FILAGE DES MATIËRES TEXTILES
ns
Kg. 346. Fig. 047. Fig. S44.
Fig. 345.
des G, pour diriger son mouvement. Sur ce chariot sont fixes 4 peignes, dont un droit L est composé de 3 rangeai d'aiguilles verticales etloogues ; les 3 autres peignes K sont circulaires et formés d'un certain nombre d'aiguilles de diverses grosseurs d, dont les tètes sont attachées à une garniture et dont les pointes convergent toutes au centre. Ces peinies sont destines à séparer, étaler et même diviser an besoin les bnns de Un. Pour cet effet , on fait entrer d'abord la filasse N sur le peigne droit L; piiis, après avoir ouvert les petites portes e des peimes circulaires K, on la pose sur les aiguilles de ces peignes; on ferme les petites portes, et on les attache au moyen d'un petit cordon /; le lin se trouve alors saisi entre les aiguilles. Deux petites brosses M, fixées sur la base du chariot £ , sont destinées à tenir le lin écarté et à l'empêcher de se tasser. La brosse supérieure est montée dans une garniture mobile à charnière ou'on ouvre pour donner passage au lin; après l'avoir rabattue, on l'attache an moven du cordon g y s'enroulaot sur une cheville h. Pour faire glisser le chariot le long du plan incliné, on attache à un crochet è, dont il est muni, 3 cordons, un plus court I qui passe sur une poulie verticale F et auquel est suspendu un contre-poids H un peu moins lourd que la poupée volante, afin qu'elle retombe toujours aelle-méme. Le cordon I, après avoir passé sur la poulie D, se termine par une boucle O que l'ouvrière passe sur le poignet gauche. A mesure qu'elle tire le lin avec cette même main gauche pour fabriquer le fil de la main droite, elle fait remonter la poupée volante et le chariot £. On obtient par cette manœuvre 3 longueurs de fils £n même temps au lieu d'une seule. Les brins de lin» tirés par les â bouts , s'étendent également et se placent à côté les uns des autres; ils se trouvent ainsi dans la condition Ja plus favorable pour faire le fil le plus égal et te plus uni, tandis que, quand on fait le fil parles procédés ordinaires, le mouvement de torsion imprimé à chaque brin se continue jusqu'à sa pointe, ordinairement divisée en plusieurs filamens ; ceux-ci se prennent à leurs voisina, et la filasse vient mal et en trop
grande Quantité; ou bien on tire sur un brin par son bout inférieur, tandis que le bout supérieur est amené parles filamens préoédcns; alors ce brin vient en double , et encore ces filamens se prennent avec ceux que les brins de lin ont souvent au milieu de leur longueur, et celui qui est pris ainsivîentaussi en double. Tous ces obstacles, qui rendent la filature du lin si difficile et si lente, sont évités par l'emploi des peignes ci-dessu$ et par ce nouveau mode de filas».
Pour les nls destinés aux batistes, dentelles et linons , la filasse est disposée dans la poupée de manière à prendre tes fUammifwriiurM pomtes: mais pour les toiles, on double le lin dee 2/3 au tien, et on le place ainsi dans les peignes et brosses, de manière k ce que le pli ne dépasse celles-ci que d'un pouce au plus. Le fil obtenu par ce moven a toute la force nécessaire pour faire la chaîne des toiles.
On connaît l'efTet produit sur le fil de lin iKir Vhumidité que Im procurent les doigta de la fileuse imprégnés de salive, et Qu'elle porte continuellement à sa bouche. M. Lbbec a observé que cette pratique, en facilitant le filage , donne un ni plus uni et plus régulier , mais qu'elle épuise les fileuses au point de les forcer souvent à renoncer à leur travail. L'eau froide et une eau légèrement gommée ne pourraient v suppléer, parce que c'est principalement la chaleur et fa viscosité delà salive âui entretiennent dans le lin la souplesse et la exibilité auxquelles le fil doit sa bonne qualité. Pour remplacer cette méthode par un moyen simple, il fait passer dans la filasse montée sur sa poupée un courant de vapeur d'eau bouillante, et il a reconnu que la vapeur, en se condensant sur le lin, produit le même effet que la salive, amollit laeomme contenue dans le lin , fait entrer dans le fil une grande quantité de filamens plus pressés et mieux tordus , et évite ainsi V inconvénient de faire des toiles creuses. L'appareil est simple; il se compose (fig. 344) d'un support a fixé par % vis au socle A du rouet, et muni d'un cro* chet auquel on suspend un petit réchaud h en tôle, percé de trous à sa partie supérieure, et renfermant une petite lampe qui sert k chauffer une bouilloire posée sur 8 pattes; un tuyau en cuivre, souaé au couvercle de la bouilloire, dirige sur la filasse la vapeur qui sort par son extrémité ; ce tuyau repose sur un anneau à vis ^. Un orifice ferme par un bouchon sert pour verser l'eau dans la bouilloire sans ôter le couvercle.
Sbction Ylh^DividagejOurdieeagefeneMage^ tissage des /Us de Itn et de dum^re.
Lorsque le fuseau de la fileuse ou la bobine du rouet sont suffisamment chargés de fil , on en opère ledéoidage. Cette opération se fait ordinairement au moyen d'un asple ou dévidoir , machine bien connue de tout le monde, et qui se compose d'une roueàplusieivs ailes ou lames, traversée k son centre par un axe à manivelle appuyé sur 3 montana ou des traverses. On attire le fil de la bobiné sur l'une des ailes de la roue , et le mouvement continu de la manivelle enroule le fil et en fait im écheveau. Lorsque Fécheveau est de la grav seur ou de la longueur voulue, on Tarrête en
ARTS AGRICOLES : PRÉPARATION DES PLANTES TEXTILES, uv. it.
cassant le fil qu*on fait tonmer plusieurs fois autour de cet écheveau et en liant les bouts par des nœuds pour former ce qu'on appelle la emtaine.
Dans les grands ëtablissemens, on a des dif>iào{r$ d compte y mis en mouvement par le moteur générai de l'usine, qui dévident un £;rand nombre de fils à la fois. Le contour de l'asple est précisément éeal è 1 mètre, et un compteur adapté à la macnine avertit par une sonnette ou un coup de masse du moment où on a £ût faire 100 tours à l'asple, c'est-à-dire où Ton a dévidé un fil de 100 mètres de longueur ; c*est ce qu'on nomme une éckevette. Un écheveau est composé de 10 échevettes de 100 mètres, et contient par conséquent un iil de 1000 mètres de longueur. Cest le nombre desécheveaux qu'il faut pour peser un 1/2 kil. ou 500 grammes, qui détermine le numéro ou degré de finesse de ce fil. Ainsi, quand on dit qu un fil est du numéro 24 , cela signifie qu'il faut 34 écheveaux de ce fil ou une longueur de 24,000 met. pour peser un 1/2 kil. Il en est de même pour les fils des n^ 30, 36, 40, etc., qui sont formés de fils dont il faut 30 , 36 ou 40.000 mètres, ou 30, 36 ou 40 écbeveaux pour former un 1/2 kilog. Ainsi un fil est d'autant plus fin ou a un plus baut titre qu'il est d'un numéro plus élevé , puisqu'il en faut une longueur plus considérable pour peser un même poids. On voit de même que le poids d'un écheveau détermine le titre du fil, et qu'un écheveau qui pèserait 12 1/2 gram. serait composé de fil du numéro 40, puisqu'il en faudrait ce nombre pour peser Soo gram. On a dans l'usage ordinaire de petites balances fort justes , qui servent à peser les écheveaux et à déterminer ainsi le titre du fil.
Les fils dévidés qu'on destine à la fabrication des toiles sont envoyés au blanchiment ou livrés au tisserand; mais en cet état ils n'ont pas toujours la force nécessaire pour former la trame des tissus, et dans ce cas on les soumet à un retordage léger dans le sens où ils ont été filés ou bien à un doublage et retordage. Quant aux file à coudre^ destines à être passés a plusieurs reprises à travers des tissus serrés où ils s'écorcheraient et casseraient à chaque instant, on augmente constamment leur force par l'une et l'autre de ces opérations.
Le doublage a pour but de réunir 2 fils en un seul, et le retordage d'enrouler ces fils l'un sur l'autre en les tordant dans le sens opposé à celui du !•' tors donné par la filature. Ces opérations se font à la mam dans les campagnes et dans les ménages où l'on fabrique aes fils à coudre de lin ou de chanvre. Dans les établissemens industriels on se sert pour ces ob|ets de retordoirs ou moulins à retordre , qui accélèrent l'opération, mais qui ne doivent pas nous occuper ici.
Le douèlage des fus à la main est fort simple et n'exige pas d'explication. Quant au retordage, il se fait sur le fuseau ou sur le rouet. Le l** moyen ne diffère guère de la filature, et le fil, après avoir été doublé, est tordu, lissé avec de l'eau ou de la salive, et renvidé comme à l'ordinaire. Quant au second, rien n'est plus ftcile; il suffit d'attacher à la bobine du rouet le bçHit des 3 fils qu'on tient dans la main droite, et de faire tourner ls\ manivelle. La vitesse relative de l'ailette ou de la broche et
de la bobine donne le degré de tors nécessaire. On peut le faire varier en changeant la grandeur relative des poulies à gorge de la broche et de la bobine.
Nous avons expliqué ci-dessus comment on détermine dans le commerce le titre des fils destinés k la fabrication des tissus ; ceux à coudre de diverses qualités ne sont guère connus que par des noms particuliers on celui des pays qui les fabriquent; nous croyons k cet égard superflu d'entrer ici dans des détails qui nous mèneraient trop loin.
Les fils travaillés au fuseau, au rouet on par machines, doublés, retordus et blanchis, si cela est nécessaire, sont maintenant proprei s la fabrication des dentelles, des tissus ou des toiles. Bornons-nous simplement ici au tissa^ de ces dernières. Ce tissage se fait dans ae grands établissemens qui mettent en mouvement un grand nombre de métiers mécaniques au moyen de la force de la vapeur ou d'une chiite d'eau, comme dans la belle fabrique de toiles que M. Tebnaux avait établie à Boubers, département du Pas-de-Calais, ou bien il est exécuté à la main par un tisserand, sur un métier dont nous parlerons ci-après.
Quel aue soit le mode de tissage adopté, le fil en écheveaux oui formera la chaîne, doit être bobiné^ c'est-a-dire dévidé et transporté, à l'aide d'un bobinoir, sur des bobines, afin d'être ensuite ourdi. L'ourdtMa^e a pour but de disposer les fils qu'on destine à former la chaîne des toiles, de manière que ces fils puissent être montés facilement sur le métier de tisserand et être passés avec facilité dans les liisee et dans le peigne. Cette opération se fait au moyen d'un instrument qu'on nomme 0H^ dissoir. La chaîne étant ourdie est pliée et livrée à l'encolleur, qui l'enduit d'un pareami ou espèce de colle, qui a pour but d'abattre le duvet des fils et de les rendre lisses, afin que la navette j^lisse facilement, que les fils se cassent moins en frottant dans les dents du peigne, enfin pour leur donner une élasticité suffisante pour résister à la tension qu'ils éprouvent et assez de souplesse pour se prêter à un tissage régulier; c'est ce qu'on nomme parer la chaîne.
Dans les pays où l'on fabrique spécialement les toiles fines, les tisserands placent généralement leurs métiers dans des li€àx sonterrainSy où l'air toujours humide conserve plus long-temps au parement dont leur chaîne est enduite une moiteur qui donne aux fils cette souplesse et cette élasticité qui les fait céder sans se casser à la tension qu'ils éprouvent pendant le travail , et donne en même temps au tissage plus de régularité. Ce séjour prolongé dans des lieux bas et humides {lorte une atteinte notable à la santé des ouvriers « et on a dû chercher les moyens qui leur permissent de travailler dans des lieux plus salubres , tout en conservant à la trame de leur ouvrage les conditions favorables à une bonne fabrication. On a tour à tour i>réconisé pour cet objet divers ingrédiens; mais celui qui pftralt donner les résultats les plus avantageia est le parement au lichen d'Islande , dont on doit la découverte k M. Morin de Rouen. Voici la recette donnée par l'auteur. On fat bouillir pendant une demi -heure 4 kilpg. de Uchen dislande dans 24 lit. d'eau ; on paM«
CBAP* 1(K«