L- nulle (En>um lens). Voy. page 423 et suivantes
Sainfoin {Eedisarum). Calice persistant, à 5 divisions subulées; carène aplatie; gousses plus ou moins comprimées, de forme irrégulièrement arrondie et à une seule graine.
Le Sainfoin commit ni Eedisarum onobrychis, Lin.), Créte-de-coq, Espafceiie, Sainfoin de Bourgogne, etc. (fig. 698), a une tige droite, ra
Fis. 698.
meuse, de 1 à 2 pi. d'élévation; des feuilles ailées avec impaire, ordinairement à 17 ou 19 folioles ; des stipules minces, sèches et demitransparentes; les fleurs en épi terminal, de couleur rose, à ailes très cour les et à divisions du calice aussi longues que la corolle; des légumes raboteux, garnis de pointes piquantes qui leur donnent l'aspect de crêtes.
Le sainfoin est un des fourrages les plus précieux. non seulement parce qu'il est excellent en lui-même, mais parce qu'il croît dans les terrains très-médiocres de nature sableuse ou calcaire, et qu'il les améliore sensiblement. C'est surtout dans le midi que la faculté de résister aux sécheresses le rend d'une haute importance, bien que dans beaucoup de lieux on ait déjà trouvé de l'inconvénient à le ramener trop souvent aux mêmes places.
Les renseignemens suivans ont été transmis à la direction de la Maison rustique du 19e siècle , par M. le baron d'Hombres Fi rm as.
« L'esparcet qu'OuviER de Serres appelle une herbe fort valeureuse, est cultivé très en grand dans quelques communes du départe ment du Gard, et depuis longtemps justement apprécié des paysans, qui lui attribuent leur bien-être. Les plus âgés se rappellent et conviennent tous qu'avant son
DES PLANTES FOURRAGÈRES. liv. i".
introduction., leurs troupeaux étaient beaucoup moins considérables; qu'ils ne tenaient pas la moitié des bêtes de labour qu'ils emploient aujourd'hui; qu'ils avaient moins de terres en rapport, et que, faute de travail ou d'engrais, elles ne rendaient pas d'aussi bonnes récoltes.
» Les frais de culture du sainfoin ne sont pas considérables, la graine est peu chère, et l'on ne fume pas la terre, à moins qu'on n'ait des engrais de reste, qui, dans ce cas cependant, ne sont pas perdus. On fait un premier labour en novembre ou décembre, un mois après on en fait un second, et 1 on sème au commencement d'avril; les labours sont faits avec l'araire du pays, attelée de deux bœufs ou deux nulles. On sème à la main, en employant à peu près deux fois autant de semence que si c'était du blé, parce que le fourrage épais est plus délicat, ses tiges étant moins fortes. Ensuite on passe sur la terre la herse, pour recouvrir la semence, ou, faute de cet instrument, on emploie pour briser les mottes et unir la terre, une claie de parc ou une planche sur laquelle monte le conducteur du cheval qui la traîne. Si L'on fait épierrer ou du moins ôter les plus grosses pierres, les plus saillantes, ce ne sera que mieux, et l'on pourra faucher de plus près.
» Lorsqu'il y a des arbres isolés au milieu d'une terre, on a grand soin de laisser un intervalle, sans semer autour de leur pied; nous avons vu périr des noyers et des gros chênes sans autre cause apparente; aussi, dans tous les baux à ferme de ce pays, on prescrit de laisser un rond de deux pas de rayon autour des arbres, et la même distance entre les allées de mûrier qui bordent ou divisent les terres.
» Quelquefois on sème le sainfoin avec de la paumelle (orgen0 6)ou de l'avoine; on avance alors d'un mois l'époque des semences, et l'on obtient une récolte la même année. Mais c'est moins avantageux qu'on ne croit, la paumelle et la prairie artificielle en souffrent l'une et l'autre : elles réussiront toujours mieux si on les sépare.
» On dit qu'en Provence on sème le sainfoin en automne. Nos hivers sont peu rigoureux ; cependant quelques essais nous persuadent que des petites gelées et des dégels alternatifs sont très -contraires à cette plante lorsqu'elle est jeune, quoiqu'un froid plus rigoureux ne lui porte pas atteinte quand elle a pris de la force.
«C'est vers le milieu de mai, pendant la floraison de l'esparcet, qu'on le fauche, quand on le destine à la nourriture des animaux. On le coupe plus tard, comme je le dirai tout-àl'heure, lorsqu'on veut recueillir sa graine; la première année cette récolte est peu considérable, mais la seconde il est déjà en bon rapport, et dans les bonnes terres il acquiert 7 déeimètres de hauteur. Un champ de 2 hectares produit 20 charr etéesde lo quintaux métriques de fourrage sec.
» Lorsque la température est favorable à la végétation, on tait une seconde coupe au commencement d'août, qui rend à peu près un quart de la première en regain tendre, qu'on garde pour les agneaux. Je parle des
chap. 18e. DES PRAIRIES.
bonnes terres, nous en avons peu qui soient susceptibles d'être fauchées deux fois. *
»Le sainfoin sec reste d'un beau vert, conserve une odeur agréable ; tous les bestiaux le mangent avec délices: c'est une nourriture fort saine et qui n'est pas indigeste comme la luzerne. Nous en donnons à nos chevaux à discrétion, sans le moindre inconvénient. »La floraison durant près de trois semaines, la maturitédes graines arrivegraduellement. Celles du bas des é| is se détachent et tombent, s'il fait du vent, quand celles du milieu sont à peine mûres, qu'un peu plus haut elles sont toutes vertes, et que les sommités présentent encore des fleurs à peine écloses. Si l'on fauche trop tôt, les graines stériles dominent; si l'on fauche trop tard, on n'a pas demi-récolle; il faut savoir choisir le moment convenable; mais, quand on préfère la qualité à la quantité, à Saint-Hippolyte pai exemple, où nous sommes jaloux d'avoir de la bonne graine, nous attendons que la floraison soit prête à finir. La réputation méritée de cette graine, ce qui fait qu'on la recherche dans cette commune, tient à cette précaution et à l'usage où nous sommes de réserver, pour le laisser grener, un pré de sainfoin ou le côté de ce pré le plus vigoureux, le plus beau, et toujours de la première année. Par ce moyen, non seulement les graines sont plus pures, mais celles qui mûrissent les premières, qui se détachent des épis et tombent en fauchant, ne sont pas perdues; une partie du moins, si le temps la favorise, se trouve semée naturellement, et épaissit la prairie pour les années suivantes.
>>On fauche le sainfoin de graine au commencement de juin, de grand matin, avec la rosée, afin qu'il s'égrène moins; le lendemain, au milieu du jour, après avoir étendu des draps par terre, on y porte, avec une fourche de bois, une certaine quantité de sainfoin; pour peu qu'on frappe dessus avec le même instrument, les graines s'en sépa rent ; on l'enlève et on l'entasse à côté pour recommencer l'opération sur une nouvelle quantité de sainfoin.
»Le sainfoin qu'on a laissé grener a les liges plus dures, il a perdu ses feuilles et ses sommités, il est par conséquent moins succulent; mais les mules s'en accommodent fort bien, quoique d'une qualité inférieure. Il ne vaut que le tiers ou la moitié du premier coupé.
»On garde les bœufs ou les mules dans les sainfoins fauchés, quand ils ont repoussé, en août ou en septembre. Les bètes à laine broutent de trop près, on leur en défend l'entrée; cependant, après les pluies d'automne, on y mène paitre les brebis prêtes à mettre bas, et les jeunes agneaux. Les cochons doivent toujours en être éloignés.
» Les feuilles, les graines, les débris qui tombent au fond des greniers à foin, sont une nourriture appétissante pour les chevaux, en les criblant pour en enlever la poussière. Nous ne leur donnons pas cependant de la
graine mûre au lieu d'avoine, comme on dit que cela se fait dans d'autres pays, parce qu'elle est plus chère.
»Au bout de 5 à 6 ans nos sainfoins dépérissent; ils perdent en qualité comme en quantité, en ce qu'ils sont mêlés de mauvaises plantes. Nous sommes dans l'usage de les défricher ordinairement dès la quatrième année. Arthur Young attribue celte pratique à la brièveté des baux, à la mauvaise gestion des fermes yà l'ignorance de l'importance des bestiaux. Mais, calculons le revenu d'un sainfoin pendant quinze ans, en supposant qu'il ne dégénérât pas, et le produit en foin ou en froment et en légumes, si l'on change le pré artificiel trois fois de place dans ce même temps, le résultat est en faveur de notre méthode. Est-ce donc là une preuve que l'agriculture française est dans l'enfauce, comme le célèbre agronome que j'ai cité a voulu le dire? »
§ III. — Des diverses autres plantes herbacées, cultivées ou propres à l'être comme fourrages (1).
Le Jonc de Botnie {Juncus bottnicus), famille des joncées. — « On regarde généralement les plantes appartenant à la famille desjoncées comme peu nutritives; elles sont pour la plupart dédaignées du bétail et elles lui deviennent souvent préjudiciables; cependant, comme parfont, on trouve des exceptions. Le jonc de Botnie en est un exemple. Cette plante est recherchée avec avidité des moutons, des vaches et des chevaux, et, d'après l'expérience de toutes les personnes qui ont le bonheur d'en posséder une grande quantité dans leurs pâturages et leurs prairies, ces animaux s'en trouvent parfaitement bien. Il forme le gazon le plus fourré que j'aie jamais vu ; mais il ne se plaît que dans les terres riches en sel commun. La grande quantité de ce sel, que contient le jonc de Botnie, est ce qui le fait rechercher avec tant d'avidité par les moutons el par les autres bestiaux, et qui le rend si favorable à leur santé. On pourrait semer celte plante précieuse dans des pâturages humides; en ayant soin d'amender le sol avec du sel, je suis persuadé qu'elle viendrait bien partout; néanmoins les terrains calcaires et crayeux paraissent moins lui convenir... » Sprengel, Trad. des annales de Roville.
La Bistorte {Pofygonum bistorta, Lin. ), famille des polygonées, est cultivée comme prairie artificielle, dans une partie de la Suisse et du Jura. En général, elle est plus vigoureuse dans les localités humides que partout ailleurs; cependant je l'ai vue réussir assez bien dans les terrains légers, mais richement fumés du Jardin des Plantes de Paris. Son fourrage, un peu dur, est assez abondant. Il paraît convenir surtout aux vaches et aux moutons.
Le Sarrasin ( Polygonum fagopyrumy Lin.), même famille. 'Voy. page 393 el suivantes.)
(H Les courtes descriptions qui untparu jusqu'ici nécessaires pour aider à distinguer les genres nombreux et les espèces souvent fort voisines des mêmes genres de graminées et de légumineuses, maintenant qu'il ne sera parlé que d'espèces prises çà et là dans des familles fort différentes, ne présenteraient pas le même Intérêt Je \câ ai eii conséquence supprimées. 0. L. T.
AGRICUT.TMIE. TOME I.~ 66
AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES
LÏV. I*
Le Plantain lancéolé (Plantago lanceolata, Lin.), famille des plantagtnées, a été recommandé en Angleterre par Anderson, en France par Gilbkrt, et plus récemment eu Allemagne par Sprengel. C'est une plante dont les moutons sont avides, et qui serait beaucoup plus propre à être pâturée que fauchée, caran fanageelle se réduit presque à rien. Aussi l'exelut-on soigneusement des prairies. Dans les pâturages il en doit être tout différemment. Là, elle dure fo« t longtemps et produit un pacage à la fois plus nutritif et plus abondant que les graminées. Le plantain lancéolé est peu difficile sur le choix du terrain.
L'Epervière Piloselle ( Hieracium pilosella, Lin.), famille des semi-flosculeuses, décriée comme dangereuse pour les moutons par quelques auteurs, est, au contraire, considérée par Sprengell comme une des plantes les plus propres a changer les sables les plus stériles en pâturages, excellens pour ces animaux. Ses feuilles et ses tiges, dit-il, ne souffrent nullement des gelées, de sorte que celles qui n'ont pas été mangées en automne procurent aux troupeaux, dès qu'ils commencent à pâturer au printemps, une nourriture fraîche qui vient alors très à propos. — La végétation de cette plante commence au mois de mars, et dure tout l'été, même pendant les plus fortes chaleurs. Le pâturage des bestiaux ne lui est nullement nuisible. — On pourrait la semer avec une céréale d'automne.
La Laitue {Lactuca sativa, Lin.), même famille. — « Dans les exploitations rurales où l'on élève beaucoup de cochons, il est d'un grand avantage de semer en diverses fois, en mars, avril et mai, quelques ares de laitues que ces anim.uix aiment excessivement, i«t qui contribuent beaucoup à les entretenir en bonne santé pendant l'été; — un sol trèsriche, meuble, fortement amendé et situé près des bâtimens de l'exploitation, est ce qui convient pour cela; on sèmera, soit à la volée, à raison d'une livre et demie de graines pour 10 ares, soit en lignes a 12 ou 15 pouces de dislance, à raison d'une livre seulement pour la même étendue. Dans tous les cas, on enterrera fort peu la semence. — On sarclera et binera soigneusement; car, sans ces soins, la laitue profite peu. » Calendrier du Cultivateur, 3e édition.
La Ch?corée (Cichoriurn intybus, Lin. ) ( fig.
699), de la même famille, produit, dans les terres de q alités fort différentes, un fourrage précoce,aboiid;in!,qui peut être pâturé sur place ou fauché successivement pour être porté à l'étable.— Elle dure 3 ou 4 ans et résiste fort bien à la sécheresse.
— On la sème au printemps ou en automne, seule ou avec de l'orge, de l'avoine, du froment ou du trèfle rouge.
Depuis un certain nombre d'années, la culture de la chicorée a pris une certaine extension sur plusieurs points de la France. Dans le nord on en cultive une variété dont on utilise les racines comme succédanées du café. Ces mêmes racines qui se conservent dans le sol, sans craindre les effets de la gelée pendant tout l'hiver, sont, dit-on, une assez bonue nourriture pour les porcs Cette variété est, du reste, aussi fourrageuse que l'autre.
La Centaurée noire ( Centaure'a nigra, Lin. ), Jacèe des prés, etc., famille des flosculeuses, est un** plante des sols arides et élevés; el'e fournit un bon pacage aux moutons, et elle ne gâte nullement la qualité des autres foins. Les prairies dans lesquelles elle se trouve en certainequantité sont fort estimées aux environs de Ciéry dans l'Orléanais et ailleurs. J'ai souvent eu occasion de remarquer la facilité avec laquelle elle repousse après avoir été fauchée ou pâturée pendant 1<« saison des plus fortes sécheresses, et Cela, sur des terrains de toutes sortes et de trèsmédiocres qualités. — On pourrait l'essayer seule, à raison de 8 à 10 kilogrammes.
La Petite- Marguerite {Bellis perennis, Lin.), famille des radiées, possède plusieurs qualités qui, indépendamment de &a propriété très-nutritive, la rendent aussi précieuse dans les pâturages qu'inutile dans les prairies. Sa végétation est précoce et de longue durée, car depuis mars elle ne cesse décroître jusqu'en décembre; — elle repousse rapidement sous la dent des animaux ; — elle est de longue durée et forme un gazon court, mais épais, excellent pour les moutons, et qui a la propriété de ue redouter nullement le parcours des oies.
La Millefeuille ( AchiUea mille 'follium, Lin.) même famille, n'est ni très fourrageuse, ni très-nourrissante, mais elle a le mérite de croître sur les terres peu profondes, et de résister à des sécheresses opiniâtres. .Semée avec quelques légumineuses rustiques, elle offrirai! sans doute une précieuse res ource en été, pour les moutons qui l'aiment beaucoup. 11 est bon d'ajouter que dans plusieurs contrées d'Allemagne on arrache ses racin s au printemps, pour les donner aux vaches dont elle améliore, dit-on, beaucoup le lait.
Le Grand et le Petit Ro\jcages( f*irnpinel/œ saxifraga et magna), famille des ombellifères.ont été é udiés «himiquemenl et recommandés par Spreivgel à l'attention des cultivateurs Le premier, qui a des feuilles trèsfines, peu aqueuses et un peu dures, convient parfaitement aux moutons; il peut être brouté continuellement sans en souffrir; il se contente d'un sol maigre, pierreux, sablonneux et très-peu profond ; il dure longtemps et conserve sa verdure tome l'année- — Quant au graud boucage, toujours d'après le même auteur, il est fort bon pour le bétail à cornes. Cette plante, atteignant dans nn terrain convenable une hauteur de 3 a 4 pieds, est plutôt propre à être fauchée qu'à être pâturée. Ce qui la rend surtout précieuse, c'est qu'elle a une végétation très-précoce, qu'elle est bien
CHAP. 18e.
garnie de feuilles et qu'elle repousse proinplemen-t après avoir été coupée, de sorte qu'on pourra en avoir plusieurs coupes dans une année. Outre cela, elle supporte fort bien les plus grandes sécheresses et dure longtemps. La Berce blwc-irsine {Heracleum spondylium.\.\i\.\ même famille, toujours d'après Spre.ngeu, pourrait être placée parmi les plantes à fourrage les plus précieuses. Elle ressemble beaucoup au panais : de même que ce végétal, elle pousse des tiges hautes de 3 à 4 p., bien garnies de feuilles; elle donne par conséquent un fourrage abondant, et trèsfavorableti la production du lait. — La racine fusiforme de la berce a plus d'un mètre de longueur, et il est probable qu'elle s'améliorerait parla culture; mais on sent qu'elle exige un sol profond et fertile. A cette condition, elle peut supporter les plus grands froids et les >échei esses les plus prolongées. Plusieurs espèces de Ch. ux (Brassica oleracea, I. in. ), famiHedes crucifères, sont cultivées, notamment dans le nord et d.ns l'ouest de la France, exclusivement comme plantes fourragères; ce sont: Le Chou cavalier (fig.
700), le meilleur peut-être à cause de son élévation et de l'ampleur de ses feuilles; — le Cautety qui s'en rapproche sous tous les rapports;— le Chou bran chu ou île Poitou , moins élevé que le cavalier, mais garni fort souvent de jets nombreux qui se
développent tout le long de la tige; — le Chou vivace, généralement plus élevé que celui de Poitou et moins ramifié à la partie basse de la tige; —le Chou en arbre de Laponie, qui ne paraît être qu'une variété locale de ce dernier; — les Choux jrisés verts ou rouges , qui diffèrent de tous les précédens par leurs feuilles découpées, parfois presque l.iciniées; on les cultive de préférence dans le nord, quoique moins productifs, parce qu'ils résistent mieux aux froids très-rigoureux.
Les avantages principaux des choux dans la grande culture, sont : 1° de procurer une nouriiture verte, abondante et très-recherchée du gros bétail en général, pendant tout le cours de l'hiver : dans les contrées où le foin fait encore seul ou p esque seul la base de l'alimentation des animaux, ce premier point est surtout dune grande importance; — 2° d'exiger l'emploi d'engrais et la pratique de binages qui les rendent une fort bonne culture préparatoire pour d'autres récoltes fourragères ou céréales. Mais, à côté de ces avantages, il faut noter que ces plantes sont
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assez épuisantes, lors même qu'on ne leur permet pas demonterengraines parcequ'elles ne laissent aucune de leurs dépouilles sur le sol. Aussi, tant pour leur propre réussite que pour celle des cultures suivantes, fautil les fumer abondamment.
On sème tous les choux-fourrages en pépinière, le plus souvent en mars et avril, pour les mettre en place de septembre en novembre, aux approches des premières pluies d'automne . quelquefois en juillet et août, pour les transplanter en avril ou mai, par l'un des procédés qui ont été indiqués pour le col-za. — L'espacement varie de 2n3 pieds 0m 6â0 à 1 mètre), selon l'espèce cultivée et la fertilité du terrain. — Pendant toute la durée de leur végétation, c'esl-à dire le printemps de la 2e année, on entrelient le sol meuble et net de mauvaises herbes par des labours ou des binages. A celle dernière époque, quelques cultivaieursles laissent monter et mêmegrener pour continuer d'alfourrager les animaux de leurs tiges florales jusqu'à l'entier épanouissement*, ou pour rérolter la graine. (Voy pag. 7 et suivantes du liv. 2)
Les Choux-Navets (Brassica napobrassicaf Lin.) ont de grosses racines charnues analogues à celles des navets, el qui jouissent de la précieuse propriété de se conserver intactes dans le sol même pendant les fortes gelées, de sorte qu'on peut ne les extraire qu'au fur et à mesure des besoins de la consommation. La manière deles cultiver en grand est la même que pour les précédens; seulement 12 à 15 po. (0m325 à 0m406) suffisent entre chaque pied. Dansquelqueslieux,on lessème cependant en place de la fin d'avril à la mi- juin. J'ai éprouvé cette méthode, el j'ai trouvé que, dans un sol bien préparé, elle donnait des résultats plus avantageux qse la transplantation.
Le Chou rutabaga (Brassica rutabaga) se distingue particulièrement du chou-navet à la couleur jaunâtre de sa racine et aux découpures plus profondes de ses feuilles. Ses avantages efles soins qu'il exige sont à trèspeu près les mêmes. Comme culture potagère, le rutabaga m'a toujours paru piélérable au chou-navet à cause de sa saveur. Il n'est pas inutile d'ajouter qu'il se forme plus vite que ce dernier, et que conséquemment on peut, on doit même le semer plus tard.
Les choux à racines charnues sont trop peu répandus dans la grandeculture; ils donnent, dans les terres arg'lo-sabieuses et même sablo-argileuses fertiles ou suffisamment fumées, un produit d'autant plus important que l'emploi des racines n'exclut pas celui des feuilles.
Le Chou-Colza (Brassica oleracea campestris, D. ), dont il a été parlé, pag. 2 et suivantes du livre 2, sous d'autres rapports, est aussi cultivé dans quelques lieux comme fourrage. La meilleure manière d'en tirer parti, en pareil ca , est de le semer à la volée sur le chaume, immédiatement après la moisson, à l'aide d'un fort hersage ou d'un seul trait d'éxtîrpateur, à raison de 4 à 5 kilog. par hectare. Lorsque le froid n'endommage pas le semis, on obtient ainsi, dès le premier printemps, un fourrage précieux à cette époque.
Le Ciïou-Mayette (Brassica napus sylves*
tris , C.
ré par
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