‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 284 sur 329 · CALCUL DES FRAIS ET PRODUITS POUR UN HECTARE · texte numérisé non relu

CALCUL DES FRAIS ET PRODUITS POUR UN HECTARE

Carottes semées seules.

2 labours, l'un de 18 francs et l'autre de

20 francs. . . ,

Semailles et frais de semences. . • •

Hersages et roulages

Sarclage à la main. . . . • • •• Main-d'œuvre comme supplément a la houe à cheval et éelaircissage. . • ju

Binages à la houe à cheval *-

Récolle par la charrue. .... *« Transport et emmagasinage. . . • ^

Frais généraux 120

Fumier

DIS PLANTES CULTIVEES EN GRAND. liv. Ier.

ment du côté de la récolte secondaire, un avantage incontestable de 260 f. parheclare; l'avantage serait encore bien plus n>arqué si quelque circonstance venait diminuer le produit.

Bénéfice.

Produit probable, 392 quintaux à 2 fr.

=784 t. ci.

Carottes en récolte secondaire.

Semaille et frais de semences.

Hersage

Sarcler et éclaircir

Bin;

Récolte à bras

Frais généraux (1/3 seulement).

Fumier (1/2) seulement). . .

Section iv — Du Panais,

On cultive deux espèces de Panais (Pastinacasativa, Lin.), en anglais Parsnep; en allemand, Pastinahe ; en italien, Pastinaca; en espagnol, Zanahona (fig.QAi) : le Pa-

Bénéfice

Produit : 235 quintaux métriques à 2 f.

l'un -470, ci 470

Il y aurait ainsi, pour les carottes cultivées seules, un bénéfice plus grand que lorsqu'elles ne viennent que comme récolte dérobée. Mais cette augmentation de bénéfice n'est qu'apparente. En effet, si la récolte dérobée, qui n'a occupé le sol que 4 mois, a procure un bénéfice de 19 i fr., la récolte principale, qui l'a occupé pendant l an, devrait réaliser un bénéfice de 588 fr., tonte proportion gardée. Mais on voit, au contraire, que le profit ne s'élève qu'à 328 fr. : il y a donc évidem-

Fig-

nais rond, aussi nommé sucré à cause de ses propriétés comme plante culinaire; il est peu cultivé hors des jardins; — le Panai> long, cultivé principalement pour les bestiaux dans la Bretagne, dans les îles de Jersey et deGuernesey,etc.La culture decette plante s'est peu répandue, quoi me dans certaines contrées, et notamment dans quelques cantons de la Bretagne, on en ait obtenu de trèshauts produits. Il v a, dans les exigences de celte plante, quelque chose qu'on n a pas encore bien déterminé, et il est actuellement impossible d'apprécier avec exactitude toutes les circonstances qui lui sont favorables. Il paraît que,dans les terres méd/ocres,\e panais produit moins que la carotte, mais que, dans les terres de haute fertilité, la récolte est beaucoup plus abondante que ce le de cette dernière plante. Nous puiserons le peu que nous avons à dire sur cette plante, dont la culture a une analogie parfaite avec celle de la carotte, dans un auteur de la Bretagne, qui connaissait fort bien les localités et les procédés qui assurent le succès de cetk-

plante. *.*—.„

1 « Le panais, dit M. le Brigant de Plouezach, se sème surtout après une recolle d'orge.!,* terredoit être bien retournee,b.en ameublie. A mesure que la charrue Iravai e des hommes armés de bêches ou de pelles tirent la terre du fond de la raie, et la rejettent sur celle qu'on a remuée. On forme des planches larges de 10 à 12 p-eds. On creuse entre chaque planche, un petit fosse dont on rejette la terre sur les deux planches voi5i-

ciïAr. 17".

M P.WAf.'

nés. On se sert ensuite d'un râteau pour bri- j ser les mottes qui peuvent rester et bien aplanir le terrain. (Dans la grande culture, cette opération s'exécuterait économiquement à l'aide du rouleau et de la herse). Il faut cependant que la surface de chaque plancheait de chaque côté une pente légère vers les fossés (pour procurer l'écoulement de l'eau). La graine est semée au plus tôt à la fin de février, et au plus tard en mars. Il est essentiel de semer le panais fort clair. S'il se trouve des endroits où il lève abondamment, on en arrache une partie. On sarcle avec attention dès que les mauvaises herbes paraissent, et cette opération est répétée plusieurs lois.»

« On fait la récolte ou en octobre ou en novembre. On la fait avec une pelle ou avec une tranche (sorte de bêche). On tient les racines serrées l'une contre l'autre, dans un endroit sec, pour les conserver longtemps. Elles servent à nourrir et même h engraisser le bétail de toute espèce : les chevaux, les bœufs, les vaches, les cochons, s'accommodent également de ces racines. On les leur donne d'abord crues ; lorsqu'on s'aperçoit que les animaux s'en dégoûtent, on les fait cuire. Dans cet état, les bestiaux en mangent avec avidité et ne s'en dégoûtent plus. Les cochons n'ont pas d'autre nourriture pendant tout l'hiver, et; quand les fourragesmanqueut, les vaches ne mangent que des panais. Elles donnent alors plus de lait et de meilleur beurre. »

Le panais, comme la carotte, se cultive en récolie dérobée, après le chanvre, le lin, le colza, !e seigle, etc. On a également conseillé de cultiver le panais comme une sorte de vrairie artificielle ; on le sème au mois de septembre, et on le fauche avant qu'il fleurisse. On assure qu'ildouneainsiplusiturs soupes très-abondantes.

Ou semé 10 à 1*2 livres de graine par hectare. Il est à remarquer que la semence de panais ne se conserve pas au-delà d'une année. Les ailes ou expansions fibreuses qui l'entourent sont un grand obstacle à l'emploi du semoir. Si la carotle doit être enterrée très-superficiellement, il n'en est pas de même du panais, dont la semence doit être recouverte au moins d'un pouce et demi de terre.

La culture de celte plante est un peti moins dispendieuse que celle de la carotte. Le panais présente encore un immense avantage : c'est que, même par des froids très-rigoureux, il ne souffre nullement des gelées lorsqu'il se trouve dans le sol. On peut ainsi le laisser dans la terre jusqu'au printemps pour en faire la récolte au fur et a mesure du besoin. Son feuillage est aussi beaucoup plus abondant et meilleur que celui des autres racines. — Le panais est regardé , par M. de Dombasle. comme égalant en valeur nutritive les carottes de bonne qualité. — En Islande, après l'avoir soumis à la fermentation, on en retire une espèce de bière.

Antoine, de Roville.

Section v. — Du Topinambour.

Le Topinambour {Helianthus tuberosus, L.N*

en anglais, Jérusalem artichohe ; en aile» mand. Erde apjel ou Erdapfel; et en italien , Girasole ( fig. 642), est une plante

Fig. 642.

vivaee par ses racines, qui atteint communément de 6 à 8 pieds, et dont les (ortes tiues sont chargées d'abondantes feuilles, avant généralement de 8 à 10 pouces de longueur. Ses racines sont accompagnées de tubercules souvent très-volumineux et trèsmultipliés, dont la forme a fait donner à cette plante le nom de Poire-de-terre; elle est aussi connue sous les noms vulgaires de Crompère, Canada, TaratouJ\ etc. Le topinambour appartient au genre Soleil de la grande famille des Radiées. Originaire du Chili ou du Brésil, ses fleurs très-petites, en comparaison de plusieurs autres espèces de soieils, ne donnent point de graines fertiles dans le nord et dans le centre de la France; cette circonstance rend plus difficiles les essais que l'on a proposé de faire pour améliorer cette plante utile, par des semis, à l'effet d'obtenir de nouvelles variétés, comme on l'a l'ait pour ia pomme-de-terre; cependant M.Vilmorin adéjàfait des tentatives qui lui ont permis de reconnaître que le topinambour a nue extrême disposition à varier par le semis, surtout dans les caractères de ses tubercules; il en a obtenu en effet de différens pour la grosseur, les positions dans le sol, la couleur, etc.; d'où il conclut que si l'on s'attachait à semer le topinambour avec la même persévérance qu'on l'a fait pour la pomme-de-terre, on pourrait arriver de proche en proche à améliorer beaucoup ses qualités.

§ 1er. —Avantages et usages du topinambour.

Les avantages que présente le topinambour, d'après Y. Yvart, qui a beaucoup contribué à les faire valoir et à étendre la culture de cette plante, sont : de résisteraux plus fortes sécheresses, même sur des sols naturellement arides, et de croître avec succès dans des terrains variés de la plus mauvaise qualité.

En second lieu, les tubercules du topinambour ont la précieuse faculté de résister

ÎJV.

aux froids les plus rigoureux, sans se désorganiser, d'où résulte l'immense avantage de pouvoir n'en faire la récolte qu'au fur et à mesure des besoins; enfin nous verrons plus loin que l'abondance et l'utilité de ses tubercules, de son feuillage et de ses tiges, sont très-grandes.

Le seul inconvénient qu'on reproche avec raison à cette plante, est la difficulté d'en empêcher la reproduction dans les cultures subséquentes ; les plus petits tubercules et même les moindres racines laissées dans le sol suffisent pour produire de nouvelles tiges ; le meilleur moyen pour remédier à cet inconvénient, est de faire pâturer au printemps, par les vaches ou les moutons, toutes les tiges qui repoussent, puis de donner des labours et hersages soignés et énergiques.

Le principal produit du topinambour consiste dans les abondans tubercules, ordinairement de couleur rouge, qui naissent de ses racines. Ils peuvent fournir à l'homme un aliment sain, cuits dans l'eau ou sous la cendre; leur goût offre beaucoup de ressemblance avec celui du fond ou réceptacle de l'artichaut. Néanmoins leur principal emploi est pour la nourriture des bestiaux. V. Yvart s'est assuré que tous pouvaient s'en accommoder, quoiqu'ils le rejettent quelquefois au premier abord; mais ils conviennent surtout pour les porcs et les moutons. Daubenton assure même que, pour ces derniers animaux, cette nourriture, fraîche en hiver, est préférable aux choux. On peut les faire consommer par les bestiaux également crus ou cuits; nous pensons que cette dernière préparation est préférable, la cuisson devant diminuer la qualité aqueuse et détruire le principe acre que ces tubercules renferment nécessairement, la plante ne parvenant jamais à maturité complète. Pour les porcs, on peut leur faire consommer sur place les topinambours en leur faisant déterrer les tubercules.

Du reste, il est très-essentiel d'éviter, en les donnantaux bestiaux, qu'ils aient éprouvé un commencement de fermentation ou de décomposition, qui produit souvent des cas de météorisation très-dangereux, la qualité vin peu aqueuse des tubercules en rend même nuisible une quantité trop forte pour les moutons, car le même inconvénient n'existe pas pour les vaches et les cochons. On corrige cette qualité trop rafraîchissante des tubercules pour les moutons, en y mêlant une petite quantité de sel, de baies de genièvre concassées ou de quelque autre substance tonique ; on y obvie surtout en ayaut soin de les allier avec la nourriture sèche, et en ne les comprenant pas pour plus de moitié, en poids, dans la ration journalière.

Avant de donner les topinambours crus aux bestiaux, il convient de les laver afin d'eu extraire la terre adhérente, et ensuite de les couper a\ec\e coupe-racines ou de les concasser grossièrement.

La qualité nutritive du topinambour n'a pas «•té (igoureusement établie, et, d'après sa nature aq leuse, on doit la croire assez faible; cependant Yvart et plusieurs autres agronomes l'estiment à l'égal de la pomme-deterre pour la nourriture des bestiaux. M. Mat-

thieu de Dombasle y a trouvé sur 100 parlies 22,64 de substance sèche, quantité pareille à celle des variétés inférieures de pommes~de-terre.

Le feuillage du topinambour est un fourrage très-recherehé par tous les bestiaux, et qui peut être une ressource très-précieuse. M. V. de Tracy en cite un exemple remarquable dans le Cultivateur de mars 1835. Dans sa ferme de Paray le-Frésil, près Moulins (Allier), dans l'été de 1834, les prairies naturelles étaient desséchées, les trèfles fleurissaient à quelques pouces déterre; dans cette circonstance, il eut recours aux topinambours, dont la hauteur moyenne était, alors de 5 à 6 pieds, et qui présentaient un feuillage de la plus belle verdure. Depuis la mi-aoùt, il fit faucher ces tiges, et, pendant près de deux mois, on en amena chaque jour à la ferme un char du poids de 1500 livres environ; ce fourrage vert fut constamment mangé avec plaisir parles bœufs de travail. Ce qui mérite d'être remarqué, c'est que la récoltee.o tubercules ne fut pas sensiblement moindre, sur les parties où les tiges avaient été coupées. Le feuillage des topinambours peut encore être converti en jourrage sec pour l'hiver, comme on le fait de la feuillée des arbres, ainsi qu'il sera exqliqué dans le chapitre suivant.

Enfin les tiges du topinambour, fortes et assez dures, fournissant un combustible qui n'est point à dédaigner; elles brûlent fort bien lorsqu'elles sont sèches, et sont très-propres à chauffer les fours, et à servir de menu bois de chauffage : cet usage parait préférable à celui de les convertir en fumier en les faisant servir de litière aux bestiaux; on s'en est même servi quelquefois pour échalas, pour tuteurs, pour ramer les pois et les haricots, ou pour confectionner des palissades.

§ H. — Sol et culture du topinambour.

Le topinambours'aceommode très-bien de climats et de sols très-divers et très-médiocres. Ainsi M. Vilmorin le cultive en grand, avec un plein succès, dans de mauvais terrains calcaires où l'on a souvent tant de peine à créer des moyens de nourriture pour le bétail. M. Axlaire l'a vu très-bien réussir sur le sol crayeux de la Champagne dont on connaît assez l'ingratitude. M.Poyferre de Ce re l'a aussi introduit :ivec un grand avantage sur les landes sablonneuses du dép1 auquel elles ont donné leur nom. M. V. de Tracy, clans des terrains argilo-siliceux, très-bien désignés par le nom de terres froides, et reposant sur un banc de glaise imperméable à l'eau, en obtint, sans engrais et presque sans frais, une récolte passable, tandis que les navets, et surtout les betteraves et les carottes, ne donnèrent presque aucun produit; si l'on fume le terrain, la récolte surpassede beaucoup, en poidseten volume, celle delà pomme-de-terre.

Cette plante croît assez bien dans les expositions ombragées; aussi Parmentier conseillait-il d'utiliser en les cultivant les plaees vagues des bois et les intervalles des allées dans les taillis où il se trouve assez de terre végétale, pendant deux ans dans les bons

chap. 17e. DU TOPIN

terrains, et 4 à 5 dans les mauvais; on pourrait ainsi obtenir des récolles abondai! es, sans nuire à la reproduction du bois Le revers des fossés, le bord de beaucoup de haies et de niurs devraient èlre toujours garnis de topinambours; Ions les lieux enfin que leur situation ombragée rend impropres à la culture des autres plantes, tels que les vergers dont les arbres sont trop rapprochés, l'exposition nord des avenues, plantations et bâtimens, etc., le recevraient avec avantage. Dans La plupart de ces cas on pourrait abandonner les feuilles sur place aux moutons pendant l'automne, et les tubercules également sur place aux cochons pendant l'hiver

On peut encore utiliser le topinambour en le plantant en rangées p\us ou moins écartées et dirigées du levant au coucha t, pour fournir des abrs contre le soleil à tous les semis qui redoutent la sécheresse, notamment à ceux des arbres verts. On pourrait même peut-être par ce moyen cultiver en seigle, avoine et quelques autres plantes qui n'ont guère besoin que d'un peu de fraîcheur pour prospérer, les sables des environs du Mans, ceux de Fontainebleau, etc., et les craies de la Champagne.

La rotation de culture préférée par V.

Yvart, lorsqu'on veut)' introduire le topinambour, est la suivante : lre année : topinambour, après enfouissement du chaume de la dernière récolte en grain, labours et engrais ; T année : céréale de printemps avec prairie artificielle. Dans les labours et hersages, on ramasse soigneusement les tubercules et racines de topinambours qui ont échappé; plus tard il est indispensable de détruire les nouvelles pousses à l'échardonnette; y année : prairie artificielle; 4e année, ou après un plus long terme si l'on a adopté une prairie artificielle pérenne : céréale d'hiver.

La culture des topinambours est en général sin.ple et facile, cette plante étant sous ce rapport l'une des moins exigeantes et l'une des plus robustes; cependant on peut dire que cette culture est la même que pour la pomme- de-terre, et nous renverrons pour les détails à la section lre de ce chapitre, qui traite de cette plante.

Les topinambours doivent être plantés en lignes plus ou moins espacées, en raison de la qualité plus ou moins bonne du terra ;n, et distantes en moyenne de 18 po. (0m 50). \ La plantation peut avoir lieu beaucoup plus tôt que pour les pommes-de-terre,, les tubercules ne craignant pas les gelées; ainsi, on peut y procéder dès janvier ou lévrier; mais l'époque la plus ordinaire est le mois de mars. On emploie de 20 à 25 hectolitres de tubercules par hectare.

Les soins d'entretien se bornent à un premier binage aussitôt qu'on s'aperçoit que la terre commence à se couvrir de mauvaises herbes; un fort hersage, au moment où les plantes se montrent hors de terre, produit un très-bon effet. On renouvelle les binages avec lahoueà cheval aussi souvent que l'exige l'état du sol, et que le permettent les bras et les animaux disponibles. Lorsque les plantes s'élèvent assez pour commencer à ombrager

A1V1BOLR.

le sol et à avoir besoin d'être fortifiées, on les butte avec le butoir à cheval. Il y a généralement de l'avantage à réitérer celle opération tant qu'elle e-l praticable, et qu'on peut accumuler au pied des tiges de nouvelle terre, parce qu'il s'y développe ordinairement de nouveaux et beaux tubercules. Après ces opérations, dans des terrains favorables, les topinambours forment une espèce de taillis épais, vigoureux et régulier, qui récrée la vue et annonce au cultivateur l'espoir qu'il peut fonder sur une abondante récolte.

§ III. — Récolte et produits du topinambour.

La récolte, et la manière dont on peut l'opérer, sont sans contredit les principaux avantages qui recommandent la culture des topinambours. Non seulement les tubercules supportent impunément en terre comme hors de terre les plus grands froids de nos hivers, lorsqu'on n'y touche pas au moment de la congélation ; mais, ainsi que V. Yvart s'en est assuré, ces tubercules augmentent encore de volume en terre lorsque la partie extérieure de la tige ne donne plus aucun signe apparent de végétation. Il y a donc de ce côté avantage de laisser les tubercules en place y à part l'extrême commodité et la grande économie qui résultent de la possibilité d'éviter ainsi une récolle faite subitement en automne, et l'embarras comme la dépense de loger, emmagasiner et conserver pendant l'hiver des produits très-nombreux. Le topinambour peut donc être tiré du sol au fur et à mesure des besoins, et par conséquent il n'exige ni un local spécial, ni des dépenses quelquefois considérables, ni des attentions constantes, pour être serré convenablement et conservé intact jusqu'à son emploi.

Cependant il est prudent, dans la crainte des pluies prolongées, des neiges et des gelées de longue durée, d'en faire, vers la fin de l'automne, une provision suffisante ; il suffit qu'elle soit mise à couvert et à l'abri de l'humidité, car c'est la seule chose que redoute le topinambour, et cette circonstance doit engagera lui laisser passer l hiver le moins possible dans des terrains qui y sont ordinairement exposés. Douze à quinze jours d'immersion dans l'eau suffisent en effet pour faire pourrir les tubercules, qui exhalent alors l'odeur la plus nauséabonde. Une forte humidité, lorsqu'ils sont hors de terre, sulfit également pour les faire noircir et moisir, comme une grande sécheresse les ride et les rapetisse considérablement. Leur amoncellement et leur mélange avec de la paille ou d'autres corps étrangers, les fait aussi quelquefois germer ou se gâter.

\S extraction des tubercules de la terre s'exécute comme pour la pomme-de-terre. A l'automne, on doit préalablement faucher les tiges le plus près possible de terre, en choisissant un temps sec ; on les lie en bottes ou lagots et on les met à couvert.

La quantité des produits du topinambour varie beaucoup en raison des terrains et des soins de culture qu'oi, lui donne. V. Yvart, d'après ses essais comparatifs avec la grosse

AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES

liv. r

pomme-de-terre blanche commune, affirme que, toutes circonstances égales, l'avantage a toujours été en laveur di\ topinambour dont la supériorité de produit s'est quelquefois élevée au tiers en sus, et souvent au quart. M» Y. de Tracy évalue la récolte en tuber-

cules à S ou 9 fois la semence dans le sol argiio-silieeux de son domaine, c'est-à-dire à 120 ou 140 hectolitres par hectare; il estime le produit en tourrage vert à 16 ou 20 chars de 1500 livres euviron, aussi par hectare.

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