LIV. 1er
berisa, Lin.), les Alouettes (Jlauda), vivent bien un peu aux dépens denos récoltes, mais elles consomment une bien plus grande quantité de fourmis si funestes aux champs et aux jardins, et de grainesdes plantes agrestes qui, sans les oiseaux, couvriraient bientôt le sol de leurs produits inutiles ou nuisibles. Ces oiseaux nous rendent, donc des services, et, dans notre pays où la chasse est libre, ce moyen suffit grandement pour en limiter la reproduction.
Il n'en est pas de même des Pigeons ( Columba), qui vivent en très-grande partie aux dépens du cultivateur. Mais les Pigeons ramiers ( Columba palumbus, Lin. ) sont peu nombreux, et les Pigeons de nos colombiers ( Columba Livia , Lin. ) sont des oiseaux domestiques donllamultiplication peut convenir dans la basse-cour, devant toutefois être limitée dans de justes proportions par le cultivateur et réglée par la loi dans l'intérêt général. Pour éviter leurs déprédations dans les champs récemmentensemencés, on doit y poslerdes enfans ou des chiens comme gardiens, et n'ensemencer que la portion de terre qu'on peut presque immédiatement recouvrir.
Le Corbeau commun ( Corvus corax, Lin. ), le Corbeau corbine ( C. corrone, Lin.), le Freux y la Corneille ( C. cornix, Lin. ), vivent de tout, même des petits animaux vivans, des charognes, insectes, graines, etc., etc.; mais ils paraissent préférer les vers de terre, les Jarvesde hannetons (vers-blancs), les mulots, les crapauds, tous les animaux nuisibles à l'agriculture ; ce sont eux qui suivent souvent le laboureur pour profiter de ce qu'il met à découvert. C'est dans les terres ensemencées qu'ils causent des dégâts, soit en fouillant le sol meuble, soit en déterrant les graines de pois, de haricots, de vesces, et même le blé. Il en est de même des Pies (Pica) et des Geais ( Corvus glanda, nus , Lin.), qui mangent cependant davantage les fruits des vergers.
Les Grives ( Turdus musicus, Lin. ), les Elourneaux (Sturnus vulgaris, Lin. ), ne sont guère nuisibles qu'au jardinier et au vigneron, par la grande consommation de fruits rouges et de raisins qu'ils font; car, en général, ils vivent d'insectes et rendent ainsi à l'agriculture un grand service. Les étourneaux suivent même les troupeaux pour les délivrer des taons, des asiles, des stomoxes, des mouches et autres insectes qui les tourmentent.
Les Pics et notamment le Pivert ou Pic- Vert ( Picus viridis ), creusent des trous profonds dans les troncs des arbres pour y faire leurs nids; ils causent ainsi un tort assez grand aux forestiers; mais, en compensation, combien ils détruisent d'insectes qu'ils vont chercher jusque sous les écorces les plus dures ! Et les fourmis, combien ils en avalent en leur tendant pour appât leur longue langue rétractile et gluante qu'elles prennent pour un ver et à laquelle elles viennent s'attacher!
Les Gros-Becs [Loxia coccothraustes, Gm.), et les Bouvreuils ( Pyrrhula vulgaris, Briss. ), sont généralement nuisibles, et les cultivateurs peuvent leur faire la chasse, parce que, pendant l'hiver et surtout au printemps, ils
vivent de boutons et font ainsi quelquefois beaucoup de tortaux arbres fruitiers; ils sont au reste assez rares. Il n'en est pas ainsi des Pinsons (Fringilla cœlebs, Lin.), des Chardonnerets (F. carduelis, Lin.), des Linotes[F. cannabina), des Verdiers (F. chloris, Gm. ), etc. qui vivent bien principalement de graines, mais recherchent surtoutcelles peu volumineuses des plantes sauvages.
Le Moineau ( Fringilla domestica ), le plus commun de tous nos oiseaux, semble frappé de réprobation. On regarde comme certain qu'il mange annuellement plus d'un demiboisseau de blé; mais, en compensation, Richard Bradley a calculé qu'il détruit dans une semaine 3,360 bruches ou autres insectes. On peut donc considérer comme douteux s'il est plus nuisible qu'utile. Néanmoins, comme sa hardiesse est extrême et qu'il vient pil 1er nos produits avant la récolte, dans les granges, les greniers, les cours et jusque dans les habitations; comme sa multiplication est très-rapide, il semble convenable de laisser à son égard aux chats et aux enfans toute latitude de destruction. Ce moyen suffit le plus souvent, mais il en existe un grand nombre d'autres plus prompts et plus efficaces encore. Ainsi, comme les moineaux se couchent ordinairement dans les haies, un homme se place, lorsque la nuit est close, à une des extrémités de cette haie, tenant étendu un Rafle ou filet contremaillé, composé de trois rets les uns sur les autres, de (3 pieds de large, attaché à 2 bâtons; un autre homme se place derrière avec une lumière, et un 3e va attaquer la haie à l'extrémité opposée et revient doucement retrouver les autres en frappant légèrement la haie avec un bâton; les moineaux effrayés se sauvent du côté delà lumière et s'embarrassent dans le filet où on les prend ; cette chasse, surtout à certaines époques, est extrêmement destructive.— On peut aussi disposer un grenier de manière qu'il nya'itquedeuxfenétres,dont l'une est garnie d'un filet contremaillé fixé à demeure, et l'autre de volets croisés qu'où puisse fermer à volonté de la cour ou de l'intérieur, à l'aide d'une poulie de renvoi et d'une corde; on attire les moineaux dans ce grenier par de mauvaises graines, et lorsqu'ils y sont entrés en foule, on ferme la fenêtre à volets; tous les moineaux se jettent aussitôt vers celle fermée du filet et s'y prennent.— Les pots, que dans beaucoup de lieux on présente aux moineaux pour faire leur nids, permettent la destruction d'un grand nombre ; on peut disposer ces pots sur les branches d'un arbre sec,ou le longdes murailles.— Du reste, les fantômes et divers épouvantails sont d'une faible défense contre les moineaux, qui s'y accoutument et les bravent très- promptement. Plusieurs enfans ne suffisent pas toujours pour les empêcher de marauder dans leschenevières etautres récoltes dont ils sont très-avides. Les moineaux attaquent moins les seigles et les fromens barbus que les autres espèces.
Quant aux oiseaux entièrement insectivores, tels que le Martinet ( Hirundo apus, Gm. ), X Hirondelle ( Hirundo rustica, Lin. ), les Fauvettes, Pouillots, etc. {Sylvia hortensis et orphea, S* Protonotarius, Lin.), les Roitelets
Art. m. — Des Mollusques nuisibles.
chap. 19*. DES MOLLUSQUES NUISIBLES EN AGRICULTURE
( S. régulas, et S. troglodytes, Lath. ), le Bossignol' (Motacilla luscinia, Cm. ), le Rougt-- Gorge ( Motacilla rubecula ), la Mésange ( /Ww.y major, Lin. ), el une Coule d'autres à becs effilés ou très-larges, non seulement on ne doit pas chercher à les détruire, mais au
contraire le cultivateur doit les protéger; il serait même à désirer que le gouvernement proposât des mesures législatives qui missent un terme à la destruction que les petites chasses et les enfans font de ces serviteurs tout-à-fait désinléressés,o,ui ne cessent de travailler pour nous sans rétribution.
L'échenillage exécuté avec soin pourrait détruire un grand nombre de chenilles sans doute, mais pas assez pour faire disparaître leurs ravages; il ne détruit guère que les œufs déposés avant l'hiver. Mais les chenilles des pontes printanières qui naissent peu après ces pontes, et dont le nombre est immense, lui échappent; à côté de ces chenilles marchent les innombrables cohortes des insectes de toutes les classes et de leurs larves, qui dévorent le bois, lécorce, les racines, détruisent les fleurs, les embryons des fruits et s'établissent à demeure dans le fruit même. Quelles mesures de police rurale, quelles lois pourraient être efficaces contre de tels ennemis? Les lois de la nature qui, toujours bonne, toujours prévoyante, a placé le remède à côté du mal ; ce remède, nous le trouvons dans les oiseaux que nous venons de citer, qui vivent presque exclusivement d'insectes, et ne peuvent se nourrir de graines. À côté d'eux il en est d'autres, tels que les Pics (Pici), les Torcols ( Yunx torquilla, Lin.), les Grimpereaux (Certhia J'amiliaris, Lin. ) etc., qui, doués d'un instinct partilier, s'attachent de préférence aux larves cachées dans les écorces et dans l'intérieur même des arbres; ils enfoncent leurs becs effilés dans ces galeries pour surprendre le mineur, ou frappent sur l'arbre à coups redoublés pour le faire sortir.
Et c'est à ces petits êtres si industrieux, si inoffensifs, si utiles, destinés par le Créateur à conserver, à animer nos forêts silencieuses, nos bosquets, nos plantations, qui récréent à la fois la vue par la vivacité de leurs couleurs et l'ouïe par l'agrément de leurs chants; c'est à ces petits êtres, disons-nous, que nous permettons à une jeunesse imprévoyante et inconsidérée de déclarer une guerre cruelle, acharnée, constante, capable enfin d'anéantir les espèces si l'on ne se hâte d'y mettre un terme! Déjà l'Ecosse tout entière n'entend plus le chant du rossignol! Mais un mal beaucoup plus grave qui nous menace, c'est la multiplication excessive des insectes malfaisans. Pouvons-nous ne pas le craindre lorsque nous voyons nos enfans fureter sans obstacles jusqu'au moindre buisson pour découvrir les nids, déranger les couvées, prendre à pure perte les jeunes à peine éclos, attendre ceux qui échappent, secondés alors par une foule de chasseurs, à l'abreuvoir, à la pipée, à la tendue, leur dresser enfin des pièges de toute sorte ? C. B. de M.
Parmi les mollusques, deux genres seulement sont sensiblement nuisibles aux intérêts de l'agriculture : ce sont les Hélices ou Limaçons (Hélix), et les Limaces (Limax) appelées loches dans diverses contrées.
Le genre Limaçon, trop connu des cultivateurs pour que nous cherchions à le décrire, appartient aux coquillages de la classe desunivalves;il comprend un grand nombre d'espèces qui toutes vivent aux dépens des végétaux et dont quelques-unes sont tellement multipliées qu'elles causent de grands désastres dans les champs et surtout les jardins. Le grand escargot, connu vulgairement sous le nom d'Escargot des vignes (Hélix pomatia, Lin.), est de ce nombre; sa coquille, ordinairement de plus d'un pouce de diamètre, est d'un gris fauve avec des bandes plus pâles et des stries. L'animal est gris. VHélice chagrinée ou la jardinière (Hélix adspera, Mu 11.) est de toutes peut être la plu s commune; sa coquille, moins volumineuse que celle de l'espèce précédente, est jaunâtre, rugueuse, avec des bandes brunes ; elle a l'ouverture blanche; l'animal estverdâtre.L'^feV/'cc livrée (Hélix nemoralis, Lin.) est encore plus petite ; sa coquille est jaune, unie, rayée de bandes brunes, ou brunâtres, plus ou moins nombreuses, avec le bord interne de son ouverture de couleur foncée. Enfin, dans le midi on cite également, parmi les espèces les plus répandues et les plus dévastatrices, malgré leur petite taille, YHélix rodostome (Hélix pisana, Mull.), dont la coquille est globuleuse, blanche, rayée et tachetée de bandes et de points jaunes.
Tous les limaçons restent cachés, soit dans le sol même,°soit aux pieds des murs de clôtureoudans les anfractuosités des rochers, pendant la partie la plus chaude des journées de la belle saison. C'est la nuit, ou lorsque le temps est doux et sombre, qu'ils sortent de leurs retraites et qu'ils se jettent avec avidité sur les jeunes végétaux. C'est donc le soir, un peu tard, le matin de bonne heure, ou après la pluie, qu'il faut leur faire lâchasse. Pendant, l'hiver ils se retirent également dans les trous les mieux garantis des gelées, ils ferment l'ouverture de leur coquille par une substance d'un aspect cartilagineux, et passent ainsi jusqu'à 5 et 6 mois sans manger. Cette époque est celle où il est le plus facile de les détruire, parce qu'on les trouve en grand nombre dans les mêmes cavités. C'est aussi celle où les limaçons sont le plus recherchés des personnes qui les aiment. Il paraît que les Grecs et les Romains en faisaient beaucoup d'usage comme aliment. On retrouve dans leurs auteurs qu'ils construisaient des espèces de garennes où ils les engraissaient. Ils estimaient surtout ceux qui venaient des îles de Sardaigne et de Chio, de la Sicile, des Alpes, de la Ligurie el de l'Afrique. En Silésie, aux environs de Brunswick, et dans d'autres contrées, on est encore dans l'usage de garder les limaçons qu'on a ramassés pendant l'été, dans des fosses faites exprès, recouvertes en treillage, et dans lesquelles on les nourrit avec des herbes parti-