SOLS CALCAIRES
aux animaux de labour. Les raves, et aus fourrages des terrains secs et légers,sonl loin d'y venir partout, même à moitié bien, et il est une foule de localités où aucun d'eux ne peut offrir un dédommagement suffisant des frais de culture. Dans une position aussi désavantageuse, bien peu de ressources restent au cultivateur le plus industrieux.
La plantation des pins lui en offre cependant une importante; mais ce n'est encore qu'à regret que la nature semble lui faire cette concession, car les semis qui réussissent avec un plein succès dans les sables les plus arides du Maine , peuvent à peine être tentés dans les plaines calcaires de la triste Champagne.—Jusqu'à présent, à ma connaissance, aiUieu de semer on plante, et, comme cette opération, si elle acquérait une grande extension, serait excessivement coûteuse, on se borne à disposer à la surface du sol des porte-graines dont les premiers produits devront se faire attendre parfois près d'un quart de siècle {fig. 26).— C'est le pin sylvestre ou d'Ecosse (Pinussylvestris) qu'on cultive le
mis qui sembleraient offrir des chances de succès ? — Les sables blanchâtres d'une partie du Maine sont aussi arides et aussi brûlans
3 ue les craies de la Champagne. Les semis e pins, et notamment celui du pin maritime, qui se refuse obstinément à croître dans ce dernier pays, y réussissent cependant, sans le secours d'aucun abri, d'une manière vraiment admirable; mais il y a entre les deux localités cette différence capitale, que les effets du déchaussement sont peu appréciables sur les sables, tandis qu'ils le sont beaucoup sur les terrains crayeux. — Si l'on voulait semer ceux-ci au lieu de les planter, ce serait donc aux froids de l'hiver bien plus qu'aux chaleurs de l'été qu'il faudrait opposer un abri ;or, l'une n'est pas aussifacile que l'autre en une telle circonstance.
III. Sols tuffeux. — Le tuf, qui accompagne très-souvent la craie à une certaine profondeur, n'est lui-même qu'une craie plus compacte qui acquiert assez de dureté pour être utilisée dans les constructions. Nous n'avons pas à nous en occuper ici comme sous-sol.
plus généralement dans les terrains crayeux. — Quoiqu'on doive, pour mieux assurer le succès, le planter fort jeune, il convient de donner de suite l'espacement convenable, c'està-dire 5 mètres environ en tous sens entre chaque individu, et afin de diminuer la prise des vents, autant que pour conserver un peu d'humidité et pour éviter quelques-uns des inconvéniens du déchaussement par les gelées , i! est bon de le buter jusqu'à une certaine hauteur avec le sol environnant. Là se bornent les soins de la plantation, qui s'effectue vers le mois d'avril, autant que possible en bonnes mottes. — Des binages seront nécessaires dans la suite pour faciliter l'extension des racines.
Par un semblable moyen, à mesure que les
Îûns commencent à donner de l'ombrage, e sol se couvre en partie de mousses qui favoriseront plus tard les semis naturels. De
3uinze à vingt ans, on voit lever une infinité e plants dont la réussite est assurée, parce que leurs radicules sont protégées efficacement contre les trop grandes chaleurs, les sécheresses excessives et surtout les gelées produites par le rayonnement.
Cette culture n'exigeant pas, comme on le voil,de frais considérables, n'a vraiment contre elle que la lenteur excessive avec laquelle elle donne ses résultats. Ne pourrait-on pas arriver au même but par des moyens plus prompts ?A-t-on essayé de tous les modes de se-
Fig. 26.
Lorsqu'il est ramené à la surf ace, son premier effet, ainsi que celui de toutes les te rres qui on t été constamment soustraites aux influences atmosphériques, est de causer la stérilité.Plus que d'autres il possède cette fâcheuse propriété; il la conserve aussi plus long-temps. — Dans une foule de cas cependant, les recoupes de pierre calcaire d'une autre nature, les marnes, la craie sont d'excellens amendémens; le tu/eau est généralement considéré comme impropre à cet usage, et j'ai été à même d'éprouver plus d'une fois que les vieilles traditions qui proscrivent son usage ne sont pas de simples préjugés. Toutefois il est évident qu'on s'est exagéré ses inconvéniens dans beaucoup de cas.
Les terrains de ^/mélangés à une certaine quantité d'argile et de sable ne sont point infertiles; le temps, la culture et les entrais les améliorent sensiblement. — Lorsqu'ils offrent une pro fondeur suffisante,ils convien-.
MV. Ie
nent aux productions des terres légères. — Les céréales peuvent même y acquérir une bonne qualité.— Les sainfoins, les luzernes, les trèfles, les raves, etc., y réussissent. — Les arbres seuls, ceux surtout qui ont une disposition à pivoter, s'en accommodent fort mal, ce qui est facile à concevoir. La vigne , et, parmi ses nombreuses espèces, celles qui produisent des vins blancs , y donnent particulièrement de très-bons produits sur les hauteurs convenablement exposées.
Les personnes qui ont parcouru les coteaux du Cher, de la Creuse, de l'Indre, une partie d'Indre-et-Loire et de la Vienne depuis Châtelleraut jusqu'à l'embouchure de cette rivière dans la Loire, et qui ont surtout visité avec attention les rives de ce fleuve entre Tours et Saumur, ont pu remarquer avec l'auteur d'un ancien Mémoire inséré dans le tome 3 des Mémoires de la Société d'agriculture de la Seine, que, tantôt les bancs de tuf sont recouverts d'une poussière calcaire, qui communique sa couleur blanchâtre au sol entier, et tantôt, lorsqu'ils se trouvent à une plus grande profondeur , d'un terrain jaunâtre ou rougeàtre dans lequel la quantité du calcaire diminue en proportion de l'augmentation de celle d'argile. Au moyen de cette seule indication, on peut distinguer très-aisément dans ces cantons les terres à vins blancs, des terres à vins rouges.
Quand les sols de tuf sont peu profonds, leur amélioration est d'autant plus lente et plus difficile que le sous-sol jouit plus efficacement de la propriété absorbante dont j'ai déjà parlé, et qu'on ne peut le ramener à la surface, même en petite quantité, sans compromettre plus ou moins long-temps la fécondité de la couche labourable. - En pareil cas cependant, au risque de diminuer encore momentanément les produits, dans l'espérance fondée de les accroître pour l'avenir, on fera bien d'entamer légèrement le tuf inférieur chaque année, lors du premier labour, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à une profondeur suffisante.
IV. Terres marneuses. — Les marnes (qui devront être considérées dans un autre chapitre comme amendemens) se trouvent quelquefois à la superficie du terrain, et forment alors des sois calcaires à divers degrés qui sont assez communs pour nous occuper utilement ici.
Les marnes argileuses sont de couleur blanchâtre , grisâtre ou jaunâtre ; elles se délaient à la moindre pluie, se dessèchent et se durcissent par l'effet de la sécheresse la moins prolongée. —Dans ce dernier état elles ne sont pas friables comme la craie. Mais elles se rapprochent des argiles en ce qu'elles retiennent souvent l'eau des pluies, ce qui les rend d'autant plus froides que leur couleur empêche qu'elles ne soient pénétrées par la chaleur solaire. — Elles déchaussent presque aussi facilement que les craies , et, comme ces dernières, elles manquent généralement d'humus.
En des circonstances particulières, lorsqu'elles contiennent peu d'argile, quelles présentent une surface inclinée, et qu'elles peuvent être humectées à une certaine profondeur, par suite de leur gonflement et du
peu d'adhérence de leurs parties, entraînées par leur propre poids , elles se laissent aller sur elles-mêmes , et glissent parfois à des distances considérables.
Les sols marneux sont peu fertiles. Lorsque l'argile domine dans leur composition, ils rentrent dans la classe desterres glaiseuses ou argilo-calcaires; — quand c'est la chaux carbon atée, ils se rapprochent plus ou moins de la craie.
§ IV. — Des sols magnésiens.
La magnésie combinée au gaz acide carbonique se montre çà et là dans les terres arables, unie, dans la plupart des cas, à la chaux carbonatée. Quand elle est saturée de ce gaz, elle n'exerce sur la végétation aucune action défavorable, ainsi qu'on peut en acquérir la preuve plutôt en Angleterre et en Allemagne qu'en France. Loudon rapporte qu'elle existe en proportion très-notable dans le Lizard, l'une des parties les plus fertiles du Cornwal.— Il serait facile de citer des exemples analogues sur plusieurs autres comtés, tels que le Leicestershire, le Derbishire, l'Yorkshire, etc., etc., dans lesquels on trouve d'abondans calcaires magnésiens.
Mais, lorsqu'elle a été artificiellement dépouillée de son acide carbonique par la calcination, ou lorsqu'elle a été simplement ramenée àl'état de sous-carbonate(et elle existe parfois ainsi dans la nature), elle exerce une influence des plus fâcheuses, que Davy attribue à son affinité moins grande que la chaux pour le gaz précité. — Elle devient alors un véritable poison pour une foule de végétaux. — Je me vois de nouveau forcé, afin d'éviter des répétitions, de renvoyer le lecteur au chapitre des amendemens pour de plus amples détails.
Les cultivateurs anglais ont constaté, par plusieurs faits, ainsi que l'indiquaitla théorie, que le meilleur moyen de neutraliser l'action delamagnésie, c'était d'une part de la mettre en contact dans le sol avec des tourbes ou des engrais qui pussent lui procurer une quantité suffisante de gaz acide carbonique, et de l'autre, d'éviter complètement l'emploi de la chaux sur les terres dans lesquelles elle surabonde.
§ V. — Des sols tourbeux et marécageux.
Lorsque les végétaux se décomposent à la surface du globe sous l'influence de l'oxigène de l'air, ils donnent naissance à du terreau. Quand ils fermentent et s'altèrent dans l'eau , ils forment la tourbe qui s'en dislingue par des propriétés chimiques fort différentes. — Tandis que l'un est d'une fertilité, on peut dire excessive, la seconde est complètement impropre à la végétation de toutes niantes autres que celles que la nature a fixées par exception sur les tourbières. Ce dernier fait, qu'on le regarde comme la suite d'une fermentation acide particulière, de la transformation du mucilage en une substance huileuse que les tourbes paraissent contenir en quantité plus considérable que les terreaux, de l'action probable, dans quelques cas seulement, des pyrites, ou de toute autre cause, ce
CHAP> 2e. SOLS TOURBEUX.
fait, dis-je, est démontré par toutes les expériences connues.
I. Terrains tourbeux. — Ils ont un aspect qui dénote au premier coup-d'œil leur origine. On reconnaît facilement dans leur masse les détritus diversement agglomérés des végétaux qui les ont produits. — Ils sont spongieux et élastiques. — En se desséchant, ils perdent la majeure partie de leur poids.
— Leur couleur est d'un brun noirâtre. — Ils s'échauffent cependant et se refroidissent avec une égale lenteur, de sorte qu'on pourrait encore les reconnaître en été à leur fraîcheur; en hiver, à une température plus élevée que celle des terres d'une autre nature.
Il n'est pas toujours avantageux de transformer les tourbières en terres labourables ; car, partout où le bois a une grande valeur, la tourbe peut, jusqu'à un certain point, le suppléer, et la mise en culture de ces sortes de sols n'est rien moins que facile. Cependant, dans certaines circonstances, on peut trouver profitable de la tenter, ainsi que l'atteste la pratique des habitans des moors hollandais , et des peat-mosses de diverses parties des îles Britanniques.
Après un dessèchement préalable, indispensable dans tous les cas, sur quelques points de l'Ecosse, on recouvre à grands frais les tourbières de terre végétale. — Quelques pouces de sable ou de graviers, de calcaires coquilliers, de vase de mer, et principalement d'argile , ont transformé des tourbières improductives en terrains d'un très-bon rapport.
D'autres fois on brûle le plus complètement possible toutes les herbes qui recouvrent la surface du terrain. —On donne ensuite un premier labour destiné à détruire les racines de celles qui repoussent avec une grande facilité, telles que les Eriophorum, les N ardus, etc., etc. — On les réunit en tas avec la tourbe soulevée par la charrue; on les brûle quand elles sont suffisamment desséchées, et on en répand également les cendres.
— Cette opération terminée, après un second labour,on transporte sur le sol une quantité de marne, qui n'est pas moindre de 200yards cubes par acre ( l'yard cube correspond à 0 m;, 7645 cubes ; l'acre anglaise à 4oa, 467).— Puis quand elle a été répandue en temps opportun, on ajoute une quantité raisonnable d'engrais. Une tourbière ainsi amendée peut pro-
duire dès la première année, non seulement une récolte de pommes-de-terre, de navets» etc., mais de toute espèce de blés.
Le meilleur moyen d' entretenir ensuite sa fertilité, est de continuer l'emploi des calcaires, et de donner de loin à loin quelques fumures. — On contribue mécaniquement au même but en faisant passer à la surface du sol, afin de diminuer sa porosité trop grande, un rouleau de pesanteur moyenne, autant de fois que le comportent l'état des cultures et les frais de main-d'œuvre. —Nous donnons, d'après Loudon, l'idée d'un rouleau triple de bois {fig. 27 ) , fort convenable pour cette destination.
Les tourbières, simplement égouttées jusqu'à une certaine profondeur, se couvrent spontanément
d'une foule d'herbes, en général d'une assez mauvaise nature pour les bestiaux, qui produisent cependant des pâturages recherchés , parce que leur végétation tardive au printemps, se prolonge pendant une grande partie de l'hiver.
Sans autres frais que quelques écobuages et l'emploi de la chaux, j'ai vu de pareils terrains quintupler de valeur. Sous l'influence de ce double stimulant, les plantes marécageuses disparaissent successivement et font place d'autant plus sûrement et plus premptement à des herbages d'une excellente qualité, qu'on répand au hasard à la surface du sol quelques boisseaux de graines ramassées pêle-mêle avec la poussière d'un grenier à bon foin.
De tous les végétaux, les arbres sont les derniers à prospérer dans les tourbières. — M. le comte d'Ourches rapporte qu'il a vu en Souabe, près de Memmingen, dans une plaine à surface tourbeuse, des houblonnières d'une beauté remarquable, et qu'il a depuis obtenu en France, sur des terrains analogues desséchés par d'étroites saignées , des houblons magnifiques, des plantes oléagineuses d'un grand produit, et des asperges d'un volume considérable. Sans doute, il a voulu parler de tourbières déjà améliorées par une culture préalable.
II. Terrains uligineux. — Les sols auxquels Bosc a donné ce nom ont de l'analogie avec les tourbes proprement dites et avec les simples marais, quoiqu'ils diffèrent essentiellement des uns et des autres. « Un terrain en pente {fig. 28 ) et inférieur à des sommets susceptibles de laisser facilement infiltrer les eaux des pluies, est toujours uligineux, lorsqu'il est formé d'un banc d'argile ou de argileuse, surmonté d'une couche de terre tourbeuse au plus d'un pied d'épaisseur,lorsque l'eau qui le rend marécageux est celle de la
liv. r
Ï)luie tombée sur les sommets et arrêtée par e banc argileux, laquelle s'épanche par filets imperceptibles et très-nombreux, de sorte que la totalité de la couche supérieure en est à peu près également imbibée.» {Bosc).
Explication de la figure : A, montagne graveleuse susceptible de laisser infiltrer l'eau des pluies et qui repose sur un lit d'argile; — B, B, B, fentes qui se trouvent dans l'argile et direction des eaux qui la pénètrent; — C, terrain uligineux.
Les terres uligineuses diffèrent de la tourbe des lieux submergés, en ce que celle qui les compose est toujours mêlée d'une certaine quantité d'argile, de sable et même de terreau dû à la décomposition des diverses parties des végétaux qui a eu lieu à la superficie du sol, et par conséquent en présence de l'air.— Aussi est-il plus facile de les amener promplement à l'état d»e terre végétale, et ne faut-iî pour cela que les soustraire aux effets toujours agissans des infiltrations, les exposer en couches minces aux influences atmosphériques pendant quelques mois, ou leur donner de la chaux.
Les terrains uligineux sont très-communs sur divers points de la France. Il en existe tout près de Paris, autour de la plupart des buttes à plâtre; il en existe aussi dans la foret de Montmorency, et on peut les aller étudier dans le voisinage du château de la Chasse, non loin du tombeau vénéré de l'excellent homme qui les a décrits. — En général, comme les véritables tourbières, ils se couvrent exclusivement de plantes qui leur sont propres. — L'aune, le saule aquatique, le frêne et le bouleau sont à peu près les seuls arbres qui puissent, non pas y prospérer, mais y vivre languissamment.
Les obstacles que la culture rencontre dans de telles localités sont donc de plusieurs sortes, puisqu'à une humidité permanente et presque toujours froide, se joint la qualité semi-tourbeuse du sol et son peu de profondeur.— Pour obvier au premier inconvénient, il est indispensable de creuser à la partie supérieure du terrain uligineux un fossé assez profond pour couper la nappe d'eau qui filtre sur le sous-sol, et de diriger cette eau dans d'autres fossés, jusqu'au fond de la vallée. — J'ai dit plus haut comment on peut parer au second; j'ajouterai cependant qu'à l'emploi réitéré de la chaux ou, à son défaut, de tout autre amendement calcaire, on fera bien de joindre de loin en loin la pratique de l'écoimage, dont les excellens effets, en pareil cas, ne peuvent être contestés. — Enfin, quant au peu de profondeur de la couche labourable, on peut y remédier en défonçant et en mélangeant l'argile ou la marne argileuse du fond avec la tourbe de la superficie ; opération coûteuse à la vérité, mais d'un effet certain et durable.
III. Sols marécageux, — Ils se confondraient avec les précédens, si, comme eux, ils avaient de la pente el étaient susceptibles de s'égoutter. — Ce sont des terrains sensiblement horizontaux, couverts d'eaux stagnantes, au moins une partie de l'année, et qui ne peuvent en être naturellement débarrassés que par les effets de l'évaporation.
Lorsqu'ils sont totalement et constamment
submergés, ils deviennent complètement impropres à toute culture. Deux plantes usuelles y croissent cependant spontanément • le cresson et la macre ou châtaigne -d'eau {Trapa natans^fig. 29). Le fruit bizarre de ce
végétal, très -répandu dans les eaux stagnantes d'une partie de l'ouest de la France, contient une pulpe farineuse, nourrissante et d'un goût assez agréable , qui le fait rechercher par beaucoup de personnes à l'égal de la châtaigne, et qui mérite d'être plus généralement apprécié.
Lorsque les terrains marécageux ne sont submergés qu'une partie de l'année, ils se couvrent d'une végétation qu'on pourrait appeler mixte, dans laquelle, à côté des joncs, des scirpes, des souchets, etc. (voy., fig. 30), on reconnaît d'autres plantes qui appartiennent aux prairies. Aussi donnent-ils dans les années favorables des joins que leur mauvaise qualité n'empêche pas d'utiliser pour la nourriture des ruminans, quoiqu'ils soient fort peu de leur goût et souvent assez malsains. Il est telles localités où les bœufs perdent toute énergie et se couvrent de poux, dès qu'on est obligé de les nourrir d nerbages de marais.
Dans ces sortes de terrains quelques arbres peuvent croître assez bien sans dessèchement préalable, pour peu que l'argile du fond soit à une assez grande profondeur. Cependant beaucoup manquent à la transplantation ou périssent de ses suites, même parmi les espèces qui réussissent le mieux après la reprise. En beaucoup de cas, les plantations du printemps, si elles étaient possibles, remédieraient en partie du moins à ce grave inconvénient.— Au nombre des arbres qui peuvent croître avec profit dans les marais et contribuer à-la-fois à leur attérissement et à leur assainissement, il faut citer en première ligne les saules, les peupliers, puis l'aune, le bouleau, qui a l'heureuse prérogative de prospérer sur les sables arides des coteaux et dans les fonds vaseux, le cyprès dystique, qui deviendra peut-être un des grands végétaux ligneux les plus utiles en pareil cas, enfin le frêne, etc., etc.
Les contrées marécageuses ne sont pas seulement improductives, elles sont surtout insalubres. Sous ce double rapport, il est également désirable de Jes dessécher ou de les
CHP. 2e