dans l'exemple ci-dessus, on n'ait avantage à substituer l'avoine au blé.

Quant aux choux, je ne nie pas que la culture en soit très*dispendieuse, car elle exige beaucoup d'engrais et de main-d'œuvre; mais ces deux circonstances sont précisément celles qui contribuent le plus à la rendre profitable à l'assolement; car, d'une part, les choux sont loin de consommer tout le fumier qu'on leur donne, et, de l'autre, nulle terre n'est à la fois plus nette et mieux divisée que celle qui vient d'en porter.

Il était naturel que la culture des choux, pour l'usage des bestiaux, se soit établie d'abord dans le nord de l'Europe, où la nature du climat la rendait plus nécessaire comme nourriture d'hiver, et plus praticable à cause de l'humidité de l'arrière -saison. Elle s'est étendue depuis, non seulement en Allemagne, en Angleterre et dans le nord de la France, mais jusqu'à l'ouest et au sud-ouest de ce dernier pays où, concurremment avec le trèfle, elle a rendu les plus grands services à l'agriculture, en améliorant le sol au point de transformer en terres à froment celles qui ne portaient précédemment que de l'orge ou du seigle, — ce qui est assez dire, par parenthèse, que les choux ne croissent pas exclusivement dans les terres argileuses; — en faisant, plus que toute autre culture, comprendre l'importance de la chaux et des divers amendemens calcaires; — en donnant les moyens d'augmenter le nombre des bestiaux; etc., etc. — Malheureusement, dans les automnes d'une grande sécheresse, les choux ne réussissent pas à beaucoup près aussi bien; mais alors aucune racine, si ce n'est peut-être la betterave, ne réussirait mieux. — Le choux-cavalier, que l'on cultive exclusivement dans presque toute la Bretagne et la Vendée, a même cet avantage précieux, que, pour peu qu'on puisse le faire reptendre au moment de la transplantation, c'est-à-dire vers septembre, si les pluies viennent ensuite à manquer, il languit sans périr, et il peut de nouveau se développer avec vigueur au retour de l'humidité.

Le rutabaga {Brassica napo bras sic a ) peut

DES ASSOLEMENT 2?â

parfois remplacer le navet dans les terres consistantes, qui conviendraient peu à ce dernier. Ses produits, avec une culture et dans un sol convenables, sont d'autant plus abondans qu'une fois que la vé-élalion est avancée, la suppression des feuilles ne nuit pas sensiblement au dernier développement des racines. — Ce sont donc deux récoltes fourragères pour une. -— On a dit que ce chou était moins délicat que la plupart des autres espèces ou variétés sur le choix des terres ; j'avoue que les essais que j'ai fait tenter chez moi ne viennent point à l'appui d'une telle assertion.

Quant au colza semé comme fourrage, j'ignore s'il donne quelque part de meilleurs produits que les choux ; — cultivé pour la graine, c'est une plante fort épuisante dont je ne crois pas que la culture puisse profitablement revenir tous les trois ans. Sa place me paraissant mieux marquée dans une rotation à plus long terme, je devrai nécessairement en dire quelque chose un peu plus loin.

En résumé, dans un sol très-pauvre, il peut arriver qu'un assolement triennal soit préférable à un assolement quadriennal, parce que, dans le second, les effets d'un seul engrais ne se font pas senlir jusqu'au renouvellement. Sous ce point de vue une rotation analogue à celle que je viens d'indiquer, surtout avec le parcage, lorsqu'il est possible, n'est point à rejeter. On donne ainsi à la terre deux fumures, une pour la culture sarclée, l'autre pour la céréale.

Afin d'éviter le retour trop fréquent du trèfle, il est facile de lui substituer, une année sur six, le sarrasin coupé comme fourrage, ou la lupuliue dans les sols légers; les vesces, les gesses, etc. dans les terres plus fortes; mais alors l'assolement devient véritablement de six ans, et il n'en reste pas moins vrai qu'en le limitant strictement à trois, on se prive de nombreuses ressources.

B. Dans le midi de la. frange. 1° Dans les terres plus légères que Jortes.

lre année : Pommes-de-terres fumées. — 2e année .--Trèfle d'automne plâtré au printemps. — 3e année : Seigle.

Ve année : Maïs avec fumier. — 2e année : Récolte enfouie en vert ou pâturée. — 3e an* née : Céréale.

2° Dans les terres plus fortes que légères,

tre année : Betteraves fumées. — 2e année : Froment. — 3e année : Mais comme fourrage.

Ve année : Fèves fumées. — 2e année : Blé froment. — 3" année : Maïs.

Ve année : Maïs fourrage. — 2e année:

Fèves enfouies après une lie coupe. — 3e année : Froment.

Ve année : Froment suivi immédiatement de lupins enfouis. — #T année : Froment suivi le plus ordinairement d'un fourrage mélangé. — 3e année : Mais, millet ou sorgho.

Ce dernier assolement appartient à la partie du littoral Toscan qui avait été réunie 4

*7é AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS

la France, et où se trouve, entre Pistoia et Lucques, la vallée de Niévolle, la mieux cul-

tivée de toute la Toscane, qu'on sait être le jardin de l'Italie. « Dans cette vallée, arrosée par le fleuve Arno,et qui comprend la plaine de Pescia, au lieu d'abandonner la terre à l'improductive jachère, on en exige ordinairement cinq produits différens en trois ans, souvent sept en quatre ans, en ne la laissant jamais nue, en la couvrant d'une nouvelle semence immédiatement après chaque récolte, en la fertilisant de temps en temps avec ses produits, et en alternant le froment avec le lupin, le haricot, la rave, le trèfle incarnat, le millet, le sorgho et le mais qui y sert quelquefois de rame aux haricots. Le produit du lupin y est généralement enfoui comme engrais entre deux récoltes de froment, et l'on y sème aussi quelquefois pour fourrage, après ces récoltes, un mélange de lupin, de lin, de raves et de trèfle incarnat, dont chaque espèce de plantes, à commencer par le lupin, se trouve consommée successivement depuis l'automne jusqu'au mois de mai, époque de l'ensemencement du maïs. » — ( Nouveau Cours complet d'agriculture théorique et pratique. )

§ III. — Des assolemens de quatre ans.

A. Dans le nord et le centre.

1° En terres plus légères que fortes.

Dans le comté justement vanté de Norfolk, le pivot de la culture quadriennale est le turneps; c'est à l'aide de la fumure qu'on lui donne, du parcage auquel on le destine, et de la bonne préparation du sol, que l'orge acquiert sa grande fécondité, et que le trèfle qui lui succède réussit encore parfaitement.

— '"est par suite de la riche végétation du trètle que le froment ne manque, pour ainsi dire, jamais. — Il est des endroits où cette rotation, qui couvre une moitié du terrain en céréales, existe depuis plus d'un siècle sans que la terre paraisse s'en fatiguer.

lre année : Turneps fumés et pâturés sur place. — 2e année : Orge ou avoine et trèfle.

— 3e année : Trèfle. — 4e année : Froment. Dans les bonnes terres, au dire de sir J.

Sinclair, on ne donne parfois d'autres engrais que ceux produits par le parcage, mais dans ce cas, comme on doit le prévoir, il est difficile que l'assolement soit suffisamment améliorant; car souvent alors, malgré de bons labours, les turneps et le trèfle manquent, et il devient nécessaire de rafraîchir la terre en la mettant en herbage pour deux ou trois ans au moins. C'est afin de remédier à celte difficulté qu'on a proposé le pâturage sur place de la vesce et des turneps.

L'assolement se compose alors des quatre soles suivantes :

lre année : Vesces d'hiver suivies de turneps, les uns et les autres pâturés sur place par les moutons. — 2e année : Blé ou orge, puis trèfle. — 3e armée : Trèfle. — 4e année : Orge ou blé.

Voici quelques autres exemples d'assolemens anglais de 4 ans:

lre année : Turneps fumés et pâturés sur

Lïv. Ier;

place. — 2e année : Blé en ligne. — 3e année : Trèfle, fumé à l'aide d'herbages maritimes. — 4e année : Blé en lignes.

Malgré tous les avantages d'une telle rotation, dit sir J. Sinclair, on a trouvé que le blé ne pouvait pas revenir avec succès tous les deux ans, pendant un temps un peu long, sur les terres légères. Après avoir suivi cette pratique dans le Lothian, pendant 14 ans, le résultat a été que, quoique, à force d'engrais, on continuât toujours à obtenir une grande abondance de paille, cependant le blé est devenu léger et peu productif. En conséquence on a préféré remplacer la seconde récolte par de l'avoine.

On a adopté près d'Edimbourg une rotation quadriennale très-productive, et qui se rapproche davantage de nos assolemens français ; savoir :

lre année : Pommes-de-terre. — 2e année : Blé. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Avoine.

Les cultivateurs écossais mettent le blé après les pommes-de-terre, afin de le faire profiter directement de l'engrais de cette plante. Chez nous, ainsi que je l'ai déjà dit, la pratique s'est prononcée dans la plupart des lieux contre une telle méthode. Nous sèmerions l'avoine après les pommes de-terre, et le froment succéderait, sans addition d'engrais, à un trèfle plâtré et rompu de bonne heure.

M. Mathieu de Dombasle recommande les deux cours suivans, l'un pour les sols de bonne qualité, l'autre pour ceux d'une fertilité moyenne, et tous deux pour les terres de la nature de celles qui nous occupent ici :

lre année : Betteraves fumées, arrachées en septembre. — 2e année : Colza d'hiver, repiqué avec trèfle. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Blé.

lre année : Pommes-de-terre, betteraves, rutabagas ou choux avec fumier. — 2e année : Orge ou avoine. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Blé ou colza d'hiver.

Dans le département de la Loire on connaît l'assolement suivant :

lre année : Chanvre, puis raves pâturées. — 2e année : Avoine, puis trèfle. — 3e année : Trèfle quelquefois fumé au printemps. — 4e année : Blé.

Sur divers autres points de la France où les assolemens quadriennaux commencent à se répandre, on a trouvé préférable de semer le trèfle sur le blé, qui se trouve ainsi succéder immédiatement à la culture ou à la jachère fumée; l'avoine ne vient ainsi que la dernière année.

Pour les terres sableuses maigres de la Sologne, M. de Morogues a proposé les deux assolemens suivans :

Y" année : Sarrazin et navets, pommes-deterre. — 2e année : Avoine, orge de mars. — 3e année : Vesces d'hiver, jarosses d'hiver, fauchées en vert. — 4e année : Seigle.

lre année: Turneps ou navels, pommes-deterre. — 21' année : Orge et avoine, sarrasin et navets. — 3e année : Fourrages légumineux, moitié de mars, et moitié d'automne, tels que pois-moissard, vesces, jarosses, jardeau. Ces fourrages seraient coupés en vert, surtout le dernier, afin de ne pas donner à la graine le

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temps de mûrir, et afin de permettre de faire les labours pour semer les blés. On conserverait seulement quelques arpeiïs pour graines, et on les remplacerait par des choux auxquels on ferait succéder une partie des pommes-deterre de la première année de l'assolement, parce qu'ainsi on détruirait, parles façons nécessaires à ces racines, les plantes de fourrage qui pourraient renaître spontanément et nuire à la terre lors des récoltes de céréales. — 4e année : Seigle ou méteil.

Ban.? ce système de culture, le sol serait labouré tous les ans, et fournirait alternativement une récolte de céréale et une récolte fourragère, qui permettrait de donner les fumures convenables. — Remarquons ici que, dans les assolemens quadriennaux, une seule fumure est le plus souvent suffisante; cependant, si le sol était maigre, on pourrait, comme dans l'assolement triennal, donner une fumure et une demi-fumure à l'aide du parcage ou d'une récolte enfouie en vert.

Dans sa propriété des Barres, qui se compose de terres de nature fort différentes, les unes sablonneuses ou sablo-argileuses , les autres contenant plus de moitié de calcaire légèrement magnésien, du sable et une faible quantité d'argile, M. Vilmorin a adopté un assolement de 4 ans, uniforme pour le temps, mais qui change pour les produits :

lre année: Jachère avec ou sans récolte sarclée, selon la quantité de fumier dont on peut disposer. — 2e année : Froment, méteil ou seigle. — 3e année: Trèfle ou jarosse, pois gris, vesces d'hiver. — 4e année : Graines de mars. Le froment et le méteil viennent sur le sol calcaire; le seigle se sème dans les parties sablonneuses. — Le trèfle est loin de réussir partout. Dans la plaine crayeuse il est remplacé avec avantage par des légumineuses d'hiver : la jarosse, le pois gris, les vesces. — Là où les pommes-de-terre ne réussissent que médiocrement, le topinambour, qui paraît être la plante de prédilection des terrains calcaro-magnésiens y donne d'excellens produits pour les bestiaux.— M. Vilmorin cultive, autant qu'il peut les faire réussir, la luzerne et le sainfoin; mais c'est sur des terres qu'il sort de son assolement, parce que leur succès n'est pas assuré sur d'assez grandes étendues, pour qu'il ait pu les faire entrer périodiquement dans un cours général de longue durée.

Autrefois les trois quarts du sol étaient en parcours, et comme notre confrère, loin de diminuer ses troupeaux, en a augmenté le nombre, il a fallu suppléer aux pâturages naturels par des pâtures vives, semées en graminées, qui conviennent à chaque portion de la ferme, et dont le produit est parfois décuple de celui des terres abandonnées à la suite de l'assolement. — Il résulte d'expériences répétées, que sur le sol calcaire les espèces qui réussissent le mieux pour la faulx, sont, dans l'ordre de leurs succès, la brome des prés, les fétuques ovine et traçante, le dactyle gîoméré, etc. etc., et, pour pâtures vives, lefétuque rouge, le poa à feuilles étroites et le raygrass. — Sur les sables le choix est moins limité: au premier rang se placent le fromental, la flouve odorante, et les deux espèces de fétuques ovine et traçante; au second le dac-

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