‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 43 sur 329 · DEGRÉS DE FERTILITE DES TERRES · texte numérisé non relu

DEGRÉS DE FERTILITE DES TERRES

sance du sol par l'effet d'un engrais de même quantité et de même qualité sur ce sol, toutes les autres circonstances étant exactement les mêmes.

Des influences étrangères, notamment les phénomènes atmosphériques, peuvent faire varier la puissance du sol. Pour échapper autant que possible à ces causes de trouble, M. de Voght a choisi comme base de son système la récolte sur laquelle l'action atmosphérique se fait le moins sentir, savoir, le froment. D'ailleurs il tien t note de la température etde son influence sur les phases de la végétation; puis, combinant ces observations avec le jugement porté par les praticiens sur la productivité de l'année pour chaque espèce de plantes cultivées par lui, il apprécie de combien pour cent elle a été au-dessus ou au-dessous des années moyennes, et hausse ou baisse en conséquence le chiffre de la puissance, qui, par sa multiplication avec celui de la richesse resté le même, lui donne la différence en plus ou en moins de l'année par rapport à une année moyenne. Une seule année ne suffit pas, au reste, pour fixer irrévocablement la puissance du sol; il faut des comparaisons multipliées pour arriver à une certitude raisonnable.

Ainsi les premières bases de la phorométrie étant une fois posées, on apprécie avec la plus grande facilité le degré de la puissance quand celui de la richesse est connu, ou le degré de celle-ci quand celui de l'autre est déjà déterminé ; on peut savoir avec une exactitude auparavant impossible à atteindre, de combien on augmente la fécondité par une égale quantité de fumier, sur des champs de puissance différente, et de combien par conséquent le produit sera plus considérable. La phorométrie fournit par là le moyen de connaître ce qu'il faut d'engrais à tel ou tel champ pour le faire arriver à une fécondité moyenne, au-delà de laquelle 1rs effets de l'engrais deviennent plutôt pernicieux qu'utiles. Elle nous apprend qu'il y a une proportion à garder entre les degrés de la puissance et ceux de la richesse, selon la fertilité plus ou moins grande du sol , et selon l'espèce des végétaux qu'on y veut cultiver. C'est ainsi, par exemple, qu'à Flotbeck le colza exige 1000 degrés, et n'en supporte guère plus de 1200, et que par conséquent pour être cultivé avec avantage, il doit être placé sur des terres dont la puissance soit au moins de 10°. Les pommes-de-terre fines exigent 800°, les pommes -de -terre communes 600°, l'orge 650 à 700, la spergule 500, etc.

Par des expériences continuées pendant plusieurs années, M. de Vogiit a trouvé que la production de 100 livres de Jroment épuise 1°19 de richesse, et enlève 5 à 10 p. 0/0 de la puissance; que le seigle exerce le même effet sur la puissance, mais cju'il épuise la fécondité de 10 p. 0/0 de moins; que l'orge épuise la richesse à l'égal du seigle , et l'avoine à l'égal du froment; que, néanmoins, les grains de printemps ne détériorant pas le sol, la fécondité n'e&t diminuée que de l'épuisement de la richesse ; que le sarrasinrend à la puissance ce qu'il enlève à la richesse; que les vesces et la spergule produisent le même effet, ou même peuvent quelquefois ajouter à la puissance et à la richesse ; que le colza

épuise la richesse de 1° 60, tandis qu'il élève la puissance de 5 p. 0/0; que les pommes-de-terre enlèvent 1/10 de degré à la richesse, mais qu'elles rendent 1 1/2 à 2 p. 0/0 à la puissance; enfin, que la troisième coupe du trèfle, enterrée de 3 à 6 pouces, augmente la puissance de 5 p. 0/0 et la richesse de 6 à 12°. Au moyen de ces données, il est facile de calculer l'augmentation ou la diminution de la fécondité selon l'état préexistant de ses deux facteurs.

Malgré ses immenses travaux, M. de Voght n'a pu arriver à un ensemble systématique de faits généraux et constans; car chacune de ses données devra subir, dans les différentes localités, une correction dépendant de la différence du climat et même du sol ; mais il a établi, sur de solides fondemens, une méthode dont l'adoption procurera aux agriculteurs tous les avantages attachés à la précision et à l'exactitude, et qu'il serait inutile d'énumérer.

Pour la compléter, M. de Voght a dressé une table destinée à faciliter, dans les pays où l'agriculture est le plus avancée, l'application de l'échelle phorométrique à l'appréciation des récoltes exprimées parles poids et les mesures de ces pays. Pour connaître ce qu'un champ, de quelque fécondité que ce soit, peut produire :

D'heololit. par hectare en France, divisez le degré de fécondité par a8,56

Hushels . acre. . Angleterre. s4,g3

Vierlel. t bunder. Brahant l5,6i

'Unit. . , jucbart. Suisse (Berne) 140,07

Met zen. joeh. . Autriche 34,66

Scheffél. . morgen, Prusse Co,ai

Tonne mesure, tonno arfal Holstein.. . 75

Tcli*!vert, désiatine. Russie £0,60

Réciproquement, pour remonter du produit exprimé en mesures locales de superficie et de capacité, on le multiplierait par le nombre indiqué pour chaque pays; de cette manière la table phorométrique, désignant purement et simplement le rapport du produit à la faculté productive, ne fait rien préjuger sur les circonstances dont celle-ci dépend, et rend ainsi inutiles des descriptions toujours plus ou moins vagues. Son adoption introduirait plus d'uniformité dans la langue agricole. J. Yujvg.

Section vu. — Fonctions des sols dans la végétation.

De la germination des graines et de leur premier développement dans les substances terreuses.— Pour observer l'influence diverse des substances que renferment les sols sur la germination, on en mit des quantités égales dans des vases d'une égale capacité , d'un pouce et demi de profondeur et de quatre pouces carrés de surface, exposés à l'air au mois de juillet, de manière à ce qu'ils pouvaient par un temps serein recevoir huit à neuf heures la lumière du soleil. On les arrosa tous en même temps, et aussi souvent que l'eau de la pluie ne paraissait pas suffisante. L'arrosage de la terre arable ordinaire servait de guide, y ayant mis des grains de froment de la même espèce.

Dans le sable quarlzeux,les graines germèrent en peu de jours; les tiges prirent la longueur d'un pouce, mais se flétrirent et séchèrent rapidement par un temps d'été.

Dans le sable calcaire» elles germèrent de

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