‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 293 sur 329 · LIV. Ie · texte numérisé non relu

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leur disposition à taller d'autant plus qu'elles sont plus fréquemment coupées, s'emparent du terrain, et, si les circonstances défavorables qui les en avaient précédemment exclues nese représentent pas, elles s'y maintiennent par la suite sans souffrir de concurrence.—J'ajouterai que les engrais d'origine animale paraissent plus nuisibles qu'utiles aux piaules n»a> érageuses. Est-ce par suite d'une action délétère sur celles-ci, ou seulement parce qu'elles augmentent davantage la force végétative des gramens et des légumineuses, et les mettent ainsi à même de dominer dans le pâturage? Toujoin s estil, quelle qu'en soit la cause, que, dans le cas dont il s'agit, les déjections que les animaux laissent sur le terrain semblent concourir pour quelque chose au but qu'on veut atteindre.

Il est des plantes dont on doit se débarrasser en les arrachant a la pioche ou à l'échardonnoir. Cependant, si cette méthode est la plussûre, elle estaussila | luslongueet lapins coûteuse, et elle n'est même pas applicable à toutes les espèces, puisqu'on en rencontre, telles que la fougère, dont les racines étendent leurs réseaux jusqu'au sous-sol, à quelque profondeur qu'il se trouve. D'ailleurs, lorsque ces plantes sont très-nombreuses, et que leurs touffes offrent peu de volume, telles que les orties, par exemple, l'arrachage est impossible (1). Il tant alors, non seulement se bien donner de garde de les laisser grainer, mais encore les faucher, s'il est possible, jusqu'à 4 et 5 fois dans le cours de l'année, surtout à l'époque des chaleurs. Rarement elles résistent longlempsà une pareille mutilation.

Pour ajouter aux effets d'un fauchage persévérant et répété, ou plutôt pour rendre mutile sa prolongation, on a proposé dans de vieux livres une recette que quelques faits postérieurs semblent justifier. C'esi , après avoircoupé rez-lerre la ligeide la plante qu'on veut détruire, de la fendre un peu et d'introduire à la place de la moelle une certaine quantité de sel marin. Dans une lettre toute récente, écrite par M. Tkochu, qui a rendu d'immenses services à l'agriculture de Belle- Isle-en-Mer, à M. le duc Decazes, on voit que ce moyen, lout empirique qu'il paraisse, lui a fort bien réussi pour la destruction des ronces, et, je crois, des fougères.

La destruction des mousses s'opère au mo\en de hersages ou de ratissages plus ou moins multipliés, et dont l'énergie doit élre proportionnée à la ténacité du sol. Ces opérations produisent d'ailleurs d'excellens effets sur les pâturages, en les ouvrant aux influences atmosphériques et en préparant l'émission de nouvelles racines. C'est à leur aide que l'emploi des composts et des simples amendemens acquiert véritablement toute son efficacité. Il n'est pas sans exemple que sur un herbage ainsi grallé, une simple couche de sable {voy, le § 4) ait empêché

(1) Je sais qu'on a recommandé de cultiver l'ortie pour ,-iffourrager les vaches, et en effet elles îa mangent, quoiqu'avee répugnance, à l'état de foin; mais, chez moi, elles la rejettent constamment au pâturage. Telle plante qui offrirait une ressource dans un très-mauvais terrain devient nuisible dans celui auquel on peut demander mieux. Mon fermier fait donc tous ses efforts pour détruire les orties. Il y est arrivé en grande partie par le moyen que je propose.

pour long-temps je retour des mousses et sensiblement favorisé la végétation des bonnes plantes.

Cependant il peut arriver encore quêtons ces moyens soient insulfi&ans. On doit alors en conclure que l'herbage est en entier à renouveler, el, pour cela, toutes les (bis que la position le permet, il faut pendant quelques années le remplacer par des cultures économiques. Je ne reviendrai pas ici sur ce sujet im portant, que j'ai lâché de développer page -J58 et suivantes.

Au nombre des animaux les plus nuisibles aux prairies, il faut compter la taupe, parlois le mulot, le hanneton, la courlilière, la fourmi el le criquet ou plus vulgairement la sauterelle. Il en sera également parlé dans un cha itre particulier de cet ouvrage. Malheureusement , les zoologistes n'ont point encore assez cherché à appliquer leurs éludes aux progrès de l'art agricole. On connaît fort imparfaitement la manière de vivre de beaucoup d'animaux destructeurs de la végétation, et, plus malheureusement encore, en apprenant à la connaître, on est souvent bien loin de trouver h s moyens de les détruire. Qui oe déplore maintenant l'effrayante multiplication des hannetons dans la plupart de nos contrées, et qui pourrait dire que, pendant les trois années que sa larve destructrice passe dans la terre, il a trouvé un moyen praticable d'arrêter ses lavages ? Qui pourrait se flatter d'avoir mis à la disposition de tous les cultivateurs un moyen efficace et complet de détruire la terrible alucite des grains, le charançon même, et d'élo'gner sans retour de nos guérets ces bandes nomades de mulots ou ces nuées de sauterelles qui ne redoutent, en masse, d'autres ennemis que les intempéries des saisons?

§ II. — De l'épierrement, de l'étaupinage et de l'affermissement du sol.

Les pierres, qui ont, dans les prairies, le très-grave inconvénient d'entraver la fauchaison, et n'ajouter beaucoup, non seulement aux frais d'acquisition et d'entretien des faulx, mais encore au temps qu'on est obligé de passer à les aiguiser, ne sont pas aussi nuisibles sur les pâturages. Là, à la vérité, lorsqu'elles ont un certain volume, elles occupent une place précieuse, et il est par conséquent presque toujours avantageux de les enlever; cependant, eu certains cas, elles rendent le service d'opposer un obstacle permanent à i'évaporation produite par l'action des rayons solaires. Ceux qui ont parcouru la vaste plaine de la Crau ont pu acquérir à chaque pas une preuve remarquable de cette vérité; car c'est autour des galets qui la couvrent en grande partie, et que les moutons roulent devant eux en les repoussant du nez, que croissent les herbes les plus fines, les plus fraîches et les plus recherchées de ces animaux. Il ne serait donc pas impossible qu'en des localités particulièrement arides, on dût éviter d'épierrer trop rigoureusement. Quelques-uns de nos lecteurs ont lu sans doute l'histoire des choux monstrueux que Duhamel obtint sur un terrain presque

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couvert de dalles de couleur blanche. Il serait facile d'ajouter à cet exemple plus d'un fait analogue pour prouver, si c'était ici le lieu, combien un corps aussi peu conducteur de la chaleur que la plupart des pierres, interposé entre l'atmosphère el la terre, peut conserverde fraîcheur à cette dernière; mais nous n'en arriverions pas moins à cette conclusion, que Tépierrement des herbages est généralement utile.

Quant à l'étaupinage, c'est une opération aussi importante que facile et bien connue.

Les baux en imposent l'obligation aux fermiers ; ce serait de la part de ceux ci une négligence impardonnable de ne pas s'en occuper chaque année, au printemps, lorsque les herbes ne commencent pas encore à monter,avec unsoin d'autant plus minutieux qu'il s'agit d'herbages fauchantes'; car, dansée cas surtout, i! y va de leur intérêt autant que de celui du propriétaire. La méthode la plus ordinaire est de répandre la terre des monticules, à l'aide de la pelle ou de la bêche, par un mouvement des bras analogue à celui que l'on fait en répandant les engrais, de manière à ne pas amonceler la terre plus en un endroit que dans l'autre. Ce travail, loin d'être dommageable, est au contraire utile aux herbes environnantes, qui se trouvent recevoir ainsi une sorte d'amendement en couverture, ou, en adoptant l'expression difficile à traduire de nos voisins, un véritable topdressing. — Quand le nombre des taupinières est considérable, pour les détruite, on substitue la herse aux instrumens à main. Cette méthode procure une grande économie de travail et de temps. Elle ne donne pas des résultats aussi réguliers, mais eile n'en a pas moins aussi ses avantages. Ainsi, sur les vieux herbages, elle contribue à détruire les m< lisses, et elle produit un binage toujours fort utile en pareil cas. J'ai vu des pâturages trèsdétériorés qu'un simple hersage énergique donné en long et en travers a pu améliorer sensiblement pour plusieurs années.

D'un autre côté, il pourrait arriver que les plantas nouvellement enracinées fussent fortement endommagées par une semblable pratique, etque le sol, déjà trop soulevé par l'action des gelées, loin de demander à être remué de nouveau, se trouvât au contraire fort bien d'êlre affermi autour des racines. Ce cas se présente fréquemment sur les terres légères, calcaires ou tourbeuses sujettes au déchaussement. Là, l'étaupinage, s'il y a lieu, se fera à la bêche, à la herse renversée ou à la rabaltoire (voj. pag. 386), et le plus souvent il devra encore être suivi d'un roulage. — C'est au printemps et en automne, lorsque la terre n'est ni assez sèche pour rendre le travail difficile ou inefficace, ni assez humide pour être gâcheuse, qu'il convient d'enîrepiendre ces utiles opérations. Elles £ont surtout nécessaires au printemps pour remédier aux effets de l hiver.

Afin de réunir, à l'aide d'un seul instrument, les avantages du nivellement du sol et de son affermissement, on a inventé et on utilise depuis longtemps en Normandie une machine connue sous le nom de coupe-taupe, donl je. donne ici le dessin C%643) de profil en A, de face en V, et sur son' »>3an en C. — Elle se,

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