‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 5)Chapitre 89 sur 329 · OPÉRATIONS AGRICOLES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS AGRICOLES

Fig. 108.

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les ouvriers à la suite les uns des autres pour enlever la terre remuée par la charrue, donner le premier, le second et enfin le troisième coup de bêche , la besogne marche très-Vite et la tranchée est immédiatement achevée.

Charrues-taupes. — On a proposé divers appareils sous le nom de charrues-taupes, pour établir des rigoles souterraines , sans être obligé d'ouvrir des tranchées, ni d'employer des matériaux étrangers au sol. Ces appareils sont très-compliqués , et par conséquent difficiles à manœuvrer et dispendieux, notamment celui de William Robinson , décrit par M. Byerley et figuré dans les Mémoires de la Société royale d' Agricul- *«/-<? (tome 1, de 1827), ce qui nous porte à ne pas le représenter; on peut en dire autant de ceux indiqués dans l'ouvrage de M. Loudon. La charrue-taupe dont nous donnons le dessin (Jîg. 108) nous semble,

après quelques tentatives, devoir remplir son objet; nous n'avons encore pu la faire construire d'après ce dernier modèle ni la livrera l'essai dans des terrains difficiles. On conçoit que les tiges de support qui remplacent le coutre et s'attachent au coulissoir M, L qui tient lieu de soc, doivent être minces et tranchantes, afin d'occasioner moins de résistance et de couper le terrain sans y laisser de traces ; le coulissoir doit être long et très-pointu afin d'agir à la manière d'un coin et de laisser derrière lui une rigole parfaitement cylindrique. Il serait facile d'ajouter à cet appareil un système de leviers analogues à ceux de plusieurs nouvelles charrues, et au moyen duquel on pourrait toujours donner aux rigoles un tracé horizontal , malgré les légères inflexions de la surface du sol. Du reste, ces appareils ne peuvent avoir plein succès que dans les terrains un peu ou très-tenaces, et surtout dans les prairies. C. B. de M.

§ VI. — Des machines à épuiser l'eau.

Lorsque les terrains sont inondés parce qu'ils forment des bas-fonds moins élevés que le lit des cours d'eau; que par conséquent ils ne peuvent se débarrasser des eaux surabondantes qui arrivent des hauteurs environnantes, ou qui suintent et transsudentdans les terres en y formant des marais, des eaux croupissantes ou des mares; si l'on ne peut avoir recours aux boitouts ou percemens à la sonde pour leur donner écoulement, et qu'il soit également impossible de couper les eaux qui descendent des collines au moyen d'un canal, dans une position assez haute, quelque éloignée qu'elle soit, pour les conduire dans le courant qui doit les emmener : il ne reste plus qu'à avoir recours à des machines pour puiser les eaux dans les bas- fonds et les élever dans un canal de transport dont le niveau soit supérieur à celui de la rivière. Ce sont les Hollandais cjui ont devancé tous les habitans des contrées basses, par leurs inventions et leurs modèles en ce genre. Généralement leurs machines à épuiser sont mises en mouvement par le vent; les qualités qu'on doit le plus rechercher dans ces machines, sont de n'avoir pas besoin de beaucoup de vent pour être mises en mouvement, et d'être d'une construction qui les mette à l'abri de fractures ou de dérangemens

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DESSÈCHEMENT DES MARAIS

fréquens: sans cela elles se trouveraient souvent hors de service au moment où elles seraient le plus nécessaires.— On est quelquefois obligé de mettre en œuvre à la fois plusieurs

de ces machines pour pouvoir élever l'eau à la hauteur convenable, notamment avec les moulins hollandais; il en existe un grand nrmbre de variétés : celui à palettes {fig. 109 ),

donné par Moolenbook, n'élève guère l'oau, en la poussant, à plus d'un pied et demi ou deux pieds.

On peut encore employer comme machines à épuisement la plupart des machines qui servent à élever l'eau pour les irrigations (voir

cet art.), et notamment la pompe à chapelet {fîg. 110), le noria à godets de cuir coniques (fig. 111), et la -visd'Archimèdeiflg. 112), qui n'ont pas besoin de description, et qu'on met en mouvement soit avec un manège auquel on attèle un mauvais cheval , un âne ou une va-

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Fig. 112

che, soit avec une manivelle à main, soit avee les ailes d'un moulin à vent. Le Mémorial encyclopédique a décrit, dans le n° de juin 1834, une nouvelle machine pour élever l'eau, de l'invention de M.Edwards Lucas, de Birmingham ; on doit aussi à M. Laperelle une machine à épuisement, simple et puissante, qui sera décrite et figurée à l'article irrigations.

Dans les contrées entrecoupées de nombreux cours d'eau, il n'est pas rare de trouver auprès des rivières des bas-fonds plus profonds que le lit de celles-ci, en sorte qu'il est impossible de procurer par le moyen de la rivière aucun écoulement aux eaux qui refluent dans ces bas-fonds. Dans ce cas, pour opérer l'assainissement, qui semble impraticable autrement que par des machines à épuiser, on peut encore, après avoir encaissé par le moyen de digues le cours plus élevé de la rivière, faire passer Veau sous les digues et sous le lit de la rivière,

soit par le moyen de tuyaux ou de conduits en bois, soit par celui de canaux, aqueducs ou tunnels en maçonnerie et couverts, à l'aide desquels on conduit l'eau dans quelques ruisseaux inférieurs. Cretté de Paluel a mis celte méthode en pratique dans plusieurs circonstances avec un plein succès. C. B. de M.

§ VII. — Des outils et instrumens de sondage.

Nous ne devons pas entrer ici dans le détail des grandes opérations de sondage, ni dans la description des moyens et appareils que nous avons souvent employés pour vaincre les difficultés qu'on rencontre dans ces travaux. Parmi les sondages difficiles que nous avons dirigés, nous pourrions citer celui exécuté à Cormeilles en Parisis , où j'ai traversé 230 pieds de gypse crevassé, mêlé de grès et de sables coulans ; plusieurs fois mes tiges se sont rompues. J'ai eu à vaincre à Chartres une agglomération de silex de 90 pieds : c'est avec la pointe et la boucharde que j'y suis parvenu. A la Brosse-Monceau, près Montereau, pour traverser 300 pieds de craie mêlée de silex, le trépan m'a souvent servi. A Riocourt, près Chaumont, j'ai traverse 250 pieds de calcaire jurassique avec des ciseaux plats dentelés de diamètres successifs. Au Luard (Sarthe), 240 pieds de sable et de pyrites ont été traversés avec la tarière à clapet, le tire-bourre et la pointe. Aux Batignoles, près Paris, j'ai rencontré souvent le sable coulant alternant avec les grès, et je suis parvenu à 221 pieds, malgré une multitude de difficultés. Avec la boucharde et le ciseau carré, j'ai percé , chez M. le comte de Gonteau, à Mongermont, une masse de calcaire siliceux de plus de 100 pieds d'épaisseur. Avec la tarière ouverte et la pointe, j'ai fait

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dans la vallée de Montmorency, trois sondages qui donnent des eaux jaillissantes au-dessus du sol ; le premier de ces sondages a duré sept jours, le second quatre, et le troisième dix. Ils donnent ensemble près de 800,000 litres d'eau par vingt-quatre heures. — Les percemens opérés à Tours ont été jugés par la Société royale et centrale d'agriculture avoir fait surmonter deux des principales difficultés , savoir: le percement de la craie et la traversée du sable coulant; ils m'ont valu son grand prix en 1831 , et une médaille de rappel en 1833. Ces puits forés ont donné pour cette ville des résultats d'un immense intérêt.

Dans les sondages qui intéressent spécialement l'agriculture et qui ont pour objet les opérations de dessèchement , il ne faut ordinairement que des instrumens simples, d'un

prix peu élevé et qui n'atteignent pas à une grande profondeur. Il suffit d'une sonde de 5G pieds, de 3 pouces de diamètre, et à emmanchement à vis, qui coûte 350 f., ou celle à emmanchement à enfourchement, qui coûte 450 f. Elle se compose d'un manche , de cinq tiges, d'une tarière, d'un ciseau plat, d'un tourneà-gauche.

Tous les instrumens que nousavonsdécrita et figurés dans notre notice spéciale (1) sont loin d'être nécessaires pour 'aire un sondage La tarière à clapet {fig. 113), la tarière ouverte {fig. 114), et la tarière américaine ou celle rubanée {fig. 115 et 116 ), ainsi que des ciseaux (Jîg. 117), peuvent souvent suffire, mais, suivant les localités, pour activer le travail et atteindre en un jour une profondeur qui nécessiterait une semaine, j'emploie l'a 118. 119. 120. 121. 12JJ. 123.

lésoir à glaises (yfe.118), ou bien celui pour les roches {Jîg. 119), le tire-bourre {fig. 120), ou l'entonnoir à sable {fig. 121); ou, pour briser des roches plus activement que ne peut le faire un ciseau, j'emploie la pointe de diamant {fig. 122), ou la boucharde {fig. 123). On a souvent aussi besoin de la chèvre simple {fig. 124).

Pour ce qui est du procédé chinois, dont on s'occupe beaucoup en ce moment, il semble être plutôt avantageux pour les sondages à de grandes profondeurs, et je ne le crois applicable que dans des terrains constamment uniformes; l'application n'en est pas nouvelle en France et en Allemagne; les mines de Rouchamp, dans les Vosges , ont plusieurs fois employé ce moyen dans des sondages de 8 à 900 pieds. Mais ce mode est impraticable lorsque le terrain ne fait pas masse compacte et contin ue; il est également inapplicable dans les sables et les argiles; en un mot, il ne me paraît bon que dans une roche plus ou moins compacte, mais surtout constamment continue. M. Héricart de Thury partage, je crois, mon sentiment à ce sujet.

Je me suis plusieurs fois occupé de desséchemens : pour employer la sonde avec avantage il faut que la partie argileuse qui s'op-

AGRICULTURE : OPÉRATIONS AGRICOLES

pose à l'écoulement des eaux n'ait pas plus de 8 à 10 mètres de puissance. Alors, avec une tarière ouverte {fîg. 114), ou une tarière rubanée {fig* 116 ), 3 hommes peuvent faire 2 à 3 puisards par jour. Le mieux est de se servir d'un instrument de 24 à 30 cent. (9 à 1 1 pouces ) de diamètre. Lorsque le trou de sonde est fait, l'on a un saucisson en épines ou autres menues branches , que l'on introduit pour empêcher le resserrement des argiles, et l'on donne ensuite les pentes nécessaires pour amener les eaux au boitout; 3 ou 4 m'ont suffi pour assainir un hectare, surtout lorsque l'argile traversée repose sur du jarre ou gros sable. J. Degousée.

Art. ni. — Entretien des travaux et emploi du sol après le dessèchement.

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