‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 17 sur 329 · RE : CLIMAT · texte numérisé non relu

RE : CLIMAT

UVKE V

Le baromètre (fig. 3) offre, avec les prccédens, cetle différence, que le tube, au lieu d'être recourbé, plonge perpendiculairement dans une cuvette en partie remplie de mercure. Il est fixé à une planchette, graduée d'un côté en pouces et lignes, de l'autre en centimètres et millimètres.

Un bon baromètre à cuvette coûte 36 fr.,' celui à cadran 20 fr., et le baromètre à syphon de M. Gay-Lussac, très-commode pour les voyages, parce qu'il tient dans une canne, est du prix de 50 fr.

L' anémomètre fait connaître la force, la direction et la rapidité du vent, Il n'aurait guère, pour le cultivateur, pins d'utilité que les girouettes. — Les meilleures sont celles qui, sous le plus grand volume, offrent le moins de poids possible. Nous en donnons divers dessins ( fig. 4, 5, 6). Leur construction est simple et peu dispendieuse; l'essentiel est que leur pivot soit placé bien verticalement et qu'elles tournent facilement sur lui.

Fig. 5.

Fig. 6.

Section il— De l'humidité^ de la sécheresse, et de leur influence en agriculture.

J'ai dit que l'atmosphère contenait toujours une certaine quantité d'eau en vapeur. — Elle est aussi indispensable à la vie des plantes que l'air lui-même, dont nous connaissons maintenant les propriétés. — Les gazoxigène et hydrogène, qui la composent, font partir de tous les végétaux et de toutes les substances végétales, comme de tous les animaux et de toutes les substances animales.

Diverses plantes végètent entièrement dans l'eau ; toutes sont susceptibles d'y vivre momentanément, et il n'en est probablement aucune dont les racines ne puissent trouver dans ce seul liquide, amené par la distillation à son plus grand état de pureté, un aliment suffisant pour entretenir plus ou moins longtemps leur existence. Concevoir un climat entièrement sec, c'est se faire l'idée d'une complète stérilité.

Dans un sens absolu, l'humidité, ce serait l'eau elle-même; la sécheresse , l'absence totale de l'eau. Mais ici ces deux expressions ont une signification relative. — L'humidité excessive est produiledans le sol par une surabondance d'eau, et dans l'atmosphère par un excès de vapeur du même liquide, rendue sensible au moment où l'air, qui en était saturé, ne pouvant plus la dissoudre tout entière, en abandonne une partie.

§ Ier. — De l'humidité et de la sécheresse du sol.

L'humidité du sol agit différemment selon les saisons. — A l'époque des chaleurs , elle favorise la germination ; — elle dissout les substances nutritives, produit de la décomposition des engrais et des terreaux; — elle sert elle-même d'aliment aux racines; — elle divise le terrain et le rend plus perméable à l'air et aux jeunes chevelus. — Mais, quand elle est surabondante, si elle ne fait pas pourrir les germes ou les autres parties souterraines des plantes, elle produit une végétation incomplète dans laquelle le développement excessif et le peu de consistance des organes foliacés, nuit à la production et encore plus à la qualité des fruits et des graines.

Pendant les froids, elle contribuée rendre l'effet des gelées plus funestes, comme Tobservation l'a démontré de tout temps, même pour les arbres de nos climats, et comme ne l'éprouvent que trop souvent les propriétaires de vignobles plantés dans les lieux bas.

L'affinité plus ou moins grande, la capacité de certaines terres pour l'eau, et la force avec laquelle elles la retiennent, influent beaucoup sur leurs propriétés physiques. — Les sols humides sont froids, et conséquemment tardifs; mais ils conservent mieux que d'autres leur fertilité à l'époque des sécheresses. — Ceux qui ne se pénètrent pas d'eau sont, au contraire, précoces ; mais les chaleurs de l'été arrêtent de bonne heure et détruisent souvent leur végétation. — Les premiers donnent ordinairement des produits plus volumineux; — les seconds, des produits plus savoureux.

Dans tous les cas, le cultivateur a un égal intérêt h éviter une humidité excessive et à

ciiai\ ir. HUMIDITÉ , SECHERESSE. — 1)1 empêcher la diminution de celle qui se rencontre dans le sol en de justes proportions. — Pour atteindre le premier but, il peut recourir aux travaux de dessèchement et dVcoulemcnt, dont l'importance n'est pas assez généralement sentie dans nos campagnes; — pour approcher le plus possible du second, aux arrosemcns et aux divers moyens propres à retarder l'évaporation, tels que le paillage, les différentes couvertures utilisées en jardinage, et la culture de plantes dont l'épais feuillage couvre promptement le sol d'un ombrage salutaire.

§ H. — De l'humidité et de la sécheresse de l'atmosphère.

L'eau répandue dans l'atmosphère agit sur les feuilles à peu près de la même manière que celle de la terre sur les racines. Elle contribue à la nutrition des végétaux par ellemême et par les gaz qu'elle tient en dissolution.

Pendant la belle saison, une trop grande humidité de l'air peut devenir nuisible aux récoltes. En causant la coulure des fleurs, «•lie réagit sur la production des graines, et lors même qu'elle ne diminue pas là quantité des produits agricoles, elle nuit toujours à leur qualité et rend leur conservation trèsdifficile, parfois impossible.

L'excessive sécheresse n'est pas moins dangereuse. Elle entrave, plus encore qu'une humidité surabondante, les travaux importans des labours et des semailles. — Lorsqu'elle se prolonge, les organes foliacés des végétaux, ne trouvant plus dans l'air la nourriture habituelle, et perdant, par l'évaporation, leurs sucs les plus nécessaires, cessent d'exercer leurs fonctions conservatrices; ils se flétrissent, et leur destruction entraîne souvent relie de la plante entière. — L'évaporation des feuilles dans une atmosphère desséchée par les effets du soleil ou du vent est parfois .si grande que, malgré des arrosemens fré- <i uens, elle arrête la végétation. L'humidité (ki sol ne peut donc suppléer qu'en partie à celle de l'air, et l'on comprend dès-lors de quelle utilité doivent être les arrosemens donnés sur les parties aériennes des végétaux.

C'est en empêchant l'évaporation produite parla sécheresse qu'on peut faire réussir les greffes, les boutures chargées de leurs feuilles;—qu'on peut transplanter avec succès les plantes herbacées, même les arbres, au cœur de l'été;— -qu'on peut, enfin, rendre fertiles, par des plantations, des terrains arides et brûlans.

La sécheresse du sol augmente avec celle de l'atmosphère, et l'une et l'autre s'accroissent en raison de la force et de la durée de la chaleur; aussi se font-elles sentir avec plus d'intensité dans le midi que dans le nord. Cette circonstance apporte des modifications importantes dans la végétation des divers climats. — Les régions intertropicales sont peuplées principalement de grands végétaux ligneux, dont les racines peuvent trouver encore, à l'époque des sécheresses, l'humidité qui s'est conservée à des profondeurs considérables. — A mesure qu'on se rapproche des pôles, on voit, au contraire, diminuer le

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