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CHAPITRE XV. — - des céréales et de leur culture spéciale

Lemot céréale, dérivé de Cérès, déesse des moissons, s'applique dans notre langue aux plantes panaires ou autres, à semences farineuses, appartenant spécialement à là grande famille des graminées. Il .comprend donc le Froment, le Seigle, Y Orge, Y Avoine, le Riz, le Millet, le Maïs, le Sorgho, Y A/piste. Quelques autres graminées non cultivées dont les grains se récoltent parfois pour servir d'alimens, telles que la Fétuque flottante et la Zizanie, ne sont pas regardées comme céréales, tandis que, au contraire, on comprend assez ordinairement parmi elles le Sarrasin, bien qu'il appartienne à une autre famille , celle des polygonées.

Les céréales, ou du moins les principales d'entre elles, font la base de la nourriture des hommes sur une grande partie du globe. En France surtout, malgré l'extension progressive de la culture des pommes-de-lerre, le pain de froment, de seigle, d'orge ou de maïs, est encore la principale ressource de la population. Aussi le sort du pays est-il étroitement lié à l'abondance ou à la faiblesse des récoltes de blé.— Nous traiterons successivement de chaque espèce en particulier.

Section Irc. — Du froment.

Le Froment {Triticum, Linn.), en anglais, JTàe«£;enallemand, JVeizen; en italien, Gra. no, et en espagnol, Trigo, a des usages beaucoup plus importans que nombreux et qui sont trop généralement connus pour que nous croyions devoir les détailler ici. Ses tiges servent de fourrage et de litière; on les emploie parfois à divers usages économiques. Ses grains , dont on réserve le son pour la nourriture des animaux de basse-cour, et dont on emploie diversement la farine, soit pour en obtenir le meilleur pain connu, soit pour la transformer en quelques-unes de ces pâtes vendues sous le nom de vermicelle, semoule, etc., contiennent sous un petit vo-

lume, plus de parties nutritives qu'aucune autre substance végétale, et sont considérées à bon droit comme le plus riche produit de notre sol.

Espèces et variétés.

Soumis à la culture de temps immémorial, et répandu sur une grande partie du globe, le Froment a éprouvé, plus qu'aucune autre plante, l'influence des causes qui tendent à faire varier les végétaux ; aussi s'est-il modifié à tel point qu'il en existe aujourd'hui des centaines de variétés, et que, tous les jours encore, nous voyons celles-ci changer et se subdiviser sous nos.yeux. Leur grand nombre, leur peu de fixité, et par-dessus tout la confusion de leur nomenclature, font qu'il est très-difficile de les déterminer avec quelque précision; et, ce qui ne l'est pas moins, c'est de les rapportera leur souche primitive.

A-t-il existé originairement une seule ou plusieurs espèces de froment ? Ces types se sont-ils conservés jusqu'à nous, et peut-on les retrouver parmi les nombreuses variétés que nous possédons? Ces questions, probablement, ne seront jamais résolues, ou plutôt elles le seront de diverses manières, comme elles l'ont été jusqu'à présent. Mais, ce qu'il y a ici d'évident, c'est * 1° qu'il est nécessaire pour les cultivateurs de pouvoir reconnaître les variétés, ou du moins les principales d'entre elles, attendu que leurs différences ne se bornent pas à la couleur, à la forme de l'épi ou à quelques autres caractères extérieurs, mais, presque toujours, s'étendent aux qualités économiques et agricoles; 2° qu'il n'est possible d'arriver à cette connaissance qu'en créant, à défaut d'espèces naturelles bien constatées, des groupes ou des espèces artificielles.

Linné, dont les travaux de classification ont embrassé l'universalité des plantes connues de son temps, avait admis 7 espèces dif-

férenies de froment cultivé ; 6 parmi les îïomens à grain nu, et 2 parmi ceux à brille adhérente ou épautres. Vers le même temps, Hal 1er s'efforça de faire sentir la nécessité de débrouiller les variétés et de fixer, si l'on pouvait, leur nomenclature; il en donna l'exemple en décrivant une partie de celles cultivées alors en Suisse. Mais c'est en France qu'a été exécuté le premier travail important sur les variétés. Vers 1780, un des agronomes qui aient rendu les services les plus réels à notre économie rurale, M.Tessier, entreprit, sur tous les fromens français et étrangers qu'il put se procurer, une suite d'études dont il publia les résultats quelques années après. Ce travail, regardé à juste titre comme classique, a, pendant longtemps, servi de base à tous ceux du même genre, ou plutôt il a été reproduit textuellement ou par extrait dans la plupart de nos ouvrages agronomiques. A une époque plus récente, M. Seringe, aujourd'hui directeur du Jardin botanique de Lyon, fit paraître sur le même sujet des écrits très-estimés, et particulièrement sa Monographie des céréales de la Suisse. Enfin, trèsrécemment, un de nos botanistes les plus distingués, M. Desvaux, s'est livré à de nouvelles recherches approfondies sur les espèces et les variétés de froment, et en a consigné les résultats dans un Mémoire imprimé parmi ceux delà Société d'agriculture, sciences et arts d'Angers (1). Ce travail, à la fois botanique et économique, nous paraît, quoique nous n'en adoptions pas toutes les idées, devoir être désormais une des sources d'instruction les plus utiles sur cette matière. Beaucoup d'autres écrits sur les céréales ont été publiés par des botanistes et des agronomes étrangers. Il ne peut entrer dans notre plan d'en faire ici l'examen. Nous devons cependant mentionner dune manière particulière celui de M. Metzger , intitulé Europœische cerealien, qui , par son plan et son exécution, nous- paraît être le plus utile et le plus éminemment classique de ceux jusqu'ici publiés sur cette matière (2).

Tant de travaux entrepris dans l'Europe entière montrent assez quel intérêt on attache partout à la connaissance des variétés de céréales; mais on ne peut, d'un autre côté, se dissimuler que les difficultés sont telles qu'elles vont quelquefois jusqu'à prendre le caractère d'objections. Il est certain, par exemple, que la disposition de beaucoup de variétés à changer et se modifier, rend leur désignation incertaine et, jusqu'à un certain point, illusoire. Il est également vrai que les divisions ou les groupes sous lesquels on les classe, ne souLpas suffisamment tranchés; les nuances sont si nombreuses et les dégradations tellement liées entre elles, que l'on ne peut être absolument étonné de l'opinion émise par M. Desvaux, que, depuis l'engrain jusqu'au blé de Flandre ou au plus grand des poulards, tout ne formait originairement qu'une seule et même espèce, qui s'est, depuis, modifiée en cent manières.

Ces difficultés, toutefois, en montrant les imperfections inévitables d'un travail de ce

T DE LEUR CULTURE SPÉCIALE, liv. i*.

genre, .et la nécessité qu'il soit refait ou retouché de loin en loin, ne diminuent en rien son utilité. Dès-lors qu'entre des plantes analogues, et des plantes surtout d'une utilité telle que le froment, il y a différence de qualités un peu prononcée, il devient nécessaire aussi qu'il y ait distinction. Nous allons donc présenter la série, non pas de toutes, mais des principales variétés, en indiquant, autant que nous le pourrons, les différences et les qualités distinctives de chacune. Comme nous serons obligés d'employer quelques expressions botaniques, nous les expliquerons ici, en donnant une idée de la structure de l'épi et des parties qui le composent.

Un axe central (fig. 533) A, vu de face, et B de profil , de la Fig. 533.

nature de la paille, B A

mais d'une consistance plus ferme, comme articulé , marqué de dents ou d'entailles saillantes et alternes des deux côtés opposés, sert de support commun ou de point d'attache aux parties de l'épi.

Celui-ci est composé de la réunion des épillets, insérés chacun sur une entaille de l'axe et qui se trouvent ainsi alternes et opposés.

Quand on regarde l'épi de manière à ne voir que les épillets situés d'un même côté de l'axe, on le voit ce que nous appellerons de face. Si au contraire on le regarde de manière à apercevoir également les deux séries d'épillets, nous dirons qu'on le voit de profil.

Uépillet (jïg. 534) est un petit groupe de 3 à 5 fleurs, dont une ou deux sont ordinairement stériles,et dont chacune des autres devient un grain. C'est ce que les cultivateurs, dans une partie a de la France, appellent maille; on dit un i>lé qui porte 3 ou 4 grains à la maille, c'est-à-dire qui a 3 ou 4 grains par épillet. Sa base , à droite et à gauche, est

partiellement embrassée par une enveloppe à 2 valves au, faisant l'office du calice des atttres fleurs, et que, dans les graminées, on appelle la glume.

Celle-ci porte s^ip son dos une nervure, ou plutôt un pli longitudinal plus ou moins prononcé, qui, dans certaines espèces, représente assez bien la quille d'une carène, et dont l'extrémité, ordinairement échancrée, se termine en une pointe ou une dent plus ou moins alongée.

(1) Vol. Ier, 4 livraison, 1834.

(2J Heidelberg, 1824. In-folio avec ligures lituographiées.

CHAP. 15e

DES FROMENS.

Chaque fleur ( devenue grain ) (fig 535), a deux enveloppes propres qui sont les balles; L'u ne i n léri eure, mince et aplatie bb, appliquée contre la tossette du grain, l'a u ire extérieure, enveloppant le dos du même grain,et dès-lors plus grande et plus renflée cc.Celle-ci porte la barbe quand elle existe, et, dans les espèces qui n'en ont pas, une pointe plus ou moins aiguë.

Les barbes sont assez reconnaissables pour n'avoir pas besoin de définition.

Nous ajouterons que Ton appelle blés tendres ceux dont la cassure est farineuse ; et blés durs, cornés ou glacés, ceux dont la cassure, plus nette, présente à peu près l'apparence de la corne. Il y a, entre ces deux qualités, des intermédiaires à tous les degrés.

Les fromens cultivés peuvent être partagés en deux séries ou divisionsprincipales: 1° celle des Jromens proprement dits, à grain libre ou nu, se séparant de la balle par le battage; 2° celle des épautres ou fromens à balle adhérente.

Dans la première série nous admettrons, avec MM. Seringe et Metzger, les quatre groupes ou espèces qui suivent: A. Froment ordinaire (Triticum sativum, Lam.; Tr. vulgare, Wild.; — B. Froment renflé, gros blé, poulard ou pétanielle (Tr. turgidum, L.); — C. Froment dur ou corné (7r. durum, Desf.) ; — D. Froment de Pologne ( Tr. Polonicum,

La seconde série comprendra trois espèces, savoir : E. Epautre {Tr. spelta, L.); — F. YromQnl&m'xàomner (Tr.amyleum, Ser.);— G.

Engrain ou Froment locular (Tr. monococum, L.) — Nous allons reprendre successivement ces sept groupes, en rattachant à chacun les principales variétés qui lui appartiennent.

A. — Froment ordinaire ( Tr. sativum).

a. Variétés sans barbes (fig. 536et537)(l).

Epi long, étroit, un peu pyramide dans la plupart des variétés , court et ramassé dans

Quelques autres; à quatre côtés inégaux, dont eux plus larges sont ceux de la face des épillets, et deux plus étroits, ceux de leur profil. Epillets planes et en éventail. Glume légèrement échancrée au-dessous du sommet, et terminée par une pointe courte. Les sommités des balles distinctes et un peu écartées; la valve extérieure ovale-acuminée , s'alongeant en une pointe droite ou crochue. Grain oblong, ovale ou tronqué; rougeâtre, jaune ou blanc, selon la variélé; ordinairement tendre ou demi-tendre. Paille creuse.

Les blés de celle espèce sont les plus répandus en France et dans une grande partie de l'Europe : ils sont aussi les plus estimés sous le rapport de la qualité du grain ; aussi les désigne-t-on, ou du moins les meilleurs

d'entre eux» sous le nom de blés fins, par opposition aux gros blés qui appartiennent à l'espèce du poulard (Triticum tureidum).

Leur paille est également mise au premier rang, parmi celles de froment, pour la nourriture du bétaii. Ils redoutent plus que les poulards, l'excès de fertilité ou d humidité du terrain; leur maturité est plus précoce de 8 à 10 jours. Quoique les principales variétés soient à grain tendre ou farineux, il s'en trouve aussi quelques-unes à grain demi-dur ou même tout-à-fait dur; ce sont surtout celles qui nous viennent du Midi Celte espèce contient des blés d'automne et des blés de mars. Pour indiquer ces derniers, que nous n'avons pas classés séparément, nous les marquons d'une f au-devant du nom. Ceux qui sont réputés ou présumés propres à la fois aux deux saisons, porteront la marque ff.

t. Froment commun d'hiver à épi jaunâtre (fig. 536). — Epi alongé, assez sensiblement pyramide; épillets un Fig. 536.

peu écartés; grain rougeâtre, prenant une nuance plus ou moins dorée ou jaunâtre, selon le terrain et la saison, oblong , tendre.

C'est le blé de la Beau • ce, de la Brie, et en général le plus répandu dans les plaines du centre et du nord de la France, où souvent ou ne lui donne d'autre nom que celui de froment , ou ceux de blé d'hiver, blé de saison.

f 2. Froment de mars blanc sans barbes. Fjouhvariété printanière du précédent; épi semblable de forme et de couleur, mais de moindre dimension; grain plus court. Il est, comme blé de mars, presque aussi estimé dans le centre de la France que le n° 1 Test comme blé d'automne; attendu, cependant, sa moindre importance pour les cultivateurs, ils mettent moins de soin à l'épurer, et souvent on le trouve mêlé de la variété barbue n° 19.

3. Froment blanc de Flandre, blanc-zée, blé blazé de Lille. Epi plus gros, plus élargi que dans le n° 1 ; épillets plus serrés, balles blanches; grain blanc, oblong, tendre, plus estimé que tous les autres fromens dans le département du Nord.

4. Froment de Talavera. Très-voisin du précédent par la qualité de son grain; épi moins élargi, à épillets plus écartés. Ce froment a passé d'Espagne en Angleterre, où sa culture a pris beaucoup d'extension, et d'où nous l'avons reçu il y a environ 20 ans. Il était plus caractérisé originairement qu'il n'est aujourd'hui ; nous avons même lieu de croire qu'il est maintenant confondu dans plusieurs localités avec le n° 1 ou avec le suivant.

5. Froment blanc de Hongrie ( fig. 537). Epi blanc, ramassé, presque carré, à épillets élargis et pressés; grain blanc, arrondi. Cette variété, introduite d'Angleterre en même

(t) Les figures de tous les épis de fromens ont été réduites, mais les épillets qui les accompagnent «ont représentés de grandeur naturelle.

Ses AGRICULTURE : DES CEREALES ET DE LEUR CULTURE SPECIALE, liv. i*r.

— Epi carré, épais, très-régulier; glumes et balles couvertes d'un duvet velouté; grain presque court, d'un blanc jaunâtre, de belle qualité. Ce froment, que j'ai reçu d'Angleterre et répandu depuis environ 20 ans sons le nom de blé de haie, n'est pas le même que celui reçu et décrit autrefois par M. Tessier. Il paraît que le nom de blé de haie, dont l'origine est très-vague, a été donné successivement par les Anglais à plusieurs variétés.

12. Froment rouge ordinaire sans barbes. — Cette variété est estimée dans plusieurs parties de la France, comme productive, rustique et convenable aux terres fortes; son grain, plus coloré qne celui des blés à balle blanche ou jaune, et généralement d'une valeur commerciale un peu moindre, est néanmoins de fort bonne qualité.

13. Ble Lammas; blé rouge anglais. — Epi d'un rouge clair, souvent doré ; un peu moins grand que celui du n° précédent; grain de très-bonne qualité , le plus fin des blés rouges. Le Lammas a été introduit d'Angleterre avec de grands éloges, dont une partie sont mérités; mais sa culture, après avoir pris d'abord beaucoup d'extension, a rétrogradé, parce que les hivers rigoureux lui ont été plus funestes qu'à nos blés ordinaires. Il est hâtif, assez sujet à s'égrener, et doit être, par cette raison, coupé un peu avant sa complète maturité. Il est assez généralement regardé comme s'accommodant mieux d'un terrain médiocre que la plupart des autres fromens.

f 14. Blé de mars rouge sans barbes. — Cette variété, qui nous est venue du nord de l'Allemagne, a l'épi d'un rouge pâle, le grain presque dur, la paille longue. Quoique son grainait durci depuis quelques années, nous pensons qu'il mérite d'être essayé comparativement avec ceux de sa saison.

f f 15. Blé du Caucase, rouge sans barbes. — Epi d'un rouge brûlé, long, étroit, à épillets écartés; grain alongé, d'un rouge clair, dur et d'assez belle qualité. Ce froment, semé à l'automne, est remarquable par sa précocité, qui permettrait probablement d'en faire un blé de mars ; il a l'inconvénient que sa paille, quoique dure, est mince du pied et sujette à verser.

f XQ.Blé de mars carré de Sicile.— Epi dressé d'un rouge brun, court, carré, à épillets trèsserrés; grain rouge presque dur, d'assez bonne qualité. Variété hâtive parmi les blés de mars. La paille est assez haute et remarquablement grosse dans sa partie supérieure.

f f 17. Blé rouge velu deCrète.— Epi d'un roux foncé, velu, compacte, à épillets très-étalés, portant 4 et jusqu'à 5 grains, lesquels sont courts, un peu anguleux, d'un jaune rougeâtre opaque, presque durs, et paraissent de bonne qualité. Ce froment, que nous avons eu de la collection de M. Desvaux, offre de l'intérêt par la beauté de ses épis, le nombre de ses tiges et sa précocité. Il nous paraît mériter des essais suivis

Fig. 537. temps que le blé de Ta-

lavera, a été, depuis quelques années, cultivée avec beaucoup de succès et propagée dans les environs de Blois, par M. Rattier, sous le nom de blé anglais. Son grain est quelquefois supérieur en poids à celui du blanc-zée, sa paille est moins longue; c'est, au total, un des meilleurs blés blancs.

* 6. Blé Fellemberg (de mars). Epi trèsblanc, paille et épi presque aussi longs que dans les blés d'automne, mais grain petit,

Eresque glacé. Ce froment vigoureux, et trèseau sur pied, a contre lui la petitesse et la dureté de son grain, et, de plus, l'inconvénient d'être assez sujet à s'égrener.

f 7. Blé Pictet(de mars). Sous-variété sortie du Fellemberg, ayant les épis au moins aussi beaux, et le grain plus long, plus tendre, tenant mieux dans la balle; c'est un des bons blés de printemps, quoique son grain n'égale pas tout-à-fait en couleur et en qualité celui du n° 2.

8.Touzelle blanche. Epi très-blanc à épillets écartés ; grain long, d'un blanc jaunâtre en Provence, devenant roux et glacé dans le Nord, où il supporte d'ailleurs difficilement l'hiver. Sa paille est extrêmement cassante et il s'égrène au moindre choc. Ces défauts nous font penser que, même dans le Midi, on pourrait remplacer la touzelle avec avantage par quelque espèce analogue, et notamment par la suivante.

9. Richelle blanche de Naples. Ce froment est renommé dans le commerce du Midi par sa haute qualité. Son épi est blanc, ses balles sont terminées par une arête courte comme une petite barbe, quelquefois crochue. Le grain est obîong, nourri, d'un blanc jaunâtre mat. 11 a été introduit depuis peu d'années, par M. Darblay, dans les environs de Paris, où, d'après les premiers essais, son succès, qui serait très-désirable, laisse encore du doute. Il lui faut une terre très -saine, de même qu'à tous les blés méridionaux.

tf 10. Blé d'Odessa sans barbes (de M. Bonfils).— -Parmi les divers blés d'Odessa essayés en France à diverses époques, nous ne connaissons encore que celui-ci dont la culture se soit maintenue. Introduit en Auvergne par M. Bonfils, il y a eu beaucoup de succès et s'est rapidement propagé. Il est, cependant, un peu plus sensible au froid que les espèces ordinaires du pays, et pourra, par cette raison,convenir moins qu'elles aux départemens du nord de la Fiance ; son épi, un peu irrégulier de forme et à épillets inégaux, est d'un jaune faiblement teint de rouge pâle; la balle se termine en une pointe longue, comme une demi-barbe; le grain, jaunâtre, est de fort belle qualité. On assure q»xe ce froment est également de mars et d'automne, ce qui a besoin d'être confirmé par une plus longue expérience.

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