‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 217 sur 329 · DES FOSSES · texte numérisé non relu

DES FOSSES

plus ou moins de consistance. En effet, si la terre est forte et tenace, l'inclinaison de 54 millim. par 32 centim. (un pouce par pied) sera suffisante; tandis que si la terre est légère, sablonneuse, on doit donner à cette inclinaison de 45 à 50 degrés.

Le fond présente ordinairement une surface plane, ou fond de cuve, ou arrondie en manière d'auge: quelquefois il forme un angle plus ou moins aigu, lorsque le fossé est assez profond pour que les glacis, plus ou moins inclinés, viennent à se rencontrer.

La berge qui est formée de la terre extraite de l'excavation, est placée en talus de l'un ou l'autre côté , et même, lorsque le fossé est mitoyen, elle est partagée entre l'un et l'autre. Quelquefois encore la terre est répandue aux environs du fossé, ou enlevée pour une destination plus éloignée, de manière que ces fossés sont sans berge. Ils ont alors pour but de marquer la circonférence du terrain, plutôt que de le défendre.

La crête est la partie la plus élevée de la berge. On l'arrondit d'autant plus que la terre est légère, afin que les fortes pluies en entraînent le moins possible dans le fossé. Toutes ces parties du fossé sont ordinairement gazonnées; quelquefois c'est seulement la berge, et plus souvent la berge et les glacis, pour soutenir les terres lorsqu'elles n'ont que peu de consistance. On peut semer le gazon au lieu de l'appliquer, ce qui est plus tôt fait et exige moins de main-d'œuvre.

Lesfosses simples ont ordinairement de 1 à 2 met. (3 à 6 pieds) de largeur, et de 1 m. 32 à 1 m. 50 (4 pi. à 4 pi. 1/2) de profondeur. Mais ces dimensions doivent varier suivant les circonstances et selon le but que se pro* pose le propriétaire en établissant ces clôtures.

Lesfosses doubles sont deux fossés placés à 1 met. 32 centim. (4 pi.) de distance et prolongés ainsi parallèlement. La terre provenant de cette double tranchée forme une double berge sur le terrain qui sépare les 2 fossés, et dont la crête tient le milieu entre l'un et l'autre. Cette sorte de clôture n'est guère pratiquée (excepté quand la berge doit être plantée) que dans les terrains humides, et ceux qui les font construire ont autant pour but de dessécher J'enclos que de le défendre.

Les fossés revêtus en maçonnerie sont ceux dont les terres sont soutenues des deux côtés par un mur en maçonnerie. Ils ne sont à la portée que des riches propriétaires et pour l'enclos des jardins et des parcs. Ces murs sont ordinairement construits en moellons piqués, liés ensemble par un mortier à chaux et à sable, soutenus, à des distances très-rapprochées, par des chaînes en pierre de taille, et entre ces chaînes par des éperons ou murs de refend, placés du côté des terres, qui ont à leur base de 1 met. à 1 met. 50 centim. (de 3 à 4 pieds 1/2) de saillie, suivant la hauteur du mur à soutenir, et viennent mourir à rien à quelques centimètres au-dessous du couronnement; ces éperons ont en outre pour effet, en divisant les terres, d'en affaiblir considérablement la poussée, et d'empêcher ainsi l'influence qu'elle aurait sur la durée du mur. Ces fossés ont ordinairement de 2 à

S met. (de 6 à 9 pieds) d'ouverture, et 2 met. (6 pieds) de profondeur; ils ont le précieux avantage de n'apporter aucun obstacle à la vue extérieure de la campagne, et de laisser entiers les agrémens que cette vue procure. Quelquefois ces fossés ne sont revêtus en maçonnerie que du côté de la propriété dont ils forment la clôture {fig. 495 ) ; ces murs sont Fig. 495. alors désignés sous

la dénomination de murs de terrasse; ils présentent une grande partie des avantages qu'on obtient des premiers, el sont beaucoup moins coûteux. Quand ces constructions n'occupent qu'un très -petit espace dans la clôture et n'ont été établies que pour ménager un point de vue intéressant, on les nomme alors saut-de-loup ou ha-ha.

Section iii. — Des haies et des fossés plantés.

Ce mode de clôture est généralement adopté dans les campagnes, pour contenir les troupeaux dans les pâturages qui leur sont réservés, pour préserver les jardins et les champs des dommages que pourraient y causer les hommes et les animaux, et pour protéger les vergers contre les vents et le pillage des maraudeurs.

Il y a plusieurs sortes de haies : les haies sèches ou mortes, et les haies vives. On peut encore distinguer les haies fourragères et fruitières ; il en sera traité dans d'autres chapitres de cet ouvrage.

CLOTURES RURALES. liv. ier.

ment fixés à 2 ou 3 mètres de distance les uns des autres {fig. 497 et fig. 49%). Cestra-

Fig. 497.

§ïe

Des haies sèches ou mortes.

Les haies sèches peuvent être construites avec toutes sortes de branchages ; mais lorsqu'on peut choisir, on donne la préférence aux bois épineux, dont les rameaux touffus et garnis d'épines présentent par cela même une plus grande défense; cependant, à défaut de bois épineux, on emploie souvent les branches provenant de l'élagage des arbres que fournit la propriété, tels que chênes, ormes, etc. La seule chose qu'on ne doit pas perdre de vue, c'est que, si l'on tient à la durée de la haie, on doit éviter avec soin d'employer des bois tendres, tels que tilleuls, saules, peupliers, dont la décomposition, toujours prompte, serait encore hâtée par l'humidité de la terre et par les influences de l'atmosphère.

On enfonce en terre les branches destinées à cette construction, par le gros bout, à une profondeur de 21 centim. (8 pouces) environ, ayant soin de les rapprocher de manière qu'on n'aperçoive aucuns vides à la nais- 496); le plus ordinairement on les consolide au moyen d'une traverse placée de chaque côté, aux deux tiers de sa hauteur, et qu'on assujettit à des pieux solide-

sance de la haie {fig, Fig. 496.

verses ou perches, placées horizontalement, sont liées ensemble, au milieu de l'espace qui se trouve entre les pieux, par un harl qui les resserre de manière que la haie se trouve fortement comprimée entre ces perches ; ce qui la consolide entièrement.

Ces haies sèches sont le plus souvent destinées à protéger la croissance des haies vives nouvellement semées ou plantées; et leur durée suffit ordinairement, jusqif à ce que ces dernières soient en état de se défendre ellesmêmes; elles servent aussi à délimiter les divisions intérieures, principalement dans les pâturages; mais il vaut mieux pour cetle destination avoir des barrières transportables ou mobiles.

Les haies sèches en palis sont souvent construites avec des échalasou pieux de diverses dimensions; on les enfonce en terre par un bout, et on les assujettit avec des harts {fig. 499), ou un fil de fer attaché par le haut sur une traverse fixée Fig. 499.

à des pieux placés à 2 met. (6 pieds) de distance les uns des autres. Ils forment quelquefois un palis trèsserré {fig. 500) et quelquefois à claire -voie {fig. 501), suivant le but qu'on s'est proposé

Fig. M®é

Fig. 501.

en les construisant.

Les échalas sont quelquefois remplacés par de mauvaises voliges {fig. 502), ou bien par des planches {fig. 503); les pieux sont

alors en menuiserie et doivent avoir 8 centimes (3 pouces) d'écarrissage; des traverses allant d'un pieu à l'autre y sont fixées avec des clous; c'est sur ces traverses placées au haut et au bas des pieux que sont clouées les planches formant le palis. Ces palis sont

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