‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 222 sur 329 · II. Clôtures en haies vives, avec fossé planté ou muraille · texte numérisé non relu

II. Clôtures en haies vives, avec fossé planté ou muraille

Fossés plantés. — L'une des meilleures clôtures de défense, ce sont les Jossés plantés ; quelquefois ces plantations consistent en une haie de bois épineux, placée sur le bord du fossé du côté de l'enclos {fîg. 515); quelquefois on donne au glacis et à la berge, du côté des terres à défendre, une inclinaison de 40 à 45 degrés, tandis que le côté opposé reste à peu près vertical (/%•. 516); on plante,

à partir du fond du fossé, plusieurs lignes de bois épineux, sur une largeur de 1 mètre 32 centim. (4 pieds) :on donne même à cette plantation jusqu'à 2 mètres (6 pieds) de largeur {fig. 517) : alors le cultivateur exploite cette haie par moitié tous les six ans , de manière qu'il reste toujours une portion de haie suffisante pour défendre l'enclos. Souvent on place au milieu d'un glacis du fossé, et quelquefois des deux {fig. 518), une haie

tondue des côtés et par le haut; on place encore une haie au milieu du fossé {fig. 619),

Fig. 518.

AGRICULTURE : DES Fig. 519.

On voit des fossés dont le fond est garni entièrement de ronces {Rubus vulgaris), et autres bois épineux qui remplissent toute la capacité de ce fossé. Enfin, les haies et les fossés se combinent, pour la défense, d'un grand nombre de manières, suivant les lieux et les circonstances, ou plutôt, souvent, selon le caprice du propriétaire.

Quelquefois la propriété étant défendue par un double fossé, on plante entièrement le terrain qui se trouve entre ces fossés en bois feuillus de diverse nature ; cette haie est ordinairement destinée à l'exploitation. Dans le pays de Caux et dans plusieurs départemens où celte clôture est souvent employée, au milieu du terrain planté on voit presque toujours une ligne d'arbres à haute ti^e, tels que chênes, frênes, etc., quelquefois réservés avec soin comme destinés à fournir du bois de charpente, et quelquefois étêlés à la hauteur de 5 à 6 mètres, pour être élagués périodiquement lors de l'exploitation de la haie, dont ils augmentent le produit.

Outre la défense à laquelle elles contribuent, ces plantations ont encore l'avantage d'abriter les vergers contre la fureur des vents, ce qui leur a fait donner dans quelques lieux la dénomination de brise-vents.

Clôtures composées en haie vive et muraille. — On place souvent au haut d'un mur de terrasse, en dedans de la propriété dont ce mur forme la clôture, une hateviveque l'on maintient à la hauteur de 1 mètre, afin que tout en augmentant la défense, elle ne porte point obstacle à la vue de la campagne.

Enfin, on place quelquefois en dehors d'un mur de clôture une haie de bois épineux pour en défendre l'approche et augmenter ainsi la difficulté qu'on aurait à le franchir.

Il arrive encore que l'on plante en manière de palissade une haie vive contre le mur, en dedans de l'enclos, pour en changer l'aspect et le rendre plus agréable.

Section rv. — Des barrières et passages.

Une clôture ne serait pas complète si l'espace réservé pour y entrer et y introduire les instrumens aratoires, le bétail ou les animaux nécessaires à l'exploitation, ne devait aussi être fermé. Cette fermeture a lieu ordinairement au moyen de grilles enfer, de portes ou de barrières en bois. Nous ne parlerons pas des premières et des secondes, qui ne conviennent pas aux simples constructions rurales, ou qui appartiennent à l'architecture dont il sera traité ailleurs.

Les barrières-portes, ou susceptibles de s'ouvrir et de se fermer, sont appenduesàdes

CLOTURES RURALES. liv. icr

poteaux en bois {fig. 520) ou aune sorte ne pilastre élevé à cet effet en maçonnerie d'un seul côté {fig. 521 ), ou de chaque côté du chemin {fig. 622 et 523 ).

Fig. 520.

Fig. 521.

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Fig. 522.

Pour toutes les clôtures les plus ordinaires, ces fermetures se font quelquefois au moyen debarrières à 2 vanteaux(fig.522 et 523),et plus vent au moyen de constructions rustiques en forme de claies, ou consistant en un cadre de bois sur lequel on attache des planches ou des lattes en manière de palis. Ces portes ou barrières sont suspendues par des gonds fixés dans des poteaux, et quelquefois même à 2 baliveaux plantés exprès {fig. 524 et fig. 525).

Fig- 524.

Fig. 525.

Dans ces barrières il est essentiel, pour la commodité du passage, de combiner la pose des gonds et la fermeture, de façon qu'on puisse entrer ou sortir, toujours en poussant la barrière devant soi, comme dans celles représentées {fig. 526 et fig. 527).

Fig. 526. Fig. 527.

On se sert encore souvent, uans les domaines ruraux, de barrières fixes, susceptibles de se déplacer, mais non pas de s'ouvrir ou de se fermer comme des portes; telles sont celles représentées {fig. 528 etfig. 529. Il est essentiel que les piquets qui les soutiennent soient bien pointus etcharbonnés, pour qu'on

BU FROMENT

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puisse les placer et déplacer facilement, selon le besoin.

Enfin, lorsqu'il ne s'agit que iïempêcher le passage des animaux, deux poteaux placés de chaque côté du passage reçoivent une ou plusieurs traverses dans des ouvertures pratiquées à cet effet, et dans lesquelles on fait glisser la traverse en avant ou en arrière , suivant qu'il s'agit d'ouvrir ou de fermer la baie; cette dernière construction se nomme aussi barrière ; il serait inutile de la figurer.

Lorsqu'on veut laisser le passage libre aux

gens à pied et Tinterdire aux animaux, on peut placer un tourniquet {fig. 530) ou adopter quelques dispositions analogues à celles représentées {fig. 531 et fig.SZ2 ).

Fig. 530.

Labbé,

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