tome L- 6o
Fig. 643.
compose: 1° de d mi\ soles a et fr, fig. C, de 14 à 17 centimètres d équa- ris^age sur 2 mètres
de longueur: T
de li ois I iv) verses r, d, e, d que les soles et assemblées
même grosseur
avec elles à I errons et mortaises: eet assemblage est établi de manière que la her e présente la forme d'un trapèze de 2 mètres environ de longueur sur un mètre 83 cent, de largeur à sa partie postérieure; 3° de deux eni retoises g-, /", de 9 à 12 eentim. de gros seur, chevillées sur les 3 traverses, à deux chevilles chacune; 4° d'une lame de fer ou couteau h, i, X, /, de t2 millimètres d'épaisseur an talon, amincie à son tranchant, et d'un mètre 83 eentim. Les deux extrémités //, i et X, /de ce couteau sont saillantes de 22 cent, de chaque côté, et recourbées en dessus d'environ 12millim.de hauteur. Il est solidement fixé sur le devant de l'instrument et dans sa partie inférieure : savoir, aux deux soles a et b par deux écrous, et à la l'e traverse e par une lame de fer recourbée à ce! eifet et contenue par des écrou>; 5° de deux crochets q et r, pour attacher les chevaux. « Cet instrument, dit de PEKTurs, doui l'inventeur n'est pas connu, devrait être adapté par tous les propriétaires de grands herbages. Nous Pavons fait exécuter n ms-mêmes, et nous en avons reconnu l'avantage et les excellens effets. »
$ III. — Du dessèchement et des irrigations.
Il y a beaucoup encore à apprendre sur Ta manière dont l'eau agit dans l'acte de la végétation, soit par elle-même, à son état de pureté, soit comme dissolvant de substances nutritives «m délétères contenues d* ris le sol, et combinées à une quantité plus ou moins considérable de ces su stances; suit enfin par suite de la présence et du dé ôt à la surface du sol, des matières favorables ou défavorables qu'elle tient en suspension. De là résultent assez souvent, aux yeux des théoriciens, desdoulesqui ne manquent pasde gravité, sur le choix des eaux les plus favorables aux irrigations. Il est vrai que toutes n'agissent pas exactement de la même manière et ne produisent pas au même degré les mêmes effets; mais, en définitive, à l'exception de celles qui sont surchargées de certains sels minéraux nuisibles, heureusement peu aboudans dans la nature, ou de sels terreux qui obstruent les spongroles des racines (auquel cas la pratique est bien vite éclairée par 1 observation la plus superficielle des faits), toutes activent puissamment la croissance des herbes, de sorte qu'en définitive il est bien plus utile de savoir utiliser, quelles
DES PLANTES FOURRAGERES. uv. i".
quelles soient, celles dont on peut disposer selon chaque localité, que de chercher péniblement à reconnaître leur supériori e ou leur infériorité sur d'autres eaux qu'on n'a pas à sa proximité. Maisdeux effets gêné; aux, à peu près mdépendans des qualités relatives des eaux qui les produisent, et qui ont dû depuis longtemps fixer sérieusement l'attention des h-rbagers, c'est, d'une part, le succès frappant des arro.emens de toutes sortes, à l'aide d'eaux courantes ou rendues telles au moment où on les emploie, de façon quelles ne séjournent pas ou ne séjournent que peu de temps à la surface du sol, et, d>: l'autre, les résultats tout contraire- que donnent les eaux stagnantes. Là où elles se conservent, les plantes médiocres ou mauvaises remplacent bientôt les bonnes, et non seulement le fourrage qu'elles procurent ne plaît nullement aux bestiaux, mais, qui pis est, dans beaucoup de cas, il t st évidemment «illisible à leur santé. De là ie besoin d'assainir les terrains marécageux plus impéiieux encore que celui d'arroser les autres.
Les fâcheux effets de la permanence des eaux se font surtout sentir, dans le voisinage des rivières dont le cours e^t peu rapide, .sur tes ie nains longtemps submerges et sans écoulement possible pendant ia belle saison. En paieil ca», les améliorations sont difficiles; car, si l'on a recours à un endigmige général, il faut se décider à sacrifier une pariie du terrain pour exhausser l'autre, c'esi-à dire qu'il faut creuser des fossés d'autant pins rapprochés et plus profonds que l'on a besoin d'élever davantage les chaussées intermédiaires. Or, celte opération peut être souvent tellement dispendieuse par rapport aux résullats qu'on est en droit n'en attendre, qu'elle effraie a juste titre celui qui ne v<it dans l'agri mlture qu'un placement il ti e de ses fonds, et qui ne spécule pas seulement pour les générations futures. Avant donc de l'entreprendre, il faut se rendre un compte exact de la hauteur à laquelle on devra éle\er le ni \ eau du sol pour le soustraire aux eaux stagnantes ; — de la profondeur que l'on pourra donner aex fosses selon la nature du l» rra n, puisque, plus cette profondeur peut être g;ande, plus on obtiendra de matériaux de remblais, et moins on sacrifiera d'espace : — et enfin de la distance à laquelle ces fossés devront être les uns d^s antres, tout calcul fait de leur profondeur et de leur largeur.
Pour le dessèchement des terres labourables, on évite autant que possible les fossés ou les tranchées ouvertes, parce que, dune part, ces sortes d'excavations prennent beaucoup de place, et que, de l'autre, elles entravent les travaux de la charrue. Sur les herbages, et particulièrement les pâturages, le second inconvénient n'existe plus, et te premier est presque toujours compensé par l'avantage que présentent les clôtures (voj. le §6).
Lorsque le terrain à dessécher a une pente suffisante, et lorsque, dans des circonstances diffé- entes, il est au moins plus élevé que le niveau des eaux environnantes, le dessèchement est ordinairement plus facile. Je ne fais que rappeler ici qu'on doit recourir, daus
chap. 18e. DES PATURAGES
le premier cas, à des rigoles d'écoulement habilement dirigées; dans le second, à des puisards ou puits perdus (voy. p. 13b' et suiv.).
Quant aux irrigations, elles peuvent avoir lieu, comme on Ta vu, par submersion, par infilration, et quelquefois par suite du rejaillissement des eaux. Le premier et le troisième moyens ne sont applicables que dans un eeriaiu nombre de localités privilégiées; le sec< nd Test, du phb> au moins, à peu près partout; car, à défaut de cours d'eau naturels on [eut en créer, au moins momentaném- nt, d'artificiels. J'ai souvent été surpris de voir comb eu peu on ménageait les eaux des pluies sur une foule de terrains en pente, que les orages sillonnant en tous sens, sans que l'humidité ait le temps de pénétrera une profondeur assez grande pour s'y conserver au profit de la végétation, ou, en adoptant l'expression énergique des habilans de nos eau pagnes, } our en fondre la couche végétale jusqu'au sous-sol. — Dans les Vosges, on ne perd pas une goutte du précieux liquide. Voici comment M. le baron Roguet rem1, succinctement compte de la manière dont on s'y prend sur les montagnes d'une pente rapide : « On construit succetsiveir.ent.à partir du plus haut du terrain, des rigoles parallèles, d'autant plus rapprochées les unes oes autres, et d'autant moins Lucii» ijées que le sol esl plus escarpé. Quelquefois même, un bourrelet de terre, en contrebas de chaque rig le, ofwre un meilleur obstacle aux eaux qui, retenues de grad; ns en gradins, s éeoujent lentement sans ecréter le sol, de manière qu'on puisse arroser autant de fois et aussi longtemps qu'il est nécess ire. — Les rigoles dont il est question soni à la fois rigoles d'arrosage e< de dessèchement. Ou leur donne habituellement un 1er de bêche de large et de profondeur. »
Sur les terrains plats et humides, on dirige les ligules non plus perpendiculairement, mais parallèlement ou obliquement à la pente; enfin, les terrains de pente moyenne exigent concurremment l'emploi des procédés de dessèchement et d arrosage utilises sue les peines escarpées et sur les terrains plats. Lorsque ces terrains sont situés de manière qu'on puisse les faire profiter des eaux produites accidentellement sur une partie du plaiean supérieur, et qui s'écoulent pre que toujours en pure perte par les chemins qu'elles creusent et dégradent, les résultais sont tels qu'on doit faut- des vœux pour qu'ils soient appréciés partout comme ils le sont dans le pays que je viens de citer. « La, ajoute M. Roglet. un canal supérieur, n'ayant qu'une très- légère inclinaison, ivli ni es eaux des parties les plus élevées; des rigoles de dessèchement, tracées eu guise de ruisseaux secondaires le long des parties creuses du sol jusqu'au ruisseau au fond de la \al ée, déchargent dans telui ci pendant les temps humides, l'excédant du canal-resenoir; des maiiresses iLoles creusées le long des arêtes du terrain, et communiquant avec les rigoles de dessèchement par des rigoles d'arrosage, lrè>-legèrement inclinées permettent, pendant les sécheresses, de faire successivement séjourner aussi longtemps qu'il est nécessaire, les eaux tirées du canai-
réservoir sur les zones de la partie à arroser. Cette opération n'exige d'autre nar œuvre que celle de fermer avec une pierre les rigoles maîtresses (celles d écoulement l'étant à leur origine), immédiatement audessous de la rigole d'arrosage que l'on veut remplir pour Immeeler la petite bande de terrai) inférieure et juxtaposée. » — Les rigoles maiiresses ont 1 pied d'ouverture, plus ou moins, suivant l'abondance des sources; leur nombre et leur tracé sont, comme on le conçoit, fixés par la configuration du sol.
Dans beaucoup de lieux, et cette pratique déviait être encore plus générait, les cultivateurs industrieuxonl bien soin d'attirer vers leurs pâ .tirages ou leurs prairies les eaux surabondantes des pluies. llsl« s reçoivent en masses souvent assez considérables*, dans des mares ou bassins creusés partout où se dirige la pente du terrain. Lorsque cela se peut, ils les retiennent à la partie supérieure des prés, par des barrages peu dispendieux, et cette excell nie méthode, qui leur pei met parfois d'activer, après la fauchaison, la végétation des regains, les met encore à même, lors du curage qui suit l'écoulement, d'amasser, pour la r éuuir l'année suivante aux composts, une bonne quantité de terre riche en parties nutritives, et toujours très-propre à cetle destination.
De tous les pâturages, les plus mauvais sont ceux qui reposent à peu de profondeur sur un sous-sol imperméable, qui restent sous les eaux pendant une partie de l'année, et qui se dessèchent rapidement pendant l'autre partie, au point deperdre toute fraîcheur. Dans une semblable situation, on ne trouve d'antre moyen d'amélioration que d'ajouter à la profondeur de la couche végétale ; — - il est assez curieux que les irrigations en offrent parfois lin moyen facile, soit que Ton ne cherche à obtenir chaque année qu'une mince coin he I moneusequi recouvre l'herbe sans la détruire, soit qu'on ait recours dans son entier à la méthode, beaucoup plus connue en Italie qu'en France, sous le nom de colmates (voy. pages 122 et suivantes de ce volume).
Lorsque les eaux d'irrigation sont vaseuses, à moins qu'on ne les emploie par submersion avant que l'herbe ait commencé à s'élever, on ne peut plus s'en servir que par infiltration. Ce dernier mode a donc sur l'autre l'avantage de pouvoir être appliqué pendant tout le temps de la végétation, sauf celui oit la maturation des foins s'effectue; encore cetle considération n'est-elle relative qu'aux prairies, et nullement aux pâtura es. — Du reste, il n'est pas indifférent de régler dételle manière ou de telle autre l'époque et la durée des arrosemens sur les herbages. — Ka général, ceux d'automne et du commencement de l'hiver sont fort miles, parce qu'ils apportent sur le sol une couche limoneuse fécondante; ceux de printemps et surtout d'été activent puissamment la végétation, mais il faut dans bien des i ir< omtances savoir en user modérément- Voici comment un praticien anglais, dont M. de Dombasle a cru devoir reproduire en grande partie le travail dans la 6' liv raison de ses Annales, développe la méthode d'irrigation qu'ilaadop-
tée et pratiquée avec un succès suivi sur divers points du pays qu'il h.ubite.
«Au commencement d'octobre, dit M. Stephens, on doit nettoyer et mettre en état toutes les raies d'arrosage et de dessèchement ; on doit réparer les bords des canaux lorsqu'ils on! été endommagés par le piétinement des bestiaux. Après cela, Peau étant généralement abondante à cette époque de l'année, l'irrigation doit commencer; le premier travail de l'irrigateur consiste à dé tourner l'eau dans le canal de conduite, la rig >le principale, ou, si l'herbage est divisé en plusieurs parties distinctes, il faut distribuer convenablement l'eau dans chaque canal de conduite; alors on commence à pla cer les barrages temporaires dans la pre mière raie d'irrigation, et on y laisse entrer l'eau de la maitresse rigole, en augmentant l'ouverture jusqu'à ce que l'eau reflue sur chaque b >rd, d'une man ère uniforme et en quantité suffisante, d'une extrémité à l'autre de la raie, et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'eau soit lâchée dans toutes. L'irrigateur doit faire sa ronde pour examiner si l'eau coule bien également sur toute la surface de la prairie; il détruira les obstacles qui pourraient en gêner le cours, et fera en sorte que partout le gazon soit recouvert d'un pouce d'eau. I orsque mut est dans l'ordre voulu, on doit laisser couler les eaux pendant les mois d'octobre, novembre, décembre et janvier par périodes de »5 à 20 jours consécutifs. Entre chaque période on doit laisser le sol se ressuyer complètement en retirant les eaux pendant 5 et 6 jours, afin de donner de l'air au gazon ; car il est peu d'herbes parmi celles des diverses espèces, que l'on trouve dans les prairies arrosées qui puissent résister à une immersion totale plus longtemps prolongée. En outre, si la gelée devient forte et si l'eau commence à se congeler, il est urgent de la retirer, de suspendre l'irrigation, sans quoi toute la surface du sol ne formerait qu'une nappe de glace; or, partout où la glace s'empare du sol, elle finit par le soulever, au grand préjudice des plantes qui se trouvent alors déchaussées. — Tous ces préparatifs d'automne ont pour but de faire profiter i'herbage des ondées qui ont lieu à cette époque de l'année et qui entraînent avec elles une grande quantité de débris animaux et végétaux très- propres à enrichir et fertiliser le sol.... — En février, il faui que l'irrigateur surveille l'arrosage, encore de plus p es, parce qu à cette époque, 1 herbe commence à végéter de nouveau ; en conséquence, si, lorsque la température s'est radoucie, on laisse trop long temps l'eau couler sans interruption sur la prairie, il s'y forme une écume blanchâtre extrêmement nuisible à la jeune heibe. On a également à craindre la gelée à cette époque, J.ar si les eaux ont élé détournées de dessus Je pré, trop lard dans la soirée, pour que la surface ait pu se bien ressuyer avant le moment du gel, les plantas alors très-tendres en souffi iront beaucoup. Pour prévenir le premier de ces inconvénient, on ne doit arroser que f$ar périodes de 6 ou 8 jours; et, pour éviter le second, il faut toujours retirer le$ eaux de bonne heure dans hi matinée». .«
PLANTES FOURRAGÈRES. liv. ie'.
— Dans le mois de mars, l'irrigateur peut suivre les mêmes instructions (pie pour lévrier, à moins que l'on ne se trouve dans un climat où l'herbe est déjà suffisamment élevée pour présenter une pâture assez abondante à toute espèce de bétail; dans ce dernier cas, il faut dessécher complètement l'herbage avant d'y faire entrer l^s animaux».
— De 1 1 fin de mars au commencement d'avril, il faut employer l'eau avec plus de réserve encore; on ne la laisse couler que par périodes de 5 à 6 jours, et comme dès-lors la température devient de plus en plus chaude, on ne doit, jusqu'à la fin de mai, prolonger chaque arrosage que penoanl 2 à 3 j urs. — Vers le commencement de juin, toute irrigation doit être suspendue ; car alors l'herbe est assez haute et assez touffue pour couvrir le sol de manière à laisser au soleil peu d'action desséchante sur les racines, ei parce que les eaux déposeraient sur les feu lies un sédiment terreux qui rendrait le fauchage difficile et qui détériorerait beaucoup les fourrages... — Enfin, après la fenaison de la première coupe, on conduit quelquefois de nouveau les eaux à la surface du sol pendant un jour ou deux »
On voit que tout ceci s'applique plus aux prairies qu'aux pâturages, et surtout qu'aux pâturages ouverts aux troupeaux pendant presque toute Tannée. Pour ceux-là, les irrigations par submersion ne s.nt qu'accideuiellement profilabîes ; les irrigations par infiltration ont au contraire l'avantage de pouvoir être appliquées sans hume< ter assez le sol pour le rendre inabordable au gros bétail. Quant aux moutons, à moins qu'on ne les destine à la boucherie et qu'on ne veuille les engraisser protnptement, il ne faut pis perdre de vue que l'arrosage d'éré produit une végétation si rapide et si aqueuse quelle pourrait dans bien des cas leur communiquer la pourriture.
En résumé, les arrosemeus sous toutes les formes, pour peu qu'ils soient convenablement dirigés, sont le principal élément de fécondité des herbages naturels ou artificiels, temporairesou permanens. —Sous l'influence des climats méridionaux, ils peuvent sextupler leurs récoltes. Aussi un cultivateur des plus distingués du midi (M A. de Gasparin), dans son style énergique et rapide, en parlant des prodiges du plan incliné, représentait-il la fécondité du sol, par ces quatre mots : chaleur multipliée par humidité,
§ IV. — Des engrais et des amendemens.
C'est l'opinion de quelques agronomes, que les engrais sont plus profitablement employés sur les terres labourables que sur les herbages permanens, e» que ceux qui ne peuvent s'en passer doivent être rompus. Ceïte opinion peu* être parfois fondée, mais à coup sûr «die ne l'est pas toujours, et, loin de cherchera la généraliser, je crois qu'il faut au contraire éviter de lui donner trop de portée, attendu que l'opinion contraire, partout où elle a prévalu, est devenue la source d'importantes améliorations. Eu fumant les prairies, on peut bien mieux se procurer, par suite de l'augmentation de fourrages, les engrais néees*
riiAP. 18e.
saires aux champs labourables, et, en définitive, loti e la question se réel lil à savoir si la valeur vénale du surplus des foins est en rapport avec les Irais de fumure; or, à bien peu d'exceptions près, la réponse ne peut être douteuse.
Eu traitant la question qui nous occupe actuellement il nous in porte d'abord de distinguer les pâturages des prairies, et parmi ces dernières, de faire eiicoi e la différence de celles qui sont accidentellement ou ne sont jamais pâturées. — Les pâturages reçoivent, en échange Je la nom ri-ture qu'ils procurent aux bestiaux, une partie, sinon la totalité des engrais qui en proviennent; — les prairies, au c nraire, abandonnent une ou plusieurs foi* chaque année leurs produits sous la faulx, sans rieu recevoir en compensation. Toutes circoustanceségales, elles doivent donc avoir et elles ont, en eTtët, plus besoin d'être fumées que les pâturages.
Il existe, à la vérité, des prairies tellement améliorées par suite des débordemens périodiques des cours d'eau ou des irrigations limoneuses, qu'elles peuvent se passer indéfiniment de toutes fumures. Ce sont alors autant de sources de prospérité pour le pays qui les possèle et des moyens que la nature accorde à leurs heureux habita ns pour élever, sans effort, les produits de leur culture au-delà de tout ce que 'e travail le plus opiniâtre et l'industrie la mieux entendue pourraient accorder dans d'autres contrées. — Il existe aussi des herbages sur lesquels l'abondance et la qualité des eaux suppléent aux engrais; — enfin, on en rencontre que la fertilité seule du soi défend pendant un fort long temps contre les effets de l'épuisement; mais en général, la fécondité des prairies décroît tôt ou tard, surtout si l'on y fait habituellement deux coupes dans Se cours de chaque saison. — Il faut donc les fumer; « mais, la mesure d'engrais dont elles ont besoin peut être faible eu comparaison de
ce qu'elles rendent de produits conversibles en fumiers; et tandis que, sous lesassolemens
de la culture des grains, les champs reproduisent en élémens d'engiais moins qu'ils n'exigent et ne consomment, les prairies qui ont été amendées, au contraire, rendent, par l'excédant de produit qu'elles donnent, après l'équivalent de ce qu'elles ont consommé, au motus le double d'engrais de ce qui leur avait été appll pié. Il n'y a donc aucun doute que la manière la plus certaine d'augmenter les engrais, c'est de les appliquer aux prairies; par cette mé.hode on s'est procuré des prés, et on s'est donné la possibilité de fumer complètement les champs dans des lieux où auparavant cela était impossible. Lorsque cette vérité est si généralement reconnue par les gens de l'art, comment se fait-il que, dans la plupart des contrées, on fume si rarement les prairies? La première avance est le p us souvent trop difficile , car, lors même que le fumier qu'on donue aux prairies revient au tas sûrement et multiplié, cela ne s'effectue cependant pas dès la première année, mais seulement après le laps de six ou sept ans, puisque l'effet du fumier se prolonge duraut ce temps et plus encore. C'est un capital qui, durant cet espace de temps, est tri-
plé, quadruplé et plus encore; mais il faut en faire l'emploi, et à beaucoup de gens cela paraît imposs'ble à exécuter sans que leurs champs en soient appauvris. »(Thaer, Principes raisonnes <-/' agriculture.)
On confond généralement sous le nom d'engrais, les fumiers proprement dits et les divers amendemens ou slimuians de la végétation,qu'on emploie simultanément aveceux ou isolément pour l'amélioration des prairies Cependant, jamais l'action différente des uns et des autres ne lut plus nettement marquée. — Les premiers agissent évidemment, en ajoutant à la puissance végétative de toutes ies plantes en contact desquelles il> se trouvent; — les derniers ne semblent profiter qu'à un certain nombre de végétaux, et contribuent bien plus à la destruction qu'au développement de la vigueur des autres. J'ai souvent été à même de faire cette remarque en étudiant comparativement les effets, sur les herbages, des composts simplement formés de terre et de fumier d'étable, et de ceux dont la chaux ou quelque autre oxide alcalin faisan partie. Je parlerai donc séparément des uns et des autres.
En Allemagne, il n'est pas sans exemple qu'on utilise sur les prairies des fumiers longs d'étable. On les répand le plus ordinairement avant rhiver, afin que les pluies en- Iraînent dans le sol les parties solubles qu'ils contiennent, et le printemps suivant, par un temps sec, on enlève au râteau les pailles non décomposées, pour les réunir aux autres engrais de la ferme, ou même les employer un© seconde fois comme litière. — Plus communément on a recours à des fumiers consommés, parce qu'il est moins difficile de les répandre également. Lorsqu'on esi à même de faire choix des espèces, il est avantageux de préférer les fumiers les moins actifs, ou, en termes vulgaires, les moins chauds, comme ceux de vache et de cochon, pour les terrains les plus exposés aux effets de la sécheresse; — les plus chauds, tels que ceux de chevalet de mouton, au contraire pour les prés bas plus humides que secs. — Les expériences répétées aux environs de Paris par moi collaborateur Payex, prouvent que le noir annualisé produit dans tous les cas, quoique petite dose, des effets fort bons et qui paraissent plus durables que ceux du noir de raffinerie, dont l'activité n'est révoquée en doute par personne, mais que son prix élevé et son action passagère rendent moins propre cette destination qu à beaucoup d'autres. — Da s quelques departemens du nord on emploie fréquemment la poudrette.
Tantôt on fait usage de ces engrais divers sans ies mélanger à d'autres substances et à l'état sec; tantôt, comme dans quelques parties de la Suisse, de l'Italie, de l'Allemagne, elc., on arrose les pâturages avec le jus de fumier fort étendu d'eau. Dans ce dernier pays, dit Tiiaer,oii destine principalement à la fumure des prairies les liziers, urines ou engrais iiquid- s qui s'écoulent immédiatement des écuries, des étables, ou en temps de pluie, des tas de fumiers et surtout des egouts des tùts à porcs, que l'on recueille ordinairement en des réservoirs particuliers. Ce genre d'engrais est très-efficace. Quelque-
478 AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGÈRES liv. i".
fois un ruisseau voisin on un canal établi à \ étant retenus, se combiner avec la masse de
lerre. — Au bout de 6 semaines ou '2 mois,
cet effet, Cjui recueille les eaux de pluie e! les conduit sur une prairie rapprochée, fournit l'occasion d'y diriger ces engrais liquides, et d/î les étendre sur le pré.
Dans mon opinion, le meilleur moyen d'utiliser toutes les matièr 'S fertilisantes pour la fécondation des herbages, c'est de les transformer en composts. Parcemoyn, non seulement la répartition parfaitement égale en devient plus facile, mais les diverses substances liquidesel même gazeuses sont absorbées de manière qu'il ne s'en fait aucune déperdition et que toutes se trouvent d'ailleurs généralement combinées dans la masse de façon à produire des effets infiniment plus durables.
La manière la plus ordinaire de former ces composts, est de réunir sur la lisière du terrain à améliorer, les fumiers d'étable et les terres destinées à les composer; celles qui provenaient de cultures jardinières étaient naguère et sont encore, dans quelques parties de l'ouest, prisées, pour celte destina tion, presque à l'égal du fumier. V leur défaut on recherche les curmes d'étangs, de fossés, de marres-, — les boues des villes et celles des chemins fréquentés; — les déblais desséchés et convenablement mûris des localités marécageuses; — les terres gazonneuses qu'on a pu se procurer sans inconvéniens dans le voisinage; — enfin, faute de tout cela, la lerre prise autant que possible à la partie antérieure des champs limitrophes, parce que c'est presque toujours, par suite de l'effet des pluies, la plus riche et la plus profonde. — On mélange et on remue plusieurs fois ensemble ces diverses substances pendant le cours de la belle saison, et on les répand parfois à une assez forte épaisseur, d'après des considérations qui trouveront bientôt leur place soit dans le cours de l'automne, àoitau commencement du printemps.
A. THOt'i\,dans son Cours de culture, rapporte qu'il a vu en Belgique, aux environs de Malines, employer les cadavres des animaux de voirie, et particulièrement ceux des chevaux, à la fertilisation des terres. Voici, selon lui, les procédés usités pour composer cet engrais trop peu connu, bien qu'il ait perdu une partie de ses avantages depuis les travaux sur la meilleure manière d'utiliser les animaux morts, de M. Payen. — On fait une fosse de 2 pieds de profondeur sur 20 pieds en carré dans un lieu sec; un lit de moites de gazon de bruyère, de 6 pouces dépiisseur, est placé au fond de cette fosse. On rassemble i\n nombre quelconque de cadavres de chevaux qu'on coupe, chacun en plusieurs parties, après en avoir enlevé la peau. Sur le lit de bruyère du fond on étend une l,e couche de chair ain-i découpée, de manière que les morceaux de cheval soient placés à pende dislance les uns des autres; ou les recouvre d'un lit de gazon de brujère semblable au 1er, puis de nouvelle chair, et ainsi de suile, de manière à former une espèce de couche moulée can émeut, et q e Ton recouvre ensuite d'assez de terre du voisinage, pour que l'odeur cadavéi ique ne se fasse pas sentir au dehors, et que tous les gaz qui s'échappent puissent,
on mélange le tout, on rejette les os, et on amoncellede nouveau cette masse dans ta même forme, puis on la convie d'une nouvelle couche de lerre. Elle reste dans cet état, et, l'année suivante, on la répand sur les terres qu'on veut graisser, et auxquelles elle communique, à petite dose, une fertilité prodigieuse pendant plusieurs années.
A peu près dans la même contrée, on rencontre fréquemment dans les grandes termes une fusse deslinéeà recevoir les engrais réservés spécialement p'our les prairies. C'est là qu'on accumule à côté des mauvaises herbes produites par le sarclage, des débris du bûcher, des balayures de la maison, du fenil et de la cour, les résidus du batiage des grains, et toutes les autres substances animales ou végétales susceptibles de fermentation. — On y joint fréquemment la poussière et les matières excrémenti lielles ramassées sur les chemins, et on facilite la décomposition et le mélange du tout en arrosant de temps en temps a\ec du jus de lumier. Lorsque la masse entière est en état d'être ulili ée, on en forme des composts avec de nouvelle terre et une faible quantité de fumiers plus riches. Le principal but de celle pratique est d'abord de ne lien laisser perdre de ce qni peut ajouter aux engrais, et ensuite de ne pas mêlera ceux qu on reserve pour les cultures économiques des germes de planles nuisibles.
A côté de ces mélanges de fumier et de terre il faut placer les terres mêmes sans addition immédiate d'engrais, telles qu'on peut les enlever dans des localités naturellement fécondées par suite d'une bonne culture. Il est de fait qu'elles forment à elles seules, lorsqu'on les emploie en quantité suffisante, et qu'elles sont d'une nature un peu différente de celle de l'herbage, un fort bon compost et un amendement dont les effete sont marqués et durables. Ceci me conduit à parler des divers amendemens qui conviennent aux prairies.
La seule action physique de nouvelles molécules terreuses peut produire sur les prairies, comme sur toute autre culture, des effets très-favorables. C'est ainsi qu'on peut améliorer sensiblement les herbages qui couvrent des sols argileux ou tourbeux, humides et froids, en les recouvrant à leur surface de sable maigre qui absorbe facilement la chaleur, ou qui diminue peu-à-peu leur porosité; c'est ainsi encore que, dans le même cas, les déchets pulvérulens des houillères, et les terres bitumineuses qui remplissent les faux filons, emplovés avec réserve, produisent h s meilleurs effets. - A plus forte raison, lorsqù aux propriétés physiques s'en joignent ne chimiques, ou, en d'autres termes, lorsque les mêmes substances agissent à la fois, à la façon des engrais, des amendemens ou des stimulans, les résultais sont très marqués. — On a parlé aileurs descomp sts dans lesquels la chaux se rencontre eu proportion plus ou moins grande : leur action sur les herbages est puissante. — Il est certain qu'ils contribuent non seulement à la destruction dei