DE TA PRATIQUE DES ASSOLEMENS
tyle, le ray-grass, le poa à feuilles étroites ; en troisième X avena jlavescens et le poa des prés; en quatrième la cretelle et le brome des prés.
2° En terres plus fortes que légères.
Ve année : Fèves fumées et binées. — T année : Blé, puis trèfle de printemps. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Blé, colza d'hiver ou avoine.
lre année : Gesses fumées et coupées en vert. — 2e année : Avoine et trèfle. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Blé.
ire année : Choux fumés et binés. — 2e année : Avoine. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Blé.
lre année : Fèves fumées et binées. — 2e année : Blé d'automne ou de printemps, selon l'état du sol. — 3e année : Rutabagas pâturés sur place. — 4e année : Blé d'hiver.
lre année : Carottes, tabac ou choux fumés. — 2e année : Froment. — 3e année : Fèves binées ou colza fumé. — 4e année : Froment ou avoine.
B. Dans le midi.
Si l'on se rappelle ce qui a été dit précédemment en parlant du climat, on sait combien il est difficile d'établir dans certaines parties du midi un assolement régulier, avec racines sarclées et prairies artificielles. M. A. de Gasparin a cherché à lever cette difficulté. C'est encore à l'assolement quadriennal qu'il a eu recours.
Ve année : Betteraves fumées et semées en place, puis binées. — 2e année : Froment ou seigle. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Froment ou seigle.
La transplantation de la betterave, telle qu'on la pratique dans le nord, était ici impossible sans irrigation; — le semis en place, a la volée, était fort casuel, à caisse des pluies battantes et des vents violens qui corroient souvent les terres un peu fortes, au point que les germes périssent sans se faire jour. M. de Gasparin évite ce double écueil en semant au plantoir, et en recouvrant de sable fin ; par ce moyen les plantes, espacées d'un pied seulement, en tous sens, couvrent bientôt le sol de manière que leur succès est assuré. — Quant au blé qui succède aux betteraves, sa culture offre cette particularité, que, « toujours sous l'influence du climat, il doit être semé en ligne, afin de pouvoir lui donner les façons propres à établir les trèfles d'une manière certaine, quelle que soit la température. La graine simplement répandue sortirait mal, il faut qu'elle soit enterrée, et mise à l'abri du vent et du soleil... Un grand rouleau cannelé moule le terrain en sillons réguliers, et non déchirés, comme pourrait le faire la charrue : alors la semence, distribuée à la main par un semeur ordinaire, se précipite au fond des sillons; un coup de claie les unit, et le blé est disposé régulièrement. Ce procédé offre de nombreux avantages : la machine est solide et peu coûteuse, les plantes sont aussi bien disposées que par le semoir; les trèfles sont immanquables, les blés nettoyés, et une culture qui passe partout pour salissante, est de-
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venue une culture sarclée et améliorante du sol.... » Annales de C Agriculture jî'ançaise, octobre 1833.
Dans les contrées du même pays où la proximité des cours d'eau et la disposition des terres permettent de recourir aux irrigations, toute difficulté disparaît, et la culture devient alors plus productive que partout ailleurs. Sous l'influence convenablement coinbinéede la chaleur et de l'humidité, il est plus facile là que partout ailleurs de multiplier Je nombre des récoltes en un court espace de temps. La partie de la Toscane, déjà citée dans le § précédent, en offre un exemple surprenant :
Ve année : Froment fumé, suivi de haricots entremêlés de mais pour rames. — 2e année : Froment suivi de lupins enfouis comme engrais. — 3e année : Froment suivi de fourrages consommés sur place jusqu'en mai. — 4e année : Maïs, millet ou sorgho.
On obtient ainsi sept récoltes en quatre ans, et le binage des haricots et l'enfouissemenldu lupin permettent de ramener 3 ans de suite le froment. — Peut-être dans quelques parties du département de Tarn-el-Oaroune, de la plaine de Nimes, etc., ne serait-il pas impossible d'approcher d'une si prodigieuse lécondiié.
Les assHemensquadriennaux, bien préférables, en général, à tous ceux dont nous nous sommes jusqu'ici occupés, présentent cependant encore des inconvéniens même assez graves dans les localités où le trèfle ne réussit que médiocrement, ou dans les terrains que l'on a fatigués de sa culture. En effet, lorsque ce fourrage est admis, il reparaît nécessairement tous les quatre ans, et l'on a remarqué en beaucoup de lieux qu'un intervalle de trois ans entre deux cultures de trèfle n'est pas toujours suffisant. — On doit en dire autant de diverses plantes propres aux arts, dont on trouve habituellement utile d'éloigner le plus possible les récoltes.
Dans la plupart des cas cependant, ces assolemens ont, sous d'autres points de vue, non pas seulement en théorie, comme on s'est plu à le dire, mais en bonne pratique, des avantages si nombreux et si réels; — ils forment une transition si facile des rotations triennales avec jachère aux diverses autres rotations sans jachère; — ils procurent une telle économie d'engrais et en utilisent si bien l'emploi : — que, pour'mon compte, je ne suis nullement surpris de les avoir vu préconiser avec chaleur par presque tous les agronomes de notre époque, et adopter, même sous le soleil de Languedoc, par les cultivateurs les plus éclairés.
§ IV. — Assoleraens de 5 ans.
Les assolemens quinquennaux sont d'une application moins générale que les précedens. En les adoptant, il est imposs:ble, sans s'écarter des bons principes, de faire revenir les céréales plus de deux fois. — Sauf quelques cas exceptionnels, un seul engrais ne peut suffire, à moins qu'on ne recoire au parcage, aux récoltes enfouies, ou qu'on évite toute culture épuisante; — dans les cas les plus ordinaires, on trouvessi l'on consacre
DES ASSOLEMENS. uv. i">
trois soles aux plantes fourragères, que cette proportion est trop forte. Cependant il est telles circonstances où il serait difficile de trouver une rotation mieux appropriée aux besoins du moment. J'en citerai quelquesuns :
Sur un sol fatigué et sali par le retour trop fréquent ou trop prolongé des blés, et que l'on veut ramener, sans jachères, à sa fécondité première, un ou deux assolemens quinquennaux remplissent parfaitement le but; soit qu'on puisse couvrir deux soles de plantes fumées, binées ou butées, et une troisième de fourrages à faucher en vert; — soit qu'à une sole de plantes sarclées on joigne deux soles de prairies artificielles; — soit enfin qu'après avoir fauché une première année la prairie artificielle, on la laisse une seconde année en pâture.
Dans les localités où les fumiers sont abondans, où les cultures industrielles sont d'un débii ou d'un emploi facile, et où leur grand rapport dépasse ou balance celui des céréales, les rotations de 5 ans peuvent être aussi fort profitables. Elles se composent alors, tantôt de deux soles de fourrages racines et fauchables, ou simplement fauchables en vert; d'une sole de plante oléifère, filamenteuse ou toute autre exigeant des engrais, des binages et des sarclages, et de deux soles de céréales; — tantôt d'une seule sole de blé, et de quatre soles; deux de végétaux propres aux arls et deux de prairies arlific elles.
Enfin y sur défriche de vieilles prairies ou de tout autre terrain fertile, de semblables rotations peuvent encore servir de transition à un nouvel herbage ou à un assolement différent. En pareil cas on peut, avec un seul et parfois sans engrais, demander au sol des récolles plus ou moins épuisantes. — Voici quelques exemples :
1° En terres de diverses natures et de consistance moyenne.
lre année : Céréale de printemps. — 2e année : Vesces, gesses ou autres plantes à faucher en vert. — 3e année : Culture racine fumée, betteraves, carottes, etc. — 4e année . Céréale d'automne — 5e année : Choux fumés et binés.
lre année : Céréale d'automne. — 2' année: Fourrage suivi d'une seconde récolte enfouie.
— 3e année : Racines sans engrais et pâturées sur place. — 4e année : Céréale de printemps.
— 5e année : Culture fumée, sarclée, binée ou butée, arrachée de bonne heure en septembre.
l,e année : Culture fumée, sarclée, binée ou butée. — 2e année : Céréale avec graines de prairie artificielle. — 3e année : Prairie artificielle fumée à la surface ou enfouie avant la dernière coupe. — 4e année : Céréale. — 5e année : Autre prairie artificielle sans engrais.
Je citerai de plus :
lre année : Gesses, pour fourrage. — 2e année : Pommes-de-terre fumées. — 3e année : Avoine. — 4e année : Trèfle. — 5e année : Blé.
lre année : Fèves, pommes-de-terre ou choux, fumés. — 2e année : Blé d'automne ou de printemps. — 3e année î Trèfle, re<;
chap. 10e. DE LA PRATIQUE
tourné de bonne heure. — 4e année : Blé d'automne sur légère fumure. — 5e année : Gesses coupées en vert.
lre année : Pommes-de-terre richement fumées. — 2e année : Pavot, mais, pois, etc. avec ou sans demi-fumure. — 3e année : Froment d'automne. — 4e année : Trèfle, semé au printemps. — 5e année : Froment d'automne.
Sir J. Sinclair nous apprend qu'il y a plus de 30 ans que l'assolement suivant est adopté dans les environs de Glasgow :
Ve année : Pommes-de- terre, sans doute fumées. — 2e année : Blé. — 3e année : Prairie artificielle à faucher. — 4e année : Pâturage et fumure d'automne. — 5e année : Avoine ou blé.
Dans le Huntingdon on préfère assez fréquemment une rotation basée sur les mêmes principes :
l,e année : Turneps, vesces, colza, pour fourrage. — 2e année: Céréales avec trèfle. — 3e année : Trèfle fauché ou pâturé. — 4e année : Fèves ou toute autre culture améliorante, binées et pâturées par des moutons.
— 5e année : Céréale.
On trouve sur quelques points de la France :
lre année : Fourrage vert. — 2e année : Céréale fumée et trèfle. — 3e année : Trèfle. — 4e année : Céréale sans engrais. — 5e année : Colza, navette ou pavot, etc. avec fumure.
lre année : Racines fourragères, fumées et binées. — 2e année : Céréale sans engrais. — 3e année : Trèfle, puis fumure. — 4e année \ Céréale. — 5e année : Lin sans engrais.
lre année : Pommes-de-terre fumées. — 2e année : Pavot ou chanvre sans engrais. — 3e année : Lin fumé avec des engrais liquides.
— 4e année : Céréale. — 5e année : Prairie naturelle.
2° Sur défriche de vieilles prairies,
lre année : Pommes-de-terre, sans engrais.
— 2e année : Navets, id. — 3e année : Orge, id.
— 4e année : Pommes-de-terre fumées. — 5(' année : Orge avec graines de pré.
lre année : Lin ou colza non fumé. — 2e année : Pommes-de-terre, navets ou betteraves, non fumés. — 3e année : Orge ou pavot, non fumé. — 4e année : Trèfle, non fumé. — 5* année : Blé, non fumé.
lre année : Avoine, sans engrais. — 2e année : Betteraves, sans engrais. — 3e année : Blé, sans engrais. — 4e année : Fèves, binées avec ou sans engrais. — 5e année : Blé, avec graines de pré.
Ie année : l,iu, sans engrais. — 2e année : Colza, eu ligues et bine sans engrais. — 3e année : Blé, sans engrais.— 4e année: Trèfle, §ans engrais. — 5e année : Blé, sans engrais.
% V. — Assolemens de six ans.
A. Dans le nord et le centre.
1° En terrains de consistance moyenne.
Nous avons vu que l'assolement quadriennal offrait un moyen facile, sans autre augmentation de frais qu'un peu plus de main-
DES ASSOLEMENS. 279
d'oeuvre, de passer d'une rotation avec jachère à une rotation sans jachère. Nous retrouvons avec M Fouquier d'Hérouel, dontl'excellent mémoire a été couronné cette année même par la Société d'agriculture de St.-Quentin, le même avantage dans l'assolemtnt sexennal,qui permet aux plus pauvres cultivateurs et sur les terres les plus souillées, d'arriver peu-à peu à l'une des cultures les plus riches et les mieux entendues. — Voici la marche proposée :
lre année : Blé. — 2e année : Jachère. — 3e année : Blé, puis trèfle. — 4e Trèfle. — 5e année : Avoine. — 6e année : Jachère.
« Suivant l'ancien usage, blé, avoine, jachère, dit M. Fouquier d'Hérouel, la terre dans une période de six ans donne ôeux récoltes de blé, deux d'avoine, et elle reste deux années en jachère; dans l'assolement sexennal, en conservant également deux années de jachères, on obtient deux récoltes de blé, une de trèfle et une d'avoine ; par les deux méthodes, les deux récoltes de blé ont eu lieu après des jachères, par conséquent leurs produits sont égaux. Dans l'ancien système on a deux récoltes d'avoine après le blé; dans le nouveau une seule récolte après du trèfle; mais, pour peu qu'on se soit occupé d'agricuiture, on sait qu'une récolte d'avoine après trèfle donne plus de paille et de grain que deux récoltes après le blé^ faites suivant l'ancien assolement. Supposons seulement qu'il y ait égalité, il restera en bénéfice dans l'assolement sexennal deux coupes de trèfle qui n'auront coûté que la valeur de la semence et des cendres minérales qu'il faut répandre sur la terre au mois de mars, et cet avantage est d'autant plus grand qu'il fournit aux cultivateurs les moyens de nourrir un plus grand nombre de bestiaux, par conséquent d'augmenter la masse de leurs engrais, et de parvenir graduellement à diminuer la quantité de terres laissées en jachères, en les couvrant successivement de nouveaux fourrages. »
Lorsqu'on se sera assuré ainsi les moyens de fumer chaque pièce deux fois en six ans, on pourra entreprendre la culture des plantes textiles ou oléagineuses, et voici alors l'assolement que propose l'auteur du mémoire précité, pour les terres à froment ou à seigle.
lre année : Blé froment ou seigle. — 2e an» née: Engrais, récolte sarclée. — 3e année : Avoine ou orge et trèfle ou lupuline. -— 4e année : Trèfle ou lupuline. — 5e année : Blé, puis engrais. — 6e année : Colza, pavot, lin, etc., fumés.
On voit que de cette manière, conformémentau principe qui a été développé dans l'un des paragraphes de la section précédente, on aura la moitié des terres en céréales, blé ou seigle et avoine .ou orge ; — un sixième en prairie artificielle, — un sixième en racines lourra gères, — et un dernier sixième en plantes propres aux arts.
Bans les Loams fertiles de V Angleterre, sir J. Sinclair recommande le cours suivant :
Yv année : Turneps ou jachère, avec fumure. — 2e année ? Blé ou orge, puis trèfle. — 3e année : Trèfle, soit seul, soit mêlé de ray-grass, avec addition d'un peu de trèfle
jaûn
'AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
Ves
2. — 4e année : Avoine. — 5e année ces, pois oa fèves. — 6e année : Blé.
Près Bar-sur- Jubé M. de Fontenay conserve le tiers de ses terres pour le blé ; — un deuxième tiers est pour l'avoine ou l'orge et les f éverolles ; — et le troisième pour le trèfle, les racines ou les graines rondes. Voici sa rotation :
lre année : Orge ou avoine fumée, puis trèfle. — 2e année : Trèfle. — 3e année : Blé.
— 4e année : Féverolles famées. — 5e année : Blé. — 6e année : Racines fourragères.
A Genève M. Pictet avait adopté un assolement qui lui donnait huit récoltes en six ans à l'aide d'une seule fumure et d'un parca're.
Ve année : Productions fumées et sarclées deux fois. —2e année : Blé, puis sarrasin, vesces ou turneps. — 3e année : Vesces consommées sur place après le parcage, labours. — 4e année : Blé puis trèfle. — 6e année : Trèfle. — 6e année : Blé, puis sarrasin, vesces ou turneps.
Voici le résultat curieux des essais entrepris autrefois par feu M. le professeur Yv art sur une des meilleures pièces de terre de l'exploitation d'Alfort.
lre année : Immédiatement après l'enlèvement d'une récolte de froment blanc hâtif, faite à la fin de juillet ; — semé le 2 août des navets sur un hersage profond ; — consommés sur place par les moutons dans les premiers jours d'octobre; — semé le 12, sur un labour et sur fumier enfoui, de la vesce d'hiver mélangée avec un tiers de seigle. — 2e année : Consommée sur place en avril par des brebis nourrices et leurs agneaux. — Le 26, semé sur un labour de l'orge nue ou céleste ; — moissonnée le 20 juillet; — le 23, semé sur un nouveau labour, dans une partie du champ, de la vesce blanche hâtive tirée du midi, — fauchée défleurie le 18 septembre ; — et dans l'autre, du maïs pour fourrage, fauché et consommé à la même époque;
— remplacé le 26 sur un hersage protond comme le précédent, par des planches alternatives : l°de criblures de seigle; 2° d'escourgeon ; 3° de colza; 4° de rutabaga; 5° d'un mélange de vesce, de lentillons et d'avoine d'hiver, et 6° de trèfle incarnat. — 3e année : Consommé successivement sur le champ ces diverses plantes en mars, avril et mai dans l'ordre ou elles sont présentées; —fini de labourer la totalité du champ le 2 mai, et semé sans délai du sarrazin très-clair, et après le hersage un mélange de navets et de carottes, couvert avec le rouleau ; — récolté le sarrasin le 6 octobre, et consommé sur place pendant l'automne et une partie de l'hiver, les navets et les carottes dépouillés d'abord de leurs feuilles par les moutons, puis ramenés à la surface des champs par un labour et des hersages qui ont exposé les racines restantes, consommées en majeure partie par les mêmes animaux. — 4e année : Semé à la fin de février du blé de mars et du trèfle sur un labour qui avait enfoui en janvier de nouveau fumier; — récolté le blé dans les premiers jours d'août, — et consommé sur place, en automne, la première pousse du trèfle. — 5e année : Fait en mars deux recolles de trèfle plâtré, — enfoui la
liv. rr.
troisième le 7 octobre pour semer du fro" ment. — 6e année : Froment d'automne.
Aux environs de Lille et de Douai on trouve les assolemens suîvans :
Ve année : Colza ou lin fumé. — 2e année : Froment. — 3S année : Fèves fumées et binées. — 4e année : Avoine avec trèfle. — 5e année : Trèfle. — 6e année : Froment.
lre année : Tabac fumé. — 2e année : Hivernages, c'est-à-dire mélanges de vesces. de pois, de fèves et de grains de différentes espèces. — 3- année : Colza fumé. — 4e année : Grains de mars et trèfle. — 5e année : Trèfle.
— 6 ' année : Froment.
Près de Bergues on remarque celui-ci :
îrc année : Froment fumé avec trèfle. — 2B année : Trèfle. — 3e année : Orge d'hiver ou de mars ou avoine. — 4e année : Fèves ou colza, avec fumure. — 5e année : Froment. — 6e année : Lin ou tabac fumé.
Sur de vieilles prairies que Ton juge nécessaire de faire rentrer dans la rotation des cultures économiques, la terre étant presque toujours d'une fécondité très-grande, ou peut semer :
lr" année : Choux non fumés. — 2e année : Avoine id. — 3e année : Fèves id. — 4e année : Froment id. — 5e année : Fèves fumées,
— 6e année : Froment Après quoi on rétablit la prairie en abandonnant le sol à luimême, ou, ce qui est bien préférable, en le semant en graminées.
Voici un second exemple choisi dans le département du Word :
ll"c année : Avoine, sans engrais. — 2e année : Lin, id. — 3e année : Froment, id. — 4° année : Mélange de vesce et de seigle pour fourrage. — 5e année : Colza fumé. — 6 année : Froment dans lequel on sème une prairie artificielle, dont la durée varie suivant la nature de la plante.
Non Loin des glaciers perpétuels de la vallée de Chamouni, sur les vieux pâturages qu'on a défrichés l'automne précédent, on sème au printemps de l'avoine. — La 2e année : A l'avoine succèdent des pommes-de-terre, fumées ou non fumées, selon l'état du sol. — La 3e année : Aux pommes-de-terre succède le lin ou le chanvre. — La 4e année : Vient le froment de mars avec trèfle qui occupe le sol la 5L> année. Enfin la 6e année : On sème de nouveau du froment ou du seigle, sur lequel on répand de la graine de foin pour obtenir un pré qu'on laissera subsister tant que ses produits ne diminueront pas sensiblement.
\ 2° En terres légères et peu fécondes.
Sur les sables arides de la Campine, couverts de bruyères et supportés par un banc de tuf ferrugineux plus infertile encore que la couche labourable, avec une culture opiniâtre, on est parvenu à rendre très-productives les deux rotations suivantes :
lrt année : Pommes- de-terre fumées et
binées. — 2- année : Avoine et trèfle. — 3l an-
I née : Trèfle. — 4e année : Seigle, puis fsper-
I gule Sa même année. — 5>£ année : Navets ou
sarrasin pâturés ou enfouis. — 6 année :
Seigle.
re <-^/*ec: Pommes-de-terre comme dans h
cita*. 10e. DE LA PRATIQUE DES ASSOLEMENS.
cas précèdent. — 2e année
Seigle également fume, sur lequel on sème au printemps un mélange de lupuline et de navets ou de carottes, qui, après la récolte de cette céréale, fournissent une abondante nourriture aux bestiaux. — 3* année : Avoine et trèfle, mêlés encore de navets et de carottes. — 4e année : Trèfle. — 5e année : Trèfle retourné avant une dernière coupe. — 6e année : Seigle.
Une autre rotation sexennale a été adoptée avec succès sur des sols d'une semblable nature :
lre année : Carottes, turneps ou pommesde-terre fumées et binées. — 2e année : Céréale avec graine de prairie artificielle. — 3e année : Prairie fauchée. — 4e année : Pâturage. — 5e année : Pâturage. — 6e année : Céréales.
Avec cet assolement recommandé par sir J. Sinclair, les sols sablonneux ou graveleux de diverses parties de l'Angleterre donnent un produit considérable, et, au lieu d'être épuisés, augmentent en fertilité. — Si les récoltes ne sont pas aussi multipliées qu'on pourrait l'attendre d'une rotation de six ans, on ne doit pas perdre de vue que les dépenses sont peu considérables et qu'il est des cas où l'on ne doit pas compromettre sur un mauvais sol de trop grandes avances.
B. Dans le midi.
Dans les parties méridionales de la France ou le trèfle et la lupuline réussissent, on pourra sans peine suivre à peu près les mêmes combinaisons qu'ailleurs. — Dans les localités plus propres au sainfoin qu'au trèfle, rien n'empêchera d'adopter l'assolement précédent, en ayant soin de préférer, d'après l'avis de M. de Gaspaiun, la betterave et la carotte aux autres racines fourragères. — On aura ainsi :
lre année : Betteraves ou carottes fumées et binées. — 2e année : Céréales avec graine de sainfoin. — 3e, 4e et 5e années : Sainfoin fauché et fumé la dernière année. — 6e année : Céréale.
Ou mieux, toujours dans les localités où le lrèfle ne réussit que médiocrement :
lrc année : Betteraves, etc. comme dans le l,r exemple. — 2e année : Céréale sans engrais. — 3e année : Mais fourrage, puis la enfoui. — 4e année : Cé- — 5e année : Betteraves fumées. — 6' année : Céréale sans engrais.
Ou encore, sans presque rien changer aux habitudes locales :
lre année : Céréale sans engrais. — 2" année : Maïs. — 3e année : Jachère. — 4e année : Céréale fumée. — 5e année : Maïs. — 6e année : Racines fumées et sarclées.
§ VI. — Assolemens de sept ans.
Jusqu'ici, à côté des céréales et quelquefois des plantes dont les produits sont utilisés dans les arts, nous avons à peine remarqué des prairies artificielles qui occupassent le sol vlus d'une année en état d'être fauchées. Nous allons voir successivement paraître des végétaux fourragers d'une plus longue durée, des arbustes, des arbres mêmes qui alier-
même année lupin réale sans engrais.
nent avec les cultures annuelles, de manière à former pour ainsi dire deux assoiemens en un. Les rotations de 7 et de 8 ans, bien qu'elles se prêtent aux mêmes combinaisons que toutes celles qui précèdent, nous en offriront quelques exemples.
Avec un assolement septennal on peut avoir pour but d'obtenir quatre soles de céréales et trois soles seulement de plantes fourragères. C'est ainsi que dans les terres les plus riches du Suffolk on récolte :
lre année : Turneps. — 2e année : Orge. -— 3e année : Fèves. — 4e année : Blé froment. — 5e année : Orge. — 6* année : Trèfle. — 7e année : Blé.
Mais une telle méthode ou toute autre analogue ne peut être recommandée que comme une rare exception. — Plus ordinairement, si l'on préfère l'assolement septennal à l'assolement de six ans, c'est afin d'éloigner plutôt que de rapprocher le retour des blés et d'augmenter le nombre des cultures améliorantes. Ainsi en commençant la rotation par une récolte sarclée et fumée, on aura : 2e année : Céréale, puis trèfle. — 3e année-. Trèfle. — 4e année : Céréale. — 5 année : Culture sarclée et fumée. — 6e année : Fourrage annuel, vesces ou autre plante légumineuse avec parcage. — 7e année : Céréale.
On obtient ainsi trois céréales, deux cultures fourragères ou industrielles, fumées, binées ou butées , et deux prairies artificielles, fauchables en vert; sans compter les récoltes doubles que le climat peut permettre.
D'autres fo won forme les rotations septennales d'un assolement de 3 ou de 4 ans, auquel succède une prairie artificielle de 4 ou de 3 ans. — Cette pratique est surtout applicable aux terrains d'une petite valeur qui supporteraient difficilement un cours plus productif. Il arrive cependant que pour entretenir plus sûrement ou pour augmenter progressivement la fécondité de chaque sole, ou la soumet à son tour à une semblable rotation.
A. Dans le nord et le centre.
1° En terres plus légères que fortes, de bonne qualité.
lre année : Vesces d'automne ou de printemps. — 2e année : Pommes-de-terre fumées. — 3e année : Avoine et trèfle. — 4e année : Trèfle. — 5e année : Froment. — 6e année : Betteraves, carottes, navets fumés. — 7'- année : Céréale.
Ou bien l'assolement restant le même jusqu'à la 6e année, on peut remplacer les racines fourragères par du colza, de l'œillette, du lin, etc.
2° En terres plus légères que fortes, de médiocre qualité.
Vannée: Pommes-de-terre fumées.— 2e année : Avoine. — 3e année : Trèfle ou lupuline, recouvert, après la première coupe de printemps, d'engrais pulvérulent. — 4e année : Froment ou seigle avec sainfoin. — 5e, 6e et 7e année : Sainfoiu.
toue T. — 36
AGRICULTURE : DES ASSOLEMENS.
Iiv. Ie
Pommes -de -terre fumées. —
lr« année
2e année : Avoine ou orge. — 3e annee : Betteraves fumées. — 4e année : Seigle ou ble, puis sainfoin. - 5e année : Sainfoin. - 6e année : Sainfoin. - 7e année : Sainfoin.
Le sainfoin est dans les sols légers, surtout lorsqu'ils contiennent une quantité surabondante de calcaire, un des meilleurs fourrages connus. - Il peut entrer, selon les circonstances dans des assolemens a termes plus ou moins longs, et l'amélioration qu'il opère dans la couche labourable est tres-sensible. Cependant, si on le faisait revenir trop fréquemment aux mêmes places, il cesserait comme tous les autres fourrages de jegeler avec vigueur; il serait donc peu prudent de suivre plusieurs fois de suite les deux cours
Sur les champs arides de la Sologne, l'assolement suivant n'est pas rare :
1- année : Sarrasin et genêt qui levé spontanément. - 2e année : Genêt. - 3e année : Genêt pacagé. - 4e année : Genêt pacage. - 5* année : Avoine de mars. - 6e annee : Seigle fumé. — 7e année : Turneps et pommes-deterre.
Ou, ce qui vaut mieux : ■ . w
1" année : Sarrasin et genêt, quelquefois pommes- de-terre sur engrais. — 2e année : Genêt. — 3* et 4e années : Genêts pacages. — 5e année : Avoine de mars et lupuline. — 6e année : Lupuline fumée à la surface avec du fumier de mouton et retournée de bonne heure. — 7e année : Seigle.
3° Dans les terres plus fortes que légères.
lre année : Vesces fauchées pour fourrage vert. — 2e année : Choux fumés. — 3e annee : Céréale de printemps et trèfle. — 4e année : Trèfle. — 5e année : Blé d'automne. — 6e année'. Fèves fumées.— r année: Blé.
Ou, d'après M. Lullin de Genève :
lre année : Vesces richement fumées, fauchées en vert, puis choux et turneps ou rutabagas entre leurs rangs. — 2e année : Fèves en rayons.— Z^ année: Céréale, puis trèfle.— 4e année : Trèfle. — 5e année : Blé, suivi, s'il est possible, de sarrasin. — 6e année : Vesces fumées, puis turneps consommés à l'étable. — 7 année : Blé.
B. Dans le midi.
1° En terres plus légères que fortes, dites boulbènes douces.
lre année : Pommes-de-terre fumées. — 2e année : Céréale d'automne. — 3e année : Maïs, fourrage, seul ou mélangé.— Vannée : Céréale d'automne. — 5e, 6e et 7e années : Sainfoin.
Ou,
lre année : Céréale et trèfle sur jachère ou sur culture fumée. — 2e année : Trèfle. — 3e année : Méteil. — 4* année : Pommes-deterre fumées. — 5e année : Maïs ou autre fourrage vert. — 6e année : Céréale. — 7e année : Jachère fumée ou betteraves avec engrais.
2° En terres plus fortes que légères } dites terre-forts.
L'assolement ordinaire étant :
Blé, maïs, puis fève ou jachère:
On trouverait sans nul doute profitable de lui substituer l'un des suivans :
Ve année : Blé froment, sans engrais. — 2e année : Maïs. — 3e annee : Fèves fumées. — 4e année : Blé froment. — 5e année : Fourrage vert, vesces, lupins et maïs semés ensemble.
— 6e année : Blé froment. — 7e année : Fèves fumées.
lre année: Blé froment. — 2e année: Fèves en lignes, fumées.— 3e année : Blé.*— 4e année : Maïs.— 5' année : Jachère, puisfumure. — 6e année : Blé. — 7e année : Maïs fourrage.
Dans les terrains favorables à la culture de la garance, cette plante peut très-bien trouver place en un cours de 7 ans :
Ve année : Céréale. — 2e année : Prairies vertes. — 3e année : Céréale. — 4e année : Culture sarclée. — 5e, 6e et 7' années : Garance,
§ VU. — Assolemens de huit ans.
Les rotations de huit ans ne sont, assez souvent, que deux assolemens de quatre ans, mis à la suite l'un de l'autre, dans le but principal de remplacer en l'un d'eux le trèfle par un fourrage différent, afin d'éviter son retour trop fréquent. Sous ce seul point de vue, toutes les autres circonstances restant les mêmes (voy. le 4e paragraphe), ils doivent être généralement préférés.
Dans les lieux où la nature du sol ne s'oppose pas à l'excellente pratique des défoncemens, une première rotation de huit ans avec jachère, qui permet à la couche labourée de se mûrir convenablement, peut être d'autant plus profitable que les terres neuves, pour devenir fécondes, ont besoin d'abondans engrais, de façons fréquentes, et, qu'elles se prêtent surtout à la culture des racines sarclées. L'une des meilleures combinaisons possibles, en pareil cas, me paraît être celle-ci :
lIe année : Jachère avec défoncemenl. — 2e année : Racines binées et sarclées. — 3e année : Autres racines binées et sarclées. — 4e année Céréale. — 5- année : Culture sarclée. — 6e année : Céréale et trèfle. — 7« année : Trèfle.
— 8e année : Céréale.
Les assolemens analogues sont excellens sur défriche et sur tous les terrains salis de mauvaises herbes. A la vérité les façons qu'ils exigent sont nombreuses, mais leurs résultats, fort bons en eux-mêmes, concourent encore efficacement à l'amélioration progressive du sol. — Dans la plupart des cas il est toutefois possible d'éviter une jachère complète. — L'assolement sera alors celui-ci, ou quelque autre basé sur les mêmes principes :
lre année : Sur 3 ou 4 labours d'automne et de printemps, culture sarclée. — 2e année : Seconde culture sarclée. — 3e année : Céréale.
— 4e année : Troisième culture sarclée. — 5e année : Fourrage vert annuel. — 6* année : Céréale et trèfle ou lupulin. — 7e année : Trèfle ou lupuline. — 8 année : Céréale.
On conçoit qu'il serait aussi facile d'introduire le sainfoin dans un assolement de 8 ans que dans ceux de 7 ans.
§ VIII.— Assolemens de plus de huit ans.
Au point où nous en sommes ? il paraîtrait
CIIAP. 10e.
sans doute superflu' d'ajouter beaucoup aux exemples que j'ai cru devoir multiplier précédemment, en raison de leur importance relative, et de leur plus fréquente adoption. — Les combinaisons diverses, avec lesquelles le lecteur est désormais familier, se retrouveraient'toujours les mêmes ou à peu près, en des rotations plus longues. — Dans un assolement de 12 ans, par exemple, on pourrait chercher à obtenir six céréales, précédées et suivies d'un égal nombre de cultures nettoyantes ou reposantes, calculées de manière à produire la quantité de fourrages et d'engrais nécessaire, comme nous avons vu qu'on parvenait à le faire avec deux assoîemens de six ans. — En 13 ans on suivrait la même marche qu'avec deux rotations de 7 et de 5 ans, etc., etc.; cependant il ne faut pas perdre de vue que plus un assolement se prolonge, plus il est facile de varier ses élémens et d'introduire, d'une part, diverses planles industrielles, — de l'autre, l'une des prairies artificielles les plus durables et les plus précieuses, la luzerne. — Il a été malheureusement démontré, par de nombreuses épreuves, que cette plante ne peut revenir avec un f>lein succès sur le même sol qu'après un aps de temps d'autant plus long, quelle y a précédemment séjourné plus long- temps; aussi n'ai -je pu en parler jusqu'ici dans aucun des assoîemens qui ont dû nous occuper
Yvart pensait que Y intervalle à observer avant de faire reparaître la luzerne sur le champ qui Va déjà nourrie, doit être égal au moins a la durée de son existence sur ce champ; d'après ce principe, si elle occupait le sol 5 ou 6 ans, elle pourrait rigoureusement entrer dans une rotation de 10 ou de 12 ans. Je ne nie pas que dans un terrain encore vierge de ce riche fourrage, il puisse en être ainsi pendant un certain temps; mais depuis que notre savant collègue écrivait son excellent article Succession de culture, des faits multipliés et patens sont venus attester qu'un semblable intervalle était loin de suffire dans les localités au moins où la luzerne était depuis longtemps cultivée, et l'on a dû l'augmenter du double dans la crainte de dépouiller l'avenir au profit du présent. — En bonne pratique, je crois donequ'on ne pourra mieux faire que de se rapprocher d'un des exemples suivans : — le premier est le résultat de la longue expérience et des méditations de M. de Morel Vindé ; le second est dû aux essais multipliés et fructueux de notre confrère M. Dailly.
M. de Vindé a partagé sa propriété entière en dix soles, sur chacune desquelles il a admis un assolement de 20 ans ; tantôt a base de luzerne et de trèfle; tantôt à base de sainfoin et de trèfle. — Sur la première sole, la luzerne commence semée avec une céréale de mars; — elle occupe le terrain jusqu'à la fin de la 5e année. — Viennent ensuite les cultures des céréales et plantes sarclées, disposées de manière à ne demander qu'une forte fumure la 9e année, et à faire précéder le froment sur la défriche de luzerne; de deux autres cultures au moins, l'une d'avoine et l'autre de plantes sarclées. — Le trèfle semé comme la luzerne sur la dernière céréale de mars, de l'une des rotations de 7 ans, paraît