‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 160 sur 239 · FABRICATION DU CHAKBOW DE BOIS · texte numérisé non relu

FABRICATION DU CHAKBOW DE BOIS

Fig. 415.

Fig. 414

Fig. 412.

Fig. 413.

même fourneau suivant la ligne A, B. L'ensemble de ces figures montre les objets suivans : A» moitié du plan au niveau du remblayaee du fond; B, moitié de l'élévation à vue d\)iseau ; C, demi-coupe sur la cbeminée; D, demi-coupe sur les courans d'air; E, rem-

H, caisse en brique et tuyau conducteur des fumées; I, entourage en brique, sur lequel doit poser le couvercle.

La fig. 415 représente un fourneau construit OU' dessus du «o^, moitié en plan, moitié en élévation à vue d'oiseau, et la /f^. 416 la coupe du même fourneau , sur la cbeminée et les counins d'air; L, est la moitié du plan de ce fourneau, au niveau du remblayage du fond; M, la moitié de l'élévation à vue d"oiseau ; N, une percbe plantée en terre pour soutenir In partie de la caisse qui dépasse le fourneau ; il en faut 2 parallèles, réunies par une traverse. Lsifig. 414 fait connaître la structure du chapeau ou couvercle P, qui est en tôle ferrée; D, le soupirail pour la mise en feu; ft,d, des soupiraux pour les ij** fumées et pour régulariser le feu.

Les tuyaux à courans d'air sont formés par des tuyaux de terre de 2 pi. de diamètre. Ces tuyaux^ soit en dehors, soit en dedans du fourneau, aboutissent à des cavités en brique. Une couronne en brique forme le bord du fournetu et sert à supporter le chapeau. Les

Fig. 416.

fourneaux souterrains consistent d'ailleurs en une simple fosse de 10 pi. de diamètre sur 9 de profondeur, dont on répare de temps en temps les parois avec de la terre battue. Le fond du fourneau est remblayé avec de la terre à potier, légèrement humectée et battue jusau'au niveau des évens, c'est-à-dire à 6 po. de nauteur, en donnant un peu de convexité à cette aire.

A 9 po. au-dessous du bord est pratiqué un trou rempli par un tuyau de terre cuite de 9 po. de diamètre. Celui-ci est un peu incliné vers l'intérieur du fourneau et aboutit à une caisse carrée H de 18 po. de long sur 1 pi. de large, et 15 po. de hauteur, construite en brique sur le terrain et ouverte par le haut. Cette caisse porte une gorçe qui reçoit une plaque de tôle destinée a la fermer. L'acide et le goudron qui pourraient obstruer le passage s'écoulent par une ouverture percée à 2 ou 3 po. au-dessus du fond de la caisse et bouchée a volonté. De cette caisse partent des tuyaux verticaux, en tôle ou en terre cuite, qui s'élèvent à environ 4 1/2 pi. et se prolongent horizontalement ou légèrement inclinés jusqu'à 15 pi. du fourneau. A cette distance, il ny a

f)lus à craindre que le feu prenne; le reste de 'appareil peut être en bois et le condensateur peut être placé vers ce point.

Le chapeau en fer P est formé de plaques de tôle consolidées par un cercle en ter plat et par des bandes mises de champ, qui maintiennent sa surface supérieure. Il est l^èremeot bombé et pèse 250 à 275 kilog.; on lui donne 10 pi. 6 po. de diamètre, afin qu'il porte de 3 po. sur le fourneau ; il doit être assez solide pour ne pas s'affaisser quand on marche dessus. Au milieu on pratique un trou D de 9 po. de diamètre, garni d'un collet et fermé par un bouchon en fer ; 4 ouvertures semblables d, b, mais de 4 po. de diamètre seulement , sont percées à 1 pi. du bord du couvercle. Ce chapeau se manœuvre très aisément au moyen de 3 leviers en fer et de quelques rouleaux en bois, ayant 12 pi. de longueur, pour qu'ils puissent traverser le fourneau et poser sur le terrain.

Pour construire les fours élevée au-aestus du sol , il faut d'abord tracer sur le terrain 2 cercles concentriques , l'un de 4 pi. 1/2 de rayon, l'autre de 8 1/2 pi. L'espace de 4 pi. qui reste

DE LA CARBOÎWSATION DAXS LES FORETS.

cil A p. iy-

eûlre eux sert cîc base pour la muraille de gazon à construire ; on élève celle-ci par assise, en ayant soin de battre chaque couche de gazon ,*^ afin d'en lier les parties sur toute IVpaisseur: sa hauteur est deO pi. Par le haut, et à cause du talus, celte muraille n'a plus que 3 pi. d'épaisseur. Le bord intérieur est garni d'une rangée de briques posées à plat.

Les évens de ces fourneaux de gazon sont au nombre de 8, pratiqués à 6 po. <ui sot naturel, et au niveau du sol intérieur, élevé par un remblai; ils sont garnis de tuyaux de poterie ou de briques. Le chapeau en fer est le même que pour les fourneaux souterrains; seulement il est muni de 3 anneaux pour recevoir une triple chaîne , qui est attachée au bout (l'une grue tournante et à bascule , qui sert à le soulever, à le replacer et à enlever les paniers de charbon.

Les tuyaux de ces fourneaux sont les mômes que ceux des fourneaux souterrains, avec cette différence qu'ils vont en descendant jusqu'à la l'* caisse, qui n'a pas besoin d'être aussi grande, et continuent depuis cette caisse, touiours en descendant, jusqu'à la !'• pièce de l'appareil condensateur.

Dans l'un et dans l'autre de ces fourneaux cet appareil condensateur est formé d'une série de futailles que la fumée est obligée de traverser avant de se rendre dans une cheminée où l'oh fait un peu de feu pour établir un tirage convenable.

Avant de mettre le fourneau en activité^ il faut bien le sécher en y faisant un feu de broussailles ou de copeaux; cette opération terminée , on procède au chargement de la manière suivante :

On plante au rentre de Taire un poteau rond de 4 po. de diamètre et de la même hauteur que le fourneau; on le fait entrer légèrement dans le sol, et on le maintient droit en l'entourant au pied avec un 1/2 hcctol. de mcou charbon. On choisit, parmi le bois à charbonner, les bûches les plus fortes, et on en forme entre les évens des rayons horizontaux, mais qui ne doivent cependant s'appuyer ni contre le poteau ni contre les parois du four. L'intervalle ménagé entre les rayons, qui est de 4 à 5 po. au centre, et de 16 à 18 vers la circonférence , forme autant de courans d'air partant des évens et aboutissant au centre du fourneau. Sur ces rayons on pose transversalement une f couche de bois qui s'appuie contre le poteau , mais dont les morceaux doivent être aussi rapprochés que possible. Cette couche en reçoit successivement d'autres, jusqu'à ce que le fourneau soit entièrement chargé, avec la précaution de remplir les vides, surtout vers la circonférence, ce qui se fait en alternant la longueur des bûches, oui est de 5G à 42 po.

Le faumeau étant chargé, on enlève le poteau du milieu; on place le couvercle, dont on ouvre les 5 soupiraux et qu'on recouvre de 2 po. de terre ou de sable sec, de déhris, etc., pour qu'il y ait le moins de condensation possible des vapeurs dans l'intérieur du fourneau ; on ouvre également tous les évens latéraux.

, Pendant ce temps on a allumé de la braise a coté du fourneau; on la verse toute incanilesccnte, et au moyen d'un grand entonnoir ,

par le trou central du chapeau , dans respect; de cheminée ménagée au milieu de la masse, elle tombe au fond du fourneau et embrase le menu charbon et le bois sec qui s'y trouvent placés, et afin que la flamme se distribue vei's les bords du fourneau on bouche hermétiquement l'orifice central du chapeau, dont on lute le bouchon avec de la terre à potier humectée. On laisse agir pendant quelque temps l'embrasement; mais aussitôt qu'on saperçoit que la flamme bleue prend une couleur blanchâtre et' forme des nuages, on ferme légèrement les soupiraux du couvercle et on diminue les ouvertures des évens , afin de laisser très peu de passage à l'air; on dirige ensuite Topération suivant la nature du développement des fumées eton bouche entièrement les soupiraux.

Si l'abondance des vapeurs était telle qu'elles ne pussent être convenablement attirées par la cheminée extérieure placée au bout du condensateur, il vaudrait mieux perdre un peu d'acide et laisser échapper quelques vapeurs par les soupiraux du chapeau, plutôt que de voir l'opération se ralentir et peut-être le feu s'éteindre.

Vojfération doit durer 60 à 80 heures pour obtenir du charbon de bonne qualité. Au moyen d'une sonde on peut reconnaître l'état de la carbonisation , soit en retirant des morceaux de bois carbonisé, soit en examinant si le tassement est égal dans toutes les parties du fourneau. S'il ne T'est pas, on ouvre rêvent du côté où ce tassement est le moins considérable, et le soupirail opposé, et bientôt l'équilibre se rétablit.

Lorsque l'opération ut terminée , on trouve

aue le bois s'est affaissé d'environ moitié e sa hauteur , s'il a été empilé horizontalement.

Quand on est assuré que la carbonisation est complète , soit par le sondage , soit par la nature et la couleur du peu de fumée qui peut encore se manifester, on donne le coup deforce^ c'est-à-dire qu'à l'exception de l'orifice central du chapeau , on ouvre toutes les autres ouvertures et les évens; alors il se produit un dégagement d'hydrogène qui n'avait pu être évacué en totalité. Si on n'effectuait pas ce dégagement, le charbon conserverait une teinte rougeâtre qui nuirait à la vente.

Lorsqu'on voit à travers les soupiraux la surface du tas devenir incandescente , on pi*ocède à la tuffocation^ en bouchant hermétiquement et avec beaucoup de soin toutes les ouvertures ; on enlève la terre qui était sur le couvercle, et on le badigeonne au pinceau avec de la terre délayée dans l'eau. Pour clore les soupiraux du couvercle , on y introduit les bouchons de tôle ; on les surmonte de manchons de tôle ou de terre cuite d'un plus grand diamètre et d'une plus grande hauteur que les collets, et on les remplit de terre qu'on enlève de dessus le chapeau.

La durée du refroidissement est d'environ 72 à 80 heures dans les fourneaux qui ne chôment jamais.

Dès que le fourneau est refroidi on le découvre et on s'aperçoit que le charbon , sauf le retrait, a conservé la forme du bois sans méian|;e de terre ni d'aucune impurelé. Pour le rt'lM'cr, iiu ouvrier descend, sans le moindir

ABTS AGRICOLES : FABRICATION DU CHARBON DE BOIS. uv. tt.

danger pour lui , dans le fourneau, enlève à la niain, et sans le briser, tout le charbon en morceau , et ramasse ensuite avec une pelle le peu de menu et de poussier qui pourraient rester au fond. S'il trouve quelques fumerons il les met à part ; mais ii est rare qu'il y en ait.

Dans le cas ou le refroidissement n'aurait pas été complet, l'ouvrier se sert d'une main de fer ; s'il était resté du feu dans le fourneau par suite de la clôture imparfaite des évens, il n'en faudrait pas moins le vider. Le charbon allumé ou mal éteint est porté sur une aire voisine^ où il est étendu avec des râteaux, ce qm suffit pour qu'il s'éteigne de luimême.

Quand le fourneau est vidé on le recharge, et on s'occupe à en vider un autre. Cinq ouvriers suffisent pour le travail de huit fourneaux.

Le produit annuel de ces 8 fourneaux a été de 30 p. 0/0 dans l'établissement de M. Db la ChabeaussiArb, où on a obtenu pour 2 ,000 stères bois de chêne, pesantl, 250,000 kil. 1 6,000 hectol. charbon pesant 250,000 1 ,000 pièces d'acide acétique

impur pesant 323,500

La dépense deconitructionde chaque fourneau est d'environ 450 fr.« dont 400 fr* pour le cha-

que

presque nul , les ouvriers pouvant les réparer eux-mêmes au fur et à mesure des dégradations. On ne fait pas entrer dans cette évaluation la dépense de l'appareil de condensation, qui, une fois construit, est facile à transporter sans de grands frais.

Ce procédé offre sur les méthodes ordinaires les avantagée niivam : le charbon est obtenu en plus grande quantité et de meilleure qualité; l'opération est plus facile à conduire et k surveiller; il y a économie de temps pour le chargement et le déchargement du fourneau ; le charbon est facile à recueillir; il n'est mêlé ni déterre ni d'aucune impureté; les fumerons y sont très rares; les appareils sont simples, peu coûteux à établir, et exigent peu d'entretien; enfin, on peut à volonté perdre ou recueillir les produits volatils.

£n traitant des produits résineux nous indiquerons la préparation du noir de fi$méey({m n'est autre cnose qu'un charbon très divisé, et nous décrirons un mode particulier de carbonisation des bois épuisés de térébenthine, à l'aide duquel on obtient des goudrons moins colorés et plus résistans que par les procédés habituels. F. M.

Sscnon III« — Emploi d» charbon.

Il serait trop long d'énumérer ici tous les ' Dsagea du charbon de bois ; nous nous contenterons de rappeler qu'il est emplo^ré : 1* comme combustinle, surtout dans les circonstances où l'on veut obtenir une température intense sans un fort tirage et sans fumée dans de petits fourneaux d'une construction très simple; 3* pour garnir le pied des paratonnerres, afin de distribuer dans le sol ou d'en soutirer le fluide électrique capable de neutraliser l'électricité contraire des nuages. Il

faut, relativement à cette application, <^uc \e charbon soit bien calciné, comme la braise des fours à boulangeries, afin qu'il soit bon conducteur; 3* pour tapisser les parois intérieures des tonneaux destinés à la conservation de Peau dans les voyages de long cours et la garautir ainsi de la fermentation putride. A cet efTeton, carbonise tout simplement les parois intérieu-l res des barriques en y faisant brûler des crv peaux à plusieurs reprises. Aujourd'hui od pré-; fère généralement se servir de caisses en tôle,

gu'on préserve de l'oxidation par un enduit de itume et d'huile de lin, et dans lesquellesoa dépose de la ferraille pour préserver l'eau de la putréfaction; 4*^ pour la dépuration des eaux potablee; 5* pour la désoxidation d'un grand nombre de substances; 6"* pour la préparation de la poudre à canon, des crayons, etc.

Sbction IV.— Dei àivereee variiUê de duarkê.

Nous terminerons cet article par une considération importante sur la valeur et les propriétés spéciales du charbon de bois, suivant deux circonstances données de sa préparation.

Dans les procédés suivis, soit pour carboniser en perdant tous les produits volatils, soit en recueillÂit les vapeurs condensables et brûlant à parties gaz, toutes les fois que l'opération faite sur de grandes masses est lente et régulièrement gracluée, toutes choses égales d'ailleurs^ et, par exemple, pour des bois d'égale densité apparente, lecnarbonaprisplus de retrait, par conséquent il est plus lourd sous le même volume et moins dispendieux à prix éeaU puisou'on l'achète à k mesure; il est d ailleurs de beaucoup préférable pour obtenir une haute température dans les fonderies en bronze, etc.; en effet, il développe dansnn môme espace une plus grande quantité de chaleur.

Le charbon plue léger ^ qui résulte d'une rapide carbonisation, offre l'avantage de s'allumer plus vite et d'accélérer ainsi de petites opérations de laboratoire ou d'économie domestique.

Une 3' variété de charbon, peu en usage encore, a été utilisée depuis deux ans par les conseils de M. DuFouRNBL, élève de récole centrale des arts et manufactures de Paris, et indiquée comme une grande amélioration dans l'emploi économioue de ce combustible; non» voulons parler de l'application des futneronton mouchoU, c'est-à-dire du bois incomplètement carbonisé ou amené seulement à l'état de charbon rouœ*

Les !•" essais ont eu lien dans la forge de M. Jobard, en employant un tiers de lacha^

fe du combustible en fumerons. Ces sortes e résidus, que l'on croyait devoir rejeter naguère et que l'on extrayait à dessein des meules carbonisées, et souvent dans la proportion de 5 à 10 p. 0/0, n'ont rien changea l'allure du fourneau, et ont procuré par conséquent une économie notable.

Op en a tiré la conséquence qu'il y aurait beaucoup plus de profit encore a carboniser exprès, seulement à ce point, la totalité du bois à charbon. On peut se faire une idée dei avantages qu'on doit retirer de celte innowtion par les données suivantes, que bous re-

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