FEVES
S iv.
Soins d'entretien.
Quel que soit le mode de semis qu'on aura adopté, des binages d 'autant plus fréquens que le sol contient davantage de semences de mauvaises herbes, seront plus tard indispensables. Souvent la première de ces opérations se fait à la herse, peu de jours avant la levée dt s fèves, de manière à faciliter leur sortie et à détruire à leur naissance les plantes adventices qui se montrent dès-lors sur le terrain Un pareil travail est d'une très-grand : utilité sur les sols argileux, surtout lors {lie les pluies en ont tassé la surface avant le moment de la germination.
Les binages qui se font ultérieurement à la levée des jeunes fèves, commencent, dans beaucoup de lieux, douze à quinze jours après qu'elles se sont montrées. Lorsque les rayons sont suffisamment espacés, c'est-à-dire lorsqu'il se trouve enire chacun deux au moins 18 pouces (0 m 338), on se sert avantageusement de la houe à cheval; — s'ils n'étaient distans que de 9 à 10 pouces ( 0 m 244 à 271 ), il faudrait recourir à la houe à main. — Les deux méthodes présentent leurs avantages. — La première, comme plus expéditive, est mieux appropriée aux habitudes de la grande culture; on peut la préférer dans les localités où les bras manquent. La seconde, en ne la considérant que dans ses rapports avec la plante qui nous occupe actuellement, est à la vérité plus dispendieuse,et pourtant, dans presque tous les cas, plus lucrative, non que la perfection soit plus grande, mais parce que, en augmentant le nombre des lignes, on augmente sensiblement les produits de la récolte. — Si, dans les localités humides et froides ou d'une fécondité plus qu'ordinaire, on trouve utile d'adopter le plus grand espacement, je pense que plus généralement 12 à 15 pouces (0 m 325 à 0 m 334) suffisent pour les plus grosses espèces. — Ajoutons que, de même que le semoir Hugues permet de modifier à volonté l'écartemen i des ra} ons, le sarcloir ingénieux inventé par le même agronome {voy. pag. 225 fig. 326) permet aussi, avec une économie notable sur le temps ordinaire employé aux binages h la main, de labourer entre les lignes peu espacées, même des cultures céréales.
On doit biner et sarcler les jèves au moins deux fois pendant le cours de leur végétation. H est des localités où, après le dernier binage, on sème des navets, soit pour les récolter, sou pour les enterrer à la charrue comme engrais; mais il ne faut pas perdre de vue qu'un des grands avantages de la culture des lèves est d'en préparer une de froment. Acet effet, on les enlève dès qu'elles sont suffisamment mûres, pour donner tout de suite un premier labour.
En beaucoup de lieux, on est dans l'usage <fe pincer la sommité des fèves au moment de la floraison. Celte opération a pour but, soit de détruire les pucerons qui endommagent gravement ces sortes de cultures lorsque la baison favorise leur rapide propagation; — soit de faire mieux nouer les fruits. Dans le premier cas, le pincement est incontestablement nécessaire, mais il est douteux qu'il le soit également dans le second. Je manque d'expériences comparatives pour mieux asseoir un jugement à cet égard.
Quant au butage, fort bon dans les terrains légers pour maintenir la fraîcheur au pied des touffes, je ne me suis jamais aperçu qu'il fût, sauf cette circonstance, aussi avantageux sur les cultures de lèves que sur celles de maïs, de millet, etc.; cependant je dois dire qu'il est généralement utile et jamais nuisible, à inoins qu'on ne veuille plus tard faucher la récolte, ce qui devient plus difficile, à cause des inégalités du terrain.
§ V. — De la récolte et des produits.
Les fèves semées à l'automne, dans le midi,
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se récoltent fort souvent avant la moisson de ' l'été suivant. — Celles que l'on sème dans le courant de l'hiver ou du printemps occupent le sol jusqu'en septembre ou octobre. Dans quelques pays, on les coupe à la faucille ou à la faulx, on les lie en petites gerbes après les avoir laissées quelques jours en javelles, la graine en haut, et on les dispose en meules.
— Dans d'autres, on les arrache par poignées.
— Presque partout on ies bai au fléau, soit en plein champ aussitôt après leur maturité, soit engrange pendant l'hiver.
Le produit en grain des fèves est tout aussi variable que celui de la plupart des autres plantes cultivées. — Dans le Midi, où l'on détruit à la vérilé une quantité considérable de gousses vertes pour la consommation des
Îiauvres et des riches, vers le mois de juin, e battage des gousses sèches donne rarement au-delà de quatre fois la semence. — Ailleurs, avec une culture en ligne soignée, il n'est pas rare de voir doubler ce produit. — Robert Brown regarde 32 hectolitres par hectare, comme le produit moyen de ses récoltes sur un loam de bonne qualité. Ce résultat me semble un des plus heureux qu'on puisse atteindre dans la grande culture.
Section ii. — Des Haricots.
De toutes les semences farineuses, après les blés et souvent à côté des blés, les haricots sont sans nul doute une des plus généralement utiles et dont les usages économiques ont le moins besoin d'être rappelés. Aussi sont-ils devenus, partout où le climat favorise leur
f>roduction, soit dans les champs, soit dans es jardins, l'objet de cultures fort importantes.
§ Ier — Espèces et variétés.
Dans le genre Haricot (Phaseolus); en angl., Kidneybean; en allemand, Sckminkbohne, et en italien, Fagiuolo [fîg. 578), on remarque
quelques espèces reconnues comme telles par les botanistes, et un très-grand nombre de variétés et de sous-variétes plus ou moins fixes, dont je crois ne devoir indiquer ici que celles qui ont ou peuvent avoir quelque mérite dans la grande culture.
Les caractères du genre sont, d'après M. De Candolle, un calice à 2 lèvres, dont la supérieure éehancrée et l'inférieure à 3 dents- — une carène et des organes sexuels contournés en spirale; — des gousses oblongues, à plusieurs grains.
Les cultivateurs divisent les haricots en haricots à rames et haricots nains : les premiers ne pouvant soutenir leurs longues tiges sans appui ou sans ramper à la surface du sol; — ies autres qui supportent plus ou moins bien leurs tiges par eux-mêmes.
Toutes les variétés qui composent ces deux groupes semblent appartenir à l'espèce commune. A côté de celle-ci il en existe quelques autres dont deux seulement me semblent devoir trouver place dans ce traité: le haricot de Lima et celui à bouquets.