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DE L'ORGE

cteùx rangs ; — barbes évasées en forme d'éventail.

L'orge éventail , peu connue en France, est cependant robuste, productive; son grain, quoique comprimé, est plus gros et souvent plus lourd que celui de toutes les aulres orges couvertes. — Elle se sème au printemps.

Fig. 556. E. 9. Orge trifurquée

( Hordeum trifurcatum, Seringe) {fig.

Cette variété, trèssingulière , est sans barbes ; — elle figure un gros épis de froment, dont les balles seraient terminées par de petites languettes à trois pointes; — son grain est nu, court ; — sa paille extrêmement grosse. Quoiqu'elle nous ait paru peu productive et plutôt curieuse qu'économique, cependant sa qualité d'orge nue doit engager à ne la condamner qu'après des essais suffisamment approfondis. Elle se sème au printemps.

§ II. — Choix et préparation du terrain.

Vorge n'est pas très difficile sur le choix du terrain. Toutefois elle se plaît de préférence sur les sols de consistance moyenne, sa bio-argileux, moins compactes que ceux dont s'accommode au besoin le froment, et moins légers que ceux dans lesquels le seigle peut encore prospérer.— Ajoutons que l'orge est une ressource précieuse pour les terrains calcaires même à l'excès.

En Angleterre, où cette plante donne des produits parfois égaux, sous le point de vue pécuniaire, à ceux du froment, et où on la cultive avec un soin particulier, elle succède rarement à une jachère morte. Généralement, elle vient après une récolte de turneps ou de pommes-de terre ; — quelquefois après des pois ou des fèves; — jamais, chez les bons fermiers, après un autre grain.

Selon l'état du sol, on le prépare à recevoir la semence d'orge, soit par un seul labour cPautomne et quelques façons à l'extirpateur, au printemps; — soit par deux labours, l'un qui suit immédiatement la récolte préparatoire, l'autre qui précède le semis; — soit enfin par trois labours, si la malpropreté du soi l'exige, ce qui n'arrive que 1rop souvent lorsque, contrairement au principe, on entreprend de cultiver cette céréale après une autre.

Quel que soit le nombre des labours, leur profondeur est presque toujours un élément de succès.— 11 faut aussi que leur résultat soit un ameublissement aussi parfait que possible, puisque, comme le savent Irès-bien tous les praticiens, l'orge ne réussit jamais mieux oie lorsqu'elle est semée dans la poussière*

Très-rarement on fume directement pour l'orge, mais toujours, dans un bon système de culture, on lui destine des terres qui n'ont pas été épuisées par les récoltes précédentes. — Les engrais animaux, trop abondans, la disposeraient à acquérir, avant de monter en épis, une trop grande vigueur de végétation et nuiraient à son produit en grain, à inoins que l'on ne pût recourir, pour les variétés hivernales, à l'effanage dont nous avons parlé ailleurs.

§ III.— Epoques et modes de semis.

En Suède et en Laponie, l'orge est cultivée de préférence à tout autre grain, à cause de la rapidité de sa végétation, qui s'accomplit ordinairement en moins de huit semaines.—Au rapport de Linné, semée le 26 mai, elle peut être récoltée le 28 juillet.

Dans les parties méridionales de VEurope, on la sème presque toujours avant l'hiver. En Espagne et en Sicile, il n'est pas rare d'obtenir deux récoltes d'orge sur le même champ qu'on ensemence une première fois en automne, de manière que la maturité arrive en mai , et une seconde fois en mai, pour moissonner en automne.

En Angleterre , comme en France, on sème l'escourgeon, et parfois l'orge hexagone, pendant tout le courant de septembre et une partie d'octobre. Quoiqu'elles puissent l'une et l'autre être accidentellement endommagées par les froids et l'humidité excessives, leur culture, celle de l'escourgeon surtout, est assez étendue et fort importante dans plusieurs départemens du nord

C'est de la fin de mars au 15 avril qu'on fait le plus communément les semailles d'orges printanières ; — cependant, ainsi que nous avons déjà dû l'indiquer en parlant des espèces et variétés de cette saison, la plupart réussissent encore dans le courant de mai, quelquefoismême au commencement de juin dans les terrains frais.

Quoique en Angleterre on fasse, à ce qu'il paraît, quelquefois les semis d'orge au semoir et en lignes, le semis à la -volée, exclusivement pratiqué chez nous, l'est aussi presque partout dans ce pays.

La quantité moyenne d'orge qu'on peut répandre sur un hectare varie suivant la qualité du sol et le choix des variétés. M. de Dombasle, que l'on sait être généralement porté pour les semis épais, recommande d'employer, pour la grosse orge plate, ainsi que pour l'orge nue à deux rangs, 250 à 300 lit. de semence par hectare ; — pour la petite orge quadrangulaire, 225 à 250 ; — pour l'orge céleste, 200 suffisent, parce que cette variété, dont le grain est moins gros, couvre d'ailleurs davantage le terrain par son tallement. — Dans beaucoup de lieux, le maximum, pour les deux premières variétés, est de 250, et, pour la petite orge, de 200 litres seulement.

Toutes les orges printanières aiment à être recouvertes un peu profondément. — Quand on les sème à la charrue, on peut les enterrer à 3 ou 4 pouces (0m 081 à 0m 108). Dans les sols légers, c'est même une condition importante de leur réussite. Aussi,

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quand on ne sème pas sous raie, doit-on en quelques lieux comme aliment; on l'emploie dans la médecine hygiénique. — On extrait de l'eau-de-vie du grain de cette plante. — Ses fanes vertes procurent un fourrage abondant et très-sain pour tous les ruminans; — sa paille, quoiqu'elle ne leur plaise plus autant, leur convient cependant encore. Dans les provinces du centre de la France, on la destine particulièrement aux vaches, pour lesquelles on la considère çonime un excellent fourrage. Parfois on la donne en petite quantité sans l'avoir battue ; — Mais ce sont ses grains qui font incontestablement le principal mérite de l'avoine pour la nourriture des animaux de travail. Les chevaux auxquels on veut donner de l'ardeur, les moutons qu'on engraisse, les bre-

pas sous raie, doit-on chercher à donner à la herse la plus grande entrure possible.

Il est à peine besoin de dire que pour cette plante, comme pour toute autre, il est nécessaire de choisir des graines de bonne qualité, nettes et bien nourries. On a aussi recommandé de les chauler, dans la crainte du charbon. Cette précaution, qui ne présente aucun inconvénient, peut être souvent utile.

§IV.-

-De la culture d'entretien et de la quantité des produits.

Les façons qu'exige l'orge ultérieurement aux semailles sont peu nombreuses, et souvent totalement négligées ; — on roule sur les terrains qui exigent cette précaution; — on herse quelquejois lorsqu'une forte pluie a durci le terrain à sa surface, pour faciliter la sortie des germes; mais, dès que la plante est levée, cette opération, à moins qu'on ne la fasse avec beaucoup de circonspection et à l'aide d'instrumens légers, présente plus d'inconvéniens que d'avantages, parce que l'orge casse avec une extrême facilité.

La plupart des variétés d'orge pèsent moins, à volume égal, que le seigle, et à plus forte raison que le froment, quoique la disproportion ne soit pas toujours la même. La grosse orge nue à deux rangs fait seule exception à cette règle. Après elle viennent l'orge céleste et les autres orges nues ; puis, parmi les espèces ou variétés à semences couvertes, l'orge éventail, l'orge proprement dite, l'escourgeon d'hiver et celui de printemps, qui occupe un des derniers rangs. — Mais si, sous le rapport du poids, comme sous beaucoup d'autres, l'orge le cède au froment, généralement elle l'emporte du moins sous celui de la production. — D'après Schwertz, la moyenne du froment par journal de Magdebourg, étant en Belgique de 11,80 sheffelsde Berlin, celle de l'orge est de 17,93. — Du temps d'ARTHUR Young, la différence en Angleterre était de 9, 39 à 12, 60 en terrains ordinaires, et, dans les lieux où la culture du froment avait fait le plus de progrès, de 15 à 18 seulement. Nous ignorons si de pareils calculs ont été faits pour la France.

Nous avons déjà dit que la paille de cette céréale est peu estimée dans beaucoup de lieux, tandis que dans d'autres on en fait grand cas. La masse de ses produits varie considérablement de saison à saison et de variété à variété.

Oscar Leclerc-Thouin et Vilmorin.

Section iv. — De l'Avoine.

L'Avoine (Avena sativa, Lin.); en anglais, Oat, en allemand, Haber ; en italien, Vena, et en espagnol, Avena, sert beaucoup moins fréquemment qu'aucune des céréales précédentes à la nourriture de l'homme. Ses grains rendent peu de farine, et le pain qu'on en obtient est noir, lourd, amer et d'une saveur désagréable. Cette même farine sert à faire des bouillies et des gâteaux de plusieurs sortes. — Le gruau d'avoine, tel qu'on le fabrique en assez grande quantité dans une partie de la Bretagne, est aussi utilisé

bis nourrices dont on veut augmenter la quantité du lait, les oiseaux de basse-cour dont on cherche à accélérer la ponte printanière, se trouvent également bien d'en manger. — Les balles d'avoine ont de plus quelques usages économiques.

§ Ier. — Espèces et variétés.

Les caractères généraux de l'avoine sont d'avoir une glume bivalve, qui renferme le plus souvent deux, quelquefois un plus grand nombre de fleurs hermaphrodites, à côté desquelles on en rencontre parfois de stériles par défaut d'organes femelles. La balle est aussi à deux valves pointues, dont l'extérieure porte une arête genouillée. Cette arête manque ou tombe de bonne heure dans beaucoup de variétés. Les fleurs sont disposées en panicules.

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