TOMB I
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pourvu qu'elle soit saine, peut porter du trèfle incarnat ; j'en sème beaucoup el j'en voi-» sein r avec succès sur des sols très-divers; il ne manque chez moi que sur des terrains excessivement calcaires qui se contient beaucoup par l'effet des gelées. Quelquefois nos hivers font périr cetle plante, mais cet accident esi • are. — On emplo e de graines mondées 20kil.à l'herlare,el degrainesen gousse, environ 8 hectolitres, ou, en poids, 90 à 100 livres. » Vilmorin.
A cette exeellen'e notice je n'aurais rien à ajouterai le trèfle incarnat n'était, aux veux de la plupart des cultivateurs qui en ont étude l'usage, une plante assez épuisante, Sans chercher à expliquer un fait qui n'est pputêlre pasencoresuffisamment eo istaté.j'ii dû cependant le désigner à L'attention des per sonnes qui voudront faire de nouveaux essais à ce sujet.
M. Balbis a désigné sous le nom de Trèfle de Molinen (Tri/olium Molineri), une espèce fort voisine de la précédente, dont les fleurs sont ro ées au lieu d être d'un rouge vif eî prof>nd. Elle croît spontanément assez avant dans le nord, ce qui a fait penser à quelques personnes qu'elle devait y remplace celle i\a Roussillon. Les essa>s qui ont été jus pi'ici tentés ont amené à ce résultai, que le Molineri, par suite de sa disposition à vivre 2 ans, est plus lent dans son développement, et qu'il est sous plusieu s rapports inférieur à l'espèce plus généralement cultivée.
Il exis'e encore dans le midi une variété tardive du Farouche ordinaire. On en fait cas notamment aux environs de Toulouse, parce qu'il ne commencée fleurir que lorsque l'autre est déjà en grande partie consommé, et parce que, lorsqu'on est obligé de regarnir un trèfle ordinaire à l'aide du trèfle incarnat, c<>mme cela arrive assez fréquemme t, celuici s'accorde beaucoup mieux avec lui pour
DES PLANTES FOURRAGERES. liv. i«r#
plante; maisson fourrage, qui perd beaucoup en se desséchant, lorsqu'on le fauche de b<nne heure, devient tellement ligneux à l'époque de la floraison, que les animaux n'en broutent plus que les sommités. Celte double considération fait qu'en général on a renoncé avec raison à ia culture du mélilot annuel partout où il a été possible de lui substituer la lupuline, qui s'accommode comme lui des sols sabionneux et chauds, ou le sainfoin, qui prospère sur les fonds calcaires.
l'époque de la f.uichaison.
Mélilot ( Melilotus). Ce genre diffère essentiellement du précédent par ses gousses saillantes hors du calice; le port de toutes bs espèces qui le composent est d ailleurs fort différent; — leurs fleurs, jaunes ou bleuâties, sont disposées en g appes alongées, axillaires ; — des trois folioles de chaque feuille, les deux inférieur r« s. au lieu dêtre insérées comme la 3" au sommet du péiole, le sont plus bas, etc. etc.
Le Mélilot officinal ( Melilotus officinalis, Lam.) s'élève jusqu'à un mètre; ses siges suit droites, dures, rameuses ;— ses fleurs sont jaunes, quelvjuefois blanches: c'est une plante bisannuelle , à racines pivotantes et fibreuses. ( Voy. ia flg. 687 et ses détails. )
Les motifs qui ont engagéGiLBERT, et, depuis lui, plusieurs agronomes, à recommander la cul i ure du mélilot comme fourrage, c.îst que tous les animaux le mangent avec piaisir, et que l'odeur qu'il communique aux foins des autres plantes ajoute à letar qualité ; - qu'i esl vert et fourrageux pendant presque toute l'année; — qu'il réussit enfin sur les terres d'une grande médiocrité, où il .'ési>fe .t de fortes sécher» sses. Tout cela est vrai, et il peut arriver qu il y ait dans certains lieux de l'avantage à cultiver cette
Le Mélilot blanc ae Sibérie {Melilotus alba, Lam.) esl facile à confo dre avec la variété blanche du mélilot ordinaire; ses t'ges.s'élèvenf cependant beaucoup plus, elles <mt de 2 a pi es de 3 met.; — ses folioles, d'un vert cla-r à lettr surface supérieure, sont | aies et parsemées de quelques poils à la partie inférieure du limbe; — ses fleurs, constamment blanches,sont plus petites ei dispo-éesen grappes beaucoup plus alongées. — Divers auteurs l'ont indiqué comme trisannuel; chez moi, où j!en ai lait autrefois quelques « ssais el où depuis 7 à 8 ans il se ressème de lui même avec une extrême facilité, il n'a jamais dépassé daux ans.
Comme le précédent, il réussit dans les localités les plus arides, mais j'ai éprouvé qu'en pareil cas on ne devait pas compter pour la l,c année sur une coupe de quelque importance. La seconde, il présente ions les avantages et les inconvénient de l'espèce annuelle. Quelques personnes, en le semant très-épais, à raison de2ô à 70 kil., en ont obtenu de bon foin ; — d'autres, en le semant conformément au conseil donné par A.
Thouw avec de la vesce deSibétie, ont obtenu un coupage vert dont les herbivores de toutes sortes sont avides, mais dont l'usage immodéré causerait promptement la météorisaiion.
Le Mélilot bien ( Melilotus cœrule a , Lam.), Louer odorant, Trèfle musqué, eic, se distingue suffisamment à la couleur bleue de ses fleurs. Il estannuel. On le dit cultivé communément dans quelques parties de l'Allemagne
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DES PRAIRIES
à cause de sa rusticité. Cette espère s'élève moins et procure par conséquent un foin moins dur que les précédentes ; elle est du reste très-feuillue, et Ses fleurs, comme toutes celles des mélilots, sont fort recherchées des abeilles.
I izer\e( iredicago). — Cai[\ce cylindrique; — élendard écarté,» éfléehi; — gousse pinson moins courbée en forme de faulx ou tortillée en spirales. — Ton les les luzernes sont à feuilles ternées, a folioles dentée- en scie et à fleurs presque toujours disposées en petites grappes lâches.
La Luzerne cultivée (Medicago sativaVm.), vivace ( /%. <i88 ), a les liges droites, hautes Fig. 688.
d'un à deux pieds, glabres et peu rameuses ; — ses folioles sont ovales-lancéolées, dentées vers leur sommet seulemeni ; — ses fleurs violettes, purpin mes, bleuâtres ou jaunâtres, donnent naissance à des gousses glabres, étroite*, contournées en forme d'escargot.
De toutes les plantes Jourragères , la luzerne est la plus productive. A. côte de cet avantage qui résume t<>u> les autres, elle présente cependantdeux inconvénient qui contribueront toujours à restreindre sa culture : d'une part, quoiqu'elle vienne en des ter raies de diverses sottes, il faut, pour qu'elle y prospère, qu'ils soient en m"me temps profonds, substantiels et d'une consistance moyenne; de l'autre, ainsi que j ai dû le répéter en traitant des ass tlemens, puis sa durée est longue, moins il est possible, sans compromettre l'ave ir, d- la ramener fréquemment sur le même sol. E,n vert, elie offre les mêmes dangers que le trèile et la plupart des légumineuses.
La luzerne préfère à toutes autres les bonnes terres Iranclies, les sables gras, les dépôts limoneux bien égouttés et les terres ar gilo sabio-marneuses. Elle languit dans les localités arides et sur les fonds compactes, d'une huundilé froide. Elle redoute également les sols calcaires à l'excès, lors même qu'ils ne seraient tels qu'à une certaine profondeur.— A la vérité, M. de Doinbasle l'a vue réussir momentanément sur des coteaux d'une argile marneuse presque partout Irèstenace , d'une fertilité au-dessous de ia
moyenne, et reposant sur un sotis-sol en apparence imperméable à ses racines, ou, dans beaucoup de cas, sur une manie pure appe. léedansle pays chalin, d'une infertilité presque absolue; mais elle y a peu duré, et ses produits ont été en définitive si médiocres qu'il a fallu renoncer à l'y cultiver.
On sème le plus habituellement la luzerne au printemps, sur de l'orge Ou de l'avoine. Comme elle craint le froid, surtout pendant sa première jeunesse, dans les terrains bas et exposés aux gelées tardives, il est prudent d'attendre le mois de mai. — Yvarl avait adopté la coutume de la semer sur de l'escourgeon ou du seigle d'automne {Voy page 470 )
Il est rare, lorsque l'on veut conserver une luzernière aussi long- temps et en aussi ben état que possible, qu'on ne la recouvre pas de quelques-uns des engrais pulverulcns , des composts d<mt il a été pré rédemment parlé, ou de plâtre i et quelquefois ateinati- \emeuldes uns et de fautre, ce cpii, dans mon opinion, estime excellente pratique. On peut fumer une fois de la fin de l'hiver au commencement du printemps, vers la moitié de la durée de la prairie, et plâtrera pet tes doses de deux années l'une sur les jeunes pousses déjà développées de la première coupe.
Olivier de Serresappelaiî la luzerm la merveille du ménage des champs. En elfet, il n'est pas rare qu'elle fournisse dans les climats méridionaux, qui lui conviennent particulièrement, lorsqu'on peut l'arrose , jusqu'au et 6 coupes. — Duhamel rap;>o te qu'un ar* pent de luzerne lui avait donné, sur un sol assez médiocre, 20.000 livres de fourrage sec. Cependant, terme moyen, on ne doit compter que sur trois coiij es que Gilbert évalue, d'après un grand nombre d'observation*, à 2,519 livres la premièie, 1400 la seconde. 085 la dernieie; en tout 4,080 livres par arpent de Pans. — Cette quantité peut être très-habituellement augmentée à l'aide de quelques avances d engrais et de plâtrage.
Il a été parlé ailleurs ( Voy. le chap. X) des avantages et pj„. ggç^
des inconvéniens faciles à éviter de la luzerne dans ses rapports avec les autres cultures économiques et notammeut celle des grains.
La Luzerne faucille{Medicago Jalcata, Lin.), {fig. 68U ), vivace,a 3 caractères principaux qui la distinguent de l'espèce cultivée : d'une part la forme de ses gousses comprimées, oblongues et courbées en forme de laucille; — de l'autre la couleur
jaune rougeâtre de ses fleurs;— enfin la position de ses tiges couchées iaférienrement et se redressant à peine à leur partie supérieure.
Le seul avantage que cette plante trop vantée pourrait présenter sur l'espèce précédente serait la faculté de croître en des terrains fort médiocres , mais, d'après plusieurs essais, il est à craindre qu'elle n'y donne jamais que des produits tout aussi médiocres, à moins peut-être qu'on ne la sème avec d'autres fourrages graminéens d'une longue durée. .Je crois, du reste, que les essais dont je parlais toui-à- l'heure ne se sont pas étendus a un assez grand nombre de localités pour en empêcher d'autres.
« La Luzerne rustique {Medicago média?). Il croît naturellement en Fiance une luzerne voisine de l'espèce cultivée, mais qui en diffère par la disposition de sa lige à s'étaler plutôt qu'à se dresser, et par sa végétation un peu plus tardive: c'est celle que j'appelle ici luzerne rustique. D'après plusieurs observations qui m'ont été communiquées el celles que j'ai faites moi-même, j'ai lieu de croire qu'elle est en effet plus rustique et moins difficile sur le choix du terrain que l'espèce que nous cultivons. Elle est très-vigoureuse et produit souvent des tiges de 4 pieds et plus de longueur. Quoique les essais que j'en ai faits ne soient pas assez avancés pour que j'en puisse porter un jugement assuré, cette plante me paraît cependant offrir assez d'intérêt pour que je croie devoir l'indiquer aux cultivateurs et appeler sur elle leur attention. Elle est intermédiaire entre la luzerne ordinaire et la luzerne faucille, et je soupçonne, sans en être assuré, que c'est la plante désignée par Pebsoon ( Synopsis plantarum) sous le nom de M. média. » Vilmorin.
La Luzerne lupuline { Medicago lupulina, Lin.), M 'inette dorée. Trèfle jaune, e{c.(y%-.690.; — Bisannuelle; tiges dépassant rare- Fig. 690. ment 1 pied ( 0 m 325),
couchées , nombreuses;— feuilles pétiolées, à folioles ovales , un peu élargies vers le sommet ; — fleurs fort petites , jaunes, en épi ovale. et portées sur des pédoncules axillaires plus longs que les feuilles; — légumes petits, striés, réniformes et ramassés en télé.
Divers auteurs ont confondu cette plante avec le mélilot houblonet ( Me li lotus lupulina de Lam. ). La description que j'en donne rend tonte méprise impossible.
La lupuline, dont il faudrait à peine parler si elle ne venait que sur les terres à trèfle, a sur celui-ci l'avantage fort important de réussir dans les sols médiocres et très-léers. Elle est devenue en quelques lieux pour
ANTES FOURRAGERES liv. i,f.
les assolemens des terres à seigle, ce que le trèfle est aux assolemens des terres à froment. Une qualité aussi précieuse est de nature à augmenter rapidement le nombre de ses partisans. Il ne faut pas croire toutefois qu'on en obtiendra des récoltes sèches qui puissent approcher, même de loin, de celles du trèfle; mais elle offre en veri beaucoup moins de danger comme pâturage et elle n'épuise pas davautage le sol.
Ou sème la lupuline avec les céréales de printemps, à raison d'une quinzaine de kil. par hectare.
Lotier {Lotus). Calice tubuleux; — ailes de la fleur plus courtes que l'étendard, rapprochées longitudinalement par le haut; — gousse oblongue, droite, cylindrique; — stipules grandes, distinctes du pétiole et présentant l'aspect de folioles.
Le Lolter comiculé {Lotus corniculatus, Lin.), Trèfle cornu, etc. (fîg. 691), vicace, a des tiges très- Fig. 691.
feuillues , longues de 6 pouces à 1 pied, faibles, velues ou uon velues; — ses folioles sont ovaies, cuueiformes, parfois glabres comme la tige; — sea fleurs jaunes , réunies en tête déprimée, sont portées sur des
pédoncules très-longs.
Chacun connaît cette jolie plante,qui vient; à côté du trèfle
blanc dans presque tous les herbages, où elle résiste trèsbien à l'aridité du sol et à la sécheresse de l'atmosphère.
Elle reste fort petite dans lessituations défavorables, mais elle s'élève beaucoup plus sur le-% fonds de meilleure qualité, el elle y es très-fourrageuse. Le Lotier corniculé, quoiqu'un praticien anglais, M.Woodward, nous informe que dans les localités humides il parvienne à une plus grande hauteur que les trèfles, et qu'il y donne des produits supé rieurs à la plupart d'entre eux, n'a point, à ma connaissance, été cultivé en France de manière à justifier un si pompeux éloge. J'ignore même si on l'a jamais semé seul; mais ce que je regarde comme certain, c'est que, contre une opinion autrefois accréditée, il n'est rejeté par les animaux, ni comme pâturage, ni à l'état de foin. La seule remarque que j'aie été à même de faire, et qui puisse justifier jusqu'à un certain point le préjugé quis'é'ail élevé contre lui, c'est que les moutons broutent plus volontiers ses feuilles que ses fleurs. Il en est de même du trèfle blanc. — Malheureusement un obstacle plus réel î
l'extension de sa culture, dans les pâturages artificiels, c'est le peu d'abondance de ses grain«*$.
Le Lotier velu {Lotus villosus, Vilm.) est considéré par quelques auteurs comme une simple \ariété du précédent. D'autres le regardent comme une espèce distincte, parce que ses dimensions sont beaucoup plus considérables, qu'il affectionne des localités différentes, qu'il est plus grenant, etc.
Quoi qu'il en soit, espèce ou variété botanique, ce lotier est bien plus fourrageux que l'espèce précédente ; il croit à merveille dans les terrains frais, humides même et ombragés. Il est d'une longue durée, et se prête très-bien à la culture. M. Vilmorin, d'après les essais qu'il en a faits, ne doute pas qu'il ne soit une bonne plante à cultiver, peut-ê're seule, et à plus forte raison dans les mélanges destinés à former des prairies à bases de graminées. — 11 faut le semer en mars ou avril, à raison d'environ 8 kilog. par hectare.
Galéga ou Rue de chèvre ( Galega)..Ca-
lice en cloche, à 5 divisions pointues, presque égales; —la gousse est oblongue, droite, comprimée. Les feuilles sont ailées et à stipules distinctes du pétiole.
Le Galéga officinal { Galega ojfîcinalis , Lin.) a des tiges hautes d'environ 1 mètre, cylindriques, abondamment garnies de feuilles de 13 a 15 folioles longues, obtuses et quelquefois échancrées an sommet; — des fleurs disposées en épis pédoncules etaxillaires nlus longs.que les feuilles, bleuâtres ou blanches ; — des pousses grêles et fort longues, marquées de stries obliques.
Il était tout naturel qu'une plante de cette famille et d'un aspect aussi fourrageux attirât l'attention des cultivateurs; aussi beaucoup d'auteurs L'ont-ils recommandée dans diverses parties de l'Europe. Il parait que, vers la fin du siècle dernier, M. Âmmeumuller, curé dans le Wurtemberg, après plusieurs expériences, en répandit la culture dans les environs de Derdmguen. J'ignore si elle s'y est maintenue, mais je suis d'autant plus disposé à en douter, que toutes les fois qu'on a essayé de donner en France le galéga aux animaux, après y avoir quelquefois goûté, ils l'ont délaissé. A la vérité, je ne sache pas qu'on ait poussé l'expérience plus loin; mais à cette présomption déjà très-défavorable, se joint le fait matériel de la dureté d**s tiges, dès l'époque de la floraison. — Il faudrait donc faucher de très-bonne heure si Ton voulait obtenir un foin mangeable.
Je n'ai parlé de cette belle légumineuse que pour prémunir ceux de nos lecteurs qui seraient tentés de l'essayer, contre des apparences trop flatteuses.
Gesse \ Lathyrus ). Caiice en cloche, à 5 di visions, dont les deux supérieures plus courtes ; — style aplati, élargi au sommet; stygmate veiu: gousse oblongue, comprimée, à plusieurs graines anguleuses ou globuleuses; — de 2 à 6 folioles; — stipules en demi-fer de flèche.
La Gesse cultivée {Lathyrus sativus, Lin.), annuelle {fi g. 6(J2), a les tiges hautes de l à 2 pi. (0m 325 à 0,n 650 ), un peu grimpantes, ^glabres et ailées. — Ses feuilles sont à 2, plus rarement à 4 folioles longues, et
DES PRAIRIES
plus étroites proportionnellement que ilans celle des prés; — les fleurs sont solitaires , de couleur variable, mais jamais jaunes: — les légumes sont ovales, larges et canaliculés sur le dos; — ies pédicelles sont axillaires, uniflores, articulés un peu au-dessous de la fleur, et munis à leur articulation, de une, quelquefois de 2 bractées qui ne s'alongent et ne
deviennent vra;ment visi-
bles,cornme l'indique la figure, que pendant le développement de la gousse; — les vrilles sont ramifiées.
Cette espèce redoute une humidité excessive; du res'e, elle est peu difficile sur le choix du terrain. Bien des personnes la préfèrent à la vesce, pour affuiirrager les l>êles ovines, parce qu'elle est, dit-on, moins échauffante Du reste, les bœufs, les vaches et les chevaux la mangent avec un égal plaisir en vert ou en sec. — On sème aussi la gesse en automne ou au printemps. La première de ces saisons doit être préférée généralement dans le midi, la seconde dans le nord et le centre qui, du reste, convient mieux à cette culture.
Quand on cultive la gesse comme fourrage vert, on la fauche par petites portions, depuis le commencement de la floraison. — Si on veut la transformer en foin, on attend que la maturation soit déjà avancée. — Il a été dit ailleurs qu'on peut aussi spéculer sur ses produits en graines.
La Gesse velue {Lathyrus hirsutus, Lin.) se distingue suffisamment de la précédente par sa tige, ses folioles pubescentes, son calice et son légume velus.
C'est à M. le baron de Walu, propriétaire aux environs de Givet, qu'on doit en France les premiers essais sur la culture de cette plante fourragère. Elle est rustique et peut rivaliser dans ses produits avec la vesce d'hiver. On la sème en automne.
La Gesse chiche {Lathyrus cicera, Lin.), Jarosse, petite Gesse, etc., diffère surtout de la première espèce, d'après M. De Candolle, parses gousses saasappendices membraneux; par ses pédoncules de moitié plus courts et dont l'articulation est placée beaucoup plus bas.
On la cultive dans l'Ouest, le bas Poitou, et sur plusieurs points du Midi, notamment aux environs de Montpellier, principalement pour les moutons. On la regarde comme trop échauffante pour les chevaux. On mange aussi quelquefois ses graines, soit à la manière
des petits pois, ?oit en farine mêlée à celle des céréales; cependant, d'après des expériences conMgjoées plusieurs fois dans divers journaux, il paraîtrai! qu'à dose trop considérable elle peut occasioner des accidens graves et même la mort. — On la sème dès la fin d'août ou le courant de septembre, à raison de 2 £ à 3 hectolitres par hectare.
La Gesse des prés {Lathyrus pralensis, Lin.) jig. 693).— Vivace ;— liges de 1 à 2 pi. (0m 325 à Fig. 693.
PLANTES FOURRAGÈRES. liv. i'r.
dont les deux supérieures sont pats courtes, comme dans les gesses ; -style filiforme, formant un anj;le droit avec l'ovaire, velu à sa partie supérieure dans toute sa longueur, et en dessous seulement vers le sommet; — gousse obloague, à plusieurs graines, dont l'ombilic est latéral; — folioles nombreuses;— stipules petites.
La Vesce commune ( Vicia sa tira, Lin. ) ( Voy. page 424 et fig. 694), varie beaucoup
0m ("50), anguleuses, grêles; — folioles lancéolées, sensiblement moins longues que dans l'espèce cultivée, à 3 nervures très-apparentes;— stipules sagiltées presque aussi longues que les folioles; vrilles simples; — fleurs réunies de 2 à 8 au haut du pédoncule, de cou leur jaune; — légumes comprimés, terminés par le st v le persistant de la fleur ; — pédicelles axi'laires sans bractées.
Celte plante très-vivace croît dans les terrains de diverses sortes ; elle aime l'humidité 1 1 cependant résiste parfaitement bien à la sécheresse, au moins dans les (erres arj;i- 1 eu ses, ainsi que j'ai eu depuis long-temps occasion de le remarquer chez moi. — Elle y croît dans les terres labourables, même trè^-peu profondes, avec une facilité beaucoup trop g- a de aux yeux du laboureur. Dans une petite p èce de terre engazonnée et plantée d'arbres fruitiers, sur une terrasse fort aride, lorsque les, graminées sontà peine lauchables, cette gesse, formant ç et là «les touffes épaisses, les dépasse de beaucoup dans sa croissance et produit un fourrage fort recherché de tous les animaux herbivores.
Cette circonstance m'engagea à en envoyer un certain nombre de graines à M. Vilmorin, qui n'en a pas été aussi content dans les terres arides du Gâtinais, qu'il en avait conçu l'espérance, d'après ce que je lui avais écrit. — Toutefois, je crois encore que la Gesse des prés pourrait occuper fort utilement des terrains de peu de valeur de la nature de ceux donl je parlais tout-à-l'heure. Ma conviction à cet égard étant fondée sur des faits, je ne puis qu'engager à de nouveaux essais
Pois {Pisum). Voy. pag. 419 et suivantes de ce volume.
Vesce {Vicia). Calice tubuleux à 5 divisions,
dans son port et la forme des folioles. Cellesci, toujours assez largo, sont tantôt aiguës, tantôt, comme nous les représentons, obtuses et même concaves au sommet; mais quels que soient du reste la pubescenceou le manque de poils de la tige, sa position couchée ou grimpante, etc., etc., un caractère qui distingue nettement cette espèce des suivantes, c'est qu'elle apparîient à la section des vesces qui ont les fleurs presque sessiles à l'aisselle des feuilles. — Ses stipules sont petites, tachées de noirâtre;— ses gousses sont comprimées, brunâtres;— les graines qu'elles contiennent ne sont point chagrinées. Il est à remarquer que les divisions de son calice sont presque égales.
Cetie vesce, dont on connaît deux variétés, l'une de printemps, l'autre d'automne, est un des f '<urrages annuels les plus répandus et les plus avantageux : d'abord parce qu'il est très propre à utiliser la jachère, et ensuite parce qu'on peut semer la variété estivale jusqu'en juin, si l'on s'aperçoit à cette époque que les autres récoltes lôurragères sont compromises.
Les vesces réussissent généralement dans les terrains qui conviennent à la bisaille. Toutefois il est utile de faire observer que celle d'hiver redoute une excessive humidité, et celle de printemps, surtout lorsqu'on la sème tard, un fonds trop sec— Il est as* sez ordinaire de semer l'une ou l'autre sans engrais; cette coutume, parfois excusable, ne l'est jamais lorsqu'on considère sa culture comme préparatoire à quelque autre ré-
cifAP. 18*. DES PRAIRIES
coite épuisante. Du reste, elle consomme par elle-même assez, peu d'engrais lorsqu'on ne la laisse pas grener Ton
•ut donner la vesce en vert à l'é
table, il faut prendre les précautions qui ont déjà élé recommandées plusieurs fois pour la plupart des légumineuses.— Pour la transformer en foin, on doit la couper au moment de l'épanouissement des dernières fleurs, cVst-à dire lorsqu'une partie des gousses sont déjà formées, parée que c'est le moment on ellescî nlientH-nt le pîiiR de parties nutritives
La Vesce bisa/muelle { Vicia biennis, lin.) Vesce tic S/hérie {fig. 69o), est une plante bis
annuelle dont
sjF*
les li souv pies,
es, le plus nt sim longues, maismoinsfeuillues que dans l'espèce précédente, portent à IVxl rémite d'assez longs pédoncules axillaires; — plusieurs fleurs disposées en épis irréguliers, de couleur bleue; — ses feuilles Sqnt composées de 8 à 10 et 12 folioles lancé .lécs,e« leur pétiole se termine en \ril les presque toujours rameuses.
Elle a été depuis longtemps recommandée par Mullek. comme une des plantes fourrageuses le* plus rustiques et les plus propres à procurer une nourriture verteaux bestiaux pendant toui l'hiver. Comme elle s'élève beaii Cou,) trop peur se soutenir, A.. Thouin proposait de la semer avec le méiilot de Sibérie, dont la végétation offre beaucoup d'analogie avec la sienne. Ceîte plante ne craint pas le froid. Si on voulait en tenter la culture, il faudrait la semer dès le commencement de l'auiomne pour qu'elle devînt faucliable l'année suivante, car sa croissance est peu rapide. Ce motif, joint à la nécessité de lui donner des soutiens, sont peut-être les deux causes qui ont le plus empêché sa propagation. — Il est à désirer que de nouveaux et plus nombreux essais soient entrepris.
La Vesce rnultijlore {Vicia cracca, Lin.) {fig. 696) est vivace. Ses tiges grimpantes sont susceptibles de s'élever jusqu'à 1 mètre et plus; elles sont grêles, rameuses, très-feuillues; — ses feuilles ailées, terminées par une vrille assez souvent simple, sont de 14 à un plus grand nombre de folioles, tantôt lancéolées et aiguës, le plus souvent ovales et obtuses, terminées par une petite pointe centrale; ses pédoncules portent jusqu'à 30 fleurs violâlres, auxquelles succèdent des légumes courts de 5 à 7 et 8 graines.
Celte espèce, qui a l'avantage d'être vivace, croit naturel lemeiit sur la lisière des buis et dans le voisinage des haies auxquelles elle s'enlace. Plusieurs auteurs anglais, parmi les-
quels il faut ci- Fig. £96,
ter le D' Plot et Anderson ,
en font un
grand éloge. Le
fait est que le>
bestiaux la mangent avec plaisir et s'en trouvent fort bien. On a remarqué qu'elle contenait une moindre sura bondance d'< que la\ esceeul tivée. Je regarde comme assez vraisemblable qu'en la semant comme prairie artificielle parmi des graminées d'une longuediifée,onen obtiendrait de bons produits.
Indépendan ment des espèces précitées, il en est encore quelques autres, telles que la Vesce des haies {Vicia septum), d nt on pane dans tous les ouvrages anglais; la Vesce des buissons {Vicia durnclorum), etc., que les bestiaux recherchent* et qui pourraient peutêtre offrir quelque iptéiêt.
La Fève {Vicia Jaba), Fêverolle, etc. (Voy. page 411,.
Ehs ou Lentille (JSnum). Calice à 5 divisions profondes, linéaires, égab« on presque égales, de la longueur de l» corolle ; stigmate glabre, en tète; léguii e oblong enveloppant étroitement les graines qui forment par conséquent saillie.
\ 'Ers ervi Hier {Ervum ervilia, Tin.), Orobe officinale, Kom/n, Vesce ervilœre , annuelle (fig. 697), a des tiges droites, rameuses, à4 angles, qui s'élèvent Fi 697 de 10 à 12 po. (0m 271 à 0m 325), trèsfeuillues et à feuilles composées d'un très grand nombre de folioles. Le pétiole se termine par un laible rudiment de vrille ; les stipules sont à 3 divisions; les fleurs, au nombre de3ou 4 au plus, sont por lées sur le mêo e coté du pédoncule; le légume contient de 2 à 4 graines.
L'ers ervillier est utiliséà lanourriture desanimaux, soit en grain, soit comme fourrage vert ou sec.En grain on a cru remarquer qu'il n'était pas sans danger; cependant on emploie souvent sa farine mêlée à du son.
ou p ur augmenter le lai t des vaches, ou pour la nourriture des autres bestiaux. M. de Ville\euve ajoute souvent aux pommes-deterre don» ses bœufs mangent, dans la saison, de 130 à 140 livres par paire, de la farine d'ers, pétrie avec un peu d'eau et de sel. Il affirmé, avec beaucoup d'autres, que cette même farine est trè>>-dangereuse pour les cochons. — Quant aux fanes, elles sont tellement nourrissantes et échauffantes, qu'il faut en modérer L'usage-, et ne les donner aux animaux de travail que pour augmenter leur énergie.
On sème celte plante en automne ou au printemps, à raison de 50 kilog. environ à L'hectare. Elle a la précieuse propriété de résister aux sécheresses, et de prospérer dans les terrains calcaires fort médiocres.